Faisons le sans prise de tête

Je ne sais pas s'il s'agit du silence le plus sensuel qui m'a été donné de vivre entre tes bras, ou s'il s'agit du moment le plus gênant qu'il m'a été donné de vivre entre tes bras. 

C'est surement pour ça Mathéo que je te fixe dubitative, effrayée à l'idée d'entendre ta réponse. 

  C'est vrai quoi ! Ca fait si longtemps que tu ne dis rien...

- Pourquoi tu ne dis rien ? Te demandais je désespérée.

     A aucun moment, nos yeux n'ont cessé de se fixer, c'est comme si au sein de l'iris de l'autre, on essayait de décrypter un nombre infini de chiffres qui défilaient à une vitesse ahurissante, une suite hallucinante d'informations toutes plus complexes les unes que les autres, à recueillir, analyser, traiter, stocker, organiser ... 

   Du moins c'est de ce que je ressens, alors que nos regards sont plongés, noyés l'un au plus profond de l'autre. Mais malgré toute cette intimité, malgré toute cette complicité discrète que nous sommes en train de partager, tu restes dans l'incapacité de me dire quoi que se soit ... 

Et moi ? ça me fait doucement sombrer dans la folie.

- Mais qu'est ce que j'ai fais ? Te murmurais je, tandis que déprimée je me réfugie dans tes bras. 

 Mon front s'amourache de ton torse, mes jambes se replient sur elles même et c'est ainsi que je finis en position fœtale, à attendre une réaction de ta part... Entre tes bras. 

Je dois quand même avouer, que comme d'habitude là dans tes bras je me sens bien, je ne suis pas fâchée contre toi, j'imagine juste que j'ai du te choquer, j'imagine qu'il te faut du temps pour faire du tri dans tes émotions. Oui, Mathéo j'imagine bien que tu as sûrement besoin de ça pour ne pas me dire une phrase que tu vas regretter amèrement pour le reste de la soirée que tu risquerais passer tout seul, avec ton oreiller dans ton lit deux places. 

  Mais là... 

  Je n'imaginais pas, que tu allais te lever si soudainement, je n'imaginais pas que j'allais me retrouver sur la table à manger alors qu'il y'a à peine cinq secondes tu jouais à la sourde oreille. 

 Ma paume de main, glisse le long de ta joue et tu abaisses ton dos afin que nos lèvres se touchent... Tes lèvres sont si près de mon oreille quand tu me dis : 

- Être mignonne n'empêche pas d'être sexy

  Contrairement à toi, je me retiens de rire ! 

Tu en as mis du temps pour la trouver cette phrase qui devait tout arranger... 

  Ma deuxième paume de main retrouve ta joue, et alors que tu t'apprêtais à m'embrasser, je te surprend en te tirant les joues à la place. Je suis à moitié énervée je l'avoues, quand j'ajoute :

- ça c'est pour les secondes de silence qui m'ont font fait déprimer !

   Tu souris. 

    Te laisse tomber entre mes seins. 

 Sérieux, On est sur la table à manger ! 

Mais tu es tellement ... Mignon, quand tu entoures mon ventre de tes bras. C'est plus fort que moi, je ne peux pas être énervée contre toi, quand tu es si doux avec moi. Comme toi il y'a encore quelque minutes de ça, je passe ma main sur le haut de ta tête, et la caresse. 

Tu rognes contre mes seins : 

- C'est bon tu n'es plus fâchée ? 

- Je ne l'ai jamais été tu sais... 

    Brusquement, tu relèves ta tête de ma poitrine, cette habituelle spontanéité de ta part m'arrache un gémissement. 

Ton corps glisse contre le mien, alors que tu essaies encore de m'embrasser. 

  Cette fois, je ne peux pas m'empêcher de rire. Et toi en réaction, tu te stoppes à quelques centimètres de mes lèvres, te relèves progressivement, semble sérieusement soulé par la situation. 

  Bon ça va hein, je t'ai juste esquivé deux fois sur un million d'autres fois ! 

Je soupire, quand tu te décides à descendre de la table à manger, me prend par la main pour que je te suive et pour une fois, je le fais sans me faire prier. 

Je te souris alors que tu me tires la chaise, docilement encore une fois je m'assied, suit tes moindres faits et gestes quand je te vois disposer sur la table, une tonne de trucs auquel je ne m'attendais pas vraiment, des fruits en tout genre, des pâtisseries, et même du jus de fruit.

Quand tu disais que tu allais me nourrir tu ne rigolais pas.

- C'est toi qui a acheté tout ça ? 

- Hum... Oui. 

