Quatre.

"L'amour a bien des faces, et c'est pourtant toujours de l'amour."

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~Dija Cissé~

- Alors ?

Malick : C'est bon je reste me reposer, je ne sortirai pas aujourd'hui.

- Ah ce soir si ! On doit aller voir mes parents.

Malick : Oui bien-sûr.

- Ma mère m'inondait tout le temps de questions pour savoir quand tu allais rentrer.

Malick : J'imagine, maman est très gentille.

- Donc on ira à quelle heure, il est quinze heures ?

Malick : Vingt heures c'est bon ?

- Oui, c'est bon.

Malick : Donc on fait comme ça.

- Oui.

Malick : Oui mais dis-moi ce n'est pas le même appartement que la dernière fois n'est-ce pas ?

- Non, je ne t'avais pas dit que j'ai changé d'appartement ?

Malick : Non.

- Tu en es sûr ?

Malick : Oui, j'en suis sûr.

- J'ai sûrement oublié de te le dire.

Malick : Toi avec tes appartements, je ne comprends rien. Tu ne restes jamais longtemps dans un lieu.

- C'est juste parce que quand tu t'en vas, je m'y sens seule donc je déménage dans un endroit simple et accueillant.

Malick : Alors tu gardes ceci même quand je viens, tu sais que je ne prends pas de place.

- Laisse-moi rigoler ! Toi, tu ne prends pas de place ? Tu n'es là que depuis hier soir et tu as déjà pris toute la place. Je n'ai même plus d'espace.

Il rigole.

Malick : Oh n'exagère pas !

- Toi-même tu sais.

Malick : Je ne sais rien madame.

- Oui c'est ça.

Malick : Mais en fait chérie il faut voir. Tu ne penses pas que c'est mieux que tu ailles vivre dans la famille quand je ne suis pas là ? Ou bien on peut y déménager.

- Tu recommences Malick, je t'ai dit que je ne suis pas faite pour vivre dans la grande famille. Je n'aime pas ce genre de vie en plus avec les querelles inutiles.

Malick : Ce n'est pas partout qu'il y'a des querelles Dija. Tu ne veux même pas essayer pour voir.

- Non, je ne veux pas.

Malick : Dija ?

- Je te l'ai mille fois dit Malick.

Malick : D'accord, mais tu peux aussi essayer de souvent passer voir mes parents. Ils ne te voient jamais et personne ne sait où te trouver quand je voyage. Ma mère ne me parle que de ça.

- Dis-moi, on ne va pas passer toute notre retrouvaille à des plaintes j'espère ?

Malick : Ce n'est pas ça mais essaie de comprendre.

- C'est bon Malick, si tu comptes parler encore et encore de tout ceci, je ne suis pas partante.

Malick : Il faut bien qu'on en parle Dija. En plus tu habites seule, c'est mal vue et tu le sais. Tu ne veux pas rester dans ma famille et si tu vas dans la tienne c'est juste pour quelques jours. Dija, on doit remédier à ceci.

- Tu sais quoi Malick ? Je vais aller faire une sieste, regarde tranquillement ton film tout seul c'est mieux.

Je me suis levée du canapé et je suis sortie du salon pour la chambre.

J'ai pris mon téléphone en me connectant couchée sur le lit. Je discutais avec Halima quand Malick fit son entrée et se saisit de mon téléphone.

- Mon téléphone s'il te plaît !

Il l'a déposé sur la commode.

Malick : Je ne t'ai pas manqué ou quoi ?

- Je ne suis plus d'humeur.

Malick : Vas-y fais-moi de la place.

- Le lit est assez grand.

Il est monté sur le lit et s'est placé à côté de moi. Il ne faisait que me pousser afin de me taquiner.

- Attends que je tombe pour voir !

Malick : Et qu'est-ce que tu vas faire ?

- Tu le verras bien !

Il continue à me pousser.

- Maliiick !

Je me croyais déjà au sol quand je le sentis me rattraper.

Malick : Tu ne croyais pas quand-même que je laisserais ma femme tomber par terre en ma présence ?

- Pas quand tu es le fautif.

Malick : Tu es trop dur avec moi !

- À qui la faute ?

Malick : À mon amour !

Je l'ai intensément regardé. Je mentirais si je disais que Malick ne m'aime pas, il m'aime tellement que j'ai honte de mes comportements. Il faut être aveugle pour ne pas le savoir et c'est justement ce que ma conscience me reproche. Je ne le mérite pas mais c'est ainsi, peut-être que s'il était là, j'aurais fait des concessions pour être meilleure mais ça ne serait plus moi, ce n'est pas moi cette bonne femme qui n'a rien à se reprocher, cette femme qui ferait tout pour garder au chaud l'amour que son mari lui porte, cette femme bien soumise et consciente de l'union sacrée qu'est le mariage, cette femme fidèle sans aucune tache. Malheureusement je ne le suis point et je n'en fais pas non plus une fierté, mais voilà je suis moi et personne d'autre. Ma vie et mes choix ne regardent que moi, je dis.

- Pourquoi tu m'aimes autant ?

