7 : Le roman inachevé.

{Le roman inachevé, d’Aragon}

Semaine 32 - Vendredi

Le mois de mai était bien installé, le soleil et la chaleur printanière était de retour, leurs permettant d'abandonner les écharpes, les bonnets et les doudounes. Ava aimait ce temps là, elle aimait s'installer au soleil pour travailler ou lire, et comme la brune avait un jardin elle pouvait le faire aisément. La semaine précédente, le dimanche, les parents étant venus passé le week-end avaient rencontré Ava à midi, la jeune femme n'ayant pas pu être là la veille au soir à cause du travail. Richard, le père de la brune, l'avait adorée de suite, et Lauren s'était montrée plus réticente, plus froide, mais en une heure et quelques Ava avait brisé ses murs. Elizabeth avait passé le reste de la journée avec un immense sourire sur le visage, sous le soleil à regardé son amante et ses parents -avec qui leur relation s'était améliorée- s'entendre et discuter. Ava avait pu parler de tout les sujets, s'était montrée intelligente et cultivée, ce qu'elle était, et ils avaient tous passé un très bon dimanche dans le jardin de la brune sous le soleil. Mais par contre le temps n'avait rien changé au cours, et pendant celui de philosophie de ce début de journée, Ava fixait sa professeure dans sa jolie robe blanche et ses lunettes fines. La blonde, voyant la fin de l'heure arriver, décida d'aguicher un peu la brune qui était en plein discours sur Platon. Elle baissa sa monture noire épaisse sur le bout de son nez, inclina légèrement la tête, se mordillant la lèvre, elle arqua un sourcil et dévisagea sa professeure de haut en bas. Il ne fallu pas deux minutes pour que Elizabeth la remarque, elle et son regard provocateur et plein de désir. La fin du cours fut alors bien plus compliquée, parce que bien qu'Ava et elle étaient ensemble depuis plus de trois mois -sans compter la séparation- elle ne s'était toujours pas fait au regard vert plein de désir posé sur elle. Quand se fut l'heure, tout les étudiants commencèrent à sortir, et Ava se fit plus lente, attendant que le dernier sorte. Lorsque se fut fait elle laissa son sac près du bureau de son professeur, avant d'attraper la taille de celle ci pour la tirer dans ses bras.

-Non. Refusa Elizabeth en tournant la tête pour lui refuser un baiser.

-Quoi? Pourquoi? Grogna Ava en faisant trainer le bout de son nez sur sa mâchoire. J'ai passé les trois dernières heures à travailler avec toi super sexy dans ta robe blanche, t'as pas le droit de me refuser un baiser.

-Tu aimes ma robe? S'amusa la brune. Son étudiante hocha vivement la tête. Cadeau de mes parents le week-end dernier. Je l'aime beaucoup. Elle met mes seins élégamment en valeur. Sourit-elle.

-C'est pas moi qui vais dire le contraire. Gloussa la blonde. Je peux avoir un bisou alors? Fit-elle en faisant la moue.

Elizabeth ne pu lui résister, et caressa sa joue avant de déposer un doux baiser sur ses lèvres. Elle savait que c'était dangereux, les deux entrées de l'amphithéâtre n'étaient pas fermées à clé, n'importe qui aurait pu entrer, mais la brune ne pouvait jamais aller contre Ava, elle ne pouvait jamais lui refuser de l'attention, elle l'aimait beaucoup trop pour ça. Et puis elle en avait besoin aussi, elle n'avait pas embrassé Ava depuis qu'elles avaient quitté sa maison le matin même, c'est à dire presque quatre heure plus tôt, et n'allait pas la réembrasser avant la fin de journée, presque autant de temps.

-Je t'aime. Ne pu-t-elle s'empêcher de souffler en caressant son cou.

-Et bien tu vas m'aimer encore plus dans quelques secondes. Sourit Ava. La brune arqua un sourcil, intriguée. Mon patron m'a envoyé un texto, je suis dispensée de travail ce soir, je propose donc une soirée romantique, avec un repas commandé, de la musique, le jardin, un verre de vin ou de cidre à ta préférence, et beaucoup beaucoup de douceur.

