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  PARTIE 3

ISMAËL AÏDARA SALL

Je lui ai pris le téléphone pour regarder de plus près. C’était un MMS avec une photo de Kadia encore en lingerie de couleur rouge vive. Oh mais que me veut-elle à la fin et comment a-t-elle eu mon numéro ? J’ai lu le message qui accompagnait la photo sous le regard accusateur et interrogateur à la fois de Rougui. ça disait : “Je sais que tu aimes me voir en lingérie fine donc j’ai choisi celle-là en pensant à toi. Hâte que tu me vois dedans. Je t’embrasse mon amour. A demain”. Cette femme est complétement dingue. Je crois qu’une discussion en bonne et due forme s’impose avec elle.

-Je t'ai posé une question Ismaël ?

-Tu crois que je te trompe

-C'est ce que ce message laisse penser en tout cas. Que veux-tu que je crois en lisant un truc pareil à part que tu as une maîtresse

-Tu demandes ou tu accuses ? Parce que là tu as l'air sûre que j'en ai une

- Si jamais tu me trompes Ismaël répond elle menaçante, je te jure que...

-Que quoi ? Tu vas faire quoi ? Tu crois que je te laisserai regarder mon téléphone si j'avais des choses à cacher?

-Je n'en sais rien. C'est peut être pour me faire croire le contraire justement

-Tu es sûre que ça va ? 

- Je vais bien Ismaël, oui je vais très bien. Tu passes tes journées à regarder les filles en sous-vêtements ou à cou...

- Attention à ce que tu vas dire Rougui

-Tu n’as qu’à me dire toi dans ce cas. Je n’attends que ça depuis toute à l’heure

-Kadia est une stagiaire dans l’entreprise et elle s’est mise en tête de me séduire. Je lui ai fait comprendre que je suis marié mais ça ne l’arrête pas. Elle me harcèle avec ça et se montre en sous-vêtements dans mon bureau depuis quelques temps en pensant que ça l’aidera à me faire plier. Voilà toute l’histoire 

-Bravo Ismaël. Qu’elle joli scénario! Tu as bien réfléchi à ta défense à ce que je vois. Tu crois que je vais te croire aussi facilement. Comment elle a eu ton numéro personnel ? Ismaël tu me prends vraiment pour une imbécile ou c’est marqué “Grosse débile” sur ma tête cria-t-elle

-Tu me saoûles Rougui. Je vais te laisser retrouver tes esprits

-Reviens ici Ismaël. Je n’ai pas terminé. Tu vas la rejoindre c’est ça ? Ismaël ? 

J’avais fini de m’habiller entre temps donc j’ai pris mes clefs et je suis parti. Je n’ai aucune envie de me donner en spectacle avec elle devant ma mère et ma soeur. Qu’est-ce que c’est que cette merde ? Lui ai-je déjà donné une raison de croire que je la trompe pour qu’elle y croit à la première occasion. Et la confiance dans un couple ? Je n’ai jamais douté d’elle alors de quel droit se permet-elle de douter de moi ? Pff

Je me suis rendu chez mon meilleur ami. Je ne sais même pas s’il est chez lui. J’aurai peut être du l’appeler. J’ai monté les escaliers avant de toquer à sa porte. Une minute après il m’ouvrait la porte

-Hey Iso( Ismaël).  

-Bonsoir Salif. Je ne te dérange pas j’espère

-Tu me déranges jamais mon pote. Vas y entre. Tu tombes bien j’allais lancer un petit thé 

Il s’est décalé et m’a laissé entrer dans sa garconnière. Salif et moi on s’est rencontrés pendant la première année au Lycée Limamou laye. On était dans la même classe en seconde S. Contrairement à moi il avait beaucoup de mal avec les matières. Malgré que j’ai essayé de l’aider en l’amenant reviser avec moi à chaque fois il n’a pas eu une bonne moyenne en fin d’année scolaire et on l’a viré en première l’année qui a suivi. On a continué à se voir néanmoins et on est restés les meilleurs amis jusqu’à aujourd’hui. 

