LOGINLaila Fernandes
Je rentre et trouve Bruna et Eidhan attablés en train de manger. Mon amie sourit en me voyant, tandis que derrière elle, le pervers me jette un regard lubrique. Bruna : Où étais-tu ? Laila : Je suis allée à un entretien d’embauche. J’ai vu une annonce dans les petites annonces hier et j’ai décidé de tenter ma chance. Bruna : Et ça s’est passé comment ? Avant que je réponde, mon téléphone sonne. Je suis surprise de voir un numéro inconnu. Laila : Allô ? Constancy : Ici la résidence Watson. Je vous appelle pour vous dire que le poste est à vous. Laila : C’est vrai ? ! Je demande, ravie, un sourire illuminant mon visage. La voix de Constancy soupire au bout du fil. Constancy : Oui, jeune fille, le poste est à vous. Vous pouvez venir dès demain avec vos affaires. Bien sûr, nous ferons quelques examens médicaux pour vérifier que vous êtes en bonne santé, mais ce n’est qu’une formalité. Par ailleurs, le contrat de travail ainsi que l’accord de confidentialité sont absolument nécessaires et obligatoires : tous les employés doivent les signer. Laila : D’accord, pas de problème. Je serai là demain matin de bonne heure. Merci beaucoup ! Constancy : Ne me remerciez pas, ce n’est pas moi qui vous ai donné le poste. À demain donc. Dit-elle d’un air renfrogné avant de raccrocher. Bruna : Qui c’était ? Laila : Le poste est à moi ! Je déménage demain ! Je réponds pleine d’enthousiasme. Eidhan : Déménager ? L’idiot répond, visiblement mécontent de la nouvelle. Bruna : Comment ça ? Tu pars où ? Laila : J’ai postulé pour être nourrice chez une famille très riche. C’est un travail à temps plein, donc je devrai habiter sur place. Bruna : Tu vas me quitter ? Dit mon amie, la voix chargée de chagrin. Bruna : Je pensais que tu cherchais un poste de serveuse. Là-bas, on ne s’occupe pas de savoir si tu es en situation irrégulière, pas de questions… Tu as oublié ? Laila : Il faut que je travaille, Bru. Je ne peux pas me permettre de choisir en ce moment. Et là-bas, ils embauchent avec contrat : je signe et c’est réglé. Ma situation dans le pays n’a pas d’importance tant que je respecte les règles de confidentialité. Eidhan : Confidentialité ? Pour qui travailles-tu ? C’est quelqu’un de célèbre ? Laila : Je ne sais pas grand-chose sur eux. Je sais juste que leur nom est Watson et qu’ils sont extrêmement riches. Eidhan : Mais c’est pas possible ! Cette famille est multimilliardaire. Ils possèdent la plus grande entreprise aéronautique du monde : ils construisent des avions, fabriquent des pièces et ont même leur propre compagnie aérienne. Tout le monde à New York connaît les Watson, c’est une famille très importante et très ancienne. J’ouvre de grands yeux, surprise par cette information, puis hausse les épaules. Laila : Je ne savais rien de tout ça. Tout ce que je sais, c’est que je vais m’occuper de deux petits garçons adorables. Ils sont tellement mignons ! Bruna : Tu vas beaucoup me manquer, mon amie. Laila : On se verra pendant mes jours de congé, c’est certain, et je ferai tout pour que ça soit régulier. Le lendemain matin, de très bonne heure, je termine de ranger mes affaires quand l’imbécile d’Eidhan entre dans le salon. Eidhan : Alors tu pars vraiment ? Laila : Oui. Je réponds sans même le regarder, continuant de remplir mes valises. Eidhan : C’est à cause de moi, n’est-ce pas ? Laila : Écoute, je n’ai pas envie de parler. Bru dort dans la chambre, elle est épuisée après avoir travaillé toute la nuit, et c’est auprès d’elle que tu devrais être. Eidhan : Oublie Bruna. Ici, il n’y a que toi et moi. Ne pars pas. Je romps avec elle si tu me dis que tu restes avec moi. Laila : Tu te rends compte de ce que tu dis ? Tu as conscience de l’absurdité de tes paroles ? Tu veux savoir la vérité ? Je vais tout dire à mon amie : elle a le droit de savoir quel goujat elle fréquente. Bruna : Tout dire de quoi, Lalá ? Mon amie apparaît dans le salon, encore en pyjama. Laila : Rien, Bru, oublie. Je m’en vais, je t’appellerai quand je serai installée. Bruna : Non, tu ne t’en vas pas comme ça. C’est la deuxième fois que je t’entends dire que tu vas me dire quelque chose à Eidhan, et je veux savoir ce qui se passe. Je prends une grande inspiration et décide qu’il est temps de mettre cartes sur table. Bruna est comme une sœur pour moi, c’est ma seule famille. Je ne peux pas partir sans la prévenir et la laisser