-Hmmm tu as raison, je t'aime encore plus. Ronronna Elizabeth, heureuse. Donc on rentre ensemble à dix sept heure?

-Parfait. J'aime ce programme. Sourit la blonde. Je dois passer par la bibliothèque universitaire avant mon prochain cour, alors je te laisse, on se retrouve plus tard.

-Ne soi pas en retard. Réclama la brune.

Ava lui sourit en l'embrassant une dernière fois avant d'attraper son sac et de quitter la salle pour partir au bâtiment voisin pendant sa pause, voulant un nouveau livre pour les références de son mémoire. 

Le soir, en arrivant dans la maison de la brune, Ava partit à la douche, la brune commandant le repas, avant de la rejoindre. Elle se déshabilla sans faire de bruit avant de tirer le rideau faisant sursauter la blonde.

-Ce n'est que moi. Souffla Elizabeth en se mettant sous le jet avec Ava.

-Ne fait plus ça, d'accord? Murmura la blonde.

-Te surprendre? Tenta de comprendre la brune en caressant la joue.

-Entrer sans faire de bruit. Je peux pas Elizabeth, les surprises, les gens qui se faufilent. Même si tu le fais pour me faire plaisir, me rejoindre, même si c'est toi, je supporte pas. Ne le fais plus s'il te plaît. Expliqua Ava dans un souffle.

-D'accord, je le ferais plus, je te préviendrais toujours quand j'arrive sans que tu puisses me voir. Assura Elizabeth, caressant sa joue sous l'eau, avant de couper le robinet et de prendre le savon pour commencer à laver la jeune femme. Tu veux bien me dire pourquoi? Demanda-t-elle.

Ava se laissa savonner, avant de prendre le gel à la pomme pour en mettre dans sa main et laver son amante, avant de la faire se tourner pour laver son dos.

-Y a deux raisons. Commença Ava. La première, quand j'étais en famille d'accueil, les enfants et les parents n'étaient pas toujours les meilleurs, ni simplement bons. Il est arrivé que des enfants entre pour me faire des blagues méchantes et douloureuses, que des parents viennent dans la salle de bain pour me regarder dans la douche. Dit-elle douloureusement.

-Ava..

-Non, c'est bon, j'm'en suis remise. Et puis une part de moi s'est toujours dis que j'aurais pu vivre pire, ils auraient pu aller jusqu'à me..Enfin bref. Soupira la blonde en atteignant le bas du dos de la femme. La seconde raison est la prison. Soit des blagues dangereuses de vengeance irraisonnées, soit des approches pour du sexe qui sont pas forcément fait de manière civilisée. Finit-elle.

-Oh chérie. Soupira Elizabeth en se tournant pour passer ses bras autour de la nuque de la blonde. Plus personne ne te fera jamais de mal, je vais prendre soin de toi, tout le temps. Tout ira bien maintenant.

-Je sais. Parce que je t'ai toi. Sourit Ava.

-Oui, parce que tu m'as et que le premier qui t'approche je l'envoie valser. Souffla la brune.

-En parlant de ça, je dois te dire quelque chose. Signala la blonde, soudainement gênée.

-Je t'écoute. Répondit Elizabeth, les sourcils froncés, mal à l'aise.

-Un des garçons de mon cours d'histoire me fait des avances et me charme. Je n'accepte pas, évidemment, mais je veux que tu saches pour gérer ta jalousie. Expliqua Ava. Il est du genre dragueur, je suis pas la première qu'il drague depuis le début de l'année, mais je suis la première à lui résister, donc sa fierté prend un coup si il abandonne.

-Tu lui as dis que tu étais branché femme? Grogna la brune, un peu agacée.

-Oui, ça l'a excité cet imbécile. Il m'a proposé de ramené ma copine. Soupira la blonde en levant les yeux au ciel.

-Tu lui as dis que tu avais une copine?! S'exclama Elizabeth.

-Oui. Répondit simplement Ava, en éteignant la douche pour en sortir. J'en ai une, mais je dis pas son nom. T'inquiète pas, je mettrais jamais ton poste en péril, ni mes études. Mais je veux qu'il capte que j'ai quelqu'un et que je compte pas la laisser filer. Argua-t-elle, très sérieuse, s'enroulant dans une serviette.

