Entre deux livres, toi.
Entre deux livres, toi.
Author: irrealite

Prologue : Mon professeur. Mon apprenant.

Semaine 1 - Mercredi

Ava soupira en regardant le grand bâtiment blanc devant elle. Elle avait rêver de cette endroit, de ce nouveau départ pendant toute l’année dernière, et maintenant qu’elle y entrait ça ne ressemblait pas vraiment au rêve, elle était pas loin d’un début de cauchemar. L’université. Elle avait rêvé d’étudié, d’avoir sa chance, mais elle était si différente des autres, que les choses s’annonçaient compliquées. Elles savaient que son passé -récent et ancien- ferait le tour des étudiants, ça finirait par sortir, mais elle n’avait pas pensé que ça sortirait avant même sa rentrer. Dans son esprit, elle s’était dit qu’elle utiliserait ces premiers jours pour se faire deux ou trois amis, qu’elle leur mentionnerait elle même son passé, et que tout irait bien. Seulement la veille au soir, elle s’était connecté au site internet de son campus, et elle avait pu découvrir que sans qu’elle ne sache comment, les étudiants avaient déjà découvert son passé et l’avait balancé sur le campus, dans les messages entre eux, résultat tout le monde savait. Forcément, c’était quelque chose de si particulier et atypique, que ça avait fait le tour de tout le monde en quelque seconde. Alors ce matin, quand elle entra dans le hall, les regards se tournèrent sur elle, et les chuchotements se multiplièrent. Cette époque de l’université qu’elle avait tant attendue allait finalement être probablement plus de l’ordre de l’enfer que du bonheur. Elle avait envie de poser sa lettre pour mettre fin à ses études au bureau du directeur avant de s’enfuir très loin, mais cela voulait dire, plus d’apprentissage, moins de chance d’avenir, et en plus de ça, elle aurait de sérieux ennuis. Alors elle prit sur elle, serrant une main autour de la bretelle de son sac à dos, elle appuya de sa main libre au centre de sa monture noire épaisse de ses lunettes pour les remettre en place, et avança. Elle avait heureusement déjà prévu le coup, et savait où elle devait aller exactement pour son premier coursa lors elle s’y rendit. Elle avait choisi un cursus socio-littéraire, ses cours principaux étaient donc la littérature, la sociologie, la philosophie -elle avait d’ailleurs le même professeur pour ces deux cours- ainsi que des cours d’histoire et d’éthique. Son premier cours était celui de sociologie, en amphithéâtre, mais elle devait traverser le bâtiment pour ça. Dans les couloirs, elle ne pu éviter les regards des autres étudiants qui s’attardaient sur elle. Une boule d’angoisse c’était formé dans son ventre, et elle ne se sentait pas bien, comme oppressée par les regards et les chuchotements sur elle. Certes elle avait des erreurs dans le passer, mais tout le monde avait le droit à une seconde de chance, et puis elle restait persuadée que la plupart des gamins qui la regardaient en la jugeant en cet instant, auraient pas fait mieux qu’elle si ils avaient du vivre la même enfance et les mêmes problèmes. Mais ils étaient trop immatures pour penser ainsi. Après tout, elle avait vingt quatre ans passé, alors que la plupart de ceux de son cursus avait vingt ans au mieux puisqu’ils rentraient en deuxième année. Ava avait fait sa première année d’étude à distance, n’étant pas libre de faire la rentrée à l’université l’année précédente, mais entre la fin du lycée et l’université, elle avait un trou de quelques années.

Ignorant au mieux les regards et la douleur que ça provoquait en elle, elle finit par entrer dans l’amphithéâtre qui était déjà très plein. La porte claquant derrière elle, attira encore beaucoup de regard, l’agaçant toujours plus. Elle les ignora, et s’assit au premier rang, ne voulant pas grimper les escaliers, par peur d’être encore plus embêtée. Elle sortit sa tablette et son clavier, ainsi que son carnet et un stylo, laissant son sac tomber sur le sol entre ses pieds. Puis elle remit ses lunettes correctement sur son nez, passa une main dans ses cheveux, et s’accouda sur la table, en pianotant sur son téléphone pour répondre au message de son patron. Elle était serveuse dans un bar, et travaillait ce soir, premier jour de son nouvel emploi du temps, qui était adapté à ses horaires de cours.

-Bonjour à tous. Ava releva brusquement la tête pour regarder la femme qui venait de parler. Je suis votre professeur de sociologie et de philosophie. Elizabeth Wright. Se présenta la concernée, en posant ses affaires sur son bureau devant le large tableau.

Brune, latina, yeux noisettes, jolies courbes, mâchoire carré, nez fin, regard perçant, lèvres charnues, élégante, habillée d’un tailleur jupe haute noire et haut rouge, Ava la trouvait magnifique. Mais elle fut complètement sous le charme quand sa professeur sortit ses lunettes pour les glisser sur son nez. Les mêmes qu’elle. Exactement les mêmes. La blonde afficha un léger sourire et attrapa son élastique, pour attacher ses cheveux dans une queue de cheval basse, qui laissa tomber deux petites mèches encadrant son visage. Les cheveux noués, elle releva le regard vers son professeur, tout en attrapant son crayon, mais son regard tomba dans les prunelles noisettes de sa professeur qui la fixait.

Elizabeth retint son sourire, c’était la première fois qu’elle voyait une de ses étudiantes avec les mêmes lunettes quelle et quelque chose dans ce fait l’amusait. Comme tout les ans depuis qu’elle enseignait, Elizabeth avait survolé le profil de ses étudiants, mais celui de la jolie blonde l’avait intéressée plus particulièrement, pour plusieurs raison à vrai dire. D’abord, elle était absolument magnifique. Ensuite, elle était plus vieille. Et puis elle avait un passif qui avait parlé ses collègues. Plusieurs des professeurs de l’université ne voulaient pas prendre Smith dans le cursus socio-littéraire -ni dans aucun autre- et contrairement à d’habitude, Elizabeth s’était fait entendre. Elle était professeur dans cette université depuis sept ans, et du haut de ses trente trois ans, elle était la plus jeune professeur, alors elle avait plutôt tendance à se faire discrète, mais quand elle avait vu le dossier d’Ava Smith, elle s’était intéressée un peu plus, et avait réussi à récupéré des devoirs de la jeune femme, connaissant l’un des profs que celle ci avait en travaillant à distance. Elle avait alors trouvé que d’abord c’était de l’excellente travail pour une première année, mais en plus dans ses essais et ses dissertation elle avançait ses propres pensées -en s’appuyant sur des références concrètes évidemment- ce qui était rare en général. Elle l’avait trouvée intéressante, et avait pensé que ça pouvait être un atout pour le cursus socio-littéraire dont elle s’occupait. Alors elle avait insisté pour qu’elle soit accepté, car son dossier était parfait, et que en dehors de son passif il n’y avait aucune raison de la refuser, elle avait purgé sa peine, était resté un an et deux mois en prison et maintenant elle avait le droit à une seconde chance, il fallait lui accorder. Alors après des heures de discussion, elle avait été accepté, et Elizabeth en était ravie, résultat en ce jour de rentrée, elle savait qui était la blonde, et était intriguée, elle savait des choses sur elle, mais ne savait pas ce qui était essentiel, Ava était un secret.

-Bien, nous allons commencer par votre cours de sociologie, je parle, projette les documents vous notez. Décida la brune, après un raclement de gorge.

Elle commença à parler, en branchant son ordinateur pour projeter les documents en rapport avec le cours du jour, et une fois fait, elle posa son regard sur les élèves. Elle aimait son métier, elle adorait enseigner ce qu’elle savait, mais par dessus tout elle aimait voir les quelques yeux brillants tout aussi passionnés qu’elle l’était. Et cette année, encore plus que jamais, elle avait envie de les passionner, enfin surtout une, surtout cette Ava Smith.

Le cours terminé, tout les élèves se levèrent, quittant l'amphithéâtre un par un, alors que la blonde attendait une fois son sac rempli. Les derniers sorti, elle s’approcha du bureau de son professeur.

-Bonjour madame Wright, on m’a demandé de venir vous voir dès aujourd’hui, j’ai reçu un mail pour ça. Expliqua timidement Ava.

La brune redressa la tête vers elle, ajustant ses lunettes sur son nez, ce que son élève fit en miroir sans même s’en rendre compte. Elle se leva pour être à la même hauteur qu’elle.

-Oui, je dois vous parler de quelques petits choses. Reconnu Elizabeth, avant de tourner les pages de son porte vues, pour trouver un calendrier. Vous finissez à seize heure, je vous retrouve dans mon bureau à cinq.

-D’accord, j’y serais. Accepta la blonde.

-Vous savez où est mon bureau? Demanda la brune, se souvenant que bien qu’en deuxième année, Ava arrivait tout juste dans l’université.

-Non, mais je devrais réussir à trouver. Assura Ava.

-Mon bureau est au quatrième étage, du bâtiment d’à côté, celui des bureaux. Au quatrième vous allez sur la droite, et c’est la deuxième porte à gauche. Mon nom est sur la porte. Sourit Elizabeth.

-Merci beaucoup. Sourit Ava, en finissant de noter sur son téléphone. J’y serais au plus vite après la fin de mon cours.

-Bien, alors à tout à l’heure. Souffla la brune.

La blonde lui offrit un sourire poli, avant de se précipiter dans les couloirs pour son second cours de la journée. Elle devait voir sa prof l’après midi même, ça allait être véritablement dur de lui résister toute l’année, Elizabeth était…attirante. En plus d’être belle, elle avait un quelque chose que la blonde n’arrivait pas à identifier qui la rendait extrêmement attractive, un quelque chose qui rendait Ava folle. Elle arrivait à lui résister en étant dans les rangs de l’amphithéâtre, mais tout près d’elle à son bureau de la salle, où dans son bureau à elle, si près, ça s’annonçait plus compliqué. Beaucoup plus compliqué. Et Ava ne se faisait aucune confiance face à la brune.

À seize heure, son cours se termina, et la blonde vérifia l’heure. Elle avait trois minutes pour traverser le bâtiment et arriver au quatrième de l’immeuble d’à côté. Sac sur l’épaule, elle se faufila entre les autres étudiants d’un pas rapide, et se mit à courir dans le hall, ils était cinq quand elle quitta le bâtiment, et sept quand elle arriva haletante devant la porte de la brune. Elle prit une grande respiration, et frappa.

-Entrez!

Ava ouvrit la porte et prit rapidement la parole en la refermant derrière elle.

-Excusez moi pour le retard, mon dernier cours était à l’opposé d’ici, j’ai fait au plus vite. Fit-elle en s’approchant du bureau.

-Je m’attendais à vous voir arrivé à dix, alors tout va bien. Sourit poliment la brune. Asseyez vous. Invita-t-elle en montrant la chaise devant son bureau, voyant que la blonde n’osait pas s’asseoir. Elle remarqua alors, en posant son crayon, que la blonde était essoufflée. Vous savez, sans mettre corps et âme dans ses études c’est bien, être dévouée aussi, mais vous n’étiez pas obligé de courir, j’aurais compris que vous ayez du retard, les bâtiments sont grands.

-Vous m’attendiez, il est normal que je fasse mon possible pour arriver à l’heure. Souffla Ava en repoussant ses lunettes sur son nez.

Elizabeth sourit légèrement, et retira ses propres lunettes les posant sur son bureau.

-Alors, je vous ai demandé de venir pour plusieurs raisons, déjà bravo à vous. Vous avez fait une première année parfaite pour quelqu’un qui travaillait seul. Commença Elizabeth.

-Merci madame Wright. Sourit timidement la blonde.

-Je dois vous avouer que j’ai défendu votre dossier, mais au vu de votre parcours et de votre passage de quelques mois en prison certain de vos professeurs n’étaient pas totalement pour vous accepter ici. Donc, il y a deux choses qui en découlent. En premier, vous devez garder des notes excellentes, et vous n’avez pas le droit à l’erreur, votre comportement doit être exemplaire.

-Je n’ai pas prévu de faire autre chose. Je sais que j’ai fais des erreurs au cours de ma vie. Mais je tiens à réussir mes études, en dehors de mon travail je ne fais que travailler et je vais continuer ainsi. Assura Ava.

-Bien, je m’en doutais. Sourit fièrement la brune. La seconde chose, concerne ce que je vous disais sur les professeurs. Certains n’étaient pas très enclin à vous accepter, par conséquent j’ai bien peur que certains ne se montrent pas professionnels et irréprochables avec vous. Si ils se montrent malpolis ou autre envers vous, si leur comportement n’est pas le même avec vous et les autres élèves, j’aimerais que vous me teniez au courant.

-Vous voulez dire que certains pourraient être plus durs avec moi ou pourraient me craindre? Demanda la blonde.

-Les deux, je ne sais pas à quoi m’attendre, si ça se trouve tout se passera bien. Remarqua Elizabeth.

