Six.

"L'amour de la femme et les caresses du chat durent aussi longtemps qu'on leur en donne."

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- Non mais cette commère !

Demba : C'est qui ?

- C'est l'amie de ma coépouse.

Demba : Ah !

- Oui mais ne t'inquiète pas, ignore-la. En plus on ne fait rien de mal.

Demba : Oui tu as raison.

- Bah voilà ! Tu racontes quoi de beau ? Et ta femme et ton fils ?

Demba : Pas grand-chose, ils vont bien.

On est resté discuter un bon moment jusqu'à ce que je lui dise au revoir afin d'aller rejoindre Rita dans son salon.

- Salut ici !

Rita : Ça va toi ?

- Oui oui ça va ! Et toi ?

Rita : Ça va aussi. D'où viens-tu comme ça ?

- C'est Demba qui m'avait invité dans un restaurant là.

Rita : Eh Halima ! Demba et toi, après vous allez nous expliquer ce qui se passe.

- Je t'ai dit qu'il ne se passe rien, on s'entend bien c'est tout.

Rita : J'en doute et même beaucoup.

- Puisque je te le dis !

Rita : Bon d'accord même si vous passez tout votre temps à flirter.

- Arh toi aussi !

Rita : On ne sait jamais avec toi.

- Ce n'est pas non plus très grave s'il se passe quelque chose oh.

Rita : Là, je n'ai plus rien à dire. Je serais là quand tu assumeras.

- Assez parlé de moi sinon je m'en vais.

Rita : D'accord !

- Et Dija ?

Rita : Avec le retour de son mari, toi-même tu sais.

- Ah oui c'est vrai, on doit même aller les voir.

Rita : Oui si tu veux. On l'appelle pour prendre de ses nouvelles.

- Oui on fait ça.

Rita l'appelle et après quelques sonneries, elle répond.

Dija : Oui Rita !

Rita : Ça va toi ? Je suis avec Halima.

Dija : Oui ça va et toi ? Halima c'est comment ?

Rita : Oui ça va aussi.

- Bien bien. On dit quoi ? C'est Malick qui te fait rare comme ça.

Dija : A fô toukouni deih ! (Redis le hein)

Rita : Il a raison aussi, ça faisait longtemps.

- Toi tu t'arranges toujours du côté des hommes.

Dija : Je t'assure Halima.

Rita : Mais je n'ai rien fait.

- Oui c'est ça !

Dija : Les filles je vous laisse, je dois m'occuper de mon plat, ma maison est envahie avec ces gens là ! Ça fait une semaine et il n'y a pas un seul jour où mes belles-sœurs n'envahissent pas la maison et pour tout vous dire ma belle mère est aussi là pour le week-end, Malick la voulait auprès de lui.

Rita : Courage ma belle.

- Les gens là aiment tellement exagérer ! Je n'aime pas ce genre de choses.  Laissez au moins la femme profiter de son mari.

Je ne suis pas dans ces choses,  venez rendre visite à votre frère une ou deux fois mais venir tous les jours, c'est abusé ! On dirait qu'il est uniquement là pour elles alors que sa femme aussi a besoin de profiter de sa présence.

Dija : Quand je dis que toi et moi on se comprend !

- Mais c'est ça oh !

Dija : Sinon Rita ka anniversaire ko kouma te kei ! (On ne parle pas de l'anniversaire de Rita !)

Rita : Quoi mon anniversaire ?

Dija : Laisse-nous parler oui.

- Eh Dija c'est de ça même que je voulais parler. Djiby même l'a tellement gâtée.

Dija : Trop, et pourtant il l'aime bien cette bête.

- Oui j'avoue. Mais tu vois, elle ne parle plus quand il s'agit d'elle et de sa relation avec le mari d'une autre mais quand il s'agit de nous et de nos amis, elle parle jusqu'à ce qu'elle passe pour notre mère.

Dija : Iih merci ma chérie ! Elle fait trop la sainte.

- Sérieusement.

Dija : Elle a perdu sa langue.

- Elle ne peut rien dire oh.

Rita : Dites ce que vous voulez.

Dija : Eeh je ne t'ai pas raconté.

- Quoi ?

Dija : La femme de Djiby était au salon le samedi passé, une très belle femme.

- Ah bon ?

Dija : Je t'assure et n'en parlons de leur fille, elle est toute mignonne. Mais tu sais que j'ai pitié de cette femme, elle a l'air trop naïve.

- Ah là, elle..

Rita : Tu ne devais pas surveiller ton plat Dija ? En plus si vous voulez continuer votre commérage, appelez-vous et ne profitez pas de mon crédit. Je raccroche, ce n'est pas vous qui payez mes unités pour ensuite parler de moi.

Dija : On a bien f..

Elle a raccroché, je l'ai regardé en rigolant.

- Tu fais moins la bavarde hein. Quoi ? Tu es jalouse ou tu as honte ?

Rita : Ne me cherche pas Halima.

- Alors dis-moi tout sur ta coépouse.

Rita : Tchrr !

Elle s'en va en me laissant rigoler toute seule.

- Je t'attends, j'ai toute la journée pour en parler !

L'appel de Dija s'affiche sur mon écran, je décroche en rigolant toujours.

Dija : Elle n'a pas honte cette femme, elle ose couper notre appel.

- Je t'assure. Comment s'est passée cette rencontre ?