  Je laisse tomber ma joue entre la paume de ma main droite, t'observe en même temps que j'arrache un grain de raisin de sa grappe. Mon regard se perd dans la baie vitrée du salon. 

  Plus le temps passe, et plus je me demande si je fais le bon choix... Après tout on a toute la semaine, est ce que j'ai vraiment besoin de le faire aujourd'hui ? 

  L'essentiel c'est de prendre son temps, faire les choses à son rythme, alors pourquoi je me fous une pression pareille ? C'est ridicule. 

   Même si c'est depuis sa naissance qu'il s'envoi en l'air ! 

  Qu'est ce que ça peut bien changer à ma vie ? 

Je devrais me poser les bonnes questions... Je  devrais peut être lui en parler ? 

   Tu me devances, alors que tu tires ma chaise vers toi, nos genoux se touchent alors que tu m'embrasses, que tu me serres dans tes bras, que pour la deuxième fois de la soirée, tu me demandes, inquiet : 

- Et si tu me disais ce qui t'arrives ? 

   Enfin ! C'est comme ça qu'on demande ce qui ne va pas, c'est pas compliqué ! 

Il suffisait juste que tu me regardes droit dans les yeux, et que tu me murmures : 

- Je suis là ok ? Je t'écoute, je ne vais  pas me moquer de toi ... Je vais rester sérieux. Dit moi s'il te plaît, je ne peux pas être à l'aise si je sens que je suis le seul dans l'ambiance. 

  Ta main droite, glisse le long de mon biceps, me caresse légèrement la peau, alors que tes lèvres viennent encore se poser contre les miennes. Tu ne peux pas t'en empêcher hein ? Tu es si intense.  

- Je sais que c'est bête, mais ... Mathéo, je stresse. 

   Tu étouffes un pouffement de rire, et à la seconde où tu le fais je me lève de table. 

  Je t'entend juré :

- Merde ! Attend, Andréa ! 

   Je suis déjà à l'entrée, quand ta main arrête la mienne. J'essaie de dégager mon bras, tandis que tu m'encercles de tes bras. 

- Mathéo, lâche moi. 

 Te dis je sans vouloir une seule seconde que tu le fasses. Disons pour le moment. 

 Mais si tu ne choisis pas bien tes prochains mots, je t'assure que là, je me casse en prenant le premier bus qui passe !

- Je ne voulais pas te blesser, je t'assure c'est juste que ... Tu es adorable. 

   Je secoue des épaules pour essayer de me dégager. 

Tu me regardes souriant, oui je n'ai pas bougé d'un pouce ! Mais tu n'as pas intérêt à rire. 

Je gère parfaitement la situation !

- Et si on retournait s'assoir pour en parler ? 

 Je te fais un non de la tête. 

- Je vois, pas de problème, on peut en parler ici. 

  Tu t'assieds au niveau des escaliers, me tire par le bras pour que je me retrouve sur tes cuisses. 

 - Commençons par le commencement, pourquoi ça t'énerve autant d'être si adorable. 

   J'essaie de me lever, mais sa main me maintient fermement contre lui. 

Je réprime un sourire, quand il me dit : 

- J'ai toute la journée... T'inquiète pas. 

- C'est du kidnapping surtout

- Pas temps, que je ne t'ai pas mis sous torture pour avouer. 

   Curieuse, je te demande : 

- Je vois, tu comptes utiliser quelle genre de torture exactement ? 

- Ne change pas de sujet Andréa. 

   Mince, il m'a attrapé...

Je soupire. 

- Je ne sais pas comment te le dire, sans passer pour une idiote, c'est gênant et puis tu t'es moqué une fois ! 

- Le rire est une réaction naturelle, que moi simple humain ne peut contrôler. 

   Je ricane, tu te fous vraiment de moi toi ! 

- Bien, tout comme me taire, est une habitude féminine que je ne peux dépasser. 

- C'est bon j'ai compris, je ne vais pas jouer au jeu du plus intelligent, c'est juste que là j'ai juste l'impression que tu gagnes du temps... 

- Tu devras me torturer pour que je parle ! 

   Tes lèvres s'étirent en un fin sourire, alors que tu me murmures :

- Ne me donne pas de mauvaises idées... Parlons de toi, pour une fois que je veux bien parler, tu ne vas pas jouer le rôle de l'obsédé ? 

- D'accord... Je pense que quoi que je dise tu ne vas pas me laisser changer de sujet, alors autant tout te dire. 

  Tu acquiesces. 

J'inspire avant de te dire :

- On a tous ces clichés de la femme fatale qui baise comme une déesse, qui sait quoi dire pour exciter un homme, et tout ça ! Mais putain, ce n'est juste pas possible d'être aussi torride, je sens que j'ai trop de pression à cause de ça, et ça me soule, surtout que toi... 