-D’accord, je vous dirais si quelque chose devait arriver. Mais je devrais m’en sortir. Je suis sortie de prison il y a deux ans maintenant, j’ai l'habitude des regards en biais. Assura Ava.

-Seulement l’université à pour règlement de ne pas faire de discriminations entre les étudiants, vous avez d’excellente notes, votre passé ne doit pas devenir un obstacle. Fit la brune.

-Je vous remercie madame Wright. Sourit la blonde. Je dois aller travailler, puis je y aller?

-Bien sur accepta la professeur avec un sourire.

Ava se leva, remettant son sac sur son épaule et alla vers la porte. La main sur la poignée, elle se tourna de nouveau vers la brune.

-Je sais que j’ai fais des erreurs, et que ça me poursuivra toute ma vie. J’ai passé un an et deux mois en prison, j’ai payé ma dette, et j’ai compris qu’il y avait des règles et que la liberté que je cherchais elle était dans le respect des règles de la société. J’ai passé l’intégralité de mon incarcération à travailler, à lire, à étudier avec tout ce que j’avais à ma disposition, dans l’optique de reprendre mes études pour avoir un avenir. En sortant je me suis battue, j’ai travaillé d’arrache pied pour me construire une vie, et avoir la capacité de rattraper mes erreurs. Après un an avec deux boulots accumulés, j’en ai lâché un pour commencer à étudié à distance, pour ensuite pouvoir intégré l’université. Raconta Ava. Les gens ne peuvent pas comprendre et me verront les trois quart du temps comme une criminelle, mais aujourd'hui je sais ce que je suis, et je ne suis plus l’ado de vingt et un an qui haïssait le monde entier et voulait le faire payer pour ce qu’elle avait subi. Aujourd'hui je veux me battre pour prouver que malgré ce que j’ai vécu je peux m’en sortir. Je suis pas ici pour fair n’importe quoi et m’éclater, bien au contraire. Finit-elle avant de faire un léger signe de tête et de quitter le bureau.

Elizabeth regarda la porte se fermer, et ne pu retenir un sourire. Ava était passionnante dans ses devoirs, mais son discours était inattendu et parfait au yeux de la professeur. La blonde était vraiment tout ce que Elizabeth aimait chez une femme ça en devenait presque agaçant. Elle n’aurait pas été son élève, elle l’aurait rencontrée dans un bar, elle serait venue la draguée sans hésiter. Pas qu’elle faisait ça souvent, mais quand elle rencontrait une femme qui lui retournait le ventre et la faisait pétiller comme la blonde en était capable, elle n’hésitait pas. Mais il y avait quelque chose chez elle qui ne devait pas aller, car ses relations ne dépassaient jamais les trois mois ensemble. Elle secoua sa tête, éloignant ses pensées loin de cette jeune blonde pleine de paradoxes et attirante, pour se replonger dans son travail.

Semaine 5 - Vendredi

Plus d’un mois que les cours avaient commencés, Elizabeth avaient bien essayé d’oublier le bonheur d’avoir Ava au premier rang durant ses cours, mais après deux semaines à essayer, elle avait finalement comprit qu’il valait mieux qu’elle accepte son attirance pour la blonde et qu’elle fasse avec plutôt que de se battre contre ce qu’elle ressentait. Elle suivait de près les cours d’Ava, et ses notes, lui demandant si tout se passait bien. Elle voyait bien que la blonde n’osait pas lui dire si tout allait bien ou non avec ses professeurs et les autres élèves, l’étudiante était bien trop réservée et désireuse de ne pas avoir d’ennui, qu’elle préférait encaisser en silence. Alors Ava n’avait jamais mentionné à son professeurs, l’attitude des autres personnes de l’université. La plupart de ses professeurs se montraient mal à l’aise avec elle, mais pas plus durs, simplement ils restaient à distance, comme intimidés. Quant aux élèves, après la période d’observation et de chuchotements dans le couloirs, ils en étaient passé au stade des blagues -pas vraiment drôles- à son égard. Ils se permettaient de lui lancer des piques fortement quand elle passait dans le couloir, ils l’avaient bousculés par “inadvertance“ plusieurs fois, avait rit quand elle entrait dans une pièce, et fait des blagues au milieu des cours. Mais Ava ignorait, parce qu’après tout, que pouvait elle faire? Dire que c’était vrai? Non, elle n’allait pas aller raconter son passé de criminelle et de femme emprisonné, ça risquerait d’être encore pire après. Alors elle se taisait, et comme en plus, elle ne voulait pas avoir encore plus de problèmes ni avec les élèves ni avec les professeurs, quand sa professeur Wright lui demandait si tout allait bien, elle disait toujours oui. Cette dernière lui faisait des avances souvent, très souvent, et au fond Ava adorait ça, mais elle ne savait pas comment elle devait réagir alors elle ne disait rien et souriait seulement. À chaque fin de cours de sociologie ou de philosophie, elle passait voir sa prof au bureau, c’était comme une habitude.

Ce jour là ne faisait pas exception. Le cours de philosophie allait se terminer, finissant la journée des deux femmes, et Ava était passionnée par les mots de sa professeur qui abordait une paire de lunettes à la monture transparente, de hauts talons blancs avec un jean taille haute et un chemiser fluide rentrer dedans. La blonde avait mit dix minutes à réussir à se concentrer, complètement perturbée par l’apparence plus que sexy de la femme. Durant les dernières semaines, Ava avait découvert que la brune était le mot élégance et sexy, elle était parfaite dans n’importe quel vêtements, et la blonde en était dingue. Sans parler de ces lunettes, que se soit les noires, les transparentes ou celles avec la fine monture en métal, Ava en était toujours plus dingue. Alors quand elle les libéra à la fin du cours, Ava ramassa ses affaires, avant d’aller la voir.

-Bonjour madame Wright. Fit-elle.

-Ava, bonjour. Sourit la brune en la regardant, cessant de ramasser ses affaires. Comment allez vous?

-Très bien, merci. Et vous? Fit poliment la blonde.

-Très bien, aussi. Vous ne travaillez pas ce soir? Demanda Elizabeth.

-C’est vendredi, je finis très tard, alors je commence tard aussi. Sourit poliment Ava. Je me demandais, j’aimerais lire Notes of a Native Son de James Baldwin, en auriez vous un exemplaire? Demanda-t-elle.

-Oui, chez moi, un livre magnifique, je vous l’apporterais lundi avec plaisir Ava. À quelle heure avez vous cours? Interrogea la brune.

-Je commence à dix heure, avec un cours de littérature dans l'amphithéâtre B. Se souvint la blonde. Mais je pourrais aussi venir le chercher à votre bureau, je ne voudrais pas vous déranger.

-Je serais devant l'amphithéâtre B à dix heure, ça me fait plaisir. Assura Elizabeth avec un grand sourire.

-Merci beaucoup, vous êtes géniale madame, vous n’êtes vraiment pas obligée. Souffla timidement Ava, gênée par tant d’attention.

-Je le sais, si je le fais c’est simplement parce que j’en ai envie. Vous saurez Ava, que je ne fais jamais ce que je ne veux pas faire. Promit la brune en fermant son sac.

-Alors merci, sincèrement merci. Sourit la blonde. Je dois y aller, à lundi madame Wright.

-À lundi Ava. Bonne chance pour la nuit de travail. Sourit gentiment Elizabeth.

Les deux femmes échangèrent un dernier sourire avant qu’Ava n’ajuste son sac sur son épaule pour quitter l’amphithéâtre. Ava traversa les couloirs et le hall, pour quitter l’université, et aller prendre le bus. Elle alla directement chez elle, pour se changer, enfilant un jean taille haut et un top court, sa tenue de travail habituelle, avant de partir pour le bar.

Semaine 6 - Lundi

Elizabeth était devant l'amphithéâtre B, attendant Ava, elle avait de l’avance, elle le savait, alors elle s’était mise dans un recoin, voulant éviter de se faire remarquer, et les autres élèves qui attendaient dans le couloir la fin du cours précédent, ne l’avaient pas remarquée. Elle avait fait exprès de venir un peu plus tot, voulant voir la jolie blonde venir vers elle. Elle avait passé le week-end à se demander si elle devait glisser son numéro dans le livre qu’elle allait prêter à la blonde ou pas. Et ce matin au moment de partir, elle avait choisi de le faire et avait glisser sa carte de visite entre deux pages du livre, carte sur laquelle elle avait souligné le numéro de téléphone, pour qu’elle comprenne. Finalement, après quelques minutes d’attente, elle vit Ava arriver, ses cheveux noués dans une queue de cheval basse rapide, ses lunettes noires -assorties au jean- sur son nez, ses mains fourrées dans la poche de son sweat rouge. En la voyant avancer, Elizabeth ne pu retenir un sourire, toujours aussi charmée par son étudiante, ce n’était pas seulement l’interdit qui l’attirait, c’était tout Ava. Mais ce matin, son sourire se dissipa en remarquant la façon que les gens avaient de se conduire. Les étudiants riaient, et embêtaient Ava, qui avait l’air de vouloir disparaitre.

-L’éthique c’est pas pour toi Smith! Cria un des garçons.

-Se serait plus le retour en prison ouais! Ajouta un autre.

-Tu devrais pas en être sortit! Rit une des filles, faisant rire un peu plus l’assemblée.

Ava les ignora, et s’approcha de la porte, pour s’écarter du groupe, avant de voir Elizabeth. Elle afficha alors un sourire et s’approcha d’elle.

-Bonjour madame Wright. Sourit-elle poliment.

-Ava. Soupira la brune, n’arrivant pas à réaliser ce qu’elle venait de voir.

-Comment allez vous? Avez vous passer un bon week-end? Demanda la blonde, l’air de rien.

-Oui, oui très bien. Et vous? Répondit Elizabeth, qui comprenait que la jeune femme ne veuille pas en parler, et à vrai dire elle ne voulait pas non plus le faire dans les couloirs.

-J’ai travaillé et lu beaucoup, je n’ai donc pas à me plaindre. Sourit Ava.

-Bien. Alors voici votre livre. Ajouta la brune en lui tendant l’objet. Je dois aller en cours, je vous laisse.

-Merci beaucoup pour le livre madame, j’avais très envie de le lire mais pas…enfin je..Elle hésita, baissant les yeux. J’ai pas les moyens de m’acheter beaucoup de livres, le fait que vous me le prêtiez est vraiment génial et très gentil de votre part. Merci beaucoup. Avoua-t-elle.

-N’hésitez pas à me demander Ava, j’aime partager mes livres, et se serait un plaisir de vous aider. Assura Elizabeth.

-Une petite question, pourquoi vous me vouvoyer alors que vous ne le faite pas avec les autres élèves? Demanda la blonde.

-Parce que se sont des enfants encore, vous êtes plus grande. Je crois que ça me parait plus compliqué. Expliqua la brune, avec un joli sourire.

-Tutoyez moi s’il vous plaît. J’en ai plus l'habitude aussi. Expliqua Ava.

-D’accord. Alors je te souhaite une bonne journée Ava, et à demain. Sourit Elizabeth.

-À demain madame Wright. Accepta la blonde.

Elle regarda son professeur s’éloigner dans les couloirs, et s’appuya contre le mur, juste à côté de la porte. Elle sentait son corps pétillé encore une fois, pourquoi fallait-il que son béguin pour sa professeur se transforme en sentiments, toujours un peu plus fort à chaque fois qu’elle la voyait ou lui parlait. La veille au soir, elle avait trouvé -après quelques longues recherches- un des réseaux social de la brune. Son compte était recouverts de photo de personne intellectuelles célèbres, de pages de livre, de photos du quotidien très joli, et de nature, il lui ressemblait assez trouvait Ava. Cette dernière, avait passé la soirée entre les lignes de son bouquin qu’elle voulait et avait terminé, et le compte de la brune. Et elle n’avait pu s’empêcher de screener une photo de Elizabeth qu’elle avait posté quelques années avant. Ava sortit  son portable et regarda la photo sur laquelle sa professeur était allongée sur le ventre dans le jardin, livre en main, sur ses coudes, lunettes sur le nez, sourire hésitant en regardant la caméra. Une des rares photos de la femme elle même sur les réseaux, et la blonde l’adorait. La porte de la salle s’ouvrit, la faisant sursauter et elle éteignit son téléphone pour le ranger, comme si elle avait été surprise à regarder quelque chose d’interdit, c’était peut-être vrai au fond.

