Chapitre 2

William avait fait la gueule toute la journée. Il n'a eu d'interaction humaine avec personne. Il n'est même pas venu s'excuser auprès de moi. Quant à moi je m'étais vite remise de ses manières. J'étais trop heureuse de ne plus vivre entre quatre murs pour être de mauvaise humeur. De plus le cours de français avait été passionnant! J'adorais ma pof elle était trop gentille et cultivée. Ses cours étaient dynamiques et elle rigolait avec nous. Elle m'avait fait adorer la pièce de théâtre que nous étudions.

Toute la journée le seul sujet de conversation du lycée était William. Partout où il allait les gens lui lançaient des regards mauvais et parlaient doucement assez fort pour qu'il entende. Maintenant qu'il n'était plus au sommet de la pyramide, tout le monde passait sa frustration sur lui. Il me faisait de la peine. Il marchait dans les couloirs le regard déterminé et perdu dans le loin comme toujours, il faisait semblant que ça ne l'atteignait pas mais je sentais bien qu'il était triste. Qui ne le serait pas si six cent personnes parlaient en mal de lui?

J'ai entendu dire qu'il avait posté un commentaire super narcissique comme quoi il était parfait personne ne lui arrivait à la cheville et blablabla. Tout le monde se sentait offensé. Ils n'avaient pas de confiance en eux ou quoi? On m'a aussi dit qu'apparemment il avait critiqué tout le lycée. Qu'apparemment nous étions tous débiles etc. C'était connu que William était imbu de lui même mais j'étais surprise qu'il ait osé le dire devant tout le monde. Je ne le pensais pas capable de ça. J'étais sûr qu'il y avait une explication...

En ce qui concernait la critique qu'il avait fait du lycée. William n'était pas très fane des autres en général mais il n'aurait pas été assez bête pour se mettre tout un lycée à dos quand même si? Quand il disait du mal de quelqu'un c'était toujours à l'oral à ses potes pour pas qu'il y ait de preuves. Comme je l'ai déjà dit dans le chapitre d'avant, William était quelqu'un de très cultivé. Il défendait ses opinions avec vivacités et en utilisant de nombreux arguments. Quand il critiquait c'était violent et argumenté mais c'était toujours aussi avec des mots recherchés. Il était insolent certes mais avec classe.

Comme personne n'avait pu me montrer le poste en question dont tout le monde parlait je me montrais sceptique. Je savais qu'il avait vraiment dit des choses comme ça mais je savais aussi que ses mots avaient été amplifiés. William lui même avait assumé avec son côté provocateur que je connaissais si bien après deux années dans sa classe, qu'il pensait ce qui avait été dit. Or il n'était pas un menteur.

Ceux qui s'acharnaient le plus étaient ses amis les plus proches. A chaque cours ils lui lançaient au moins trois piques. A chaque fois ils parlaient fort dans un blanc et toute la classe riait en fixant William. Ce dernier admirait sa table comme s'il était inspiré par la cours. Sa mâchoire qui était serrée illustrait bien ce qu'il pouvait ressentir.

En plein cours de physique la prof dit:

"Les gazes rares comme le Néon sont un peu comme des beaux gosses. Les autres atomes veulent leur ressembler et aussi être stables. Pour cela ils vont gagner ou perdre un ou plusieurs électrons et vont devenir chargés électriquement donc des ions."

Au mot beau gosse Jules avait lancé:

"Comme William!"

Ce fut le fou rire général. Mais moi je ne riais pas. J'étais irritée par leurs gamineries. J'avais espoir en ma prof que j'appréciais aussi mais elle regardait la scène impuissante. Sur une impulsion je me levais et toute la classe se tut surprise par mon intervention. Même William leva la tête de sa table pour comprendre pourquoi les autres s'étaient tus.

"Vous êtes vraiment des gamins! Vous trouvez ça drôle? Concentrez vous plutôt sur le cours sinon c'est vos notes qui vont me faire rire!"

Sur ce je me rassis sous le regard médusé de mes camarades. A présent que l'adrénaline était passée, je tremblais. Comment avais-je eu le courage de faire ça? J'avais fait effet parce que plus personne n'osa parler de tout le cours. La prof en était ravie. Même William avait levé la tête et semblait plus détendu. Les regards désapprobateurs que m'avaient lancé mes amis ne m'échappèrent pas malheureusement.

A la sortie elles me rattrapèrent.

"Pourquoi t'as fait ça?demanda Hélène.

-Tu es adorable de vouloir prendre sa défense mais il ne le mérite pas!me résonna Valentine.

-C'est de l'harcèlement ce qu'il vit. C'est inadmissible.

-C'est bien ce qu'il faisait aussi!

-Peut-être. Mais personne ne mérite d'être harcelé."

Sur ce j'allais en maths suivie de près par Lucie. Elle n'avait rien dit à propos de William (ce fut la seule à ne pas parler de lui d'ailleurs) mais je savais qu'elle m'admirait pour ce que j'avais fait et qu'elle approuvait fortement. Cela me fit plaisir. C'était super de se sentir épaulé. William le méritait aussi.

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