Dija : Ah la femme était juste là pour se maquiller, ensuite j'ai vu la photo de Djiby sur son écran lors de l'appel après il est lui-même venu la chercher ici. Ils ont une petite fille, elle marche juste à quatre pattes.

- Ça doit être leur dernière, je crois qu'ils ont trois filles si je ne me trompe pas.

Dija : Ah ils n'ont pas de garçons ?

- Non non.

Dija : Je vois mais en tout cas je plains sa femme, Djiby n'est pas sérieux et nous le savons tous.

- Ton amie même refuse de voir ce côté de lui et tu veux que sa femme le voit ?

Dija : Là tu dis vrai, je ne sais pas ce qu'il fait à ces femmes. Rita même est folle de lui, tu as vu qu'elle a abandonné tous ces types qui lui couraient pour Djiby.

- Voilà ! Donc ce n'est pas seulement la femme de Djiby qui est naïve, notre amie l'est aussi mais en moins.

.. : Moun ye nafiguiya dja aw ye deh ? (Pourquoi vous aimez les commérages ?)

Dija : Anw y'a djei ! (On a bien fait !)

- Mais ce que je n'ai pas compris, pourquoi vous avez fait la fête en début de soirée et que Djiby est parti trop vite ?

Rita : Parce que !

- Tchr si tu veux !

Dija : Je vais te dire, j'avais mené mon enquête. C'est parce que Djiby vit maintenant dans sa grande famille donc il ne peut plus rester tard dehors comme il le souhaite.

- Ah je comprends maintenant. Mais c'est bien ça, il va un peu se calmer.

Dija : Tu crois que ton amie approuve ça ? _en rigolant

Rita : Ih mais aw djoli djalen, a te circuler yèrè ! (Vos sangs sont coagulés, ça ne circule même pas !)

- Merci beaucoup, c'est ce qui est bien.

Dija : En tout cas ! Bon cette fois au revoir sinon je risque plus de problèmes que je n'ai déjà.

Rita : C'est mieux pour toi femme indigne.

Dija : Les maîtresses n'ont pas droit à la parole.

Rita : Et les infidèles ?

- Dénoncez-vous, on écoute seulement !

Rita : Et toi alors ?

- Je n'ai rien à me reprocher !

Dija : Oui c'est ça !

Rita : J'ai eu ma dose, je ne veux plus vous entendre.

~ Yougoudou Tambadou ~

Djiby : Ah tu es triste maintenant de ce qui se passe ? Tu l'as voulu ainsi non ? Assume cette vie maintenant.

- Je ne suis pas triste mais je suis désolée de voir que tu te réjouisses de ma mésentente avec ta belle-soeur.

Avec la femme de son frère, il y'a eu un peu d'incompréhension et on s'est disputé.

Djiby : Pourquoi je ne me réjouirais pas ? Je t'avais évité tout ceci en déménageant de la maison mais c'est à cause de toi que nous y sommes aujourd'hui encore.

- Je n'ai pas dit à maman que je voulais revenir vivre ici et je n'ai encore moins voulu que papa t'exige à revenir contre ta volonté mais s'ils ont décidé ainsi c'était pour notre bien, pour qu'on se retrouve. Les petites mésententes sont inévitables en cohabitation et cela ne me fait nullement rien. Mais comme je te l'ai dit, je suis désolée que tu t'en réjouisses. Je vois à quel point tu commences à me mépriser.

Djiby : Te mépriser ? Vas-y dramatise tout.

- Si ce n'est pas du mépris, dis-moi ce que c'est ? Tu te réjouis de mon malheur Djiby, te rends-tu compte ?

Djiby : Je ne me réjouis pas de ton malheur, arrête d'exagérer un peu.

- Alors c'est quoi tout ça ?

Djiby : C'était juste pour te dire qu'on était bien à part.

- On était bien ? Tu le penses vraiment ? Djiby, on ne te voyait presque pas, tu sortais le matin pour rentrer à l'aube et quand on te voyait tu nous servais ton humeur désagréable donc franchement je ne vois pas comment on était bien. Peut-être au début on était bien, mais pas ces dernières années.

Djiby : D'accord, maintenant je suis à la maison. On est bien là ?

- Il faudrait que tu le veuilles.

Djiby : Comment ?

Je l'ai regardé.

Djiby : Oui comment ? Je t'écoute.

- Il suffit d'être plus attentionné.

Djiby : Si je devenais plus attention, verrai-je encore de l'amour dans tes yeux ?

- Je n'ai pas cessé de t'aimer Djiby.

Djiby : Mais tu ne veux plus rien avec moi. Ton regard a changé depuis fort longtemps.

- Parce que tu ne fais rien pour que j'y aie le cœur. Tu me réduis à néant.

Djiby : Nous sommes tous les deux fautifs.

- Je n'en disconviens pas. Je t'ai déjà tout dit Djiby, et qu'est-ce que tu as fait ensuite ? Tu t'es montré indifférent, tu m'as fait voir que tu n'avais rien à faire de mes ressentis.

Djiby : Ce n'est pas ça.

- Mais c'est ce que tu m'as montré.

Djiby : Certes mais ce n'est pas ce que je ressentais.

- Ce que tu montres est plus visible que ce que tu ressens.

Djiby : On devrait se retrouver You.

- ..Je ne sais pas.

Djiby : Quoi ? Tu ne veux pas faire d'efforts ?

- Je ne sais plus Djiby.

Je suis sortie de la chambre.

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