Semaine 6 - Jeudi

Le cours d’histoire arrivait à sa fin, et Ava avait hâte de terminer, surtout qu’elle n’avait pas eu le temps de manger le matin même, résultat elle avait le ventre vide, et très envie de manger ce midi. Elle avait envie de pouvoir lire un peu avant d’aller prendre son service. Elle avait commencer le livre prêté par sa professeur et avait envie de l’avancer un peu plus en mangeant ce midi, surtout que ce soir elle travaillait et donc elle n’aurait pas le temps de lire. Quand le cours se termina, tout les étudiants ramassèrent leurs affaires, et Ava suivit le mouvement, pour finalement quitter la salle. Même si elle avait faim, elle détestait la pause midi, elle détestait toute les pauses à vrai dire. Elle prit sur elle, comme tout les jours, et se rendit dans la cafétéria pour aller à la machine. Alors qu’elle était dos à tout le monde, choisissant son sandwich, elle entendit les murmures habituel, les critiques, et ignora comme toujours, elle n’avait pas d’autre solution, alors elle faisait sa vie, les ignorant, mais dès qu’elle eut son sandwich, elle quitta la cafétéria pour trouver un coin avec son repas et son livre. Ce qu’elle n’avait pas vu c’est Elizabeth qui mangeait dans un coin, et qui assistait à une scène de ce genre pour la deuxième fois, sans pouvoir savoir si c’était ainsi depuis le début de l’année, si Ava subissait ça tout les jours ou non. Et si ça l’était, Elizabeth ne comprenait pas ce qu’elle avait fait de mal, qui empêchait la blonde de venir se confier à elle. Elizabeth referma son tupperware, son ordinateur et rangea tout, pour partir dans les couloirs. Elle ne savait pas où Ava pouvait être, mais elle avait une petite demie heure pour la trouver. Elle fit le tour du bâtiment, vérifia les jardins, mais rien. Ava était introuvable. Elle entra de nouveau  dans le bâtiment et pensa soudainement à un endroit qu’elle aimait elle même.Elle monta les quatre étages, et tourna dans quelques couloirs, pour aller vers le toit ouvert d’une partie du bâtiment. Arrivant sous le soleil, elle vit Ava assise sur le rebord, le dos contre le mur, sandwich dans une main, livre ouvert sur ses jambes. Elle lisait le livre que Elizabeth lui avait offert, mais en cet instant elle tenait sa carte de visite entre ses mains, la fixant. La brune déglutit en le remarquant, hésitant à repartir, c’était un geste qu’elle n’assumait pas vraiment, et elle ne voulait pas recevoir de question sur ce fait, mais si Ava la remarquait maintenant, juste après avoir vu sa carte, elle poserait forcément des questions. Elle se tourna de nouveau vers la porte, bien décidée à partir, juste au moment où un claquement résonna, la porte s’étant lentement refermée. Elizabeth se figea, alors que la blonde avait tourné la tête vers elle.

-Madame Wright? S’étonna Ava en se tournant, reposant son livre, gardant la carte serrée entre ses doigts.

-Ava. Souffla la brune en se tournant pour lui faire face.

-Je..J..Qu’est ce que vous faites là? Demanda la blonde.

Elizabeth hésita une second, regardant sa carte toujours serrée dans la main de la blonde. Elle jeta un oeil au paysage ensoleillé devant elle. Elle avait trois solution. La première sauté du toit, mais c’était trop radicale. La seconde, partie en courant, mais elle était la professeur, elle se devait de garder la tête haute et une image de femme respectable, surtout si elle voulait avoir une toute petite chance d’avoir Ava dans sa vie un jour, autrement que comme une élève. La troisième, parler à Ava, mais elle avait peur. Seulement la dernière option était la plus adulte, et celle qu’attendait la blonde au vu de son air perdu en la fixant.

-J’étais à la cafétéria. Annonça-t-elle.

-Oh..Soupira la blonde, comprenant où elle voulait en venir.

-Ava, ce que je t’avais dis en début d’année était- Elle se coupa en entendant son téléphone sonner. Elle grogna et le sortit pour couper la sonnerie de son alarme prévenant du retour en cours. Je dois y aller, j’ai un cours.

-Cours. Releva Ava avant de regarder l’heure. Merde je vais en retard. Gronda-t-elle avant de coincer son sandwich entre ses dents, avant de ramasser ses affaires.

-Tu pourrais venir dans mon bureau après les cours, j’aurais besoin de te parler? Réclama Elizabeth.

-Oui, oui. J’aurais d’ailleurs besoin de vous parler de quelque chose aussi. Accepta Ava en s’approchant de la porte, tout comme sa professeur.

-De tes camarades? Interrogea la brune.

-Non, non. Refusa la blonde. Désolée, je dois y aller, mon cours est à l’autre bout du bâtiment. Ajouta-t-elle.

Elizabeth lui sourit doucement en entrant dans le bâtiment, la regardant partir. Les deux femmes passèrent l’après midi entier, en cours, l’une à apprendre, l’autre à enseigner. Ava faisait tourner la carte de visite de son professeur dans ses mains et sur son bureau. Elle n’arrivait pas à savoir ce que ça représentait. Elle avait bien remarqué l’attention que Elizabeth lui portait et ça lui plaisait vraiment, mais est ce que la brune lui offrait son numéro pour augmenter le temps à se parler? Pour qu’elle la contact une fois le livre finit? Par pitié envers elle, sachant qu’elle avait un passé et une vie personnelle complexe? Parce qu’elle tenait à elle ou parce qu’au contraire elle la trouvait si pitoyable qu’elle proposait son aide? Elle n’arrivait pas à comprendre les intentions de son professeur, et ça tournait dans sa tête. Une part d’elle était heureuse tout de même, parce que maintenant en cas d’envie ou de besoin, elle avait son numéro, c’était déjà ça. Son dernier cour termina à seize heure trente, et elle se rendit au bureau de la brune. En arrivant elle frappa, n’obtenant pas de réponse elle réessaya, mais le silence à nouveau. Elle essaya d’ouvrir, mais la porte était crochetée, alors elle s’adossa au mur et sortit son livre pour l’avancer. Après de longues minutes, des bruits de talons se firent entendre, et Elizabeth arriva d’un pas pressé.

-Je suis désolée, un collègue avait besoin de me parler. S’excusa-t-elle de suite.

-Pas de soucis, je peux lire comme ça. Sourit poliment Ava.

Elizabeth lui offrit un sourire, avant de récupérer sa clé pour ouvrir son bureau. Les deux femmes entrèrent dans le bureau, et rapidement Elizabeth prit sa place sur son siège après avoir posé ses sacs. La blonde hésita un moment, mais finit par venir s’asseoir sur une des chaises face à sa professeur. Il y eut un léger silence, avant que la brune reprenne.

-Alors, Ava, pourrais tu me dire si tout va bien? Commença la brune, sans savoir comment aborder le sujet.

-Bien sur. Assura Ava, bien consciente du mensonge  effronté qu’elle faisait, puisque sa professeur avait vue ce qu’elle subissait.

-Ava, j’ai vu l’attitude des autres élèves, j’aimerais plus de détail sur la situation, ça m’aiderait à savoir quelles sanctions appliquer. Expliqua la professeur.

-Il n’y a rien à dire, ils finiront par se lasser, et vous n’allez pas sanctionner tout les étudiants de la promotion. Répondit simplement la blonde.

-Tous? Releva Elizabeth.

-Non, mais une majorité, je ne connais pas le nom de la moitié d’entre eux, je leurs parle pas, je les ignore et ils finiront bien par se lasser. Remarqua Ava, dans un soupir.

-Que te font-ils exactement? Insista la brune.

-Rien d’important. Des remarques, des piques, des blagues qu’ils pensent drôles, voilà. Je vis ça partout où je vais et que des personnes me connaissent, moi et mon histoire. Alors, ne vous prenez pas la tête là dessus, ils finiront probablement par se lasser. Argua la blonde.

-Et si ils ne se lassent pas? Rétorqua la brune, arquant un sourcil parfait.

-Et bien je prendrais sur moi. Répondit Ava sur d’elle. je vous l’ai dit, tout ce qui compte c’est mes études, alors croyez moi je laisserais personne m’empêcher de réussir. Ni des professeurs qui sont mal à l’aise face à une ex détenue, ni des étudiants immatures qui n’ont aucune idée de la raison de ma présence en prison. Argua-t-elle.

Elizabeth serra les dents, partagée entre la colère contre les autre étudiants et l’admiration pour la force d’esprit de son élève. Ava était forte, prête à tout pour réussir, même à subir les moqueries et l’immaturité des étudiants mesquins et méchants. La brune trouvait ça admirable, mais surtout très très attirant. Si elle n’avait pas craqué pour Ava avant, elle l’aurait fait maintenant. Elle eut besoin d’une minute pour se reprendre, et souffla un cou avant de reprendre la parole.

-Ava, tu es ici pour étudier, tu es censé être libre d’être qui tu es, tu ne dois pas être persécutée, venir en cours ne doit pas être une angoisse, et tu n’es pas censée prendre sur toi en continu pour supporter les bêtises des autres. Argua-t-elle sérieusement, appuyant ses bras sur le bureau prenant une attitude très sûre. C’est mon travail aussi de te protéger.

-Et c’est très gentil de votre part, je dois reconnaitre que je n’ai pas du tout l'habitude d’être protégée, bien au contraire. Mais je sais, par conséquent, me débrouiller seule, j’ai appris de mes erreurs. Alors croyez moi, je m’en sortirais. Assura la blonde.

-Ava, si tu ne veux pas dénoncer des étudiants, et ne pas rentrer dans les détails je l’accepte. Mais laisses moi t’aider autrement. Réclama la brune.

-Qu’est ce que vous voulez dire? Demanda Ava, ses sourcils se fronçant d’étonnement.

Personne ne l’aidait jamais, ses ex petites amies n’avaient fait que la trahir, elles avaient eu une enfance chaotique, des amis rares et pas fiables, alors non, elle ne savait pas du tout ce que ça faisait d’être protégée et appréciée. Mais ça ne l’aidait pas du tout que se soit Elizabeth qui agisse comme ça. Elle était complètement folle d’elle, et le numéro de téléphone en sa possession la torturait depuis qu’elle l’avait découvert quelques heures avant. Couplé à sa gentillesse et sa présence, Ava sentait qu’elle craquait totalement pour elle. Mais elle savait que s’attacher à quelqu’un s’était prendre le risque d’être trahie à nouveau.

-Quand tu as des pauses, viens ici. Pour manger, lire, étudier, entre deux cours, quand tu veux. Je mange rarement autre part qu’ici, et je te laisserais une clé dès lundi pour que tu viens entre deux cours, même si je ne suis pas là. Proposa Elizabeth.

-Non, je peux pas accepter. C’est très gentil, mais je veux pas être différente, enfin par encore plus différente des autres élèves. Refusa Ava.

-Tu es différente Ava, et la situation est exceptionnelle, jamais vu, c’est une première et je fais comme je peux. Et je pense que tout le monde à besoin de respirer loin des autres surtouts quand ceux ci ne sont pas respectueux. Pour le moment il fait beau, se réfugier sur le toit est possible, mais d’ici quelques semaines il pleuvra et fera froid. Tu seras heureuse d’avoir la possibilité de venir ici. Expliqua la professeur avec un sourire serein, pour la rassurer.

Ava ne dit rien, la fixant droit dans les yeux, ne réalisant pas. Depuis sa condamnation pour vol, personne ne lui faisait jamais confiance, même dans son travail, elle avait des responsabilités mais par contre jamais son patron la laissait seule derrière le bar, jamais elle ne devait ramasser la caisse. Elle savait qu’elle le méritait, quand on brise la confiance il faut la récupérer, elle avait merdé et elle faisait maintenant en sorte que les choses s’arrangent, qu’on ne se méfie plus ou presque plus d’elle. Mais elle ne comprenait pas l’attitude de sa professeur. Et puis soudain, elle se souvint. Sa contrôleur judiciaire lui avait dit qu’il serait noté dans son dossier qu’elle avait fait de la prison, mais pas la raison pour laquelle elle en fait fait, donc sa professeur n’était pas au courant qu’elle avait été arrêté pour vol.

-Je ne sais plus quoi vous dire. Reconnu Ava, toujours perturbée, bien que la brune ne sache pas la raison de son séjour en prison, elle devait quand même se douter qu’elle n’y était pas aller pour avoir fait de bonnes choses.

-Alors ne dis rien, et viens lundi midi je t’attendrais. Rétorqua Elizabeth avec un sourire ravi d’avoir réussi à obtenir gain de cause. Ava essaya de lui offrir un sourire, clairement mal à l’aise, et la brune vint à son secours, changeant de sujet. Tu m’as dit ce midi, quand je t’ai dit que je voulais te parler, que tu avais aussi quelque chose à me dire.

-Oh oui..Se souvint Ava, ses joues s’empourprant.

Mais rien de plus, la blonde avait baissé les yeux sans rien dire, et depuis l’autre coté du bureau, tout ce que pouvait voir Elizabeth, c’est qu’elle triturait quelque chose entre ses mains.

-Alors? De quoi était ce? Osa-t-elle demander.

Elle ne voulait pas la brusquer, mais elle ne voulait pas non plus y passer la soirée, elle n’avait pas beaucoup de patience. Mais la réaction d’Ava n’était clairement pas celle à laquelle elle s’attendait. La blonde se leva brusquement, cachant ce qu’elle avait en main dans sa poche et attrapa son sac.

