Horizons #2 Déroute et des ruines

Horizons #2 Déroute et des ruines

By:  Lysiah MARO  Completed
Language: French
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Synopsis

Édition

Du sang et des larmes. C’est tout ce que Xalyah aura obtenu sur la Grand-Place d’Orléans, en plus d’une balle dans le ventre. Alors que la mort aurait dû la faucher, Khenzo en a décidé autrement, veillant sur elle sans relâche. Anéantie par la terrible désillusion qui l’a frappée, la jeune femme va devoir s’accrocher à un ultime espoir pour survivre ; celui de retrouver la personne qui manque à l’appel. Panser ses plaies, se relever et repartir ne lui aura jamais paru si difficile. La différence étant qu’aujourd’hui, elle n’est plus seule.Xalyah est néanmoins loin d’être arrivée au bout de ses surprises, tandis que, dans l’ombre, se prépare l’avenir de la France.

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Chapitre 15
mercredi 23 novembre 2107L’aube vient de se lever et Khenzo m’attend, assis en travers de la porte d’entrée, à l’abri du vent. Surprise de voir qu’il ne m’a pas abandonnée comme il aurait été en droit de le faire après la façon dont je me suis comportée avec lui, je reste immobile. Tout en le dévisageant en silence, je plaque une main sur mon flanc pour endiguer la douleur qui irradie toujours de ma plaie par balle. Si seulement il n’y avait que cette douleur qui me fasse souffrir...— Tu as pris ta décision à ce que je vois, déclare-t-il d’une voix qui ne laisse transparaître aucune émotion.— Excuse-moi, murmuré-je, penaude.— C’est déjà fait.Il se relève et s’avance vers moi en me tendant une pomme :— Mange.Un peu décontenancée, je continue de le scruter. Il n’était pas obligé de me repêcher dans ce fleuve. Il n’était pas obligé de me retirer cette putain de balle et de me recoudre pour que je ne me
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Chapitre 16
« Une fois de plus je suis traînée par terre, comme on traîne une vulgaire serpillière derrière soi. Une fois de plus, le soldat qui me tient par le bras me jette dans une pièce froide. La même que la dernière fois ? Une autre ? Je n’en sais rien. Tout se ressemble ici. Les cellules, les soldats, les pièces, les hommes en blouse blanche, les journées… ou les nuits… ou les heures. Je ne sais plus. J’ai perdu la notion du temps depuis un moment déjà.Dès que je peux, j’essaye de dormir, de reprendre des forces, cependant ils ne me laissent aucun répit. Chaque instant devient une bataille qu’il faut remporter pour survivre. Pour l’instant, je garde le cap. Mais pour combien de temps encore ?Un autre soldat, qui patientait dans la pièce, me soulève par le col de mon t-shirt couvert de sueur et de sang et me décoche un formidable revers de main. S’il croit que je vais rester consciente de cette manière, il va falloir qu’il revoie un peu ses méth
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Chapitre 17
jeudi 24 novembre 2107J’ouvre les yeux, le cœur battant à tout rompre. Allongée sur le sol, la tête posée sur l’épaule de Khenzo, ce dernier m’entoure de ses bras. Sa respiration est lente et profonde, comme dans la maison bourgeoise. Apaisante.Il ne fait pas chaud, alors même si je ne suis pas très à l’aise, je reste collée à lui, attendant qu’il se réveille à son tour. Lui aussi a besoin de repos. Et j’espère que le sien aura été plus réparateur. Je ressasse un moment ce qui a peuplé mes rêves cette nuit.— Je ne sais pas ce que tu as dans la tête, marmonne mon compagnon, mais tu devrais arrêter d’y penser.L’espace d’un instant, son étreinte se resserre avant de se relâcher. Le jeune homme se frotte les yeux énergiquement et je me redresse sur un coude pour lui laisser un peu de place.— Tu as bien dormi ? demandé-je poliment.— Mieux que toi si j’en juge ta tête, répond-il.Je fronce les sourcils et me lè
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Chapitre 18
vendredi 25 et samedi 26 novembre 2107Peu à peu, je sors du brouillard opaque dans lequel j’ai sombré si facilement. J’aimais bien cette sensation étrange où l’âme semble flotter entre deux mondes, où plus rien n’est tangible.Consciente d’être allongée sur un lit, dans une chambre que je ne connais pas et libre de m’en évader à n’importe quel moment pour remonter le fil de mes souvenirs, je maîtrise de moins en moins les images qui assaillent sans relâche mon esprit. Le présent revient au galop et avec lui la réalité de tout ce que j’ai vécu ces deux dernières années. L’angoisse et la terreur m’étreignent alors et j’essaye de leur échapper en courant à travers ce brouillard qui me semble être ma seule issue.Par moments, je croise le regard inquiet de Khenzo, à d’autres, les yeux doux de cette vieille femme et l’instant d’après, c’est le regard agonisant d’Adrien qui pèse sur moi ainsi que le visage bleui par la mort de ma mère.Je les supplie de me
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Chapitre 19
dimanche 27 novembre 2107Une agréable odeur de thé à la menthe me tire du sommeil profond dans lequel j’avais sombré. Cette nuit, pas de cauchemars, pas de rêves. Juste le néant réparateur que j’attendais depuis si longtemps.— Tu as fait le tour du cadran, m’annonce Khenzo d’un ton plutôt joyeux.— Qu’est-ce qui te rend de si bonne humeur ? lui demandé-je en bâillant à m’en décrocher la mâchoire.— Si tu veux tout savoir, la demoiselle qui partage mon lit a bien dormi cette nuit alors moi aussi !Le jeune homme pousse le plateau entre nous deux. Du pain grillé, deux verres de jus d’orange, du beurre et de la confiture accompagnent les tasses de thé fumantes. Lisa et Henri ne font pas les choses à moitié.— Je leur ai dit que ce n’était pas la peine de se mettre en quatre pour nous, mais je crois qu’ils sont trop heureux d’avoir de la compagnie pour être raisonnables.— Je vois ça, déclaré-je, a
