로그인La tension dans la salle était si forte qu’elle paraissait presque vivante.
Je pouvais la sentir contre ma peau, dans l’air, dans ma gorge, jusque dans le battement désordonné de mon cœur. Un mauvais geste, un seul mot de travers, et tout exploserait.
— Lâche-la, dit l’Alpha.
Sa voix vibrait de menace.
Le Roi ne bougea pas.
— Non.
Un seul mot. Froid. Net.
— Tu joues avec le feu, vampire.
— Et toi, avec quelque chose que tu as déjà perdu.
Je fermai les yeux une seconde.
Ils parlaient de moi comme d’un trophée qu’on se dispute. Comme d’un territoire. Comme d’un objet qu’on revendique trop tard ou qu’on refuse de lâcher.
Quelque chose en moi se redressa.
Je n’avais peut-être pas encore retrouvé toute ma force, mais je n’étais plus cette fille figée au milieu de la place, incapable de répondre.
— Arrêtez.
Aucun des deux ne bougea.
Je haussai la voix.
— ARRÊTEZ !
Cette fois, ils tournèrent tous les deux la tête vers moi.
Enfin.
Je soutins leurs regards l’un après l’autre, même si cela me coûtait.
— Je ne suis à personne.
Un silence sec suivit mes mots.
Le Roi m’observa avec une intensité troublante.
— Tu es sûre ?
Le lien dans ma poitrine pulsa douloureusement.
Non.
Oui.
Je n’en savais rien.
Mais je savais une chose : je refusais de m’abandonner encore à quelqu’un qui pouvait me détruire.
— Oui, mentis-je.
L’Alpha fit un pas vers moi.
— Reviens avec moi.
Je laissai échapper un rire bref, nerveux, incrédule.
— Tu es sérieux ?
— J’ai fait une erreur.
Ces mots auraient dû me soulager.
Ils auraient dû panser quelque chose.
Au lieu de ça, ils rouvrirent tout.
Je revis son regard vide devant la meute. J’entendis les rires. Je ressentis la brûlure du rejet dans ma poitrine. Une erreur ? Voilà tout ce que c’était ?
— Tu m’as détruite, dis-je doucement.
Il eut un léger mouvement, presque imperceptible, comme si ma phrase l’avait touché malgré lui.
— Et je peux te reconstruire.
Je le fixai, incapable de croire ce que j’entendais.
Reconstruire ?
Comme si je lui appartenais assez pour qu’il puisse me briser puis me réparer à sa guise.
Comme si j’étais censée être reconnaissante qu’il me regarde enfin.
— Non.
Le mot sortit calme.
Plus calme que je ne me sentais.
Le silence revint.
Alors je fis la seule chose que mon instinct acceptait.
Je reculai.
Pas vers la sortie.
Pas vers lui.
Vers le Roi.
Ce n’était pas un geste d’amour.
Ce n’était pas de la confiance.
C’était un choix de survie.
Parce que retourner vers mon ancien Alpha, c’était revenir vers l’endroit exact où j’avais été brisée.
Et cette fois, je n’étais pas sûre de survivre à une seconde chute.
Les yeux de l’Alpha s’écarquillèrent légèrement.
Le Roi, lui, ne dit rien.
Mais je sentis le poids de son regard sur moi.
Et je sus qu’il avait compris.
Pendant plusieurs secondes, personne ne bougea.Le silence dans la bibliothèque était devenu presque irréel.Je regardais l'inconnu.Puis Eryn.Puis à nouveau l'inconnu.L'impression de me trouver au milieu d'un rêve étrange devenait de plus en plus forte.Parce qu'aucune de leurs réactions n'avait de sens.Eryn le regardait comme s'il voyait un fantôme.Et l'autre semblait éprouver exactement la même chose.Pourtant, ils ne se ressemblaient pas.Ils n'avaient pas le même âge.Pas la même histoire.Rien ne semblait les relier.Et malgré cela...ils se regardaient comme deux personnes séparées par plusieurs vies.Le premier à retrouver sa voix fut Eryn.— Qui es-tu ?L'inconnu resta silencieux quelques secondes.Son regard parcourut la pièce.Les livres.Les cartes.Les fresques visibles à travers l'ouverture de la bibliothèque.Puis il revint vers nous.Et quelque chose dans son expression me serra le cœur.Parce qu'il semblait sincèrement perdu.Pas dangereux.Pas manipulateur.Perdu
Pendant une seconde, personne ne bougea.La bibliothèque sembla retenir son souffle.Je fixais la silhouette apparue entre les étagères.Immobile.Silencieuse.Comme si elle faisait partie des ruines depuis toujours.Mon cœur battait trop vite.Parce que quelque chose n'allait pas.Quelque chose dans cette présence me donnait l'impression d'avoir déjà vécu cet instant.Comme un écho.Comme un souvenir.La lumière vacillante des anciennes lanternes dessinait des ombres mouvantes sur les murs.Et pourtant...la silhouette restait parfaitement immobile.Eryn avait pâli.Complètement.Je ne l'avais encore jamais vu ainsi.Depuis son arrivée, il avait toujours conservé une certaine maîtrise de lui-même.Une distance.Mais là...quelque chose venait de le déstabiliser.Profondément.Je tournai rapidement la tête vers lui.— Tu le connais.Ce n'était pas une question.Ses yeux ne quittèrent pas la silhouette.— Non.Sa voix était à peine audible.Puis il ajouta :— C'est justement le problèm