-Rien, c’était bête. Je dois y aller, je travaille bientôt. Merci pour tout madame Wright. Fit la blonde.

Elle n’entendit que son nom sur un ton surpris avant de fermer la porte derrière elle. Elle soupira en se laissant tomber dos contre le mur à côté de la porte. Elle avait penser que parler du numéro donné serait bien, pour comprendre pourquoi elle lui avait donné, mais aussi pour savoir comment elle pouvait ou non l’utilisé, seulement elle avait manqué de courage. Le regard noisette, chaud, la beauté de la jeune femme, sa mâchoire carré, son nez fin, ses lèvres pulpeuses, Ava n’avait pas su comment faire pour parler plus, et encore Elizabeth n’avait pas porté ses lunettes, sinon ça  l’aurait achevé. Sa professeur l’attirait beaucoup trop pour sa santé. Prenant sur elle, la main toujours serrée autour de la carte avec le numéro, dans sa poche, elle se décolla du mur et partit rapidement, elle voulait se changer et prendre une douche avant de prendre son service au bar ce soir.

Semaine 7 - Lundi

Il était midi et quelques quand Ava arriva devant la porte du bureau de sa professeur. Elle avait envie de la revoir, le week-end avait été long sans elle, et en plus quoi qu’elle fasse elle ramenait tout à Elizabeth, ça en devenait épuisant franchement, mais par contre elle arrivait malgré tout très bien à étudié. Mais même si elle avait envie de la voir, elle était stressée, après tout la dernière fois, elle était partie sans lui laisser le temps d’en placer une, et si elle était là c’est parce que Elizabeth lui avait demandé de passer, elle aurait jamais osé sinon. Elle prit une grande respiration et leva le poing pour venir frapper contre la vitre.

-Entrez. Répondit la brune.

La blonde ouvrit la porte, et fut charmée par l’image devant elle. Une pile de copie à droite, l’ordinateur à gauche, une feuille et un carnet de notes devant elle qu’elle remplissait d’une main, alors qu’elle mangeait une salade -posée en équilibre entre le carnet et les copies- de l’autre main.

-Bonjour madame Wright. Fit la blonde.

-Oh Ava. Se reprit Elizabeth en portant le dos de sa main à ses lèvre, pour tenter de cacher sa déglutition. pardon, je n’avais pas vue l’heure. Entre. Invita-t-elle, retrouvant son doux sourire.

-Si vous êtes trop occupée, je peux revenir à quinze heure après mes cours. Proposa Ava, toujours plantée dans son jean et sa veste en cuir, tenant sa besace.

-Non, non, viens. Assura Elizabeth en lui montrant le canapé, alors qu’elle se levait prenant sa salade. As tu déjà mangé?

-Non, j’ai un truc à avaler dans mon sac après. Expliqua la blonde.

-Et bien tu pourrais manger maintenant. Proposa la brune en la regardant s’asseoir à côté d’elle. Et j’ai ça pour toi. Ajouta-t-elle en lui tendant la clé.

Ava baissa le regard dessus, ne sachant pas quoi faire. Elle y avait beaucoup pensé, et une part d’elle avait envie d’accepter, parce que ça voulait dire pourvoir parler plus souvent et de plein de choses avec Elizabeth, ça voulait dire se rapprocher d’elles devenir unique et différente pour sa professeur, ça lui laissait la possibilité de montrer qu’elle était plus qu’une ancienne détenue, et qu’elle avait véritablement changé. Mais une part d’elle était terrorisée, pour les mêmes raisons, se rapprocher c’était prendre le risque de tomber amoureuse et puis d’avoir le coeur brisé, devenir unique pour elle c’était se mettre dans un position inconfortable au milieu des autres élèves et des professeurs, et puis ç voulait aussi dire que son professeur en apprendrait plus et que peut-être que plus elle en saurait moins elle l’apprécierait.

-Prends la. Tu choisiras plus tard de l’utiliser ou non. Insista Elizabeth, avec ce sourire qui faisait encore plus craquer la blonde.

-D’accord. Murmura Ava en la prenant. Merci. Ajouta-t-elle encore plus bras en glissant la clé dans sa poche.

Elles restèrent en silence en mangeant. C’était à la fois inconfortable et pas gênant. Elles auraient aimé parler, discuter, comme des amis, et en même temps elle sentaient cette électricité entre elles, mais étaient aussi conscientes que l’autre représentait l’interdit. Alors qu’elles arrivaient à la fin de leurs repas, Ava reprit.

-J’ai fini le livre que je vous avais emprunté, je vous l’ai rapporté. Fit elle en sortant l’ouvrage de son sac.

-Tu as aimé? Demanda la brune.

-Oui, beaucoup. Son récit de sa propre carrière d’écrivain en tant qu’homme noir et non-hétérosexuel aux Etats-Unis m’a beaucoup plu et touché, c’est une vision que je ne pourrais jamais comprendre, car je ne suis ni homme, ni noir, et je trouve ça très intéressant de pouvoir lire les impression d’une personne qui a vécu avec toutes ces différences si mal accepté et encore plus à son époque. Lâcha Ava en regardant le livre dans ses mains.

-Tout à fait d’accord. Sourit Elizabeth. Elle avait bien comprit une chose, pour faire parler Ava, il fallait discuter par le biais des livres. Vous n’avez donc que trois différences avec Baldwin, votre origine et votre sexe?

-Non, j’ai bien d’autre différence, je crois d’ailleurs que la seule choses commune est notre homosexualité, mais là encore on pourrait y voir une différence, j’aime les femmes et lui les hommes, et certains diraient que deux hommes c’est pire que deux femmes. Pour moi quelques soit le sexe c’est juste de l’amour et du sexe, rien n’est pire ou mieux, c’est juste la vie, la nature, c’est ainsi. Souffla la blonde.

Si Elizabeth avait des doutes, elle était maintenant sure de l’homosexualité de la blonde, et encore plus sure de son potentiel pour être major de sa promo. Elle avait de bonne idées, des connaissances riches, et elles étaient studieuses. Ava était à chaque rencontre plus intéressante.

-Vous devez réalisé un mémoire pour la fin de l’année prochaine, et vous commencez à travailler dessus dès cette année. J’ai annoncé la semaine dernière que vous deviez choisir un sujet. As tu choisi le tien? Demanda Elizabeth.

-Pas tout à fait. Enfin j’ai l’idée, je veux maintenant trouvé la bonne manière de le formulé. Répondit sincèrement Ava.

-Si tu as besoin d’aide, je suis là. Proposa la brune.

-Merci. Souffla la blonde en posant le livre sur les genoux de sa professeur. Merci pour le livre, peut-être que je vous en demanderais d’autre pour travailler mon sujet de mémoire. Sourit-elle doucement.

-Je serais ravie de t’en prêter d’autre. J’ai une grande bibliothèque qui déborde. Sourit Elizabeth.

Ava sourit un peu plus, avant de jeter un oeil à l’heure.

-Je vais être en retard, je dois y aller. Fit-elle en se levant.

-D’accord. Accepta Elizabeth. Reviens quand tu veux, tu as la clé maintenant, et ne laisse pas les autres te blesser.

-Il en faut plus que ça pour blesser quelqu’un comme moi, j’ai appris à encaisser. Affirma la blonde.

Elle quitta la pièce laissant Elizabeth seule avec son envie de poser des questions pour avoir plus de réponses, mais avec aussi cette étrange envie dévorante de l’enlacer pour lui faire tout oublier.

Semaine 9 - Mardi

Deux semaines et demi qu’Ava avait le numéro de la brune et deux qu’elle avait la clé de son bureau, et pourtant elle n’était jamais venue, mais finalement à midi, elle avait vraiment besoin de s’isoler, et d’être loin de tout le monde. Elle n’avait pas le morale, sa soirée au bar la veille avait été interminable, et elle était tellement fatiguée après sa nuit de trois heures, qu’elle n’avait pas la force de supporter les gens autour d’elle, les bêtises des étudiants et leurs méchancetés. Alors elle s’était dit que c’était l’occasion d’utiliser son privilège, en allant dans le bureau de sa professeur. Elle avait une pause entre onze et treize heure trente, elle voulait travailler, et devrait manger, mais pour faire ça elle devait éviter tout le monde, et il pleuvait des cordes. Elizabeth avait raison, le toit c’était bien quand il faisait beau, mais maintenant qu’il pleuvait elle se rendait compte qu’en dehors du bureau de sa prof, elle n’avait nul part où aller, elle allait donc se résoudre à accepter son offre, même si passer sa pause auprès de la brune n’allait pas l’aider à stopper ces pensées pour elle. Prenant sur elle, Ava leva la main, et frappa à la porte, voulant savoir si quelqu’un était là, mais personne. Elle glissa la clé dans la serrure, et ouvrit le bureau. Personne n’était là, elle avait l’impression de faire quelque chose de mal, et failli faire demi tour pour partir, mais elle entendit la petite voix de Elizabeth lui disant qu’elle pouvait venir et qu’elle avait le droit d’utiliser son bureau pour se réfugier. Elle alla s’asseoir dans le canapé, et sortit sa tablette et son clavier, qu’elle mis sur la table basse, sortit son cours de sociologie papier, son carnet de note, et sa bouteille d’eau. Elle ajusta ses lunettes, et attrapa son stylo pour se mettre à travailler sur son sujet de mémoire, elle avait travaillé dessus depuis sa discussion avec Elizabeth, et devait le présenté en fin de semaine, alors elle voulait que se soit parfait. Vers midi, elle attrapa son sandwich préparé le matin même et se mit à manger en travaillant. Quelques minutes après la porte s’ouvrit, et elle s’étouffa, retrouvant le malaise qu’elle avait ressenti en ouvrant la porte.

-Ava. Tu as fini par venir. Sourit la brune en fermant la porte.

-Oui, j’espère que ça va toujours, que je peux travailler ici. Marmonna Ava, mal à l’aise, après avoir avalé sa bouchée.

-Oui tout va bien, je suis ravie de voir que tu as fini par venir. Sourit Elizabeth en posant ses affaires à son bureau. Qu’est ce qu’il s’est passé pour que tu te décides à venir?

-Ils sont tous toujours idiots, la pluie ne lave pas leurs méninges. Je peux aller nul part pour travailler sans être embêter et je dois bosser pour mon sujet de mémoire, alors je suis venue ici à onze heure. Expliqua rapidement la blonde.

-D’accord, tu as bien fait. Assura la brune avec un léger sourire. Elle attrapa sa salade, et alla s’asseoir sur le canapé à côté de la blonde qui avait pousser son sac sur le sol. Tu en es où de ton mémoire?

-J’ai formulé mon sujet. Je commence déjà à construire ma liste de références. Expliqua Ava en prenant une nouvelle bouchée de son sandwich.

-Alors c’est quoi ton sujet? Je suis curieuse. Sourit Elizabeth.

-Dites moi celui que vous aviez avant. Réclama timidement la blonde.

-J’ai choisi de travailler sur la place des femmes dans la société et particulièrement dans le monde littéraire depuis trois siècles. Résuma la brune.

-Waouh, je pourrais le lire? Y a un moyen d’y avoir accès? Demanda Ava en la regardant, remarquant la paire de lunette transparente remontée dans les cheveux.

Elizabeth se leva et alla vers sa bibliothèque pour en sortir un manuscrit relié et enveloppé. Elle revint s’asseoir avec, et le posa sur ses jambes.

-Je te le passe, si tu me dis ton sujet. Sourit-elle.

-Je veux travailler sur l’acceptation du genre et de la sexualité individuellement et en collectivité dans la société. Révéla Ava un peu stressée, en parlant pour la première fois.

-Très intéressant, autant en littérature qu’en sociologie, ça correspond totalement au genre de sujet que l’on attend, et si tu as déjà quelques références, c’est encore mieux. Assura la brune.

-C’est ce que je me suis dit, alors j’en ai quelques unes, comme Baldwin, grâce aux livres que vous m’avez prêté. Sourit la blonde. En tout cas merci pour tout, vous m’aider pour beaucoup de chose, et ça ma rassure d’avoir votre avis sur mon sujet. Remarqua-t-elle.

-C’est un plaisir. Je suis là pour toi si nécessaire. Assura Elizabeth, avec un beau sourire.

-J’ai le droit de lire votre mémoire alors? Sourit grandement Ava, espérant obtenir gain de cause.

Elizabeth accepta d’un signe de tête et lui tendit son mémoire. La blonde l’attrapa comme si c’était un objet précieux et l’ouvrit pour regarder les premières lignes. Elle avait de la chance d’avoir Elizabeth comme professeur, surtout qu’elle s’était transformée en ange gardien, elle la protégeait et l’aidait, elle était probablement la femme la plus parfaite qu’elle pouvait rencontrer. Et elle était probablement irrémédiablement amoureuse d’elle.

