MasukAlex est dans l'encadrement. Il est en pantalon de pyjama, torse nu. La lumière du couloir dessine les muscles de ses épaules, le contour de sa poitrine. Il me fait signe de venir. Silencieusement, je soulève la main de Thomas, je la repose sur le lit. Je me lève, nue, le collier au cou. Je passe devant Alex dans le couloir.
Il ferme la porte derrière nous. Nous traversons la maison dans le noir, ses mains sur mes hanches, ses lèv
LunaLe samedi suivant, nous nous retrouvons pour la deuxième fois. L'air est différent, chargé d'une tension nouvelle, presque palpable, comme l'électricité qui précède l'orage. La lumière du printemps tardif filtre à travers les rideaux de dentelle, projetant des ombres mouvantes sur les murs de la chambre d'amis. Thomas a voulu revoir Alex, revoir ce corps à corps, revoir cette intimité qu'il a troublée sans la comprendre. Il a préparé la soirée avec soin, presque avec application, comme on prépare un examen difficile , vin soigneusement choisi dans la cave familiale, une bouteille de Pomerol millésimé, musique classique en fond, des règles à fixer avec la précision d'un contrat.Il est venu, lui, le premier, pour s'assurer que la chambre est prête, que rien ne détonne. J'ai vu ses mains v
La question surprend. Thomas n'est pas du genre à poser ce genre de questions. Il évite d'habitude, il élude, il préfère les silences aux aveux.— Qu'est-ce que tu entends par "bien" ?— C'était... agréable ? Pour toi, je veux dire.— Thomas...— Réponds simplement.— Oui. C'était agréable.— Même avec Alex ?— Oui, Thomas. Même avec Alex.Il ferme les yeux un instant. Ses mains tremblent. Il les enfonce dans les poches de son pantalon de pyjama.— Je ne sais pas ce que je ressens, avoue-t-il d'une voix plus basse. C'est nouveau, pour moi. Très nouveau. Je n'ai jamais imaginé ça.— Imaginé quoi ?— Te voir avec un autre. Te voir prendre du plaisir. Te voir gémissante, offerte, t
LunaLe lendemain de la soirée, le jour se lève sur un ciel gris et bas, cette lumière terne qui semble filtrer à travers une couche de cendres. La pluie de la veille a cessé, mais l'humidité reste accrochée aux vitres, aux troncs des arbres, à nos âmes. La maison est silencieuse. Trop silencieuse. Dans l'aile Est, aucun bruit de vaisselle, aucune musique, aucun rire. Seul le tic-tac de la vieille pendule dans l'entrée scande les secondes qui passent, lourdes, chargées de ce qui a changé sans que personne ne sache encore comment le nommer.Thomas est déjà levé. Je l'entends dans la cuisine, ses pas lents sur le carrelage, le bruit d'une tasse posée sur le plan de travail, plus fort que nécessaire. Il n'a pas allumé la lumière. La pièce doit baigner dans cette pénombre grise des matins d'orage. Il n'a pas m
C'est lui qui dit ça. Lui, mon amoureux, mon Thomas tendre et attentionné, qui n'a jamais caressé d'autre femme que moi. Lui qui regarde son oncle faire l'amour à sa compagne avec la bouche, et qui lui donne la permission de continuer.Alex redouble d'ardeur. Sa langue me pénètre, me caresse de l'intérieur, me fait perdre la tête. Sa main remonte, pince mon mamelon, tire doucement. Je suis parcourue de décharges électriques, de vagues de plaisir qui se succèdent sans discontinuer. Je ne sais plus où je suis. Je ne sais plus qui je suis. Je suis juste un corps offert, une femme au bord de l'explosion.— Je vais jouir, dis-je dans un souffle.— Pas encore, ordonne Alex en relevant la tête.Son visage est luisant de moi, ses yeux brillent d'une lueur sauvage. Il a ce regard que j'aime et que je redoute, celui du dominant qui ne l&a
LunaLes bougies vacillent, projetant des ombres mouvantes sur les murs blancs. La chambre d'amis est devenue un théâtre intime où se joue une scène que je n'aurais jamais imaginée, pas même dans mes rêves les plus fous, les plus interdits. Thomas est à ma gauche, tout en tension et en incertitude. Alex à ma droite, calme comme un prédateur qui a déjà fait mille fois le tour de sa proie.Leurs corps, leurs mains, leurs souffles m'enveloppent.Thomas n'a pas vu le regard qu'Alex m'a jeté en montant l'escalier. Ce regard de possession, de désir contenu , celui qu'il me lance chaque nuit depuis des mois quand nous sommes seuls, quand Thomas dort, quand le secret nous lie plus fort que toutes les chaînes d'or du monde. Et il n'a pas vu non plus la façon dont j'ai répondu, par une simple inclinaison de tête, un acquiescement silen
— Tu as préparé ta tenue ? demande-t-il.— Oui.— Laquelle ?— Celle que tu aimes.Il sourit. Il sait laquelle.Nous passons la matinée à faire semblant. Oui, faire semblant de rien. Lire le journal, ranger la cuisine, arroser les plantes. Les gestes du quotidien, ceux qui nous ancrent dans une vie normale, ordinaire, là où aucun oncle ne couche avec la compagne du neveu.Mais la tension monte, sourde, implacable, comme la pression avant l'orage. Chaque regard échangé est une question sans réponse. Chaque silence est un puits où tombe nos doutes. Thomas est calme, trop calme. Il parle du jardin, de la pluie annoncée, du dernier article qu'il a écrit. Mais ses mains tremblent un peu quand il allume la bouilloire, et ses yeux évitent les miens quand il s'assoit en face de moi.Vers qu