-Je te laisserais pas filer non plus. Sourit la brune, dans sa propre serviette, en s'approchant pour l'embrasser. Je n'interviens pas, sauf si il va trop loin.

Ava sourit et se pencha pour l'embrasser, avant de quitter la salle de bain, pour aller se changer et descendre ensuite manger dans le jardin.

Semaine 32 - Dimanche

Ava se réveilla doucement dans les bras de la brune. Elle avait mal partout, la veille Elizabeth était venue la chercher à la sortie du bar, pour qu'elle vienne dans sa maison, où elle avait laissé ses affaires y aillant passer tout le samedi. Mais en arrivant, Elizabeth l'avait pas laissé dormir et lui avait fait l'amour toute la nuit, avant qu'elles ne s'effondrent de fatigue. Alors tout son corps était légèrement endolori, mais le bras fort autour de sa taille, la poitrine pressée dans son dos, la jambe entrelacée aux siennes, guérissait toutes ses douleurs. Elle glissa sa main le long du bras de son amante, et entrelaça leurs doigts, ramenant sa main à ses lèvres pour l'embrasser.

-Chérie..Ronronna la brune dans son cou, encore endormie.

-Bonjour madame Wright. S'amusa la blonde.

-Ava. Gronda la professeure.

La blonde gloussa et se tortilla pour tourner le haut de corps et caresser la joue de son amante.

-Bonjour choupette. Murmura-t-elle.

-Choupette? Interrogea la brune, avec un sourire, ouvrant les yeux pour venir coller légèrement leurs nez ensemble. J'aime. Ajouta-t-elle en venant chercher un baiser.

-Bien, parce que toi t'es ma choupette. Sourit Ava en l'embrassant.

-J'aime. Mais que ici. Il ne faudrait pas que ça t'échappe en cours. Gloussa Elizabeth en la serrant un peu plus.

-T'inquiète pas pour ça. Promit la blonde en l'embrassant. Est ce que tu veux bien faire des gaufres ce matin? J'ai très très faim. Demanda-t-elle en se tortillant, toujours aussi mal à l'aise quand elle demandait quelque chose.

-Bien sur chérie. Elle l'embrassa encore une fois et se redressa. Je vais m'y mettre de suite. Tu descends ou tu prends une douche avant?

-Douche plus tard. Décida Ava en se redressant pour attraper son pyjama -une culotte et un teeshirt- qu'elle gardait ici.

Habillées, elles sortirent de la chambre pour aller dans la cuisine. La brune se mit de suite à cuisiner, alors qu'Ava sortit tout ce qui fallait pour dresser la table. Ceci fait, après un baiser sur l'épaule de son amante elle alla dans l'entrée chercher son téléphone vérifier qu'elle n'avait aucun message. Elle en trouva un de son patron, et se mit à taper une réponse en marchant sans but dans le salon. Le téléphone éteint dans sa main elle releva le regard et se retrouva face à la bibliothèque de son amante. Elle l'avait déjà parcourue en partie, mais elle adorait regarder la tranche des livres et passer le bout de ses doigts dessus. Alors doucement, elle tendit le bras et passa doucement ses doigts sur les titres, les livres étaient parfaitement alignés, Ava s'était moquée de la brune et de son côté très droit et maniac quand elle avait vu ça pour la première fois, mais finalement elle aimait assez la régularité qu'elle pouvait sentir sous ses doigts. Alors qu'elle frôlait la deuxième étagère, ses doigts butèrent sur une tranche différente et elle s'arrêta. Ce n'était pas vraiment un livre, la tranche montrait un tas de feuilles.

-Ava? Appela la brune depuis la cuisine.

-Salon. Deux minutes. Répondit Ava.

Elle jeta un oeil vers la porte, se sachant seule, elle attrapa le tas de feuille et le sortit de la bibliothèque. La première page était blanche, avec un titre et le nom d'Elizabeth complet en dessous écrit en noir. Le tas de feuilles était relié par une pince au dessus. Intriguée, elle le tint de la main gauche et feuilleta de la main droite, laissant les pages glisser sur son pouce. Elle découvrit un manuscrit, d'une soixantaine de pages, rempli d'annotation à la main, qui d'après la couverture était écrit par sa professeure.

