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Amour naissant

Dans la campagne, Azoumi avait toujours l’amalgame d’une tristesse profonde et d’un avilissement de la liberté. À son réveil, elle alla faire tout ce qui était considérée comme son devoir. De cœur ou à contre cœur, elle se mêlait au rythme de la journée qui était comme tous les autres jours. Une fois à la fontaine pour garnir les jarres d’eau, elle retrouve ses copines Arikè et Fanny. 

- Bonjour les filles.

- Bonjour Azoumi. Bien réveiller ?

- Oui dis tristement Azoumi.

- Je ne crois pas puisque tes yeux sont encore lourds.

- Lourd ou léger, qu’importe ? Je suis là comme tous les jours et c’est cela même l’essentiel. 

 La plupart des jeunes filles présentes à la fontaine en ce jour étaient déjà rentrées. Il ne restait que les trois amies inséparables qui discutaient attentivement. Elles étaient là quand Arikè détourne sa tête d’un autre côté et aperçut une troupe d’homme. Cette dernière s’avance et quand Azoumi et Fanny virent le regard intéressant de leur copine, elles fixent à leur tour vers la direction que gardaient les yeux de Arikè. Elles se rendirent compte de la présence de la troupe. Ayant compris de qui il s’agissait, elles mirent à genoux en disant :

- Bonjour mon prince, future roi de notre terroir.

- Bonjour jeunes filles. Levez-vous répondit le prince. Fixez-moi de vous yeux ordonna le prince aux filles.

 Seule Azoumi ne fit ce que le prince avait ordonné. Elle avait toujours sa tête baissée. Le prince trouva cela incohérent et s’avance vers les filles. Il reste juste à deux pas de Azoumi et lui demanda :

- Pourquoi as-tu toujours baissé ta tête alors que je vous ai ordonnées de les lever.

- Mon prince, les coutumes nous enseignent que les jeunes filles ne doivent pas fixer les jeunes garçons et surtout un prince parce que cela n’honore pas leur éduque et mettent en cause la morale de leurs parents.

- Et pourtant je te l’ai ordonnée.

- Et je ne l’ai pas fait parce que je veux honorer mon éducation et ne point être la risée qui mettra en cause la morale de mes géniteurs.

- Azoumi voilà l’un des caractères épatant que tu as et qui me donne l’ardeur de t’avoir comme épouse. Au moins pour ma première fois je sais que je ne me trompe pas. Tu es ma destinée. Veux-tu être ma femme ?

- Ma pudeur n’as point cette audace à vous répondre mon prince. 

- Apparemment les mœurs ancestrales font de toi la tradition elle-même. Je n’aurai jamais cru qu’une telle légende existera en ce vingt-unième siècle.

- Je serai honorée si la tradition me fait tradition. En dépit de la mondialisation galopante, nous devons savoir préserver les bonnes choses de nos traditions de peur de les perdre à jamais.

- Je ne saurai quoi dire acheva le prince en partant avec ses hommes.

 Bien évidemment, lecteur, le prince ne saurait quoi dire. Car la mentalité d’une fille ayant le même âge qu’un garçon diffère toujours. Pendant que le garçon tâtonne pour retrouver le chemin de la raison, la fille, surtout instruite comme le garçon en a déjà trouvé le trajet et l’empruntait. Le prince ne pouvait dire autre chose parce que d’abord Azoumi le dépassait en réflexion et elle était plus mature et âgée que le prince. Pendant queAzoumi flottait sur ces dix-neuf ans et s’apprêtait à déboucher sur ses vingt bougies, le jeune prince consommait ses dix-sept ans. Si la maturité des hommes se donnait par la gabarie, lecteur, Azoumi allait être la troisième sœur du jeune prince qui n’avait que dix-sept ans. L’audace vient parfois de l’abus du pouvoir. Qui aurait cru qu’un jeune homme de dix-sept ans demanderait en mariage une jeune fille de dix-neuf ans ? Et pourtant, le jeune prince du nom de Kabir avait fait ce que la plupart des hommes auraient pu avoir peur de faire. Et rien qu’avec le pouvoir, le jeune prince gambadait dans l’ivresse de son jeune âge en demandant en mariage, la plus docile et Belle fille du village. Avoir cela sur la conscience tourmentait Azoumi qui se voyait humilier par cet impudique mariage. Elle était apte à se soumettre à tout homme conscient de lui-même sans se faire prier deux fois. Mais savoir qu’elle se soumettra à un petit frère si l’on veut bien le dire, rien pour cause qu’il est le prince et donc ayant droit sur tout, restait pour Azoumi l’amère saveur de la vie. Et comme pour laisser son impression qui roucoulait son âme à l’univers, Azoumi mordit sa lèvre avec sa blanchâtre denture. Elle remue la tête pleine de pensées. Elle ne pouvait comprendre qu’une telle audace puisse venir de la cour royale. Saurait été ailleurs, l’on pouvait comprendre mais venir du prince est vraiment audacieux. Pendant qu’elle se raffolait dans ses pensées, Arikè et Fanny se réjouissaient lamentablement de n’être point à la place de Azoumi pour en profiter de cette opportunité fortuite et goûter au pouvoir. Elles sautillaient telles les filles ayant la candeur de la puberté qui gouvernait leurs veines.