entre les mains de ce type sans vergogne. Elle travaille maintenant, elle peut se payer un logement et n’a plus besoin de lui. Laila : Voilà la vérité, Bru. Je déteste avoir à te dire ça, mais ton petit-ami est un ignoble salopard. Il me harcèle depuis le jour de notre arrivée. Dès que tu as le dos tourné, il essaie de m’embrasser ou de me toucher. Tu mérites quelqu’un qui te respecte. Elle regarde de moi à lui, bouleversée par mes paroles. Eidhan : C’est faux, Bruna ! C’est elle qui me courtise à chaque occasion. Elle est jalouse de toi et de nous deux. Elle m’a même proposé de te quitter pour elle. Franchement, c’est une chance qu’elle s’en aille de chez nous. Laila : Ah non, mais je ne crois pas entendre ça ! Tu aurais mis du cirage sur ta face de culot ? Comment peux-tu mentir aussi facilement ? Eidhan : Je ne mens pas, c’est toi qui… Bruna : Ça suffit ! Crie mon amie, le visage rouge de chagrin. Je la connais bien : elle est à la fois triste et déçue. Et comment s’en étonnerait-elle ? Elle vient de découvrir que l’homme avec qui elle correspondait depuis deux ans, et à qui elle était totalement fidèle, n’est qu’un pervers et un imbécile. Bruna : Laila… Laila : Oui, mon amie. Je sais que tu es déçue par lui, mais… Bruna : Tu ferais mieux de partir. Je ne veux plus jamais te voir. Laila : Quoi ? Bruna : Je te faisais confiance ! Nous avons grandi ensemble comme des sœurs, nous avons toujours été les meilleures amies du monde… Et à la première occasion, tu essaies de me voler mon petit-ami sous mon nez ! Elle crie, et je reste interdite. Je n’aurais jamais pensé qu’au moment de lui dire la vérité sur la vraie nature d’Eidhan, elle choisirait de le croire lui plutôt que moi. Des larmes de chagrin et de déception coulent inévitablement sur mes joues, mais je les essuie vite, refusant de paraître faible devant eux. Je me baisse pour reprendre mes valises et marche vers la porte. Avant de sortir, je la regarde droit dans les yeux. Laila : Tu sais ce qui me fait le plus mal dans tout ça ? Ce n’est pas de voir que tu préfères le croire lui plutôt que moi, ta meilleure amie depuis toujours. Je n’avais même pas envie de venir dans ce pays, je ne suis ici que parce que tu es ma seule famille. Ce qui me déchire vraiment, c’est de savoir qu’il va te faire du mal, qu’il va te rendre malheureuse… parce qu’il ne vaut rien. Sur ces mots, je sors de leur appartement pour n’y jamais revenir : je préfère dormir à la rue que de côtoyer cet homme une seule fois de plus. Mon cœur saigne. Je suis profondément blessée par Bruna. Je suis venue ici pour elle et avec elle, et me voilà désormais seule. Mais je relève la tête et monte dans le premier taxi qui s’arrête. J’espère de tout cœur que ce travail se passera bien… sinon je serai littéralement à la rue.Lizzie FosterJe frotte mes mains moites sur la robe que j'ai empruntée à Tay, car je n'avais rien de convenable à mettre.Collin s'arrête à mes côtés et confie sa clé au voiturier de ce restaurant chic où ses parents nous attendent.Lizzie — Je suis nerveuse.Je l'avoue. Il me sourit pour me rassurer, porte ma main à ses lèvres et y dépose un baiser doux.Collin — Mes parents sont merveilleux, tu verras. Je suis certain qu'ils vont t'adorer.D'une main dans mon dos, il me guide à l'intérieur du restaurant et, à chaque pas, mon anxiété grandit un peu plus.Une jeune femme très élégante nous accueille et nous demande si nous avons réservé. Collin explique que nous sommes attendus par ses parents, les Watson.À ce nom, la serveuse sourit avec empressement et nous conduit vers un espace plus intime et privilégié.Nous arrivons bientôt à leur table. J'en ai presque le souffle coupé tant ils sont beaux tous les deux. L'homme est grand, solide, et porte encore cette beauté et ce charme que
Lizzie FosterCela fait aujourd'hui trois mois que Collin et moi nous fréquentons, et tout est si parfait que j'en viens à craindre que quelque chose ne tourne mal. Je ne sais pas… ma vie a toujours été difficile. Ce n'est pas que j'étais malheureuse — au contraire, j'étais très heureuse : j'avais la meilleure mère du monde, une amie que je considérais comme ma sœur, et la danse. Mais maman et moi, nous avons toujours dû nous battre pour tout.Et avec Collin, tout est arrivé si… naturellement, sans que je n'aie à faire le moindre effort. Nous nous sommes simplement aimés au premier regard et, malgré son hésitation initiale à s'engager et ma propre peur de me lancer, ni l'un ni l'autre n'avons pu nier que c'était de l'amour dès le début.Collin est le petit ami parfait. Il n'assiste aux soirées de l'université que si je l'accompagne, il m'emmène dîner au restaurant et regarde même mes films à l'eau de rose préférés avec moi, alors qu'il les déteste tous. Chaque jour qui passe, je me se