-Ava, les gaufres sont prêtes! Appela de nouveau Elizabeth.

Sans lâcher le projet de livre dans sa main, elle se rendit rapidement dans la cuisine, le cachant et se hissa devant son assiette sur le tabouret du comptoir de la cuisine, face à la brune qui faisait les gaufres. Elle prit une gorgée de sa tasse de café, et fixa sa professeure.

-Tu voulais faire quoi comme métier quand tu as choisis ton cursus universitaire? Demanda Ava.

Elizabeth releva la tête vers elle, étonnée par la question.

-J'étais pas très sûre. Je voulais un peu comme toi, faire plein de choses. Sociologue, philosophe, mes matières d'enseignement finalement. Mais j'avais aussi le désir d'écrire, des articles, des thèses, des recherches, mais surtout des romans. Expliqua la brune, avec un léger sourire nostalgique.

-Tu veux dire que c'est un roman ça? Demanda Ava en levant le manuscrit près de sa tête, face à la brune, qui cessa de bouger.

-Comment as tu eu ça? Marmonna Elizabeth.

-Et bien je passais mes doigts sur la tranche des livres, tu sais à quel point j'aime faire ça, sourit Ava devant son amante qui acquiesça vivement, et ton roman dépassait.

-C'est pas un roman. Rectifia la brune.

-Alors c'est quoi? Demanda la blonde.

-C'est..c'est rien. Soupira sa professeure.

-Dis moi. Supplia Ava en faisant ressortir sa lèvre inférieure pour l'attendrir.

Elizabeth soupira, remettant de la pâte à gaufre dans le gaufrier.

-J'ai commencé à écrire ça il y a environ cinq ans. Et puis j'ai arrêté il y a trois ans, j'avais plus vraiment d'inspiration, alors je l'ai mis de côté. C'est mon roman inachevé et caché. Souffla Elizabeth, en fixant le manuscrit.

-Je peux le lire? Demanda la blonde avec un immense sourire rayonnant sur le visage.

-Tu veux lire une ébauche de roman qui n'a pas de fin? S'étonna la brune.

-Je veux lire ton roman. Rectifia Ava. Oh allez, s'il te plaît, dis moi oui. Supplia-t-elle. Je l'aurais fini demain.

-Tu as cours demain. Rappela Elizabeth.

-C'est les vacances, rappelles toi. Et pour une fois on a pas trop de travail. Rétorqua la blonde. Mais ne change pas de sujet, laisse moi le lire.

-Si tu veux. Soupira la brune. Même si je disais non, tu finirais par le lire n'est ce pas?

-C'est fort possible. Rit Ava en posant le manuscrit de son amante sur le côté pour attraper une gaufre et mettre du chocolat dessus. J'aime que tu sois une écrivaine en plus de tout ce que tu fais.

Elizabeth lui sourit, avant de se pencher pour attraper son menton et déposer un baiser sur ses lèvres.

Semaine 33 - Mardi

Ava était assise dans la balancelle du jardin de sa professeure. Confortablement installée dans les coussins, se balançant doucement, Ava travaillait sur son mémoire depuis une bonne heure, après avoir passé le reste de la journée à lire et travailler pour son cours d'éthique et de sociologie. Tablette sur les genoux, elle organisait son document, ajoutant des références sur son schéma, et dans son tableaux. La brune était partie toute la journée pour travailler, ayant des réunions d'organisation à l'université avec les autres professeurs, et l'avait donc laissée seule dans sa maison.

-Ava!?

-Je suis dans le jardin. Répondit la blonde.

Quelques minutes après arrivait Elizabeth, habillée d'un pantalon à motif et d'une chemise cintrée, sans ses talons, ses lunettes transparentes sur le nez. Elle s'approcha et se pencha pour venir l'embrasser avant de s'asseoir sur la balancelle, prenant les jambes de la blonde sur les siennes.

-Tu travailles? Demanda la brune, en laissant ses doigts caresser les tibia de son amante vêtue de son pantalon large et souple qu'elle avait remonté.

-Sur mon mémoire oui. Acquiesça Ava. Ta journée s'est bien passée?