- Mais dit quelque chose ma chérie. 

- Que veux-tu que je dise ? Demanda Azoumi à Abba.

- Donc tu ne te réjouis pas alors que le prince a l’intention de t’épouser ?

- La réjouissance d’une fille qui sait qu’elle veut se marier ne vient pas de l’intérêt qu’elle aura suite à ce mariage. Cette réjouissance vient de son cœur parce qu’elle se sent apte à accomplir la mission d’égérie qu’à laisser sa mère en elle.

- Donc tu n’es pas encore prête pour ça demanda perplexe Arikè.

- Il vous a fallu deux siècles avant de le lire dans les yeux.

- De toutes les façons, on ne refuse pas les volontés de la cour royale. Tu as intérêt à courir au galop pour rejoindre ton pince charmant. Sinon...

- Ne te gêne pas Abba. Je te l’offre, va, court et vole pour saisir ta chance. Parce que cela ne ronde pas ma tête. 

 Azoumi prit sa bassine remplie d’eau et partit. Ses amis la regardaient toujours avec des yeux ahuris. L’ambition de Azoumi était grande, si grande qu’elle ne rêve pas pour le moment à s’emprisonner sous les affres de la maternité. Au cours de son cursus scolaire, elle a connu d’image féminine exemplaire dont elle s’est promis d’emboiter les pas. Rien n’est plus crucial que l’honneur de l’homme dans sa société. L’honneur fait grandir un petit et offre la force à un faible. Non Azoumi voyait son rêve se dissoudre dans le sable de l’amertume avec cette situation qui gambadait la campagne. Azoumi est en effet la seule fille de ses parents. Dès son inscription au cours primaire et secondaire, elle avait donné une grande fierté à ses parents qui ne regrettent jamais de l’avoir eue. Aujourd’hui, en ces vacances où elle espère les résultats du baccalauréat, son unique vision est de gouter aux notions du supérieur. Au village, elle était celle que toutes les imitations reflétaient. Elle est copiée de l’intérieur comme de l’extérieur de son existence. Mais une imitation, quel que soit sa perfection, ne connaitra jamais la vraie perfection de l’original. Tout homme est unique en son genre, on nait et vit différemment même en étant de frères et sœurs communiant le même sang. Azoumi était vraiment différente des autres...

 Azoumi venait de se faire décharger une femme. Elle soupire après que la lourde charge accablait le sol et non son cou. Après son devoir ménager accomplis, sa mère lui fit part dans la condition précaire de leur situation pécuniaire. Elle ne réfléchit pas deux fois en prenant la hache pour fendre avait une beauté les bois de chauffe. Elle s’en charge et partit seule pour le marché. Elle était là quand une cliente vint :

- Jeune fille à combien je pourrai prendre tes bois ? 

- À deux mille francs madame. C’est toujours le même prix.

- Non ces bois n’atteignent pas deux milles. Laisse ça à mille franc.

- Impossible madame. Les bois sont une denrée en ces temps-ci. Il nous faut risquer nos vies dans les abysses des forêts pour en trouver. 