Le monde sembla vaciller autour de moi.Je regardais la carte.Puis le nom.Puis la carte à nouveau.Comme si les lettres pouvaient changer si je les observais suffisamment longtemps.Mais elles restaient là.Immobiles.Cruelles.Le nom de ma mère apparaissait clairement parmi les annotations laissées sur le document.Mon souffle se fit plus court.Pendant quelques secondes, je n'entendis plus rien.Ni les autres.Ni le vent qui circulait dans les ruines.Ni les battements de mon propre cœur.Seulement ce vide étrange qui s'ouvrait sous mes pieds.Je secouai lentement la tête.— Non.Le mot sortit presque malgré moi.Personne ne répondit.Parce que personne ne savait quoi dire.Ou peut-être parce que tous comprenaient exactement ce que je ressentais.Je relevai les yeux vers l'Alpha.— Ça ne prouve rien.Ma voix était plus ferme cette fois.Plus déterminée.Comme si une partie de moi refusait déjà d'accepter ce que le document suggérait.L'Alpha soutint mon regard.Il ne semblait pas
L'eau retomba dans un fracas assourdissant.Pendant quelques secondes, je restai figée devant le bassin.Le cœur battant.Les vêtements trempés.Incapable de détourner les yeux de la surface désormais agitée.La vision avait disparu.Comme si elle n'avait jamais existé.Comme si ma mère ne s'était jamais tenue là.Comme si ces mots n'avaient jamais été prononcés.Et pourtant...je les entendais encore.Ne fais confiance à personne.Mon estomac se contracta.Une partie de moi cherchait déjà des explications.Peut-être n'était-ce qu'un souvenir.Une illusion.Une projection créée par les ruines.Mais au fond...je savais que ce n'était pas si simple.Parce que ce regard.Cette voix silencieuse.Cette urgence.Tout semblait réel.Beaucoup trop réel.Une main se posa doucement sur mon bras.Je sursautai.Puis relevai les yeux.Le Roi.Son regard cherchait le mien.Inquiet.Attentif.— Lily.Sa voix était basse.Calme.Je pris une inspiration.Puis me relevai lentement.L'eau ruisselait en
Mon prénom résonna une seconde fois.Plus doucement.Comme un murmure porté par le vent.Je me redressai immédiatement.Mon cœur venait d'accélérer.Pas de peur.Pas totalement.Quelque chose d'autre.Une sensation familière.La même que devant l'arche.La même que devant les fresques.Cette impression étrange que les ruines elles-mêmes essayaient de communiquer avec moi.Je regardai autour de moi.Le couloir était vide.Silencieux.Pourtant, j'étais certaine de ce que j'avais entendu.— Tu l'as entendue ?Ma voix était basse.Le Roi observait déjà l'obscurité devant nous.Son expression s'était durcie.— Oui.Un frisson parcourut mes bras.Le fait qu'il l'ait entendue lui aussi rendait la chose encore plus réelle.Encore plus inquiétante.Le silence retomba quelques secondes.Puis la voix revint.Plus loin cette fois.Comme si elle s'éloignait.Comme si elle nous invitait à la suivre.Mon ventre se noua immédiatement.— C'est une mauvaise idée.Je tournai la tête vers le Roi.Une lég
La bibliothèque retrouva progressivement son silence.Personne ne parla pendant plusieurs minutes après ma vision.Je savais que les autres attendaient probablement davantage d'explications.Davantage de détails.Mais je n'en avais pas.Seulement des fragments.Des images.Des émotions.Et surtout cette certitude qui ne cessait de grandir en moi.Ma mère savait.Je ne savais pas encore quoi.Je ne savais pas depuis quand.Mais elle savait.Et cette idée me faisait plus mal que je ne voulais l'admettre.Je me levai lentement.Mes jambes étaient encore un peu instables.La vision m'avait laissé cette étrange sensation de vide.Comme si une partie de moi était restée là-bas.Dans cette maison.Dans ce souvenir.À regarder deux parents que je n'avais jamais réellement connus.Personne ne tenta de me retenir lorsque je quittai la pièce.Je crois que tous comprenaient que j'avais besoin de quelques minutes seule.Ou du moins...le plus seule possible dans des ruines remplies de secrets.Le