-Long, horriblement long. Vos professeurs sont certes doués dans leur matières mais incompétents en dehors. Grogna Elizabeth.

-Bon, puisque t'es déjà agacée, je risque pas de gâcher ta journée. Déclara Ava en posant sa tablette au sol, avant d'attraper le tas de feuille dans la pince. J'ai fini de lire ton manuscrit. Et c'est génialissime, vraiment, j'adore. Faut que tu finisses. J'ai besoin d'avoir la suite, je t'en supplie.

-Ava..Soupira la brune.

-S'il te plaît. Appuya la blonde en se redressant, ses jambes toujours sur celles de la brune. J'ai besoin de savoir la fin de leurs aventures, de savoir si ton personnage principal Anouk décide d'assumer et de briser les règles en sortant avec sa meilleure amie ou si elle continue de sortir avec le prince stupide. Tu dois écrire la fin, je t'en prie.

Elizabeth soupira, passant une main dans ses cheveux, elle n'avait pas parlé ni pensé à son roman depuis des mois, presque deux ans maintenant, alors c'était étrange de se replonger dedans maintenant.

-Et bien j'avais imaginé que Anouk choisi-

-Non. Coupa Ava. Je veux pas que tu me dises à l'avance. Je veux le découvrir quand je le lirais. Argua-t-elle.

-Et si je ne l'écris jamais? Rétorqua Elizabeth.

-Oh s'il te plait, c'est génial ce que tu as écris là, je suis sûre que ça marcherait, mais s'il te plaît écris la suite, je t'en supplie. Continua la blonde, les mains liées devant son visage dans un geste de supplication, affichant des yeux de chien battu.

-Ava, je n'ai pas touché à cette histoire depuis environ trois ans. Soupira la brune.

-Si tu m'aimes tu écris la suite. Provoqua Ava.

-Idiote. C'est du chantage. Je t'aime, mais je ne sais pas si j'écrirais la suite. Grogna Elizabeth.

-Ok. Soupira la blonde un peu déçue. Promets moi de l'envisager, d'y penser alors. Réclama la blonde.

-Je te le jure, j'y penserais. Promit la brune. Personne ne l'a jamais lu, alors je te serais gré de n'en parlé à personne, chérie.

-À qui voudrais tu que j'en parles? Argua Ava.

-Crois tu vraiment que je ne sais pas que toi et mon père vous envoyez des messages? Remarqua Elizabeth.

-Comment tu sais? Rougit la blonde. Son amante arqua un sourcil. C'est vrai, tu sais toujours tout. Gloussa-t-elle. Ton père est génial, il voulait mon numéro pour que je puisse lui donner des nouvelles de toi, car tu ne lui en donnes jamais. Et finalement on parle de livres, de films, de références pour mon mémoire et de pièces de théâtre.

-J'aime que vous vous entendiez. Sourit la brune en venant l'embrasser. En parlant de pièce de théâtre, je te rappelle qu'on en a une ce soir, alors faut qu'on se prépare et qu'on mange.

Ava acquiesça et après un dernier baiser, elles se levèrent pour rentrer dans la maison.

Semaines 34 - Jeudi

Ava glissa sa clé dans la serrure du bureau de sa professeure, et entra dans la pièce, pour venir s'asseoir dans le canapé comme à son habitude. Elle avait reçu un message d'Elizabeth, lui confirmant qu'elle viendrait dans quelques minutes. Les cours avaient repris après leur semaine de vacances, et Ava gérait bien son emploi du temps, le fait qu'elle vivait pratiquement chez la brune aidait, elle avait moins de tâches du quotidien à faire. Leur relation était toujours au beau fixe, bien que le sujet du roman inachevé n'avait pas été réabordé, et qu'Ava était sur le point de le faire, ne supportant plus d'attendre. La porte s'ouvrit quelques minutes après qu'elle soit arrivée.

-Tu es là. Sourit la brune en posant ses sacs. J'ai le repas.

-Super! Je meurs de faim. Soupira Ava en fermant son livre. La brune arriva avec deux tupperwares, et s'assit près d'elle. Tu m'as manqué cette nuit. Du coup je peux avoir un bisou? Demanda-t-elle.