-Comment va ta famille me questionna-t-il ?

-Tout le monde va bien répond-je. D’ailleurs ça fait longtemps tu n’es plus passé à la maison 

-J’évite à cause de ta mère. Elle parle trop la dame là et elle ne peut s’empêcher de me demander quand je compte travailler à chaque fois que je passe chez toi. Elle n’a pas une dent contre moi par hasard ?

-Mais non. Ma mère est comme ça avec tout le monde. Ce n’est absolument pas contre toi. Elle dit la même chose à Rougui

-Il faudrait qu’elle laisse les gens respirer un peu. Comment vas ta charmante femme ? 

-Elle va bien. On vient de se disputer un peu 

-Tu veux qu’on en parle ? me demanda-t-il intéressé

Pourquoi pas ? Il trouvera peut être une solution me permettant de maîtriser Kadia une bonne fois pour toute. Je lui fis un résumé de toute l’histoire. Il m’écouta jusqu’à la fin sans m'interrompre

-Eh bien dis donc. Ta vie est bien remplie. Moi qui pensais que tu passais ton temps à remplir de la paperasse mais ton travail est très intéressant. 

-Salif pourquoi faut-il toujours que tu plaisantes sur tout ? C’est très sérieux et là elle est allée un peu loin. J’aimerai vraiment qu’elle arrête

-Excuse moi mec. Je ne sais pas quoi te conseiller. Il y a deux solutions dans ce genre de cas

-Ah oui. Lesquelles ? 

-Soit tu l’ignores et tu la laisses dans son délire soit tu lui donnes ce qu’elle veut c’est-à-dire tu la sautes ni vu ni connu

-Quoi ? Tu blagues là non de me conseiller l’adultère

-Rougui croit que tu la trompes alors que ce n’est pas le cas autant faire en sorte qu’elle ait raison, tu ne crois pas ?

-Mais tu es sérieux Salif ? C’est ce que tu fais avec les femmes toi ?. Plusieurs en même temps ?

-Moi ? Non du tout. Ok je m’excuse. C’était bête comme idée. Ignore la. Elle finira par se lasser ou bien fais en sorte qu’elle sache que ta femme existe bel et bien. Invites Rougui à ton travail un de ces jours. Peut être que la voir en chair et en os lui fera prendre conscience que tu es vraiment marié

-C’est une idée dis-je pensif. Merci je vais essayer. Je n’ai rien à perdre de toute façon

-Et ne tinquiètes pas pour Rougui. Elle va retrouver ses esprits. C’est la jalousie qui parlait. Tu connais les femmes, trop impulsives et toujours à se faire des scénarios tirés par les cheveux dans leurs têtes

-Je vais la gérer. Je la laisse juste se calmer

-Bon les histoires de tes femmes étant réglées je vais chercher le matos pour le thé me dit-il avant de me donner une tape dans l’épaule et de se diriger vers la cuisine.

Je parcourus la pièce des yeux: écran plat, grosse chaine Hi-Fi, des fauteuils en cuir et j’en passe. ça me choque à chaque fois que je viens ici surtout que Salif ne travaille pas. Où trouve-t-il l’argent pour acheter tout cela ? Je me demande même dès fois s’il n’est pas trempé dans la vente de drogue. Il est revenu une minute plus tard avec tout ce qu’il faut. Il a allumé la mini bouteille de gaz avant de poser la cafetière rempli d’eau sur le feu

-Tu as trouvé un emploi lui demandai-je ? 

-Je cherche toujours mec mais tu sais comme c’est dur de trouver un travail dans ce pays. Personne ne recrute et même si c’est le cas on est mal payé à moins d’avoir ta chance

-Tu crois que j’ai eu mon boulot par chance ? 

