Sept.

"L'amour est comme les maladies épidémiques. Plus on les craint, plus on est exposé."

________

Djiby : Quoi ? Tu ne veux pas faire d'efforts ?

- Je ne sais plus Djiby.

Je suis sortie de la chambre.

Qu'est-ce qu'il veut que je dise ou qu'est-ce qu'il veut que je fasse ? Je ne vais tout simplement pas arrêter d'être triste du jour au lendemain parce qu'il souhaite qu'on se retrouve. Il peut me dire tout ceci pour qu'à la minute d'après il me traite différemment. Il faut qu'il me montre par ses actes qu'il souhaite vraiment faire des efforts afin que je fasse pareil. Peut-être qu'il a raison sur le fait que je ne le regarde plus avec amour mais c'est tout à fait normal avec tout ce qui se passe entre nous. Il a coupé l'herbe sous le pied de mon amour pour lui et plus encore sur ma considération parce qu'en mariage, ce n'est pas seulement l'amour qui compte et l'amour n'y est certainement pas suffisant, il faut avant tout du respect et une grande estime de l'un et de l'autre. Sans tout ceci et leurs consorts, la stabilité du foyer est constamment remise en question et vouée à l'échec.

Il n'a rien dit de convainquant pour l'instant, il s'est juste contenter de faire allusion à ce qu'on redevienne comme avant. Et même s'il ajoute plus de paroles à cette allusion, je ne suis pas apte à le reconsidérer car il me faut plus d'actes que de paroles !

.. : Reviens, on va parler.

- Il ne s'agit pas seulement de parler.

Djiby : Mais il faut bien commencer par ça.

- Parle je t'écoute.

Djiby : Pas dans le salon quand-même, reviens dans la chambre.

- D'accord, j'arrive.

Djiby : Non, tout de suite.

Il me prend par la main en me dirigeant dans la chambre. On entre et nous nous asseyons sur le lit pour discuter.

Djiby : Qu'est-ce que tu me reproches ?

- On en est toujours là ? Tu ne sais pas ce que je te reproche ?

Djiby : Bon d'accord. J'aimerais m'excuser auprès de toi. J'ai tort et tu as raison, je dois être plus attentionné. Je n'agis pas comme le mari que je suis censé être. Je suis désolé de te faire sentir toutes ces mauvaises choses mais arrête de dire s'il te plaît que je te méprise et je ne veux pas non plus que tu penses que je suis déçu de nos filles, ce n'est pas le cas Yougoudou. Ce sont mes enfants et comment peux-tu penser cela ? Certes j'ai trop déserté en tant que père et mari mais ce n'est pas non plus à cause de ça que tu va tout prendre autrement.

Jusque là, je ne vois pas ce qu'il veut dire. Je ne pige pas grand-chose de ses paroles. J'en ai assez de lui en vrai mais je vais l'écouter et voir ce qui découlera de ceci.

Djiby : Tu me comprends j'espère ?

- J'essaie de t'écouter.

Djiby : Chérie, tu..

- Chérie même ?

Djiby : Tu ne veux pas que les choses changent ou quoi ?

- Si si, mais j'attends de voir.

Djiby : Je ne sais même plus quoi dire, je suis nul pour ça.

- Fais-moi rire, toi Djiby tu ne saurais pas quoi dire à une femme ? Un dragueur endurci comme toi, qui ne saurais pas comment parler à sa femme pour se faire pardonner ?

Djiby : Justement c'est parce que je veux me faire pardonner que je suis déstabilisé. Tu me connais You, s'il te plaît, passons outre de ces mésententes.

- D'accord, mais laisse-moi dans mon coin, le temps que je voie de mes propres yeux cette volonté que tu essaies d'exprimer en vain.

Djiby : C'est difficile de trouver les bons mots avec toi dans ces conditions.

- J'imagine.

Djiby : Mais je vais te convaincre.

- J'attends comme toujours.

Djiby : Toi aussi, quand je déconne, prends-moi par les cols et redresse moi.

Je rigole.

- Tu n'es pas ce genre d'homme et je perdrais inutilement mon temps comme toutes ces fois où j'ai essayé de faire la forte en voulant appliquer ce genre de procédé.

Djiby : Ah Yougoudou !

- On se connait ici.

Djiby : Mais mais on va gérer. Je vais te montrer que je suis toujours ton charmant mari qui s'occupe bien de toi.

- Je te répète que j'attends de voir.

Djiby : Tu seras surpris de moi.

Il prend ma main et se rapproche. Je le recale de mon autre main.

- Pas si vite !

Djiby : Mais..

La sonnerie de son téléphone l'interrompt, il regarde puis le laisse à côté.

- Tu ne réponds pas ?

Djiby : Ce n'est pas important, je rappellerai plus tard la personne.

Je l'ai trop regardé.

Djiby : Quoi ?

- Une de tes maîtresses ?