Elizabeth gloussa et se pencha pour l'embrasser doucement, avant de lui donner des couverts.

-Et voilà ta salade. Ajouta la brune en lui donnant le tupperware ouvert.

-Super, t'es vraiment la meilleure. Sourit la blonde en embrassant sa joue. Elles commencèrent alors à manger. Et sinon, t'as passé une bonne journée?

-Oui très bien, hâte de rentrer cependant. Tu commences à quelle heure ce soir? Demanda Elizabeth en prenant une bouchée.

-Vingt heure. Répondit Ava. Il y eut un silence et la blonde regarda son amante par dessus ses lunettes. T'as pensé à ton livre alors?

-Ava...Soupira la brune, en levant les yeux au ciel, avant de la regarder.

-Quoi? Ça fait une semaine et quelques. Remarqua la blonde.

-Je ne sais pas, d'accord. Imposa Elizabeth.

-Mais je comprends pas pourquoi tu hésites. Souffla doucement Ava.

-Parce que je me suis lancée dans ce manuscrit sans penser, sur une impulsion, et j'ai écrit, encore et encore, j'ai noté mes idées dans un carnet à la maison. Mais aujourd'hui si je reprenais ce manuscrit, se serait différent, je suis plus adulte, plus mature, j'ai pris du recul, alors je sais pas si se serait très fluide. Expliqua la brune.

-Rien ne t'empêche de modifié ce que tu as fait avant. Remarqua la blonde. Et puis tu ne sauras pas avant d'essayer.

-Tu as raison. Soupira Elizabeth.

-Donc tu vas écrire la suite? S'emballa Ava, les yeux brillants.

-Je ne sais pas, peut-être. Je n'ai pas encore décidé. Répondit la brune. Et tu seras la première et seule au courant quand je déciderais.

-D'accord. Accepta la blonde. Je t'aime choupette.

-Pas à l'université. Ronronna Elizabeth, qui ne voulait pas prendre de risque mais qui se sentait toute tourneboulée par les mots et le surnom.

Ava gloussa en voyant son air et se pencha pour embrasser tout doucement son cou.

Semaines 36 - Samedi

Il était presque trois heure du matin, Ava était lessivée, après la journée de cours et sa nuit au bar, elle n'avait qu'une hâte retrouver les doux draps de son amante -qui était venue la chercher à la fin de son quart de travail- celle ci étant déjà dans le lit. Ava passait la plupart de son temps ici, elle avait des affaires dans la maison de la brune et était à l'aise ici. Quand elle sortit de sa douche, propre, elle ne prit pas la peine de s'habiller et se glissa dans le lit, la chambre plongée dans le noir. Rapidement Elizabeth passa un bras autour de son amante, sur le drap.

-Je vais l'écrire. Murmura la brune, les yeux fermés.

-De quoi? Baya Ava en se dandinant pour se coller contre le corps de son professeur.

-Mon roman. Je vais écrire la fin. Souffla Elizabeth avant de pressé un baiser sur son front.

-Alors ça c'est la meilleure nouvelle de la journée et de la semaine. Sourit la blonde en venant chercher un baiser maladroit dans le noir.

Dans le baiser, Elizabeth glissa une main sous la couverture, pour serrer plus la blonde contre elle. Sa main glissa dans le dos nu puis sur les fesses.

-Aurais tu oublier ton pyjama? Argua-t-elle.

-Non, j'ai décidé de pas le mettre, c'est différent. Marmonna Ava en se serrant plus contre la brune. Laisse moi dormir maintenant. Grogna-t-elle complètement emmêlée à elle.

Elizabeth laissa glisser sa main et serra le postérieur de son amante. Ce geste lui rappela que la blonde avait passé la soirée au bar avec des hommes ivres et entreprenants des fois, comme ceux qu'elle avait pu voir lors de soirée où elle était aller au bar elle aussi.

-À moi. Gronda-t-elle, en serrant bien le corps.

-À qui veux tu que je sois d'autre? Marmonna Ava somnolente sur son torse. T'es la femme de ma vie.

Elizabeth sourit en fermant les yeux, se sentant bien avec la jeune femme contre elle, nue sur la soie de son pyjama.

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