MasukLe déjeuner avec Caroline Devereux avait eu lieu trois jours plus tôt.Et pourtant, contrairement à ce qu’Avalina avait imaginé, ce n’était pas cette rencontre qui occupait principalement son esprit.Le rendez-vous s’était bien déroulé.Même très bien.Caroline était intelligente, cultivée et étonnamment agréable à fréquenter.Aucune tension.Aucun sous-entendu désagréable.Aucune tentative de manipulation visible.Au contraire.Elles avaient découvert plusieurs centres d’intérêt communs et quitté le restaurant avec une impression mutuelle plutôt positive.Mais la dernière phrase du message envoyé par Caroline continuait parfois de lui revenir en mémoire.Je crois que certaines personnes commencent à s’intéresser beaucoup plus à vous que vous ne l’imaginez.Chaque fois qu’elle y repensait, elle arrivait à la même conclusion.Caroline parlait probablement de la curiosité médiatique récente.Ou de certains investisseurs.Ou d’autres familles influentes.Bref.De tout sauf de ce que les
Pendant plusieurs secondes après l’annonce d’Avalina, personne ne reprit immédiatement la parole.Ce n’était pas parce que Caroline Devereux était une inconnue.Bien au contraire.C’était précisément le problème.Dans leur cercle, tout le monde connaissait son nom.Tout le monde connaissait sa famille.Tout le monde connaissait sa réputation.Une réputation construite sur l’intelligence, la maîtrise de soi et une capacité presque déconcertante à toujours apparaître là où il fallait être.Jamais trop tôt.Jamais trop tard.Jamais de scandale.Jamais d’erreur publique.Une femme que beaucoup admiraient.Et que d’autres préféraient ne pas sous-estimer.Lucas fut finalement le premier à rompre le silence.— Peut-être qu’elle veut simplement devenir ton amie.Personne ne répondit.— Pourquoi est-ce que vous me regardez comme ça ?— Parce que même toi, tu n’y crois pas.répondit Noah.— C’est faux.— Tu as hésité.— Une demi-seconde.— Deux.corrigea Adrian.— Vous êtes insupportables.Aval
Les lendemains de gala avaient quelque chose de particulier.La veille, des centaines de personnes avaient échangé des sourires, des conversations et des cartes de visite dans un environnement soigneusement maîtrisé.Le lendemain, les conséquences commençaient à apparaître.Certaines étaient visibles.D’autres beaucoup moins.Mais elles existaient toujours.Et cette fois ne fit pas exception.Lorsque Avalina arriva au siège Carter le lundi matin, son assistante lui tendit une tablette avant même qu’elle n’atteigne son bureau.— Je suppose que c’est mauvais signe.dit-elle.— Pas forcément.— Cette réponse est encore plus inquiétante.Son assistante eut un sourire discret.— Les médias mondains s’amusent beaucoup depuis ce week-end.— Ah.— Exactement.Avalina prit finalement la tablette.Et parcourut rapidement quelques articles.Comme prévu, les analyses les plus sérieuses concernaient les fondations soutenues durant le gala, les montants récoltés et certains partenariats caritatifs
Le gala battait désormais son plein.Les conversations se multipliaient dans les différents salons du palais de réception, les serveurs circulaient avec une efficacité discrète et les invités naviguaient entre discussions professionnelles, mondanités et retrouvailles.Vu de l’extérieur, tout semblait parfaitement maîtrisé.Pourtant, comme dans tout rassemblement de ce niveau, les échanges les plus importants n’étaient pas toujours ceux qui se déroulaient au centre de la pièce.Les véritables informations circulaient dans les détails.Un regard.Une proximité inhabituelle.Une invitation.Ou simplement le temps qu’une personne décidait d’accorder à une autre.Et ce soir, plusieurs personnes observaient beaucoup plus qu’elles ne parlaient.Avalina venait de terminer une conversation avec plusieurs responsables d’une fondation internationale lorsqu’elle aperçut Maya et Adrian près d’une terrasse secondaire.Les deux discutaient visiblement d’un sujet qui les absorbait suffisamment pour l
Le gala de vendredi figurait parmi les événements les plus attendus de la saison.Non pas parce qu’il s’agissait d’une soirée particulièrement extravagante.La haute société avait depuis longtemps dépassé le stade où l’on cherchait à impressionner par le simple luxe.Ce qui attirait les regards, c’était plutôt les personnes présentes.Les invitations étaient limitées.Sélectives.Et surtout, certaines familles n’apparaissaient que rarement dans ce genre d’événements.Les Scott faisaient partie de celles-là.Depuis qu’Alexander avait pris la tête du groupe, leur présence mondaine s’était considérablement réduite.Ils assistaient aux événements nécessaires.Aux obligations incontournables.Mais ils évitaient tout ce qui ressemblait de près ou de loin à une démonstration sociale.C’était précisément pour cette raison que la confirmation de la présence de la Matriarche Scott avait suscité autant d’intérêt.Et par extension, celle d’Alexander également.Chez Carter, la journée se poursuiva
Le lundi matin débuta comme beaucoup d’autres dans les sphères les plus élevées de la société.Derrière les façades impeccables des sièges sociaux, des hôtels particuliers et des tours de verre, des centaines de décisions étaient prises, des contrats négociés et des alliances discrètement entretenues.Et comme souvent, les informations circulaient bien plus vite que les personnes elles-mêmes.Certaines nouvelles voyageaient par les médias.D’autres par les réseaux.Les plus importantes, en revanche, voyageaient par les conversations.Celles que l’on échangeait lors d’un déjeuner privé.D’un gala.D’un appel discret.Ou d’un simple café partagé entre deux personnes influentes.C’est ainsi que le nom d’Avalina Carter revenait de plus en plus souvent.Non pas à cause d’un nouveau projet.Ni d’une innovation.Mais pour une raison bien plus inhabituelle.La famille Scott.Dans un salon privé réservé aux membres d’un prestigieux cercle mondain, plusieurs femmes discutaient autour d’un thé.