-Non tu es doué ça c’est sur mais tu as eu la chance d’être intelligent et de pourvoir avoir un bon boulot contrairement à moi. Je perds espoir d’en trouver un jour

-Hum. Pour quelqu’un qui n’a pas de travail je te trouve bien loti

-Ah ça c’est des cadeaux reçus de gauche à droite 

-Par qui ? 

-Des amis, des femmes ! 

-Tu fais de la prostitution alors 

-Wow. Cela ne va pas chez toi ? 

-Tu couches avec elle à ce que je sache. Elles ne vont pas te donner tout ceci par pur bonté de coeur.

-On n’appelle cela une relation donnant donnant 

-De la prostitution quoi

-Iso tu commences vraiment à me souler hein. 

-Ok c’est ta vie après tout. Si tu veux changer la définition de prostitution ça n’engage que toi 

-Tu es venu pour qu’on passe un bon moment entre potes ou pour me faire la morale ? On se débrouille comme on peut dans la vie. On n’a pas tous la chance d’être payé à chaque fin du mois ni d’être né dans une famille de riches. 

-Oh c’est bon. On peut avoir tout ce qu’on veut quand on s’en donne les moyens. Toi tu es juste paresseux. Tu cherches de l’argent facile point

-Tu vas sortir Iso. Continues et je te jette dehors

-D’accord je me tais. On laisse tomber cette discussion.

-C’est mieux pour toi.

-Tu ne veux pas de mon avis ? lui demandai-je

-Tu ne donnes pas ton avis, tu juges.

-Je te conseille juste en tant qu’ami. Tu crois vraiment pouvoir vivre sur le dos des femmes toute ta vie ? A un moment donné,tu seras un père de famille. Il faudra bien que tu arrêtes et que tu trouves un métier respectable; bien sûrr si je considère ce que tu fais comme un métier.

-La ferme Ismaël. J’y penserai quand je voudrais me marier mais pour l’instant ce n’est pas dans mes plans me répond il en me tendant une tasse de thé.

-Merci dis-je en avalant une gorgée du breuvage chaud

La discussion se porta sur le foot et autres sujets de discussion et je finis par prendre congés quelques minutes plus tard. J’étais dans mes pensées en descendant les escaliers, ce qui fait que j’ai failli rentrer dans une jolie jeune femme qui montait 

-Je suis vraiment désolé. Je ne vous avais pas vue. Vous n’êtes pas blessée au moins ? 

-Non, tout va bien. Je vous ai évité de justesse

-Encore désolé insistai-je

-Ce n’est pas grave

-Bon ben Bonne soirée mademoiselle

-Merci. Bonne soirée à vous aussi 

On se sourit puis elle poursuivit son chemin. “Très belle femme” pensai-je en repartant à mon tour pour aller affronter celle qui m’attendait à la maison

ALIMATOU SADIYA CAMARA

“Très bel homme” pensai-je en disant au revoir à l’homme qui a failli me rentrer dedans il y a quelques secondes. Je grimpai le reste des marches et toquai à la porte de Salif. Il m’ouvrit quelques secondes après et me laissa plantée là sans un bonjour. Au moins il a laissé la porte ouverte. J’entrai dans l’appartement. Je posai mon sac sur le canapé et le suivis dans la cuisine où il s’était dirigé. Depuis Samedi dernier jusqu’à mercredi aujourd’hui il n’a pas répondu à mes appels ni contacté en retour. C’est comme si j’essayais de discuter avec un mur. J’ai annulé notre rendez-vous deux ou trois fois mais est-ce une raison de m’ignorer comme il le fait? 

-Bonjour Salif 

C’est le silence qui me répondit  

-Salif bébé c’est à toi que je parle 

-...

-Salif ? 

-Tu veux quoi Alimatou ? 

-Je suis venue pour qu’on discute 

-De quoi ? 

-De nous deux.

-Tu me soules Alimatou, tu le sais. J’en ai marre que tu me dises “réserves moi ton samedi” pour ensuite me planter là. Tu crois que je suis ton clown ? cria-t-il

-Pas du tout. Je suis désolée Salif. Combien de fois veux-tu que je te le répète ? Je ne pouvais me permettre de sortir cette nuit-là. Je ne te refuse rien alors tu peux être compréhensif un peu quand j’ai besoin de repos. 