Malick : Je ne le sais pas non plus, peut-être ton air délicat qui m'efforce à toujours me taire et à abdiquer quand tu me regardes et surtout quand tu me regardes comme tu le fais maintenant. Je ne sais pas ce que tu m'as fait pour que je sois si éperdu mais ce qui est sûr tu me menes par le bout du nez depuis que j'ai posé les yeux sur toi.

- Comment fais-tu alors pour vivre loin de moi ?

Malick : C'est l'éternelle question que je me pose. C'est pourquoi je ne me lasse pas de te contacter pour entendre ta voix. C'est mon remède miracle !

- Tu es trop mignon.

Malick : Que pour toi ma femme !

- Assez fais le beau parleur là ! Tu veux me faire pleurer.

Malick : Dija qui pleure ? Ça serait une première !

- Comme quoi il y'a une première fois à tout.

Malick : Je t'aurais adoucie par hasard ?

- Peut-être bien !

Il rigole et se met à me regarder.

- Quoi ?

Malick : Tu es belle !

- Je sais !

Malick : Tu es magnifique !

- Je sais aussi !

Malick : Et très mystérieuse !

- Hum ?

Malick : Je n'arrive toujours pas à te cerner, il y'a ce côté de toi que je ne saisis toujours pas mais qui s'en occupe ? Sûrement pas mon amour.

- Et tu ne penses pas que ton amour le devrait ?

Malick : Si mais il est beaucoup plus borné pour faire quoi que ce soit à l'encontre de ses désirs.

Je ne dis pas que je ne l'aime pas mais j'aimerais tellement l'aimer comme il m'aime..

Le bruit des vibrations de mon téléphone sur la commode se firent entendre, c'étai un appel. Malick prend mon téléphone et me le passe sans regarder qui sait.

- Merci.

Malick : Tu ne réponds pas ?

- Non, ce n'est pas important et je discute avec mon mari qui m'avait trop manqué.

Malick : On ne sait jamais si un appel important avant de le prendre, vas-y prends le.

- Ça a coupé, je décrocherai la prochaine fois. Et s'il n'y a pas de prochaine fois ce que ce n'était pas vraiment important.

Malick : Oui.

Un message s'affiche sur l'écran, je le lis puis entre et bloque le numéro. Je bloque aussi les numéros de deux autres personnes qui risquent de me déranger durant ces jours où Malick est ici.

- C'était une amie qui voulait prendre de mes nouvelles.

Malick : Ah je vois.

- Oui, vas-y on retourne regarder ton film.

Malick : Voilà ce qui est mieux ! Laissez-moi vous y conduire ma très chère dame.

- Très volontiers monsieur et sur le dos s'il-vous-plaît.

Malick : À vos ordres très chère !

On se met à rigoler.

- T'es trop chou, il n'y'a rien à dire.

~Mya Koné~

- Donc c'est tout ? Tu rentres juste pour te préparer et retourner au boulot après ?

Donat : Oui.

- Tu veux me faire quoi en vrai ? Il faut qu'on parle sérieusement.

Donat : D'accord tu veux qu'on parle de quoi ?

- Pourquoi ce séjour de ta mère ?

Donat : Parce que je ne peux pas te gérer tout seul, il faut la présence d'un vrai adulte, au moins ça te permettra de rester à la maison. A be dô bô I ka yala kountan na. (Ça diminuera tes promenades inutiles).

- Très bien, tu veux que je t'en remercie ?

Donat : À toi de voir.

- Tu sais bien comment ta mère me voit et tu as tout de même tenu à ce qu'on cohabite.

Donat : Comporte-toi bien et tout ira bien. Tu as beaucoup à apprendre à ses côtés. Tu sais que je tiens à toi donc fais des efforts.

- Bien !

Donat : Nous sommes jeunes voire très jeunes donc c'est mieux pour nous de souvent nous ressourcer et de nous faire recadrer par les parents.

- Je vais rejoindre ta mère avant qu'elle ne se plaigne de moi.

Je me suis retournée pour partir et il me retient.

Donat : C'est pour notre bien et la survie de ce mariage que je fais ça.

Je suis sortie.

Maman : Tu tombes bien, va au marché acheter les condiments pour le to, on va s'y mettre. Ça a dû manquer à Donat.

- Il n'est pas très fan du to.

Maman : Qu'est-ce que tu en sais ? Je le connais depuis toujours. C'est sûrement toi qui ne sais pas faire du bon to alors pour ne pas te vexer il feint un désintéressement.

- Bien, je vais prendre mon sac.

Je suis retournée dans la chambre prendre mon sac et demander les frais de condiments à Donat.

- Je vais au marché, tu me donnes l'argent ? On va faire du to, je n'ai pas de l'argent pour ça.

Donat : Du to ? Une idée de ma mère !

- Ça t'étonne ? Donne l'argent, j'y vais.

Donat : Mais je n'ai pas très envie de to aujourd'hui.

- Va le lui dire et laisse-moi en dehors de ça s'il te plaît.

Donat : Donc c'est comme ça ?

- I nana ni a ye, djô hala sissan ! (Tu l'as fait venir, assume maintenant !)

J'ai tendu ma main en regardant ailleurs.

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