Semaine 1 - Mercredi

Ava soupira en regardant le grand bâtiment blanc devant elle. Elle avait rêver de cette endroit, de ce nouveau départ pendant toute l’année dernière, et maintenant qu’elle y entrait ça ne ressemblait pas vraiment au rêve, elle était pas loin d’un début de cauchemar. L’université. Elle avait rêvé d’étudié, d’avoir sa chance, mais elle était si différente des autres, que les choses s’annonçaient compliquées. Elles savaient que son passé -récent et ancien- ferait le tour des étudiants, ça finirait par sortir, mais elle n’avait pas pensé que ça sortirait avant même sa rentrer. Dans son esprit, elle s’était dit qu’elle utiliserait ces premiers jours pour se faire deux ou trois amis, qu’elle leur mentionnerait elle même son passé, et que tout irait bien. Seulement la veille au soir, elle s’était connecté au site internet de son campus, et elle avait pu découvrir que sans qu’elle ne sache comment, les étudiants avaient déjà découvert son passé et l’avait balancé sur le campus, dans les messages entre eux, résultat tout le monde savait. Forcément, c’était quelque chose de si particulier et atypique, que ça avait fait le tour de tout le monde en quelque seconde. Alors ce matin, quand elle entra dans le hall, les regards se tournèrent sur elle, et les chuchotements se multiplièrent. Cette époque de l’université qu’elle avait tant attendue allait finalement être probablement plus de l’ordre de l’enfer que du bonheur. Elle avait envie de poser sa lettre pour mettre fin à ses études au bureau du directeur avant de s’enfuir très loin, mais cela voulait dire, plus d’apprentissage, moins de chance d’avenir, et en plus de ça, elle aurait de sérieux ennuis. Alors elle prit sur elle, serrant une main autour de la bretelle de son sac à dos, elle appuya de sa main libre au centre de sa monture noire épaisse de ses lunettes pour les remettre en place, et avança. Elle avait heureusement déjà prévu le coup, et savait où elle devait aller exactement pour son premier coursa lors elle s’y rendit. Elle avait choisi un cursus socio-littéraire, ses cours principaux étaient donc la littérature, la sociologie, la philosophie -elle avait d’ailleurs le même professeur pour ces deux cours- ainsi que des cours d’histoire et d’éthique. Son premier cours était celui de sociologie, en amphithéâtre, mais elle devait traverser le bâtiment pour ça. Dans les couloirs, elle ne pu éviter les regards des autres étudiants qui s’attardaient sur elle. Une boule d’angoisse c’était formé dans son ventre, et elle ne se sentait pas bien, comme oppressée par les regards et les chuchotements sur elle. Certes elle avait des erreurs dans le passer, mais tout le monde avait le droit à une seconde de chance, et puis elle restait persuadée que la plupart des gamins qui la regardaient en la jugeant en cet instant, auraient pas fait mieux qu’elle si ils avaient du vivre la même enfance et les mêmes problèmes. Mais ils étaient trop immatures pour penser ainsi. Après tout, elle avait vingt quatre ans passé, alors que la plupart de ceux de son cursus avait vingt ans au mieux puisqu’ils rentraient en deuxième année. Ava avait fait sa première année d’étude à distance, n’étant pas libre de faire la rentrée à l’université l’année précédente, mais entre la fin du lycée et l’université, elle avait un trou de quelques années.

Ignorant au mieux les regards et la douleur que ça provoquait en elle, elle finit par entrer dans l’amphithéâtre qui était déjà très plein. La porte claquant derrière elle, attira encore beaucoup de regard, l’agaçant toujours plus. Elle les ignora, et s’assit au premier rang, ne voulant pas grimper les escaliers, par peur d’être encore plus embêtée. Elle sortit sa tablette et son clavier, ainsi que son carnet et un stylo, laissant son sac tomber sur le sol entre ses pieds. Puis elle remit ses lunettes correctement sur son nez, passa une main dans ses cheveux, et s’accouda sur la table, en pianotant sur son téléphone pour répondre au message de son patron. Elle était serveuse dans un bar, et travaillait ce soir, premier jour de son nouvel emploi du temps, qui était adapté à ses horaires de cours.

-Bonjour à tous. Ava releva brusquement la tête pour regarder la femme qui venait de parler. Je suis votre professeur de sociologie et de philosophie. Elizabeth Wright. Se présenta la concernée, en posant ses affaires sur son bureau devant le large tableau.

Brune, latina, yeux noisettes, jolies courbes, mâchoire carré, nez fin, regard perçant, lèvres charnues, élégante, habillée d’un tailleur jupe haute noire et haut rouge, Ava la trouvait magnifique. Mais elle fut complètement sous le charme quand sa professeur sortit ses lunettes pour les glisser sur son nez. Les mêmes qu’elle. Exactement les mêmes. La blonde afficha un léger sourire et attrapa son élastique, pour attacher ses cheveux dans une queue de cheval basse, qui laissa tomber deux petites mèches encadrant son visage. Les cheveux noués, elle releva le regard vers son professeur, tout en attrapant son crayon, mais son regard tomba dans les prunelles noisettes de sa professeur qui la fixait.

Elizabeth retint son sourire, c’était la première fois qu’elle voyait une de ses étudiantes avec les mêmes lunettes quelle et quelque chose dans ce fait l’amusait. Comme tout les ans depuis qu’elle enseignait, Elizabeth avait survolé le profil de ses étudiants, mais celui de la jolie blonde l’avait intéressée plus particulièrement, pour plusieurs raison à vrai dire. D’abord, elle était absolument magnifique. Ensuite, elle était plus vieille. Et puis elle avait un passif qui avait parlé ses collègues. Plusieurs des professeurs de l’université ne voulaient pas prendre Smith dans le cursus socio-littéraire -ni dans aucun autre- et contrairement à d’habitude, Elizabeth s’était fait entendre. Elle était professeur dans cette université depuis sept ans, et du haut de ses trente trois ans, elle était la plus jeune professeur, alors elle avait plutôt tendance à se faire discrète, mais quand elle avait vu le dossier d’Ava Smith, elle s’était intéressée un peu plus, et avait réussi à récupéré des devoirs de la jeune femme, connaissant l’un des profs que celle ci avait en travaillant à distance. Elle avait alors trouvé que d’abord c’était de l’excellente travail pour une première année, mais en plus dans ses essais et ses dissertation elle avançait ses propres pensées -en s’appuyant sur des références concrètes évidemment- ce qui était rare en général. Elle l’avait trouvée intéressante, et avait pensé que ça pouvait être un atout pour le cursus socio-littéraire dont elle s’occupait. Alors elle avait insisté pour qu’elle soit accepté, car son dossier était parfait, et que en dehors de son passif il n’y avait aucune raison de la refuser, elle avait purgé sa peine, était resté un an et deux mois en prison et maintenant elle avait le droit à une seconde chance, il fallait lui accorder. Alors après des heures de discussion, elle avait été accepté, et Elizabeth en était ravie, résultat en ce jour de rentrée, elle savait qui était la blonde, et était intriguée, elle savait des choses sur elle, mais ne savait pas ce qui était essentiel, Ava était un secret.

-Bien, nous allons commencer par votre cours de sociologie, je parle, projette les documents vous notez. Décida la brune, après un raclement de gorge.

Elle commença à parler, en branchant son ordinateur pour projeter les documents en rapport avec le cours du jour, et une fois fait, elle posa son regard sur les élèves. Elle aimait son métier, elle adorait enseigner ce qu’elle savait, mais par dessus tout elle aimait voir les quelques yeux brillants tout aussi passionnés qu’elle l’était. Et cette année, encore plus que jamais, elle avait envie de les passionner, enfin surtout une, surtout cette Ava Smith.

Le cours terminé, tout les élèves se levèrent, quittant l'amphithéâtre un par un, alors que la blonde attendait une fois son sac rempli. Les derniers sorti, elle s’approcha du bureau de son professeur.

-Bonjour madame Wright, on m’a demandé de venir vous voir dès aujourd’hui, j’ai reçu un mail pour ça. Expliqua timidement Ava.

La brune redressa la tête vers elle, ajustant ses lunettes sur son nez, ce que son élève fit en miroir sans même s’en rendre compte. Elle se leva pour être à la même hauteur qu’elle.

-Oui, je dois vous parler de quelques petits choses. Reconnu Elizabeth, avant de tourner les pages de son porte vues, pour trouver un calendrier. Vous finissez à seize heure, je vous retrouve dans mon bureau à cinq.

-D’accord, j’y serais. Accepta la blonde.

-Vous savez où est mon bureau? Demanda la brune, se souvenant que bien qu’en deuxième année, Ava arrivait tout juste dans l’université.

-Non, mais je devrais réussir à trouver. Assura Ava.

-Mon bureau est au quatrième étage, du bâtiment d’à côté, celui des bureaux. Au quatrième vous allez sur la droite, et c’est la deuxième porte à gauche. Mon nom est sur la porte. Sourit Elizabeth.

-Merci beaucoup. Sourit Ava, en finissant de noter sur son téléphone. J’y serais au plus vite après la fin de mon cours.

-Bien, alors à tout à l’heure. Souffla la brune.

La blonde lui offrit un sourire poli, avant de se précipiter dans les couloirs pour son second cours de la journée. Elle devait voir sa prof l’après midi même, ça allait être véritablement dur de lui résister toute l’année, Elizabeth était…attirante. En plus d’être belle, elle avait un quelque chose que la blonde n’arrivait pas à identifier qui la rendait extrêmement attractive, un quelque chose qui rendait Ava folle. Elle arrivait à lui résister en étant dans les rangs de l’amphithéâtre, mais tout près d’elle à son bureau de la salle, où dans son bureau à elle, si près, ça s’annonçait plus compliqué. Beaucoup plus compliqué. Et Ava ne se faisait aucune confiance face à la brune.

À seize heure, son cours se termina, et la blonde vérifia l’heure. Elle avait trois minutes pour traverser le bâtiment et arriver au quatrième de l’immeuble d’à côté. Sac sur l’épaule, elle se faufila entre les autres étudiants d’un pas rapide, et se mit à courir dans le hall, ils était cinq quand elle quitta le bâtiment, et sept quand elle arriva haletante devant la porte de la brune. Elle prit une grande respiration, et frappa.

-Entrez!

Ava ouvrit la porte et prit rapidement la parole en la refermant derrière elle.

-Excusez moi pour le retard, mon dernier cours était à l’opposé d’ici, j’ai fait au plus vite. Fit-elle en s’approchant du bureau.

-Je m’attendais à vous voir arrivé à dix, alors tout va bien. Sourit poliment la brune. Asseyez vous. Invita-t-elle en montrant la chaise devant son bureau, voyant que la blonde n’osait pas s’asseoir. Elle remarqua alors, en posant son crayon, que la blonde était essoufflée. Vous savez, sans mettre corps et âme dans ses études c’est bien, être dévouée aussi, mais vous n’étiez pas obligé de courir, j’aurais compris que vous ayez du retard, les bâtiments sont grands.

-Vous m’attendiez, il est normal que je fasse mon possible pour arriver à l’heure. Souffla Ava en repoussant ses lunettes sur son nez.

Elizabeth sourit légèrement, et retira ses propres lunettes les posant sur son bureau.

-Alors, je vous ai demandé de venir pour plusieurs raisons, déjà bravo à vous. Vous avez fait une première année parfaite pour quelqu’un qui travaillait seul. Commença Elizabeth.

-Merci madame Wright. Sourit timidement la blonde.

-Je dois vous avouer que j’ai défendu votre dossier, mais au vu de votre parcours et de votre passage de quelques mois en prison certain de vos professeurs n’étaient pas totalement pour vous accepter ici. Donc, il y a deux choses qui en découlent. En premier, vous devez garder des notes excellentes, et vous n’avez pas le droit à l’erreur, votre comportement doit être exemplaire.

-Je n’ai pas prévu de faire autre chose. Je sais que j’ai fais des erreurs au cours de ma vie. Mais je tiens à réussir mes études, en dehors de mon travail je ne fais que travailler et je vais continuer ainsi. Assura Ava.

-Bien, je m’en doutais. Sourit fièrement la brune. La seconde chose, concerne ce que je vous disais sur les professeurs. Certains n’étaient pas très enclin à vous accepter, par conséquent j’ai bien peur que certains ne se montrent pas professionnels et irréprochables avec vous. Si ils se montrent malpolis ou autre envers vous, si leur comportement n’est pas le même avec vous et les autres élèves, j’aimerais que vous me teniez au courant.

-Vous voulez dire que certains pourraient être plus durs avec moi ou pourraient me craindre? Demanda la blonde.

-Les deux, je ne sais pas à quoi m’attendre, si ça se trouve tout se passera bien. Remarqua Elizabeth.