Son téléphone sonne à nouveau et il le coupe.

Djiby : Arrête You, tu ne peux pas continuer à penser ça pour qu'on puisse mieux aller.

- Mais tu as pourtant des maîtresses.

Djiby : Non je n'ai pas des maîtresses et puis on arrête de parler de ça je te dis. C'est toi qui compte avec nos enfants.

- Hum.

Djiby : Oui.

~ Rita Koné ~

Halima : Tu n'arrives pas à le joindre ?

- Non, il doit être occupé.

Halima : Avec sa femme oui.

- Pourquoi tu me parles de sa femme ?

Halima : Bah juste comme ça. _en rigolant

- Tu sais bien que je n'aime pas parler de femme ou des choses du genre. Sa vie avec sa femme ne me regarde pas donc arrête de faire allusion à elle.

Halima : D'accord madame !

- Tchrr !

Halima : Mais en vrai, tu ne serais pas trop sur Djiby là.

- Je ne vois pas de quoi tu parles.

Halima : Tu le vois très bien même.

- Non je ne vois pas.

Halima : Tu ne vois pas que tu es entrain de tomber amoureuse de lui ? Tu es à fond sur lui Rita.

- Non tu te trompes, je ne peux pas me permettre de l'aimer.

Halima : Ah en tout cas je vois que tu l'aimes vraiment là. Tu remarques que tu ne parles plus à aucun homme. Tu as plaqué tous tes prétendants pour lui. Ma chérie, cette histoire de Djiby devient du sérieux pour toi et pas qu'un peu. Si tu ne fais pas attention, ça va te retomber dessus. C'est un homme à femmes et tu le sais, sans oublier qu'il est un mari et le père de trois petites filles.

- Arrête Halima, je ne l'aime pas. On passe juste du bon temps ensemble.

Halima : Ayiwa ni koten ! (D'accord si tu le dis)

J'ai lâché mon téléphone en commençant à penser à ses paroles.

Je ne peux pas me permettre de tomber amoureuse de lui, on s'entend juste bien et on se voit de temps en temps pour profiter de la vie mais rien de concret. Je ne suis pas dans les histoires de couples et tout, il le sait et on ne se fatigue pas trop sur ce point.

Mais j'ai finalement peur que Halima voie juste dans toutes ses déductions. Je vais prendre mes distances avec Djiby c'est mieux. Je ne suis pas dans ces histoires, d'ailleurs on a trop duré ensemble, c'est la première fois que je me trouve longtemps dans cette situation de maîtresse.

Halima : À quoi penses-tu ?

- Rien.

Halima : Tu penses à l'évolution de tes sentiments ?

- Je ne pense à rien Halima. Souvent tu as le don de fatiguer les gens n'est-ce pas ?

Halima : I koni bagara ne ma mais haketo ! (Tu m'accuses pour rien mais excuse !)

- Tchrr avec ta tête de je ne sais quoi.

Halima : Ce n'est pas ma faute si tu aimes Djiby plus que tu ne le voulais donc calme-toi chérie.

- Je ne l'aime pas, d'ailleurs je vais couper les ponts avec lui.

Halima : Si tu y arrives bien-sûr.

- On verra.

Halima : Bonne chance.

- Ta tête !

Halima : Et comment va Mya ?

- Pas mal avec sa belle-mère dans les parages.

Halima : C'est le mois des belles-mères ou quoi ?

- En tout cas !

Halima : Elle est y aller s'imposer à eux aussi.

- Non deih, c'est Donat même qui l'a fait venir pour surveiller Mya mdrr.

Halima : Du n'importe quoi ces hommes !

- Je ne te le fais pas dire. Ils n'aiment que ce genre de situation pour après se plaindre que tu ne traites pas bien leurs parents et tout et n'importe quoi.

Halima : Des perdus je te dis. Ils veulent juste nous tuer.

- Tu as tout dit. Tu vois pourquoi je n'ai pas le temps de trop me prendre dans ces histoires de couples et machin-chose !

Halima : C'est nous aussi ! Anw te gnein ou kô ! (On ne va pas sans eux !)

- Aw te gnein ou kô ! Tu ferais mieux de dire vous ! (Vous n'allez pas sans eux !)

Halima : Tu aimes trop te mentir c'est ce que je n'aime pas chez toi tchrr.

- Bah je dis la vérité.

Halima : Quelle vérité ? Dis plutôt que tu fuis la vérité !

- Toi et moi, on ne va pas s'attendre donc je vais prendre sur moi et me taire.

Halima : C'est ton problème, moi en tout cas je parle halichini* et je te crache tes vérités que tu veux à tout prix ignorer ou je ne sais quoi ! (*même demain)

- N'importe quoi madame la vérité !

Halima : Ah oui !

- Vas-y, je ne vais plus me prendre la tête avec toi.

Halima : C'est comme tu veux chérie !

______________

Related chapters

Latest chapter

DMCA.com Protection Status