Chapitre 3

Deux jours après, Manuella continuait d'être maltraité par sa tante, mais cela ne la fit pas changer de comportement envers cette dernière.

Ce matin, elle fut réveillée par un jet d'eau sur elle. Elle se leva en sursaut et sentit tout son corps se raideur lorsqu'elle remarque que ce n'est personne d'autre que sa cousine l'auteur de tout cela. Cette fille est née pour être méchante gratuitement pensa-t-elle. Elle se leva avec toutes les peines du monde pour l'affronter.

- Mais c'est quoi ton problème Seynabou ? Pourquoi me verser de l'eau alors que je dormais ? Tu es aveugle ou quoi ?

- Hey je t'emmerde, les sorcières ne dorment pas dans la chambre des humaines. Alors tu vas me faire le plaisir de te lever tout de suite et d'aller te trouver un espace approprié pour dormir. ICI C'est MA CHAMBRE avec MA SŒUR. Tu m'entends ? Est-ce que je me fais bien comprendre ?

- Mais tu es malade toi. Je ne te permets plus de recommencer ou sinon tu vas me sentir sur ton passage.

- Ouuuuuuh la sorcière sort ses griffes. Bien, bien, bien.

- C'EST TA MÈRE LA SORCIÈRE !

Et hop Seynabou lui assène une gifle phénoménale. Elle tituba et tomba par terre pour le plus grand bonheur de sa cousine. Tante Thiaba arriva au même moment.

- C'est quoi sa encore Seynabou ?

- Maman cette ... imbécile vient de te traiter de sorcière, c'est pour cela que je vais lui botter les fesses pour qu'elle comprenne que c'est elle la sorcière.

- Oh jeune fille, je ne vais pas me salir les mains à cause de toi. Mes filles te feront la peau sans soucis. Dit tante thiaba.

- Et aussi je ne veux plus dormir avec elle sur le même lit.

- Elle n'a qu'à dormir par terre alors.

- Oh non je ne veux même pas la voir en peinture maman, il faut qu'elle sorte de la chambre au plus vite. Le soir on ne sait même pas comment faire pour dormir en ayant peur qu'elle nous saute dessus dans notre sommeil.

- Qu'elle dorme dans l'enclos des moutons alors !

- Voilà c'est bien mieux, c'est là-bas sa place. Je ne sais même pas comment tu as fait pour l'accepter sous ton toit avec les risques qu'on prend.

- Tu sais très bien que c'est ta grand-mère qui ne me laisse pas le choix. Elle refuse que cette fille vive autre part qu'ici sous prétexte que c'est son sang, je ne sais vraiment pas ce qui la prend « ki kouko khol khamni deum la ak ay beuteum ».

- C'est parce que grand-mère ne l'a pas encore vu à l'œil nu mais qu'elle rejoigne les moutons alors « sou khiffé lekk lène mo geune mouniouy tong tong ».

Toujours sous le choc et face à tant de méchanceté de la part de sa propre famille, Manuella ne pipa aucun mot pour se défendre mais pensa plutôt à ce qu'elle a fait à Dieu pour mériter ce traitement de la part de ses semblables. Elle n'eut pas le choix que de prendre sa valise et de le tirer vers l'enclos afin de s'installer comme le désire Dame Thiaba. Elle trouva un coin le plus confortable possible pour étaler sa natte et posa sa valise à côté pour ensuite prendre ses médicaments dans le plus grand des calmes. Elle ressentait un mal terrible sur sa jambe plâtrée, une douleur surement dû au manque de soins depuis qu'elle est sortie de l'hôpital. Elle se décide de se reposer le temps que la douleur se calme.

******

Le lendemain, 

Dès l'aube, elle fut réveillée par sa tante qui lui demande de balayer la cour de la maison avant que les membres de la famille ne se réveillent.

- Mais ma tante comment pourrais-je le faire avec une jambe cassée ? Ayez pitié de moi quand même.

- Pitié de qui ? Que je ne te trouve pas à la même place à mon retour du marché. Dit Tante Thiaba en se dirigeant vers la porte d'entrée sans aucune attention à sa nièce.

Dépitée, elle se leva et se débarbouilla le visage pour ensuite essayer de trouver le moyen de faire le ménage. Heureusement qu'un de ses cousins était dans les parages.

- Qu'est-ce que tu es en train de faire Manue ? Comment voudrais-tu balayer cette grande cour avec une jambe cassé ?

- Ce n'est pas grave Babacar, j'essayerai de faire avec.

- Oh non il n'est pas question que je te laisse faire. Donne-moi ce balai.

- Babacar, si ta mère te trouve là en train de faire le ménage c'est moi qui vais avoir des problèmes. Laisse-moi faire s'il te plait.

Un regard qui ne lui donne pas l'occasion de refuser, Manuella se résigna et lui donna le balai en attendant qu'elle fasse la vaisselle.

Vers 09h, sa tante revient du marché et demande à ce qu'elle aille acheter du pain pour le petit déjeuner. Elle sorti de la maison en traînant un pied.

Au retour de la boulangerie, elle se heurta à un corps musclé et faillit faire tomber les miches de pain.

- Mais ne pouvez-vous pas faire attention et regarder où vous mettez les pieds ? Dit-elle en ramassant les pièces qui étaient tombé.

En soulevant la tête, elle se rend compte que cet homme n'est personne d'autre que Souleymane.

- Manuella

- Souleymane

- Excuse-moi de t'avoir fait peur, ce n'était pas mon intention.