- Cela ne m’intéresse pas jeune fille. Je prends tes bois à mille franc car il fait nuit et tu n’auras pas de chance pour ventre ta marchandise disait la dame en enlevant les bois de la bassine.

- Madame augmentez au moins... 

- Madame je suis prêt à prendre ses bois à quatre mille francs. Laissez ces bois si vous ne voulez pas les prendre au prix donné par la marchande lança une jeune voix.

- Qui es-tu pour me dire cela.

- Je suis un client tout comme vous madame. Maintenant, si vous voulez bien de ces bois, prenez-les au prix normal et cesser d’exagérer dans l’achat.

- D’ailleurs je n’achète plus. C’est mon argent et je l’utilise comme je veux.

- Et ce sont ses bois et elle doit les vendre comme elle veut madame.

 La dame partit sous une pluie torrentielle d’injure qu’elle préférait à son élément modificateur qui venait de mettre à l’eau son plan. Elle était sur le point de gagner. Il y a des clients qui ne compatissent pas à la souffrance des marchands qui, par manque d’une vie stable, se torrent à des travaux malheureux et se couchent sous le point de l’humiliation. Ne savant à quel saint se vouer, les marchands et marchandes balaient du revers de la main tout le calvaire connu et de cœur ou à contre cœur, acceptent le maigre salaire qui ne vaut pas sa souffrance endurée pendant des heures de lassitude. Azoumi et bien d’autres venants des campagnes étaient des victimes de ses clients scrupuleux qui n’attendent rien pour perdre quand il s’agit de leur intérêt. Azoumi regardait sa cliente qui était sans doute la dernière partit. Elle était sur le point d’accepter. Si cette voix ne s’était pas mêlée à son marché, elle aurait pu vendre sa marchandise et serait dans doute sur le chemin du retour. En son sein, elle était en colère car cette voix avait intervenu dans une affaire qui ne la concernait pas.

- Vous venez de me faire perdre mon dernier client cria Azoumi.

- Je viens de te sauver de la ruse de ta cliente sans scrupule répliqua la voix audacieuse.

- D’ailleurs qui vous a interné dans mon commerce.

- C’est le bon Dieu.

- Alors dit à ton bon Dieu de venir acheter mes bois car le crépuscule se retire dans sa cave et je dois coûte que coûte vendre cette marchandise.

- Ne t’inquiète pas car je ferai la propagande de ta marchandise.

 Cette voix audacieuse venait d’un jeune homme. Ce jeune n’est rien d’autre que Percé qui avançait de quatre pas et s’immobilise sur le passage tout en criant de venir acheter les bois d’une princesse qui boude depuis deux siècles. Il criait si fort que les quelques passants souriaient à sa propagande. Azoumi riait aussi par les propos du jeune homme et se sentait à la fois honteuse. Elle a beau faire des signes de mains pour arrêter la propagande exagérée du jeune mais ce fut peine perdue. Bien au contraire, il augmenta de tension dans sa besogne. Ayant compris où il voulait en venir, Azoumi croise ses bras tout juste au-dessous de sa ferme poitrine tout en laissant son sourire merveilleux qui donnait vie. Au bout d’une demi-heure, las de crier, il avance vers Azoumifeignant d’être un client ordinaire en disant :

- Bonsoir jeune fille. Je viens d’entendre la propagande sur ta marchandise. Il parait qu’elle fait cuire rien qu’à son regard.

- C’est cela même répondit Azoumi sous le même ton que Percé.

- J’aimerai alors en prendre dit-il faisant sortir son portefeuille. 

- La marchandise est seulement à deux mille francs.

- Mais deux mille c’est peu avec tout ce que vous endurer dans les bois, cette marchandise ne peut être vendue à deux mille.

- C’est le prix normal dit Azoumi en riant à la petite blague. S’il vous plait laissez-moi dans mon commerce. D’abord, vous me faites perdre ma dernière cliente, ensuite vous me donnez une honte en criant sur les toiles pour faire la propagande de ma marchandise et enfin vous vous faites prendre comme un client qui s’intéresse aux choses des femmes.

- Je suis sérieux. Je veux en prendre.

- Pour les maitres où demanda perplexe Azoumi qui ne comprenait plus le jeune homme. Êtes-vous sérieux dans cela ?

