登入SorenLe Conseil est réuni en séance extraordinaire, et tous les regards sont tournés vers moi tandis que je m'avance au centre de la salle, mes pas résonnant sur le marbre comme des coups de tonnerre dans le silence oppressant qui s'est abattu sur l'assemblée. Des regards curieux, méfiants, incrédules. Des regards qui me jaugent, me soupèsent, me jugent, cherchant dans les rides de mon visage et dans l'éclat de mes yeux les traces d'un passé qu'ils ne connaissent pas, d'une histoire qu'ils n'ont jamais entendue, d'une vérité qui va bouleverser tout ce qu'ils croyaient savoir.Je m'arrête sous la verrière, à l'endroit exact où Arya se tenait quelques jours plus tôt pour révéler sa véritable identité, pour dévoiler la marque sur sa nuque, pour proclamer au monde entier qu'elle était la Lycan Suprême. La lumière de la Lune m'enveloppe, froide et pure, et je sens son énergie couler dans mes veines comme un fleuve ancien qui reprend son cours après des années
AryaLa nouvelle du duel se répand comme une traînée de poudre, et bientôt, tout le palais ne parle plus que de cela.Dorian Vale, l'ancien Alpha de la Meute du Nord, a défié Cassian, l'Alpha de la Meute de l'Est, en duel pour mon honneur. Un duel absurde, ridicule, inutile, qui ne fait que souligner à quel point ces deux hommes sont incapables de comprendre ce que je ressens, ce que je veux, ce que je suis.Je ne suis pas un enjeu. Je ne suis pas un trophée. Je ne suis pas une récompense que l'on gagne en versant le sang d'un rival. Je suis une femme, une mère, une reine, et je refuse d'être traitée comme un objet de convoitise, comme un bien que l'on se dispute, comme un territoire que l'on conquiert.Quand j'apprends la nouvelle, je me rends immédiatement dans la cour d'entraînement où le duel doit avoir lieu. La foule s'est déjà rassemblée, formant un cercle compact autour des deux combattants qui se font face, torse nu, les poings s
CassianLes jardins du palais du Conseil sont magnifiques à cette heure matinale.Le soleil se lève à peine au-dessus des montagnes, teintant le ciel de nuances roses et orangées qui se reflètent dans les bassins et les fontaines. La rosée perle sur les feuilles, les premiers oiseaux chantent dans les branches, et une brise légère fait onduler les fleurs que la petite Lya a fait pousser hier soir, transformant les allées de pierre en un véritable jardin suspendu.Je m'y promène chaque matin, depuis que je suis arrivé au Conseil. C'est une habitude que j'ai prise il y a des années, dans ma meute de l'Est, et que je conserve même en voyage. Marcher seul dans la nature, au lever du jour, m'aide à clarifier mes pensées et à me préparer pour la journée à venir. C'est un moment de paix, de calme, de solitude – une parenthèse dans un monde agité par les conflits et les intrigues.Mais ce matin, je ne suis pas seul.Elle est là, assise
AryaLe soir même, alors que je prépare mes enfants pour la nuit, on frappe à la porte.C'est Soren. Il entre sans attendre ma réponse, comme il en a l'habitude, et son visage buriné affiche une expression que je ne lui connais pas, un mélange de gravité et d'amusement contenu.— Dorian est dehors, dit-il simplement. Il veut te parler.— Encore ? Il ne se lasse donc jamais ?— Apparemment non. Il dit qu'il a une proposition à te faire. Une proposition qui, selon lui, pourrait tout changer.Je soupire, partagée entre l'agacement et la curiosité. Dorian et ses propositions... La dernière fois, il m'a offert des fleurs et des excuses. La fois d'avant, il s'est agenouillé en public et a abdiqué son titre. Que va-t-il inventer cette fois-ci ? Une danse sous la Lune ? Un poème chanté par un chœur de louveteaux ?— Très bien. Garde les enfants, je vais le voir. Je te préviens, je ne lui accorde pas plus de cinq minute
DorianLa nouvelle de la tentative d'assassinat se répand comme une traînée de poudre à travers tout le palais, et le lendemain matin, le Conseil est convoqué en séance extraordinaire.Je me tiens à l'écart, près d'une colonne de marbre, observant les Alphas qui prennent place un à un dans l'hémicycle. Leurs visages sont graves, tendus, chargés d'une tension que je n'ai jamais vue auparavant. Kira a tenté d'empoisonner la Lycan Suprême en plein banquet, devant tous les Alphas réunis, et cet acte de trahison a choqué tout le monde, même les plus endurcis.Au centre de la salle, Arya se tient debout, droite et fière dans son armure noire, ses enfants à ses côtés, Soren derrière elle. Elle est magnifique, comme toujours, mais aujourd'hui, il y a quelque chose de plus dans son regard : une détermination froide, une résolution implacable, une volonté de fer qui ne laisse aucune place au doute ou à la pitié.Kira est traînée devant elle, enchaînée,
RonanJe n'aime pas les banquets.Il y a trop de monde, trop de bruit, trop de lumière, trop d'odeurs qui se mélangent et qui me donnent mal à la tête. Les gens parlent fort, rient fort, mangent et boivent sans retenue, et personne ne fait attention à ce qui se passe autour d'eux. Personne ne voit les ombres qui rampent le long des murs, qui se glissent sous les tables, qui dansent autour des convives comme des serpents affamés. Personne ne les entend murmurer, chuchoter, avertir.Personne, sauf moi.Maman dit que je suis spécial, que je vois des choses que les autres ne voient pas, que je parle à des créatures que les autres ne peuvent même pas imaginer. Elle dit que c'est un don, une bénédiction de la Lune, un héritage de grand-mère Elara qui coule dans mes veines. Mais moi, je ne suis pas toujours sûr que ce soit un don. Parfois, c'est un fardeau. Parfois, c'est une malédiction. Parce que voir les ombres, c'est voir aussi tout ce qui se cache dans l'obscurité, tout ce que les gens