-Je m’en contrefiche. Quand on fait une promesse on l’a tient

-Parce que MONSIEUR SE CROIT PARFAIT. Tu crois quoi toi ? Que tu es le seul à décider de ce qui est bien ou pas dans notre relation, de ce que je dois accepter ou pas ? Je ne suis pas venue de supplier si c’est ce que tu penses. Je commence en à avoir vraiment marre de ton comportement. Parce que je laisse tout passer tu te donnes le droit de me faire marcher et de me traiter comme une moins que rien. Je suis ta copine pas ta chienne. Tu sais quoi ? va te faire foutre sale connard là ! 

Il me regardait bouche bée comme si c'était invraisemblableque je puisse lui tenir tête. OK je n'aurai jamais crié sur lui en temps normal mais son manque de compréhension me sidère. Comme si lui n'avait jamais annulé un de nos rendez-vous. Il s'est même permis de me poser un lapin un jour où on devait dîner dehors. Est-ce que j'en ai fait tout un plat ?

-Oh mademoiselle s'est faite pousser des ailes à ce que je vois dit-il une fois la surprise passée en me prenant le bras. D’abord tu oses me crier dessus et en plus me traiter de connard? DE QUEL DROIT TU ME PARLES DE LA SORTE ? Cria-t-il 

Je sentis la peur m'envahir et mon coeur battre anormalement vite. Humm Alimatou tu n'as pas dit tu peux pensais-je, maintenant tu es dans la merde jusqu'au coup. Je fis quand même des efforts pour contenir ma peur pour ne pas qu’il s’en rende compte

-Lâche moi tout de suite Salif. Tu me fais mal dis-je

-Où est passée ton assurance ? Tu as eu le courage de me crier dessus, maintenant aies le courage d'en assumer les conséquences

-Arrêtes. Tu me fais mal. 

-C'est le but madame. Allez viens là dit-il en me tirant pour me sortir de la cuisine.

Je me mis à hurler et à le frapper pour qu'il me lâche mais il a continué à me traîner jusque dans sa chambre. 

-Lâche moi espèce de salopard 

Il s'est stoppé quand j'ai dit ça. J'ai cru qu'il avait compris. Quelle ne fut ma surprise quand il m'attribua une gifle d'une violence inouïe. C'était tellement violent que ça m'a aveuglée. Tout ce que j'ai fait c'est le regarder avec de gros yeux. Jamais on ne m'avait frappée jusqu'à aujourd'hui

-Répète voir. C'est qui le salopard hein ? 

-Il m'attrapa les cheveux avant de me jeter brutalement sur le lit. C'est à ce moment que mon esprit m'est revenu. Je me remis à crier à l'aide et à le griffer. Salif n'osera quand même pas me violer ??? 

- Je vais te montrer ce qu'est être un salopard sale garce

Quand il s'est mis à se déshabiller, j'ai arrêté de pleurer. Il faut que je le distrais pour m’en sortir sinon je suis morte

-Laisse moi partir Salif stp sniff. Je suis désolée sniff

-Il fallait y penser avant de venir me crier dessus chez moi. On avait établi des règles.

-Je... excuse moi. Je t'en supplie. Je ferai tout ce que tu veux si tu me laisses partir

J'ai profité du fait qu'il réfléchisse pour lui donner un coup dans le ventre et de descendre vite du lit et de courir hors de la chambre. Il m'a rattrapée au moment où j'ouvrais la porte et m'a giflée encore une fois de toutes ses forces, ce qui m'a fait tomber et cogner le mur. 

-Tu penses pouvoir m’échapper si je ne le veux. C’est moi que tu frappes dit-il avant de me donner un coup au ventre.

Je me tordis de douleur puis j’essayai de me protéger avec mes mains

-Que Dieu me vienne en aide suppliai-je en silence.

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