- Sérieux plus que jamais.

- Non j’espère que vous radotez. 

- Du tout pas. Je suis très sérieux. 

- Voyons voir où cela en viendra enfin de compte.

- Bon tu vas m’aider à transporter ta marchandise chez moi. Je te payerai aussi le transport ne t’inquiète pas. Mais il faut que je diminue ta charge dit Percé en enlevant les bois.

- Mais je ne vous ai pas dit que je suis incapable de porter cette marchandise jusqu’à votre maison puisque je fais plus que ça.

- Je n’en disconviens pas jeune fille impétueuse. Mais je ne veux pas avoir sur ma conscience cette horrible charge sur ta tête.

 Percé et Azoumi prirent une quelconque direction. La famille de Percé n’avait pas besoin des bois de chauffe. Immensément riche jusqu’à la dernière goutte d’eau, les bois de chauffe n’étaient pas inscrits dans leur vie. Non où étaient passées les nouvelles méthodes modernes qui ont remplacé peu à peu l’homme pour qu’ils usent des bois de chauffe pour la cuisine ? Il sera débile que Percé prenne ces bois pour la maison. Et bien évidemment, il n’avait pas l’intention d’amener ces bois à la maison. Après la marche d’une dizaine de minutes, il dépose ses bois à la devanture d’une maison et décharge Azoumi. Il alla échanger avec une quinquagénaire qui se tardait dans un fauteuil fait en bambou. Il revient, souriant et fit entrer les bois à l’aide de Azoumi. Pendant qu’ils déversaient les bois, la vieille dame vint à leur côté toute souriante. Quand ils finirent, elle se rapproche plus d’eux et dit :

- Que Dieu vous bénisse mes enfants. Que les mânes de nos ancêtres vous protègent durant toute votre vie.

 Au début des bénédictions de la vieille, Azoumi s’était déjà mise à genoux, connaissant la grande valeur qu’a la bénédiction d’une personne âgée. Elle était là pensant que Percé allait faire de même mais elle fut étonnée de voir que ce dernier ne faisait que sourire à la vieille. Elle était obligée de tirer la main de Percé pour lui dire de se mettre à genoux. Celui-ci comprit et le fit tout en étant perplexe. La dame continua ses prières et bénédictions :

- Que Dieu vous unisse davantage, qu’il vous donne beaucoup d’enfant, qu’il vous donne la sagesse et l’amour du cœur. Allez maintenant dans la protection des dieux car vous venez de sauver une vieille orphelinede famille. Allez mes enfants, rejoignez votre maison avant la tombée totale de la nuit.

- Merci beaucoup disaient Percé et Azoumi simultanément.

 Ils quittèrent la vieille dame dans un mutisme opaque. Ils ne disaient rien d’abord. On aurait dit qu’ils méditaient les paroles de la vieille. Percé avait ses pensées ailleurs. Il se demande pourquoi tailler d’importance aux remerciements d’une personne jusqu’à s’agenouiller. Il ne laisse pas longtemps sa curiosité dans le tourbillon des questions. Il lança après avoir retenu Azoumi par le bras.

- Pourquoi se maitre à genoux à cause des remerciements ?

- Vous les gens de la ville, vous avez oublié la signification de ce qu’a fait la vieille dame. Ce sont des bénédictions et rien n’est plus cher et honorable que la bénédiction des personnes âgées. Il fait toujours les recevoir avec politesse parce que tout ce qui sort de la bouche de ces genres de personne se réalise toujours.

- Donc si je comprends bien, toi et moi aurons beaucoup d’enfant ?

- Pourquoi pas ? Ne souhaitez-vous pas avoir d’enfant avec une femme ?

- Si mais je demande si toi et moi aurons ensemble d’enfants.

- Ne rêvez pas les yeux ouverts. D’ailleurs, je vous laisse ici maintenant payez moi. Je dois rentrer.

- Tiens dit Percé en remettant cinq mille francs à Azoumi.

- Bon de Dieu ! Où vais-je trouver la monnaie.

- Tu peux la garder jeune fille. La monnaie sera ton payement pour le transport.