  Tu me fixes et je peines à finir ma phrase en te regardant dans les yeux. Alors je les baisses quand je te dis à voix basse :

- Toi, tu le fais depuis beaucoup plus longtemps que moi, tu as des besoins que je ne saurais pas combler, tu en voudras toujours plus, alors que moi, je ne saurais pas comment, faire pour ... 

  Cette fois, je ne sais vraiment pas comment finir ma phrase. Je secoue ma tête de droite à gauche, essaie de te faire oublier tout ce que j'ai dit par un baiser timide, que tu déclines ? 

 Voilà ! J'ai tout gâché comme d'habitude, j'aurais mieux fait de la fermer.  

- Pourquoi tu ne m'en as pas parlé plutôt ? 

- Parce que je ne voulais pas tout foutre en l'air. 

- Arrête tes conneries deux secondes. 

   Choquée, je te fixe. Cette fois fini, de jouer.

- Que j'arrête mes conneries ? Tu crois que je ne suis pas consciente que c'est un truc important, tu crois que je ne pas consciente du fait que je vais m'en rappeler jusqu'à la fin de ma vie, sérieux! Ne  pense pas que je suis si superficielle que ça... Tu n'as rien compris.

- Alors explique moi ?! Je ne peux pas lire dans tes pensées. 

    Pourtant, tu l'as fait, je t'assure que tu n'as pas arrêter de le faire. 

 Disons juste que pour cette fois, je vais t'aider, je sais que je peux sembler compliquée parfois, mais j'ai juste envie d'être dans tes bras, de t'en parler de ce qui ne va pas. Mais en même temps, je ne veux tellement pas te décevoir. 

Et le pire dans tout ça, c'est bien le fait que je n'ai pas envie de te le dire, parce que je n'ai aucune envie de te prendre la tête. Mais quand tu me fixes comme tu le fais, quand tu me murmures :

- C'est un peu le pire jour pour se disputer tu ne trouves pas ? Et si tu me disais juste ce qui n'allait pas pour qu'on avance, et si tu me le disais clairement ? Pour que je le comprennes. 

- Ok, pour faire simple, c'est ma première fois, avec toi un mec super sexy, voir le plus sexy du lycée, qui en plus est super expérimenté. C'est sur que tu ne me demandes pas de faire une position du Kamasutra, mais c'est aussi sur que si je n'arrive pas à tenir deux minutes, ça risque de te rester en travers de la gorge. 

- C'est tout ? 

- Comment ça c'est tout ? 

    Tu me serres encore plus fort entre tes bras, pour que je n'ai pas le temps de m'énerver, caresse mes cheveux, me dit pour me calmer : 

- Même si tu ne tiens pas dix secondes, tu crois sérieusement que j'en ai quelque chose à foutre?

- Mais... C'est nul dix secondes. 

- Andréa, la première fois est merdique, je pense que je t'apprends rien, mais les autres fois qui suivent celle là, sont géniales et tu sais pourquoi ? 

  Je te fais un non de la tête. 

- Parce que tu ne te prends pas la tête. Alors si on essayait de le faire sans se prendre la tête ? 

- Se serait cool. Très cool. 

   Tu m'embrasses, et moi je me blottis contre ta nuque dès l'instant où tes doigts ouvrent le bouton de fermeture de mon pantalon. Je gémis contre ton oreille, alors que tu tires lentement sur les pieds de mon jean pour me les enlever. Je soupire, quand tes doigts continuent de tirer sur mon jean  et que langoureusement, le tissu rigide coulisse le long de ma peau. 

- Putain ... J'aime quand tu fais ce genre de choses.  

   Tu ne prends pas le temps de me répondre, termine ton œuvre, en me déposant sur la marche où tu étais, ce qui te permet de m'enlever mon jean, sans encombre, sans prise de tête. 

Mes bras que je ne contrôle plus te tires vers moi, te serrent fort du moment que je suis avec toi, je pense que ça me va, je pense que ça va être cool. 

- ça va mieux ? Me demandes-tu après m'avoir embrasser. 

- Oui, ça va. 

- Tant mieux, si tu ne te sens pas bien à n'importe quel moment, tu me le dis ok ? 

- Ok...

- D'accord. Tu veux monter à l'étage ? Tu te sens prête ? 

- ça irait mieux si tu ne me posais pas autant de questions. 

  Tu te mets à rire. C'est vrai que c'est mieux quand on est sincère. 

- On mange avant ? 

- Non... Allons y. 

- Sans prise de tête ? 

- Ouais... Faisons le sans prise de tête.

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