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Chapitre 20
« Je ne compte plus les jours ni les semaines qui ont passé depuis que je suis enfermée ici. Je compte encore moins le nombre de fois où ils m’ont emmenée dans leurs salles lugubres avec pour tout ornement : une chaise, une table et un tas d’objets pointus et brillants. Non, je ne compte plus et à vrai dire, dans ces cas-là, il vaut mieux éviter de tenir les comptes.Je n’ai plus que la peau sur les os et l’espoir de sortir vivante d’ici se réduit de plus en plus pour tendre vers le néant. Malgré tout, quand il me reste suffisamment de force pour être lucide, je tente de maintenir mon corps en forme, dans la mesure du possible. Histoire que je sois prête. Sait-on jamais. Un jour ou l’autre, je trouverai peut-être un moyen de sortir de cet enfer et ce jour-là, je n’aurai pas droit à l’erreur. En attendant, je me contente de survivre.Une fois de plus la porte s’ouvre et deux « scientifiques » rentrent dans la pièce. Ils aiment se faire appeler « scientifique »
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Chapitre 21
lundi 28 novembre 2107Il est onze heures du matin passées lorsque j’émerge enfin de la chambre, les cheveux en bataille et l’œil encore endormi. Comme d’habitude la nuit a été agitée et c’est seulement lorsque l’aube a pointé son nez que j’ai fini par trouver la quiétude. À ce moment-là Khenzo dormait à poings fermés à mes côtés. Je l’ai observé quelques instants avant de me tourner une nouvelle fois dans le lit, enfin rattrapée par le sommeil.À présent je traverse le couloir sur la pointe des pieds avant de me rendre compte de l’inutilité de mon comportement. Personne ne m’attend au tournant d’une porte pour me planter un couteau dans la gorge. Personne ne m’attend non plus dans les w.c. pour me flinguer. Détends-toi ma vieille.Je pensais trouver tout le monde dans la cuisine ; perdu. Pas âme qui vive non plus sur la terrasse. Je déambule quelques instants dans le salon comme le ferait un zombi dans une série Z, avant de retourner dans la chambre. Sur la
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Chapitre 22
mardi 29 novembre 2107Le froid nous cueille de plein fouet au petit matin. Le ciel est limpide et une lueur rougeâtre caresse les ruines qui nous entourent tandis que l’aube se lève. Il doit faire moins de zéro degré et une couche de givre recouvre les environs. Oui, nous avons vraiment été fous cette nuit, et mieux vaut ne pas trop y repenser.Je regarde un instant mes doigts couverts de coupures et d’écorchures avant de les plier et les déplier pour tester leur souplesse. Pas très brillant. Tant pis, ça viendra juste s’additionner à la collection d’ecchymoses que j’ai entamée il y a quelque temps. Mon flanc me lance vivement, mais les points de suture tiennent le coup alors j’estime que tout va bien de ce côté-là.Au moment de nous mettre en route, un vent glacial se lève, ce qui nous oblige à ressortir les couvertures pour nous emmitoufler dedans. On a l’air ridicule et cela entrave nos mouvements, mais face aux températures glaciales, qu’importe.Read more
Chapitre 23
vendredi 2 décembre 2107Deux jours que nous marchons sans relâche. Nous nous sommes arrêtés quelques heures seulement cette nuit, pour nous restaurer et trouver un peu de chaleur. Nous sommes exténués. Après avoir changé plusieurs fois de direction, être revenus sur nos pas, avoir hésité, les jambes sont lourdes, les sacs pèsent des tonnes, mais notre calvaire arrive bientôt à son terme.Au bout de la rue se dresse l’entrepôt où Yasshem nous a reçus généreusement il y a quelques jours. Revoir cette bâtisse se dresser dans le ciel blanc me donne des frissons. La dernière fois j’étais encore pleine d’espoir, si contente de toucher presque au but après tout ce temps. Revenir ici, c’est témoigner de l’échec cuisant de ma mission, qui consistait à retrouver ma place auprès des miens. Si seulement j’avais été plus rapide, plus forte… Peut-être qu’ils ne seraient pas morts aujourd’hui.Khenzo, qui a sans doute senti ma détresse, pose une main sur mon épaule. Je le
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Chapitre 24
« La terreur fait maintenant partie intégrante de moi. Elle rôde en permanence, n’attendant qu’un signe de faiblesse de ma part pour me faire perdre pied. Souvent je résiste, mais à chaque fois j’y succombe, n’étant alors plus que spectatrice de mes frayeurs et de ma douleur.Séances après séances, cet homme au regard étrange a éveillé des peurs profondes. Des peurs que je n’aurais jamais imaginé ressentir. Pourtant elles sont bien là, en moi, ancrées dans mon esprit, enfouies dans mes entrailles.Et quand le doc en a fini avec moi, d’autres prennent le relais pour éprouver la résistance de mon corps. C’est subtil, ça laisse peu de traces, mais ça fait un mal de chien. La combinaison des deux tortures me donne l’impression d’être réduite à une masse molle, inerte, qui tente de se ranimer à chaque accalmie, mais indéniablement, mon état se dégrade de plus en plus.La souffrance, ce n’est pas tellement le plus dur dans cette situation. Comme tout, on s’y fait
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