- Depuis quand avez-vous vu le prix du transport de la marchandise dépasser celui de la marchandise ? D’ailleurs je ne veux que mes deux mille. Ma mère m’a enseignée de ne jamais prendre au-dessus de ce que je mérite de peur de laisse se corrompre ma morale.

- Alors débrouille-toi pour la monnaie dit Percé en allant s’assoir à même le sol.

- Mais vous allez vous salir les habiles. 

- Ce n’est rien dit Percé. Maintenant j’attends ma monnaie jeune fille.

- Vous l’aurez dans quelques minutes dit Azoumi en allant de l’autre côté de la voie.

 Percé se lève et la suivit. Ils entrent ici et là dans les boutiques à la recherche de la monnaie. Mais ils n’en trouvaient pas. Après une dizaine de boutiques parcourues, Percé eut une idée de prendre quelque chose afin d’avoir la monnaie. La situation se règle après l’achat des biscuits à cinq franc. Azoumi trouva cela exagéré et une fois hors de la boutique, elle lança :

- Qu’allez-vous faire avec tout cela. C’est le diabète qui vous guette.

- Non c’est le diabète qui nous guette parce que je ne serai pas le seul à prendre ces biscuits dit Percé en mettant la moitié des biscuits dans la bassine de Azoumi.

- Je ne suis pas habituée à manger ces trucs.

- Pour la première fois, oublié tes comportements villageois et mange ça.

- Merci beaucoup pour la morale mon citadin. Maintenant il faudrait que je rentre. À …

- Pas question que je te laisse seule dans cette nuit prendre le chemin. Quelque chose pourrait t’arriver. 

- Nous n’avons pas des méchants gens dans les campagnes.

- Oui je le sais. Mais je veux bien te raccompagner. Dis-moi est-ce comme ça les jeunes villes de ton village s’habillent.

- Oui il tu y a-t-il quelque chose de mauvais ?

- Du tout pas. Je trouve cela vraiment beau.

- Au moins vous avez une fois apprécié quelques choses venant de la campagne.

- Jeune fille, je ne suis pas contre la campagne pour ton l’information. Je compatis même à leur enthousiasme.

- Tant mieux pour vous.

- Parle-moi de toi.

- Mais mère m’a dit que je ne dois pas parler de moi à un étranger.

- Quoi ? Je suis maintenant étranger après tout ce temps que nous avons passé ensemble ? Et même les bénédictions de la vieille qui disait que Dieu fasse que toi et moi ayons beaucoup d’enfant ensemble ?

- Oui vous l’êtes. Et rectificatif monsieur ! Elle n’a pas dit vous et moi ensemble.

- C’est bien alors dit Percé avec un ton triste qui fit rire Azoumi. Si c’en est ainsi, parle-moi de ton village.

- Peut-être là, tu auras une chance dit Azoumi en riant.

 Elle prenait un grand plaisir à parler de son village. Elle en parlait avec enthousiasme qu’il suffit de le constater, rienqu’à l’écoute de sa douce voix. Elle laisse parler son amour pour ce village qui l’a vue grandir. Azoumi réveillait toutes les histoires possibles qu’elle connaissait depuis son tendre enfance. Elle parlait avec une telle facilité que la plupart des jeunes filles de ce village n’avaient pas. Le chemin fut ambiancé par le papotage entre les deux jeunes. À l’entrée du village, Azoumi s’arrête et fit face à Percé tout en baisant sa tête :

- Je suis maintenant à mon village.

- Ha voilà le fameux village que tu ne cesses de chanter de toutes les louanges. Laisse-moi aller et découvrir de mes propres yeux et profiter connaître chez toi.

-N’exagérez pas. Je vous envoie merci pour votre service. Je suis hors du danger et je préfère que vous arrêtiez ici.

- Tu me chasses ?

- Non ne prenez pas mal mes propos. Vous devez savoir que c’est immoral qu’une jeune fille se fasse accompagner ainsi…

- Oui oui j’ai compris. La tradition de l’interdit.

- C’est exact. Merci pour votre gentillesse et bonne route à vous dit Azoumi en voulant partir.

- Attends jeune fille. Je m’appelle Percé et toi ?

- Je m’appelle Azoumi. Il faut que j’aille maintenant.

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