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Chapitre 2

En me retournant, j'aperçus un homme d'une trentaine d'années au maximum.

-Vous entrez sans permission ? Quelle impolitesse... Murmura-t-il.

-Pardon...

Je levai la tête vers lui puis lui tendis la lettre.

-C'est vous qui m'avez envoyé ceci ? Lui demandais-je.

Il hocha la tête.

L'homme avait quelque chose de mystérieux dans son regard. Il était grand et paraissait musclé, ses cheveux noir ébouriffés frôlaient doucement ses épaules. On aurait dit qu'il venait tout juste de se réveiller à voir la tête qu'il avait. Ce fut à ce moment-là que je remarquais son teint assez pâle.

-Vous êtes malade? Lui demandais-je.

Il haussa un sourcil.

-Non, pourquoi vous me demandez cela ?

Sa présence me faisait sentir toute petite, il avait une allure assez intimidante quand même.

-Vous êtes pâle...

Il eut un léger sourire en coin.

-Je ne suis pas le genre de personne qui passe ses journées à l'extérieur. Je préfère rester entre ces murs, au frais et au calme, sans personne qui me dérange...

J'hochais légèrement la tête puis lui posa la question ultime.

-Avez-vous du travail pour moi ? ...

Il fit un signe positif de sa tête. 

-Tu vois ce manoir? Commença-t-il. Tu devras l'entretenir, si tu le désires bien sûr. Je t'engagerais comme domestique.

Domestique... Cela voulait-il dire que j'allais rarement voir mon père ? Qui s'occupera de le soigner alors ?...

-Il y a un petit truc qui me dérange... C'est que... Je ne pourrais pas m'occuper de mon père si je reste ici... Cela veut dire que je ne pourrais pas le soigner.

Il haussa les épaules avec un air blasé.

-C'est ton choix, soit tu travailles ici et tu auras l'argent pour ton père, soit tu continus tes pénibles recherches sans que tu puisses rien faire pour ton père. 

Si j'acceptais, cela pourrais énormément aider mon paternel et peut-être que ça le sauvera. Mais d'un autre côté, je vais le voir de moins en moins et je vais m'ennuyer...

-Si j'accepte, quand seront les moments que je pourrais voir mon père? Lui demandais-je.

-Le dimanche matin seulement.

J'eus un léger pincement au cœur.

-Seulement ça ?! M'écriais-je, étonnée.

L'étranger leva le menton, voulant bien se sentir supérieur à ma petite existence. Son regard me fit baisser les yeux. Il paraissait vraiment sévère.

-La santé de ton père ou sa mort ? Me demanda-t-il sur un ton neutre.

Je soupirais et finit par hocher la tête.

-C'est bon, j'accepte... Je peux lui annoncer la nouvelle au moins ? ...

-Bien sûr, mais tu dois être revenue avant la nuit tombée.

J'hochais une seconde fois la tête puis sortie du manoir, les médicaments en mains. Enfin un boulot, il était temps. Mais le prix à payer me faisait tout de même mal, père allait s'ennuyer. Un regard dehors me fit savoir qu'il ne me restait pas beaucoup de temps. Je me dépêchais de retourner à la maison et j'entrais rapidement. Mon paternel devina facilement mon humeur joyeuse, cela le fit sourire.

-Un boulot ? Me demanda-t-il.

-Oui ! M'exclamais-je. Mais je n'ai pas beaucoup de temps.

J'ai dû tout lui expliquer, que je le verrais seulement le dimanche matin et que je lui enverrais l'argent pour ses médicaments. Il avait l'air un peu déçu, mais il allait au moins guérir. Je fis ma valise puis un câlin à mon père qui ressemblait bizarrement à celui d'un adieu. Je n'aimais pas cette impression. Deux larmes coulèrent sur mes joues, mais je les ai essuyées aussitôt. Après s'être dit au revoir, je suis allée dehors. Je devais faire vite.

Arrivée au manoir, je courus vers l'entrée. L'homme m'attendait déjà. Je me postais alors devant lui.

-À l'heure, me dit-il tout simplement. Je vais te montrer ta chambre, tu commenceras demain matin.

Il me fit signe de le suivre, chose que je fis jusque dans une grande pièce. J'y déposais ma valise, puis je lui coupai la route juste avant qu'il ne reparte. C'était ma foi un peu impoli, mais c'était important.

-Vous ne vous présentez pas ? lui demandais-je. Je m'appelle Alicia.

Il ne dit rien, il ne faisait que me regarder en silence.

-Oh, une petite gêne ? Lui demandais-je d'une petit voix.

Il ne me répondit pas puis il partit. Ce n'était pas très poli de sa part, mais ce n'était pas ce qui me préoccupait le plus. Ce qui me surprenait le plus c'était qu'il semblait être le seul membre de ce manoir. Je n'avais remarqué la présence de personne d'autre. Comment faisait-il pour entretenir toute cette demeure ? 

Je finis par analyser ma chambre. Elle faisait littéralement la grandeur de l'habitation qu'avait mon père. Tout était propre et bien placé. Je ne perdis pas de temps puis j'allais me coucher, ne sachant pas trop ce qui allait m'attendre le lendemain.

Quand je me suis réveillée, j'étais perdue. Je me suis vite rappelé que je n'étais pas chez moi, mais plutôt chez un inconnu qui ne voulait pas me dire son nom. Je me suis vite habillée puis je sortis de ma chambre. Il y avait tellement de couloirs et de pièces. Je me suis donc dirigée dans la grande salle, au rez-de-chaussée. L'homme était là, il attendait debout avec un air impatient. Ça y est, j'étais en retard. 

J'eus quand même un petit sourire en coin, je prenais trop facilement mon aise.

-Alors, qu'est-ce qui m'attend, M. Le fantôme ?

Il fronça les sourcils. 

-Pourquoi m'appelles-tu le fantôme?

-De un, vous êtes tout blanc et de deux, vous ne m'avez toujours pas dit votre nom. Donc, j'en ai conclu que j'allais vous appeler M. Le fantôme.

À ce moment-là, il dût sûrement me prendre pour une fille complètement tarée qui ne s'occupait pas de ses affaires. J'avais probablement fait une gaffe... 

-Je veux que tu nettoies les trois premières pièces du deuxième étage.

-Okay M. Fantôme ! Lui fis-je en souriant.

Avant qu'il ne puisse ouvrir sa bouche pour me dire de se la fermer, je partis vers ma chambre où j'avais trouvé les produits pour nettoyer. Ensuite, je me suis dirigée vers la première pièce que je devais nettoyer. Trois pièces en une journée, ça ne devait pas être si long... Mais en ouvrant la porte, je regrettais tout de suite mes pensées.

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