Lizzie FosterJe terminais mon service quand Lian est entré au snack.Son visage portait toujours cette expression renfermée, mais je le comprenais. D'une certaine façon, je lui ai donné de faux espoirs en acceptant sa proposition de sortie, même si j'avais été claire dès le début que nous n'étions que des amis.Lizzie — Salut, Lian. Qu'est-ce que tu prends aujourd'hui ?Je demande en essayant de paraître détendue.Lian — Rien en fait. Je suis juste passé pour parler un instant. Tu as cinq minutes ?Lizzie — Bien sûr, attends juste une petite minute, je termine mon service.Il hoche la tête sans rien dire et reste assis là, à me regarder pendant que je sers ma dernière table.Puis je vais aux toilettes du personnel pour me changer, je récupère mes affaires et dis au revoir aux filles.Lian me suit et dès que nous sommes dehors, je commence à m'excuser.Lizzie — Je voulais m'excuser, Lian. Je sais que j'avais dit oui pour ce rendez-vous, mais je…Lian — Tu te moquais de moi, c'est ça ?
Lizzie FosterJe terminais mon service quand Lian est entré au snack.Son visage portait toujours cette expression renfermée, mais je le comprenais. D'une certaine façon, je lui ai donné de faux espoirs en acceptant sa proposition de sortie, même si j'avais été claire dès le début que nous n'étions que des amis.Lizzie — Salut, Lian. Qu'est-ce que tu prends aujourd'hui ?Je demande en essayant de paraître détendue.Lian — Rien en fait. Je suis juste passé pour parler un instant. Tu as cinq minutes ?Lizzie — Bien sûr, attends juste une petite minute, je termine mon service.Il hoche la tête sans rien dire et reste assis là, à me regarder pendant que je sers ma dernière table.Puis je vais aux toilettes du personnel pour me changer, je récupère mes affaires et dis au revoir aux filles.Lian me suit et dès que nous sommes dehors, je commence à m'excuser.Lizzie — Je voulais m'excuser, Lian. Je sais que j'avais dit oui pour ce rendez-vous, mais je…Lian — Tu te moquais de moi, c'est ça ?
Collin Watson JrAprès le déjeuner avec Lizzie et tout le groupe, je suis allé directement à l'entraînement. Avec le début du championnat, l'entraîneur nous bouscule ; il veut assurer une nouvelle année de titre, et je ne vais pas mentir, je le veux aussi.Mais aujourd'hui, je n'arrivais pas à me concentrer. Je pensais constamment à Lizzie, à ses sourires, à tout ce qui fait qu'elle est elle. Elle me fascine dans son entier. Putain, je suis complètement et profondément amoureux de cette fille. Je suis tombé dans le même piège que mon père.Il m'a dit un jour que lorsque je rencontrerais la bonne, tout prendrait sens, et que je saurais, simplement. Il avait raison. Lizzie est ma fille.L'histoire de mes parents s'est terminée heureusement, mais le chemin a été difficile, surtout parce que mon père était un idiot arrogant quand ils se sont rencontrés — ce sont les mots de ma mère, Layla.Je veux que mon histoire avec Lizzie soit plus douce, moins compliquée. Elle est la femme de ma vie,
Lizzie FosterCollin — Bonjour, mon petit Soleil.Sa voix grave et ensommeillée près de mon oreille me réveille doucement.Lizzie — Bonjour.Je m'étire paresseusement, consciente de sa présence tout près de moi.Lizzie — Non, ne commence pas… Je suis épuisée.Et ce n'est pas faux. Nous n'avons presque pas dormi cette nuit. Nous nous sommes aimés partout dans la chambre, et même quand nous nous sommes enfin allongés, il n'en avait pas fini de moi. Malgré la fatigue, mon corps réagit au sien comme s'il avait sa propre volonté.En un clin d'œil, il est au-dessus de moi, retenant mes poignets au-dessus de ma tête, me regardant avec cette lueur intense dans les yeux.Collin — Laisse-moi faire, toi, profite simplement.Et il le fait, avec toute la tendresse et l'attention que lui seul sait me porter. Chaque geste est parfait, comme s'il connaissait par cœur ce qui me fait perdre la raison. Je m'abandonne entièrement à lui, lui rendant chaque caresse, chaque instant de bonheur qu'il m'offre







