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Chapitre 2

Bonita rentra à la maison, accompagnée de sa tante et de son oncle. L’ambiance était vraiment morose dans la voiture… une fois à la maison, ils furent agressés par Toussaint qui était impatient de savoir où l’on avait amené sa grand-mère…

-vous êtes revenus avec grand-mère ?

Tata Rosine, les larmes pleins les yeux ne sut quoi lui répondre. Elle s’agenouilla et le prit dans ses bras…

-grand-mère est partie ! dit-elle, en pleurant

-partie ? elle est rentrée au village ?

-oui mon bébé, elle est partie !

Toussaint savait certainement qu’on ne lui disait pas tout, mais que pouvait-il ? la personne la plus inconsolable était sans doute Bonita, qui alla immédiatement se coucher pour laisser couler toutes larmes que son corps pouvait contenir. Elle était tellement touchée que le lundi suivant, elle avait du mal à se lever pour aller à l’école. C’est sa tante qui la tira du lit, violemment comme d’habitude !

-mais madame ! tu te crois où ici ? tu dors jusqu’à quelle heure ?

C’est lorsqu’elle daigna lever le visage qu’elle constata qu’elle avait les yeux tous rougis par les larmes.

-tu crois que tu as mal plus que qui ? lève-toi là-bas ! tu sais comment on travaille l’argent que j’ai dépensé pour te mettre à l’école ? et tu me laves toutes les marmites là avant de sortir d’ici !

Malgré la douleur qui l’assaillait, elle exécuta ses tâches et se mit en route pour l’école, très en retard.

-"pimm pimm"… ma chérie on va ?

-…

-… tu ne me réponds pas aujourd’hui ?

-laisse-moi unpeu, je ne suis pas d’humeur !

Il s’avança avec sa moto pour pouvoir scruter le visage de Bonita et il vit qu’elle était en pleurs…

-noooooooon pourquoi tu pleures ? il y a quoi ? Bonita ? qu’est ce qui ne va pas ? questionna-t-il.

-…

-dis moi s’il-te-plait ?!

-pardon lâche moi ! je dis que je ne suis pas d’humeur…

-ok… mais ne te laisse pas abattre. Moi j’ai vécu des choses atroces, on a tué toute ma famille devant moi, mais n’est-ce pas je vis toujours ? je fais ma moto au calme…

-okay !

-toi et tes réponses sèches ci… tu peux décourager quelqu’un… en tout cas, monte je te dépose à l’école sinon tu seras en retard !

-…

-tu crânes même encore pour monter sur la moto ?

Bonita fini par monter sur la moto d’Ahmadou et il la conduisit très rapidement à l’école.

Les obsèques de sa grand-mère furent pour Bonita une épreuve terrible, qu’elle surmonta tout de même malgré elle. Elle devait désormais, toute seule faire face à cette vie qui ne savait pas lui faire de cadeaux. Pour faire honneur à sa Mamie et respecter par la même occasion ses dernières recommandations par rapport aux études, elle se prépara comme un vrai petit soldat à affronter son examen, en aiguisant au maximum ses armes qui n’étaient rien d’autre que ses connaissances. Elle termina de composer et dans l’attente de ses résultats, elle entreprit de faire le commerce des arachides pour se faire un peu de poches. Le succès, elle l’avait quand même puisqu’elle était très belle et des belles filles qui acceptent de porter un plateau d’arachides sur la tête et de le balader dans tous les coins de la ville ne courent pas les rues. Un jour où elle était sortie vendre, quelqu’un l’interpella…

-héhoooo !!! arachides !!

Elle se retourna, il s’agissait d’Ahmadou avec certains autres moto-taximen qui étaient garés sous un hangar à l’abri du soleil. Elle s’approcha d’eux et déposa son plateau sur la première moto qu’elle vit.

-si on achète tout le plateau ci, tu nous laisses ça à combien ?

Bonita le regarda avec de grands yeux, étonnée… il blaguait ou alors il avait vraiment l’intention d’acheter tout le plateau ?

-tout le plateau ? questionna-t-elle, ébahie.

-oui tout ça !

-ça… ça va faire 6000 ?!

-okay ! répondit-il en faisant signe à ses amis d’approcher.

Ils se mirent à manger les arachides pendant qu’Ahmadou essayait de causer avec elle.

-donc tu vis où je connais là avec qui ? ta mère et ton père ?