-D’accord, je vous dirais si quelque chose devait arriver. Mais je devrais m’en sortir. Je suis sortie de prison il y a deux ans maintenant, j’ai l'habitude des regards en biais. Assura Ava.

-Seulement l’université à pour règlement de ne pas faire de discriminations entre les étudiants, vous avez d’excellente notes, votre passé ne doit pas devenir un obstacle. Fit la brune.

-Je vous remercie madame Wright. Sourit la blonde. Je dois aller travailler, puis je y aller?

-Bien sur accepta la professeur avec un sourire.

Ava se leva, remettant son sac sur son épaule et alla vers la porte. La main sur la poignée, elle se tourna de nouveau vers la brune.

-Je sais que j’ai fais des erreurs, et que ça me poursuivra toute ma vie. J’ai passé un an et deux mois en prison, j’ai payé ma dette, et j’ai compris qu’il y avait des règles et que la liberté que je cherchais elle était dans le respect des règles de la société. J’ai passé l’intégralité de mon incarcération à travailler, à lire, à étudier avec tout ce que j’avais à ma disposition, dans l’optique de reprendre mes études pour avoir un avenir. En sortant je me suis battue, j’ai travaillé d’arrache pied pour me construire une vie, et avoir la capacité de rattraper mes erreurs. Après un an avec deux boulots accumulés, j’en ai lâché un pour commencer à étudié à distance, pour ensuite pouvoir intégré l’université. Raconta Ava. Les gens ne peuvent pas comprendre et me verront les trois quart du temps comme une criminelle, mais aujourd'hui je sais ce que je suis, et je ne suis plus l’ado de vingt et un an qui haïssait le monde entier et voulait le faire payer pour ce qu’elle avait subi. Aujourd'hui je veux me battre pour prouver que malgré ce que j’ai vécu je peux m’en sortir. Je suis pas ici pour fair n’importe quoi et m’éclater, bien au contraire. Finit-elle avant de faire un léger signe de tête et de quitter le bureau.

Elizabeth regarda la porte se fermer, et ne pu retenir un sourire. Ava était passionnante dans ses devoirs, mais son discours était inattendu et parfait au yeux de la professeur. La blonde était vraiment tout ce que Elizabeth aimait chez une femme ça en devenait presque agaçant. Elle n’aurait pas été son élève, elle l’aurait rencontrée dans un bar, elle serait venue la draguée sans hésiter. Pas qu’elle faisait ça souvent, mais quand elle rencontrait une femme qui lui retournait le ventre et la faisait pétiller comme la blonde en était capable, elle n’hésitait pas. Mais il y avait quelque chose chez elle qui ne devait pas aller, car ses relations ne dépassaient jamais les trois mois ensemble. Elle secoua sa tête, éloignant ses pensées loin de cette jeune blonde pleine de paradoxes et attirante, pour se replonger dans son travail.

Semaine 5 - Vendredi

Plus d’un mois que les cours avaient commencés, Elizabeth avaient bien essayé d’oublier le bonheur d’avoir Ava au premier rang durant ses cours, mais après deux semaines à essayer, elle avait finalement comprit qu’il valait mieux qu’elle accepte son attirance pour la blonde et qu’elle fasse avec plutôt que de se battre contre ce qu’elle ressentait. Elle suivait de près les cours d’Ava, et ses notes, lui demandant si tout se passait bien. Elle voyait bien que la blonde n’osait pas lui dire si tout allait bien ou non avec ses professeurs et les autres élèves, l’étudiante était bien trop réservée et désireuse de ne pas avoir d’ennui, qu’elle préférait encaisser en silence. Alors Ava n’avait jamais mentionné à son professeurs, l’attitude des autres personnes de l’université. La plupart de ses professeurs se montraient mal à l’aise avec elle, mais pas plus durs, simplement ils restaient à distance, comme intimidés. Quant aux élèves, après la période d’observation et de chuchotements dans le couloirs, ils en étaient passé au stade des blagues -pas vraiment drôles- à son égard. Ils se permettaient de lui lancer des piques fortement quand elle passait dans le couloir, ils l’avaient bousculés par “inadvertance“ plusieurs fois, avait rit quand elle entrait dans une pièce, et fait des blagues au milieu des cours. Mais Ava ignorait, parce qu’après tout, que pouvait elle faire? Dire que c’était vrai? Non, elle n’allait pas aller raconter son passé de criminelle et de femme emprisonné, ça risquerait d’être encore pire après. Alors elle se taisait, et comme en plus, elle ne voulait pas avoir encore plus de problèmes ni avec les élèves ni avec les professeurs, quand sa professeur Wright lui demandait si tout allait bien, elle disait toujours oui. Cette dernière lui faisait des avances souvent, très souvent, et au fond Ava adorait ça, mais elle ne savait pas comment elle devait réagir alors elle ne disait rien et souriait seulement. À chaque fin de cours de sociologie ou de philosophie, elle passait voir sa prof au bureau, c’était comme une habitude.

Ce jour là ne faisait pas exception. Le cours de philosophie allait se terminer, finissant la journée des deux femmes, et Ava était passionnée par les mots de sa professeur qui abordait une paire de lunettes à la monture transparente, de hauts talons blancs avec un jean taille haute et un chemiser fluide rentrer dedans. La blonde avait mit dix minutes à réussir à se concentrer, complètement perturbée par l’apparence plus que sexy de la femme. Durant les dernières semaines, Ava avait découvert que la brune était le mot élégance et sexy, elle était parfaite dans n’importe quel vêtements, et la blonde en était dingue. Sans parler de ces lunettes, que se soit les noires, les transparentes ou celles avec la fine monture en métal, Ava en était toujours plus dingue. Alors quand elle les libéra à la fin du cours, Ava ramassa ses affaires, avant d’aller la voir.

-Bonjour madame Wright. Fit-elle.

-Ava, bonjour. Sourit la brune en la regardant, cessant de ramasser ses affaires. Comment allez vous?

-Très bien, merci. Et vous? Fit poliment la blonde.

-Très bien, aussi. Vous ne travaillez pas ce soir? Demanda Elizabeth.

-C’est vendredi, je finis très tard, alors je commence tard aussi. Sourit poliment Ava. Je me demandais, j’aimerais lire Notes of a Native Son de James Baldwin, en auriez vous un exemplaire? Demanda-t-elle.

-Oui, chez moi, un livre magnifique, je vous l’apporterais lundi avec plaisir Ava. À quelle heure avez vous cours? Interrogea la brune.

-Je commence à dix heure, avec un cours de littérature dans l'amphithéâtre B. Se souvint la blonde. Mais je pourrais aussi venir le chercher à votre bureau, je ne voudrais pas vous déranger.

-Je serais devant l'amphithéâtre B à dix heure, ça me fait plaisir. Assura Elizabeth avec un grand sourire.

-Merci beaucoup, vous êtes géniale madame, vous n’êtes vraiment pas obligée. Souffla timidement Ava, gênée par tant d’attention.

-Je le sais, si je le fais c’est simplement parce que j’en ai envie. Vous saurez Ava, que je ne fais jamais ce que je ne veux pas faire. Promit la brune en fermant son sac.

-Alors merci, sincèrement merci. Sourit la blonde. Je dois y aller, à lundi madame Wright.

-À lundi Ava. Bonne chance pour la nuit de travail. Sourit gentiment Elizabeth.

Les deux femmes échangèrent un dernier sourire avant qu’Ava n’ajuste son sac sur son épaule pour quitter l’amphithéâtre. Ava traversa les couloirs et le hall, pour quitter l’université, et aller prendre le bus. Elle alla directement chez elle, pour se changer, enfilant un jean taille haut et un top court, sa tenue de travail habituelle, avant de partir pour le bar.

Semaine 6 - Lundi

Elizabeth était devant l'amphithéâtre B, attendant Ava, elle avait de l’avance, elle le savait, alors elle s’était mise dans un recoin, voulant éviter de se faire remarquer, et les autres élèves qui attendaient dans le couloir la fin du cours précédent, ne l’avaient pas remarquée. Elle avait fait exprès de venir un peu plus tot, voulant voir la jolie blonde venir vers elle. Elle avait passé le week-end à se demander si elle devait glisser son numéro dans le livre qu’elle allait prêter à la blonde ou pas. Et ce matin au moment de partir, elle avait choisi de le faire et avait glisser sa carte de visite entre deux pages du livre, carte sur laquelle elle avait souligné le numéro de téléphone, pour qu’elle comprenne. Finalement, après quelques minutes d’attente, elle vit Ava arriver, ses cheveux noués dans une queue de cheval basse rapide, ses lunettes noires -assorties au jean- sur son nez, ses mains fourrées dans la poche de son sweat rouge. En la voyant avancer, Elizabeth ne pu retenir un sourire, toujours aussi charmée par son étudiante, ce n’était pas seulement l’interdit qui l’attirait, c’était tout Ava. Mais ce matin, son sourire se dissipa en remarquant la façon que les gens avaient de se conduire. Les étudiants riaient, et embêtaient Ava, qui avait l’air de vouloir disparaitre.

-L’éthique c’est pas pour toi Smith! Cria un des garçons.

-Se serait plus le retour en prison ouais! Ajouta un autre.

-Tu devrais pas en être sortit! Rit une des filles, faisant rire un peu plus l’assemblée.

Ava les ignora, et s’approcha de la porte, pour s’écarter du groupe, avant de voir Elizabeth. Elle afficha alors un sourire et s’approcha d’elle.

-Bonjour madame Wright. Sourit-elle poliment.

-Ava. Soupira la brune, n’arrivant pas à réaliser ce qu’elle venait de voir.

-Comment allez vous? Avez vous passer un bon week-end? Demanda la blonde, l’air de rien.

-Oui, oui très bien. Et vous? Répondit Elizabeth, qui comprenait que la jeune femme ne veuille pas en parler, et à vrai dire elle ne voulait pas non plus le faire dans les couloirs.

-J’ai travaillé et lu beaucoup, je n’ai donc pas à me plaindre. Sourit Ava.

-Bien. Alors voici votre livre. Ajouta la brune en lui tendant l’objet. Je dois aller en cours, je vous laisse.

-Merci beaucoup pour le livre madame, j’avais très envie de le lire mais pas…enfin je..Elle hésita, baissant les yeux. J’ai pas les moyens de m’acheter beaucoup de livres, le fait que vous me le prêtiez est vraiment génial et très gentil de votre part. Merci beaucoup. Avoua-t-elle.

-N’hésitez pas à me demander Ava, j’aime partager mes livres, et se serait un plaisir de vous aider. Assura Elizabeth.

-Une petite question, pourquoi vous me vouvoyer alors que vous ne le faite pas avec les autres élèves? Demanda la blonde.

-Parce que se sont des enfants encore, vous êtes plus grande. Je crois que ça me parait plus compliqué. Expliqua la brune, avec un joli sourire.

-Tutoyez moi s’il vous plaît. J’en ai plus l'habitude aussi. Expliqua Ava.

-D’accord. Alors je te souhaite une bonne journée Ava, et à demain. Sourit Elizabeth.

-À demain madame Wright. Accepta la blonde.

Elle regarda son professeur s’éloigner dans les couloirs, et s’appuya contre le mur, juste à côté de la porte. Elle sentait son corps pétillé encore une fois, pourquoi fallait-il que son béguin pour sa professeur se transforme en sentiments, toujours un peu plus fort à chaque fois qu’elle la voyait ou lui parlait. La veille au soir, elle avait trouvé -après quelques longues recherches- un des réseaux social de la brune. Son compte était recouverts de photo de personne intellectuelles célèbres, de pages de livre, de photos du quotidien très joli, et de nature, il lui ressemblait assez trouvait Ava. Cette dernière, avait passé la soirée entre les lignes de son bouquin qu’elle voulait et avait terminé, et le compte de la brune. Et elle n’avait pu s’empêcher de screener une photo de Elizabeth qu’elle avait posté quelques années avant. Ava sortit  son portable et regarda la photo sur laquelle sa professeur était allongée sur le ventre dans le jardin, livre en main, sur ses coudes, lunettes sur le nez, sourire hésitant en regardant la caméra. Une des rares photos de la femme elle même sur les réseaux, et la blonde l’adorait. La porte de la salle s’ouvrit, la faisant sursauter et elle éteignit son téléphone pour le ranger, comme si elle avait été surprise à regarder quelque chose d’interdit, c’était peut-être vrai au fond.