- C'est moi qui m'excuse de vous avoir mal parlé.

- Alors comment tu vas ? Et que fais-tu avec ta jambe dans la rue ?

- Je devais acheter du pain à la boulangerie.

- N'y a-t-il pas quelqu'un d'autre pour le faire vu ton état ?

- S'il te plait ne complique pas les choses et laisse-moi y aller avant que ma tante ne me trouve avec toi et me faire un scandale.

- Mais il faut qu'on se parle, j'ai besoin d'un numéro de téléphone pour t'appeler au moins et prendre de tes nouvelles.

- Je t'ai dit la dernière fois que j'en avais pas alors contente toi juste de cette visite. Bye

Il lui tient la main et dit :

- Promet moi qu'on se verra demain vers 18h à l'angle, j'ai besoin de te parler.

- Je ne te promets rien. Dit-elle en marchant vers la maison.

Souleymane se résigne et rentre chez lui plus inquiet que satisfait de l'avoir vu. Il est conscient que cette jeune fille vit des moments difficiles, par contre il ne sait pas quoi mais ne baissera pas de sitôt les bras se promit-il.

Pendant 10 jours, souleymane venait tous les jours à 18h, à l'angle de la rue qui mène vers la maison de Manuella mais ne trouvait jamais cette dernière sur place. Lasse de se faire rejeter, il préfère laisser passer quelques jours avant d'aller chez la jeune fille pour avoir de ses nouvelles.

Durant tout ce temps, Manuella faisait son possible pour éviter les foudres de sa tante. Alors, malgré sa jambe, elle faisait la cuisine et le ménage tous les jours mais malheureusement dormais toujours dans l'enclos.

Ce matin, elle fut réveillée par les cris de ses cousines qui se préparaient à aller à la plage avec leurs amis. Elle se fait discrète et se lève de sa natte avec des courbatures sur le corps. En sortant pour rejoindre les toilettes, elle fut surprise de voir une dizaine de jeunes dans la cour de la maison. Elle se demande même pourquoi sa tante ne l'a pas réveillé de sitôt pour les tâches ménagères comme d'habitude.

En traversant la cour, elle voit ces jeunes chuchoter entre eux et rire aux éclats en la fixant du regard.

L'un d'entre eux l'interrompt dans son élan :

- Oh mais Max depuis quand avez-vous des énergumènes qui sortent de l'enclos ?

- Noooon faut demander depuis quand les vampires n'ont plus peur du jour ? Dit l'une d'elle.

- As-tu vu ses yeux ? Dit une autre.

- Ohhhhh j'ai peur !

Maguette sort de sa chambre habillée d'un short en jean délavée et d'un crop top rouge, un maquillage excentrique comme si elle allait à un carnaval, des sandales à talon et une sacoche de couleur rouge.

- Cheuuu Manuella qu'est-ce que tu as à faire peur à mes invités comme ça ? Va rejoindre tes semblables au lieu de me regarder. Tu as la chance que maman soit sorti sinon elle allait te corriger comme tu le mérites.

Manuella fixa sa cousine pendant quelques secondes avant de se décider de ne pas riposter pour s'éviter des problèmes.

Quelques heures après, la maison devient calme, pas l'ombre d'un membre de la famille à part Manuella. Seule dans cette demeure, elle se fait le plaisir d'entrer dans la chambre des filles et de prendre un long bain pour enlever l'odeur des moutons sur elle et de porter des vêtements propres. Elle en profita aussi pour dormir pendant 2h de temps puis se réveil en se rappelant qu'elle devait préparer le dîner avant que les filles ne reviennent. Ce qu'elle fit aussi vite qu'elle a pu puis s'installa devant la télévision pour suivre une émission de beauté. Elle adorait ses moments car elle aime se faire belle même si elle ne le fait plus, elle aime s'occuper de la beauté des autres en les rendant divinement belle. Elle se met à penser à ce qu'aurait été sa vie si elle avait toujours ses parents à ses côtés. La vie est parfois très cruelle mais elle espère que tout cela change un jour ou l'autre. Elle entend quelqu'un frapper à la porte d'entrée, et se demande qui cela pouvait être. Elle se lève de la chaise, traverse la cour et ouvre la porte d'entrée pour se mettre en face d'un visage qui ne lui est pas familier.

- Bonjour. Dit l'inconnu.

- Bonjour, vous cherchez qui ?

- Euh ... Est-ce que tante Thiaba est là ?

- Non elle n'est pas là, désolée.

Elle voulut refermer la porte mais l'inconnu cale son pied au pas de la porte et lui dit :

- Euh excusez-moi mais je ne vous ai jamais vu dans les parages, vous habitez ici ?

- Oui et excusez-moi Monsieur mais je ne parle pas aux inconnus et j'ai des choses à faire alors Thiao.

- Non attendez s'il vous plait, lorsque ma tante sera là dîtes lui que Mansour le fils de sa voisine Fatou est passé pour lui dire bonjour.

- Je n'y manquerai pas.

Elle referma la porte à clef après que l'homme ait reculé d'un peu. Elle se reconcentre sur l'émission qui passe à la télé et une vingtaine de minutes après des coups à la porte d'entrée lui font sortir de sa quiétude.

- Qui sa peut être encore, tshiiiip.

Elle ouvre la porte et se surprend que son cœur ai raté un battement face à celui qu'elle voit devant elle.

- Que fais-tu là ? Dit-elle.

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A suivre mes amours.

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