-pourquoi tu me poses cette question ?

- ma chérie, tu m’agresses seulement ? demanda-t-il en riant

-je n’aime pas trop quand on me pose les questions personnelles…

-okay ! en tout cas moi je vais t’épouser un jour !

-hahahaha !! laisse-moi rire… tu vas faire comment ? tu vas me forcer ?

-te forcer comment ? donc je ne suis pas le genre qui peut se marier avec toi ?

-hummm… je n’ai pas dit ça ! en tout cas, moi le mariage ne m’intéresse pas encore !

-alors que tu as déjà l’âge ? moi ma sœur est allée en mariage, elle était plus petite que toi ! vous les filles de la ville vous aimez trop crâner !

-mon ami on t’a dit qu’on est au village ici ?? quand tu arrives en ville, il faut chasser l’esprit du village de ta tête !

-hahahaha c’est ce que tu dis maintenant ?! quand tu vas un peu grandir, tu vas comprendre !

-oui, pour l’instant, je suis encore petite, donc laisse-moi grandir !

Ils discutèrent ainsi jusqu’à ce que le plateau d’arachide soit vide. Ahmadou le lui remit avec la somme de 6mill francs CFA qu’elle enfouit dans sa sacoche avant de prendre le chemin de la maison.

C’était les vacances, donc Audrey, Poupée et Toussaint avaient été envoyés chez une des sœurs de leur père. Ce jour-là était le jour de repos de tonton Patrick et elle put remarquer qu’il n’était pas sorti puisque son véhicule était garé à l’entrée. Elle s’introduisit à la maison et ne vit pas Tata Rosine, qui devait être sûrement au marché. Elle alla déposer son plateau à la cuisine…

-qui va là ! cria Tonton Patrick de l’intérieur de sa chambre.

-c’est moi tonton !

-ah okay… tu es là ? viens un peu s’il te plaît !

Bonita détestait se retrouver toute seule en compagnie de son oncle pervers. Mais elle n’avait pas le choix, elle devait obéir quand il l’appelait ou la sollicitait. Elle poussa la porte de la chambre malgré elle et entra… il était là, debout, en short de sport comme d’habitude.

-oui tonton ! tu as besoin de quoi ?

Il l’attrapa par la main et la tira vers lui, il la serra et posa ses lèvres sur les siennes…

-tonton lâche moi ! qu’est-ce que tu fais ? lâche-moi !

Elle essayait de protester, de se défendre comme elle pouvait mais elle n’y arrivait pas vraiment car il était plus fort qu’elle. Il la balança sur le lit, attrapa la chemisette qu’elle portait et la tira violemment, faisant voler tous les boutons. Elle n’était désormais vêtue que d’un pantalon et d’un soutien-gorge. Il s’étendit sur elle et se mit à lui presser les seins, à la tripoter de partout… elle continua de le repousser comme elle pouvait…

-tonton tu me fais mal, par pitié laisse-moi !

-laisse-toi faire Bonita, laisse-toi faire ! je vais aller très doucement, tu n’auras pas mal !

-non tonton je ne veux pas ! pardon tonton ! suppliait-elle en pleurant.

Il attrapa son soutien-gorge, le tira violemment et il céda sur le coup. Elle cacha ses seins avec ses mains, mais il attrapa ces dernières et usa de toute sa force titanesque pour les plaquer contre le lit. Il se mit à lui sucer et mordiller les tétons. Bonita était terrifiée, convaincue qu’il allait très certainement réussir à la violer. Il libéra sa main droite pour pouvoir défaire son pantalon à elle, ce qui lui permit de ramasser le premier objet qu’elle trouva, c’était un dictionnaire. Elle s’en servit pour le frapper de toutes ses forces et lorsqu’il baissa la garde, elle le poussa, se leva et sortit de la chambre en courant. Elle tomba nez à nez avec Tata Rosine qui venait de rentrer du marché…

-je dis hein… qu’est ce qui se passe ici ? ne me dis pas que c’est de ma chambre que tu sors comme ça à moitié nue…

Bonita était terrifiée, elle n’arrivait même plus à dire un mot… Tata Rosine l’attrapa par son pantalon et continua de la menacer.

-Bonita c’est pas à toi que je parle ? qu’est ce qui se passe ici ?

-c’est que… tonton Patrick…

-tonton Patrick a fait quoi ? parle vite !