Semaine 6 - Jeudi

Le cours d’histoire arrivait à sa fin, et Ava avait hâte de terminer, surtout qu’elle n’avait pas eu le temps de manger le matin même, résultat elle avait le ventre vide, et très envie de manger ce midi. Elle avait envie de pouvoir lire un peu avant d’aller prendre son service. Elle avait commencer le livre prêté par sa professeur et avait envie de l’avancer un peu plus en mangeant ce midi, surtout que ce soir elle travaillait et donc elle n’aurait pas le temps de lire. Quand le cours se termina, tout les étudiants ramassèrent leurs affaires, et Ava suivit le mouvement, pour finalement quitter la salle. Même si elle avait faim, elle détestait la pause midi, elle détestait toute les pauses à vrai dire. Elle prit sur elle, comme tout les jours, et se rendit dans la cafétéria pour aller à la machine. Alors qu’elle était dos à tout le monde, choisissant son sandwich, elle entendit les murmures habituel, les critiques, et ignora comme toujours, elle n’avait pas d’autre solution, alors elle faisait sa vie, les ignorant, mais dès qu’elle eut son sandwich, elle quitta la cafétéria pour trouver un coin avec son repas et son livre. Ce qu’elle n’avait pas vu c’est Elizabeth qui mangeait dans un coin, et qui assistait à une scène de ce genre pour la deuxième fois, sans pouvoir savoir si c’était ainsi depuis le début de l’année, si Ava subissait ça tout les jours ou non. Et si ça l’était, Elizabeth ne comprenait pas ce qu’elle avait fait de mal, qui empêchait la blonde de venir se confier à elle. Elizabeth referma son tupperware, son ordinateur et rangea tout, pour partir dans les couloirs. Elle ne savait pas où Ava pouvait être, mais elle avait une petite demie heure pour la trouver. Elle fit le tour du bâtiment, vérifia les jardins, mais rien. Ava était introuvable. Elle entra de nouveau  dans le bâtiment et pensa soudainement à un endroit qu’elle aimait elle même.Elle monta les quatre étages, et tourna dans quelques couloirs, pour aller vers le toit ouvert d’une partie du bâtiment. Arrivant sous le soleil, elle vit Ava assise sur le rebord, le dos contre le mur, sandwich dans une main, livre ouvert sur ses jambes. Elle lisait le livre que Elizabeth lui avait offert, mais en cet instant elle tenait sa carte de visite entre ses mains, la fixant. La brune déglutit en le remarquant, hésitant à repartir, c’était un geste qu’elle n’assumait pas vraiment, et elle ne voulait pas recevoir de question sur ce fait, mais si Ava la remarquait maintenant, juste après avoir vu sa carte, elle poserait forcément des questions. Elle se tourna de nouveau vers la porte, bien décidée à partir, juste au moment où un claquement résonna, la porte s’étant lentement refermée. Elizabeth se figea, alors que la blonde avait tourné la tête vers elle.

-Madame Wright? S’étonna Ava en se tournant, reposant son livre, gardant la carte serrée entre ses doigts.

-Ava. Souffla la brune en se tournant pour lui faire face.

-Je..J..Qu’est ce que vous faites là? Demanda la blonde.

Elizabeth hésita une second, regardant sa carte toujours serrée dans la main de la blonde. Elle jeta un oeil au paysage ensoleillé devant elle. Elle avait trois solution. La première sauté du toit, mais c’était trop radicale. La seconde, partie en courant, mais elle était la professeur, elle se devait de garder la tête haute et une image de femme respectable, surtout si elle voulait avoir une toute petite chance d’avoir Ava dans sa vie un jour, autrement que comme une élève. La troisième, parler à Ava, mais elle avait peur. Seulement la dernière option était la plus adulte, et celle qu’attendait la blonde au vu de son air perdu en la fixant.

-J’étais à la cafétéria. Annonça-t-elle.

-Oh..Soupira la blonde, comprenant où elle voulait en venir.

-Ava, ce que je t’avais dis en début d’année était- Elle se coupa en entendant son téléphone sonner. Elle grogna et le sortit pour couper la sonnerie de son alarme prévenant du retour en cours. Je dois y aller, j’ai un cours.

-Cours. Releva Ava avant de regarder l’heure. Merde je vais en retard. Gronda-t-elle avant de coincer son sandwich entre ses dents, avant de ramasser ses affaires.

-Tu pourrais venir dans mon bureau après les cours, j’aurais besoin de te parler? Réclama Elizabeth.

-Oui, oui. J’aurais d’ailleurs besoin de vous parler de quelque chose aussi. Accepta Ava en s’approchant de la porte, tout comme sa professeur.

-De tes camarades? Interrogea la brune.

-Non, non. Refusa la blonde. Désolée, je dois y aller, mon cours est à l’autre bout du bâtiment. Ajouta-t-elle.

Elizabeth lui sourit doucement en entrant dans le bâtiment, la regardant partir. Les deux femmes passèrent l’après midi entier, en cours, l’une à apprendre, l’autre à enseigner. Ava faisait tourner la carte de visite de son professeur dans ses mains et sur son bureau. Elle n’arrivait pas à savoir ce que ça représentait. Elle avait bien remarqué l’attention que Elizabeth lui portait et ça lui plaisait vraiment, mais est ce que la brune lui offrait son numéro pour augmenter le temps à se parler? Pour qu’elle la contact une fois le livre finit? Par pitié envers elle, sachant qu’elle avait un passé et une vie personnelle complexe? Parce qu’elle tenait à elle ou parce qu’au contraire elle la trouvait si pitoyable qu’elle proposait son aide? Elle n’arrivait pas à comprendre les intentions de son professeur, et ça tournait dans sa tête. Une part d’elle était heureuse tout de même, parce que maintenant en cas d’envie ou de besoin, elle avait son numéro, c’était déjà ça. Son dernier cour termina à seize heure trente, et elle se rendit au bureau de la brune. En arrivant elle frappa, n’obtenant pas de réponse elle réessaya, mais le silence à nouveau. Elle essaya d’ouvrir, mais la porte était crochetée, alors elle s’adossa au mur et sortit son livre pour l’avancer. Après de longues minutes, des bruits de talons se firent entendre, et Elizabeth arriva d’un pas pressé.

-Je suis désolée, un collègue avait besoin de me parler. S’excusa-t-elle de suite.

-Pas de soucis, je peux lire comme ça. Sourit poliment Ava.

Elizabeth lui offrit un sourire, avant de récupérer sa clé pour ouvrir son bureau. Les deux femmes entrèrent dans le bureau, et rapidement Elizabeth prit sa place sur son siège après avoir posé ses sacs. La blonde hésita un moment, mais finit par venir s’asseoir sur une des chaises face à sa professeur. Il y eut un léger silence, avant que la brune reprenne.

-Alors, Ava, pourrais tu me dire si tout va bien? Commença la brune, sans savoir comment aborder le sujet.

-Bien sur. Assura Ava, bien consciente du mensonge  effronté qu’elle faisait, puisque sa professeur avait vue ce qu’elle subissait.

-Ava, j’ai vu l’attitude des autres élèves, j’aimerais plus de détail sur la situation, ça m’aiderait à savoir quelles sanctions appliquer. Expliqua la professeur.

-Il n’y a rien à dire, ils finiront par se lasser, et vous n’allez pas sanctionner tout les étudiants de la promotion. Répondit simplement la blonde.

-Tous? Releva Elizabeth.

-Non, mais une majorité, je ne connais pas le nom de la moitié d’entre eux, je leurs parle pas, je les ignore et ils finiront bien par se lasser. Remarqua Ava, dans un soupir.

-Que te font-ils exactement? Insista la brune.

-Rien d’important. Des remarques, des piques, des blagues qu’ils pensent drôles, voilà. Je vis ça partout où je vais et que des personnes me connaissent, moi et mon histoire. Alors, ne vous prenez pas la tête là dessus, ils finiront probablement par se lasser. Argua la blonde.

-Et si ils ne se lassent pas? Rétorqua la brune, arquant un sourcil parfait.

-Et bien je prendrais sur moi. Répondit Ava sur d’elle. je vous l’ai dit, tout ce qui compte c’est mes études, alors croyez moi je laisserais personne m’empêcher de réussir. Ni des professeurs qui sont mal à l’aise face à une ex détenue, ni des étudiants immatures qui n’ont aucune idée de la raison de ma présence en prison. Argua-t-elle.

Elizabeth serra les dents, partagée entre la colère contre les autre étudiants et l’admiration pour la force d’esprit de son élève. Ava était forte, prête à tout pour réussir, même à subir les moqueries et l’immaturité des étudiants mesquins et méchants. La brune trouvait ça admirable, mais surtout très très attirant. Si elle n’avait pas craqué pour Ava avant, elle l’aurait fait maintenant. Elle eut besoin d’une minute pour se reprendre, et souffla un cou avant de reprendre la parole.

-Ava, tu es ici pour étudier, tu es censé être libre d’être qui tu es, tu ne dois pas être persécutée, venir en cours ne doit pas être une angoisse, et tu n’es pas censée prendre sur toi en continu pour supporter les bêtises des autres. Argua-t-elle sérieusement, appuyant ses bras sur le bureau prenant une attitude très sûre. C’est mon travail aussi de te protéger.

-Et c’est très gentil de votre part, je dois reconnaitre que je n’ai pas du tout l'habitude d’être protégée, bien au contraire. Mais je sais, par conséquent, me débrouiller seule, j’ai appris de mes erreurs. Alors croyez moi, je m’en sortirais. Assura la blonde.

-Ava, si tu ne veux pas dénoncer des étudiants, et ne pas rentrer dans les détails je l’accepte. Mais laisses moi t’aider autrement. Réclama la brune.

-Qu’est ce que vous voulez dire? Demanda Ava, ses sourcils se fronçant d’étonnement.

Personne ne l’aidait jamais, ses ex petites amies n’avaient fait que la trahir, elles avaient eu une enfance chaotique, des amis rares et pas fiables, alors non, elle ne savait pas du tout ce que ça faisait d’être protégée et appréciée. Mais ça ne l’aidait pas du tout que se soit Elizabeth qui agisse comme ça. Elle était complètement folle d’elle, et le numéro de téléphone en sa possession la torturait depuis qu’elle l’avait découvert quelques heures avant. Couplé à sa gentillesse et sa présence, Ava sentait qu’elle craquait totalement pour elle. Mais elle savait que s’attacher à quelqu’un s’était prendre le risque d’être trahie à nouveau.

-Quand tu as des pauses, viens ici. Pour manger, lire, étudier, entre deux cours, quand tu veux. Je mange rarement autre part qu’ici, et je te laisserais une clé dès lundi pour que tu viens entre deux cours, même si je ne suis pas là. Proposa Elizabeth.

-Non, je peux pas accepter. C’est très gentil, mais je veux pas être différente, enfin par encore plus différente des autres élèves. Refusa Ava.

-Tu es différente Ava, et la situation est exceptionnelle, jamais vu, c’est une première et je fais comme je peux. Et je pense que tout le monde à besoin de respirer loin des autres surtouts quand ceux ci ne sont pas respectueux. Pour le moment il fait beau, se réfugier sur le toit est possible, mais d’ici quelques semaines il pleuvra et fera froid. Tu seras heureuse d’avoir la possibilité de venir ici. Expliqua la professeur avec un sourire serein, pour la rassurer.

Ava ne dit rien, la fixant droit dans les yeux, ne réalisant pas. Depuis sa condamnation pour vol, personne ne lui faisait jamais confiance, même dans son travail, elle avait des responsabilités mais par contre jamais son patron la laissait seule derrière le bar, jamais elle ne devait ramasser la caisse. Elle savait qu’elle le méritait, quand on brise la confiance il faut la récupérer, elle avait merdé et elle faisait maintenant en sorte que les choses s’arrangent, qu’on ne se méfie plus ou presque plus d’elle. Mais elle ne comprenait pas l’attitude de sa professeur. Et puis soudain, elle se souvint. Sa contrôleur judiciaire lui avait dit qu’il serait noté dans son dossier qu’elle avait fait de la prison, mais pas la raison pour laquelle elle en fait fait, donc sa professeur n’était pas au courant qu’elle avait été arrêté pour vol.

-Je ne sais plus quoi vous dire. Reconnu Ava, toujours perturbée, bien que la brune ne sache pas la raison de son séjour en prison, elle devait quand même se douter qu’elle n’y était pas aller pour avoir fait de bonnes choses.

-Alors ne dis rien, et viens lundi midi je t’attendrais. Rétorqua Elizabeth avec un sourire ravi d’avoir réussi à obtenir gain de cause. Ava essaya de lui offrir un sourire, clairement mal à l’aise, et la brune vint à son secours, changeant de sujet. Tu m’as dit ce midi, quand je t’ai dit que je voulais te parler, que tu avais aussi quelque chose à me dire.

-Oh oui..Se souvint Ava, ses joues s’empourprant.

Mais rien de plus, la blonde avait baissé les yeux sans rien dire, et depuis l’autre coté du bureau, tout ce que pouvait voir Elizabeth, c’est qu’elle triturait quelque chose entre ses mains.

-Alors? De quoi était ce? Osa-t-elle demander.

Elle ne voulait pas la brusquer, mais elle ne voulait pas non plus y passer la soirée, elle n’avait pas beaucoup de patience. Mais la réaction d’Ava n’était clairement pas celle à laquelle elle s’attendait. La blonde se leva brusquement, cachant ce qu’elle avait en main dans sa poche et attrapa son sac.

-Rien, c’était bête. Je dois y aller, je travaille bientôt. Merci pour tout madame Wright. Fit la blonde.

Elle n’entendit que son nom sur un ton surpris avant de fermer la porte derrière elle. Elle soupira en se laissant tomber dos contre le mur à côté de la porte. Elle avait penser que parler du numéro donné serait bien, pour comprendre pourquoi elle lui avait donné, mais aussi pour savoir comment elle pouvait ou non l’utilisé, seulement elle avait manqué de courage. Le regard noisette, chaud, la beauté de la jeune femme, sa mâchoire carré, son nez fin, ses lèvres pulpeuses, Ava n’avait pas su comment faire pour parler plus, et encore Elizabeth n’avait pas porté ses lunettes, sinon ça  l’aurait achevé. Sa professeur l’attirait beaucoup trop pour sa santé. Prenant sur elle, la main toujours serrée autour de la carte avec le numéro, dans sa poche, elle se décolla du mur et partit rapidement, elle voulait se changer et prendre une douche avant de prendre son service au bar ce soir.

Semaine 7 - Lundi

Il était midi et quelques quand Ava arriva devant la porte du bureau de sa professeur. Elle avait envie de la revoir, le week-end avait été long sans elle, et en plus quoi qu’elle fasse elle ramenait tout à Elizabeth, ça en devenait épuisant franchement, mais par contre elle arrivait malgré tout très bien à étudié. Mais même si elle avait envie de la voir, elle était stressée, après tout la dernière fois, elle était partie sans lui laisser le temps d’en placer une, et si elle était là c’est parce que Elizabeth lui avait demandé de passer, elle aurait jamais osé sinon. Elle prit une grande respiration et leva le poing pour venir frapper contre la vitre.

-Entrez. Répondit la brune.

La blonde ouvrit la porte, et fut charmée par l’image devant elle. Une pile de copie à droite, l’ordinateur à gauche, une feuille et un carnet de notes devant elle qu’elle remplissait d’une main, alors qu’elle mangeait une salade -posée en équilibre entre le carnet et les copies- de l’autre main.

-Bonjour madame Wright. Fit la blonde.

-Oh Ava. Se reprit Elizabeth en portant le dos de sa main à ses lèvre, pour tenter de cacher sa déglutition. pardon, je n’avais pas vue l’heure. Entre. Invita-t-elle, retrouvant son doux sourire.

-Si vous êtes trop occupée, je peux revenir à quinze heure après mes cours. Proposa Ava, toujours plantée dans son jean et sa veste en cuir, tenant sa besace.

-Non, non, viens. Assura Elizabeth en lui montrant le canapé, alors qu’elle se levait prenant sa salade. As tu déjà mangé?

-Non, j’ai un truc à avaler dans mon sac après. Expliqua la blonde.

-Et bien tu pourrais manger maintenant. Proposa la brune en la regardant s’asseoir à côté d’elle. Et j’ai ça pour toi. Ajouta-t-elle en lui tendant la clé.

Ava baissa le regard dessus, ne sachant pas quoi faire. Elle y avait beaucoup pensé, et une part d’elle avait envie d’accepter, parce que ça voulait dire pourvoir parler plus souvent et de plein de choses avec Elizabeth, ça voulait dire se rapprocher d’elles devenir unique et différente pour sa professeur, ça lui laissait la possibilité de montrer qu’elle était plus qu’une ancienne détenue, et qu’elle avait véritablement changé. Mais une part d’elle était terrorisée, pour les mêmes raisons, se rapprocher c’était prendre le risque de tomber amoureuse et puis d’avoir le coeur brisé, devenir unique pour elle c’était se mettre dans un position inconfortable au milieu des autres élèves et des professeurs, et puis ç voulait aussi dire que son professeur en apprendrait plus et que peut-être que plus elle en saurait moins elle l’apprécierait.

-Prends la. Tu choisiras plus tard de l’utiliser ou non. Insista Elizabeth, avec ce sourire qui faisait encore plus craquer la blonde.

-D’accord. Murmura Ava en la prenant. Merci. Ajouta-t-elle encore plus bras en glissant la clé dans sa poche.

Elles restèrent en silence en mangeant. C’était à la fois inconfortable et pas gênant. Elles auraient aimé parler, discuter, comme des amis, et en même temps elle sentaient cette électricité entre elles, mais étaient aussi conscientes que l’autre représentait l’interdit. Alors qu’elles arrivaient à la fin de leurs repas, Ava reprit.

-J’ai fini le livre que je vous avais emprunté, je vous l’ai rapporté. Fit elle en sortant l’ouvrage de son sac.

-Tu as aimé? Demanda la brune.

-Oui, beaucoup. Son récit de sa propre carrière d’écrivain en tant qu’homme noir et non-hétérosexuel aux Etats-Unis m’a beaucoup plu et touché, c’est une vision que je ne pourrais jamais comprendre, car je ne suis ni homme, ni noir, et je trouve ça très intéressant de pouvoir lire les impression d’une personne qui a vécu avec toutes ces différences si mal accepté et encore plus à son époque. Lâcha Ava en regardant le livre dans ses mains.

-Tout à fait d’accord. Sourit Elizabeth. Elle avait bien comprit une chose, pour faire parler Ava, il fallait discuter par le biais des livres. Vous n’avez donc que trois différences avec Baldwin, votre origine et votre sexe?

-Non, j’ai bien d’autre différence, je crois d’ailleurs que la seule choses commune est notre homosexualité, mais là encore on pourrait y voir une différence, j’aime les femmes et lui les hommes, et certains diraient que deux hommes c’est pire que deux femmes. Pour moi quelques soit le sexe c’est juste de l’amour et du sexe, rien n’est pire ou mieux, c’est juste la vie, la nature, c’est ainsi. Souffla la blonde.

Si Elizabeth avait des doutes, elle était maintenant sure de l’homosexualité de la blonde, et encore plus sure de son potentiel pour être major de sa promo. Elle avait de bonne idées, des connaissances riches, et elles étaient studieuses. Ava était à chaque rencontre plus intéressante.

-Vous devez réalisé un mémoire pour la fin de l’année prochaine, et vous commencez à travailler dessus dès cette année. J’ai annoncé la semaine dernière que vous deviez choisir un sujet. As tu choisi le tien? Demanda Elizabeth.

-Pas tout à fait. Enfin j’ai l’idée, je veux maintenant trouvé la bonne manière de le formulé. Répondit sincèrement Ava.

-Si tu as besoin d’aide, je suis là. Proposa la brune.

-Merci. Souffla la blonde en posant le livre sur les genoux de sa professeur. Merci pour le livre, peut-être que je vous en demanderais d’autre pour travailler mon sujet de mémoire. Sourit-elle doucement.

-Je serais ravie de t’en prêter d’autre. J’ai une grande bibliothèque qui déborde. Sourit Elizabeth.

Ava sourit un peu plus, avant de jeter un oeil à l’heure.

-Je vais être en retard, je dois y aller. Fit-elle en se levant.

-D’accord. Accepta Elizabeth. Reviens quand tu veux, tu as la clé maintenant, et ne laisse pas les autres te blesser.

-Il en faut plus que ça pour blesser quelqu’un comme moi, j’ai appris à encaisser. Affirma la blonde.

Elle quitta la pièce laissant Elizabeth seule avec son envie de poser des questions pour avoir plus de réponses, mais avec aussi cette étrange envie dévorante de l’enlacer pour lui faire tout oublier.

Semaine 9 - Mardi

Deux semaines et demi qu’Ava avait le numéro de la brune et deux qu’elle avait la clé de son bureau, et pourtant elle n’était jamais venue, mais finalement à midi, elle avait vraiment besoin de s’isoler, et d’être loin de tout le monde. Elle n’avait pas le morale, sa soirée au bar la veille avait été interminable, et elle était tellement fatiguée après sa nuit de trois heures, qu’elle n’avait pas la force de supporter les gens autour d’elle, les bêtises des étudiants et leurs méchancetés. Alors elle s’était dit que c’était l’occasion d’utiliser son privilège, en allant dans le bureau de sa professeur. Elle avait une pause entre onze et treize heure trente, elle voulait travailler, et devrait manger, mais pour faire ça elle devait éviter tout le monde, et il pleuvait des cordes. Elizabeth avait raison, le toit c’était bien quand il faisait beau, mais maintenant qu’il pleuvait elle se rendait compte qu’en dehors du bureau de sa prof, elle n’avait nul part où aller, elle allait donc se résoudre à accepter son offre, même si passer sa pause auprès de la brune n’allait pas l’aider à stopper ces pensées pour elle. Prenant sur elle, Ava leva la main, et frappa à la porte, voulant savoir si quelqu’un était là, mais personne. Elle glissa la clé dans la serrure, et ouvrit le bureau. Personne n’était là, elle avait l’impression de faire quelque chose de mal, et failli faire demi tour pour partir, mais elle entendit la petite voix de Elizabeth lui disant qu’elle pouvait venir et qu’elle avait le droit d’utiliser son bureau pour se réfugier. Elle alla s’asseoir dans le canapé, et sortit sa tablette et son clavier, qu’elle mis sur la table basse, sortit son cours de sociologie papier, son carnet de note, et sa bouteille d’eau. Elle ajusta ses lunettes, et attrapa son stylo pour se mettre à travailler sur son sujet de mémoire, elle avait travaillé dessus depuis sa discussion avec Elizabeth, et devait le présenté en fin de semaine, alors elle voulait que se soit parfait. Vers midi, elle attrapa son sandwich préparé le matin même et se mit à manger en travaillant. Quelques minutes après la porte s’ouvrit, et elle s’étouffa, retrouvant le malaise qu’elle avait ressenti en ouvrant la porte.

-Ava. Tu as fini par venir. Sourit la brune en fermant la porte.

-Oui, j’espère que ça va toujours, que je peux travailler ici. Marmonna Ava, mal à l’aise, après avoir avalé sa bouchée.

-Oui tout va bien, je suis ravie de voir que tu as fini par venir. Sourit Elizabeth en posant ses affaires à son bureau. Qu’est ce qu’il s’est passé pour que tu te décides à venir?

-Ils sont tous toujours idiots, la pluie ne lave pas leurs méninges. Je peux aller nul part pour travailler sans être embêter et je dois bosser pour mon sujet de mémoire, alors je suis venue ici à onze heure. Expliqua rapidement la blonde.

-D’accord, tu as bien fait. Assura la brune avec un léger sourire. Elle attrapa sa salade, et alla s’asseoir sur le canapé à côté de la blonde qui avait pousser son sac sur le sol. Tu en es où de ton mémoire?

-J’ai formulé mon sujet. Je commence déjà à construire ma liste de références. Expliqua Ava en prenant une nouvelle bouchée de son sandwich.

-Alors c’est quoi ton sujet? Je suis curieuse. Sourit Elizabeth.

-Dites moi celui que vous aviez avant. Réclama timidement la blonde.

-J’ai choisi de travailler sur la place des femmes dans la société et particulièrement dans le monde littéraire depuis trois siècles. Résuma la brune.

-Waouh, je pourrais le lire? Y a un moyen d’y avoir accès? Demanda Ava en la regardant, remarquant la paire de lunette transparente remontée dans les cheveux.

Elizabeth se leva et alla vers sa bibliothèque pour en sortir un manuscrit relié et enveloppé. Elle revint s’asseoir avec, et le posa sur ses jambes.

-Je te le passe, si tu me dis ton sujet. Sourit-elle.

-Je veux travailler sur l’acceptation du genre et de la sexualité individuellement et en collectivité dans la société. Révéla Ava un peu stressée, en parlant pour la première fois.

-Très intéressant, autant en littérature qu’en sociologie, ça correspond totalement au genre de sujet que l’on attend, et si tu as déjà quelques références, c’est encore mieux. Assura la brune.

-C’est ce que je me suis dit, alors j’en ai quelques unes, comme Baldwin, grâce aux livres que vous m’avez prêté. Sourit la blonde. En tout cas merci pour tout, vous m’aider pour beaucoup de chose, et ça ma rassure d’avoir votre avis sur mon sujet. Remarqua-t-elle.

-C’est un plaisir. Je suis là pour toi si nécessaire. Assura Elizabeth, avec un beau sourire.

-J’ai le droit de lire votre mémoire alors? Sourit grandement Ava, espérant obtenir gain de cause.

Elizabeth accepta d’un signe de tête et lui tendit son mémoire. La blonde l’attrapa comme si c’était un objet précieux et l’ouvrit pour regarder les premières lignes. Elle avait de la chance d’avoir Elizabeth comme professeur, surtout qu’elle s’était transformée en ange gardien, elle la protégeait et l’aidait, elle était probablement la femme la plus parfaite qu’elle pouvait rencontrer. Et elle était probablement irrémédiablement amoureuse d’elle.

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