-chérie heureusement que tu es rentrée ! cria Tonton Patrick qui venait de faire son apparition.

-chéri c’est de notre chambre qu’elle sort comme ça nue ? demanda Tata Rosine

-je vois les miracles dans la maison ci chérie… la petite fille ci est peut-être sorcière ! depuis quelques mois elle me fait les appels de balle… je ne t’en ai jamais parlé parce que je n’étais pas très sûr !

-ah bon ? les appels de balle ? dis-moi tout chéri !

-parfois quand elle vient me masser le pied, elle caresse mon zizi comme si elle n’a pas fait exprès…

Tata Rosine avait lâché Bonita pour bien écouter la version de son mari. Elle semblait vraiment scandalisée… Bonita elle était en pleurs…

-aujourd’hui quand elle est rentrée de son marché, elle s’est assurée que tu n’étais pas à la maison et elle est entrée ici comme tu vois là !

-merde ! s’exclama Tata Rosine.

-oui chérie, comme je te dis là ! elle s’est jetée sur moi en disant qu’elle m’aura aujourd’hui… il a seulement fallu que je la gifle pour qu’elle sorte !

-tantine je te jure qu’il ment ! cria Bonita pour se défendre.

-comme il ment, qu’est ce qui s’est passé ?

-je suis rentrée, il m’a appelé dans la chambre et il a déchiré mon haut et mon soutien !

Tata Rosine la traina par le pantalon jusque dans la chambre, pour vérifier sa version… malheureusement pour elle, Tonton Patrick avait fait un rapide travail de nettoyage. Aucune trace des vêtements déchirés de Bonita, ni des boutons de sa chemisette, aucune trace de lutte…

-nous voici donc dans la chambre… qu’elle nous montre les habits que j’ai déchirés là ! je ne peux pas élever un enfant depuis son bas âge et lui vouloir encore du mal ! rouspéta Tonton Patrick.

-ah… donc la prostitution que ta mère faisait, elle t’a transmis ça hein…

Bonita ne savait pas comment faire pour expliquer qu’elle n’avait rien fait ! sa tante très furieuse la traina jusque dans la cour, toujours à moitié vêtue. Le vacarme avait rameuté les voisins…

-voisine qu’est ce qui ne va pas ? demanda l’une des voisines.

-tu te rends compte qu’une fille que j’ai prise, j’ai élevé comme mon propre enfant, je nourris, je paye l’école, comme elle a déjà grandi elle veut se faire mon mari ?

-aïe… c’est vrai ça ?

-comme je te dis là eeehhh !!! elle projette son coup depuis et Dieu merci je l’ai attrapé aujourd’hui ! je vais la corriger !

Elle ramassa un bâton qui traina là et se mit à administrer de violents coups à Bonita, lui laissant des rougeurs et des traces. Tout ce spectacle se faisait sous le regard des habitants du quartier. C’est après avoir reçu énormément de coup, après qu’une bonne trentaine de personnes aient vu en détail sa nudité qu’elle réussit à se dérober pour aller se réfugier dans sa chambre. Sa tante l’y retrouva et continua à lui assener de violents coups avec tout ce qu’elle pouvait avoir sous la main, jusqu’à ce qu’elle soit fatiguée !

-ce n’est pas fini ! je m’en vais me reposer avec mon mari, celui que tu veux m’arracher. Et cette nuit je vais encore bien te corriger ! cria-t-elle avant de l’abandonner.

Bonita pleura face à cette injuste dénouement… qu’avait-elle fait pour mériter tout ça ? pensant à la bastonnade qui l’attendait quelques heures après, elle se leva en douce et quitta la maison en courant. Elle marcha dans les rues de la ville durant des heures… elle n’avait plus le courage de rentrer. Elle passa devant un bar et fit une pause pour scruter le téléviseur, dans l’espoir d’y apercevoir l’heure. Il était 22h moins le quart. Elle commençait à être fatiguée, il lui fallait dormir… elle se rappela du petit hangar où une voisine du quartier vendait les beignets, la bouillie et le haricot. Elle se dit qu’il devait très certainement être vide à cette heure, donc elle s’y rendit. Elle emprunta le couloir qui y menait et lorsqu’elle fut en face, elle vit des gens très effrayants assis à l’intérieur… ils fumaient. Elle voulut rebrousser chemin, mais ils l’interpellèrent…

-hooo… ne bouge pas là où tu es là ! ne tente même pas de bouger !

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