Mag-log inJamais Claire n’avait caché son travail à Théo, qu’il s’agisse du design ou de la gestion de l’entreprise.Quand l’enfant posait des questions, elle lui expliquait toujours.Même s’il ne comprenait pas grand-chose, peu importait : être exposé à ce monde était déjà une forme d’apprentissage.Mais cette fois, il avait compris.Une robe de mariée.Il savait ce que c’était, et à quoi cela servait.« Maman… tu vas te marier ? »Il n’avait pas l’air heureux.Claire a ri doucement en secouant la tête :« Non, c’est pour le mariage d’un client. Ce n’est pas pour moi. »Puis une idée lui a traversé l’esprit. Puisqu’on en parlait, autant savoir ce que pensait l’enfant d’un éventuel remariage.Elle a posé son stylet et lui a demandé avec un sourire :« Et si je voulais me remarier, tu aimerais avoir un nouveau papa ? »Le visage de Théo s’est aussitôt assombri :« Non. »« Maman, je ne veux pas de nouveau papa, je veux juste… »Son père d’autrefois était sévère et le rendait souvent mécont
« Monsieur. »« Oui. Madame et Théo étaient là à l’instant, cela a pris un peu plus de temps… »« Oui, j’ai compris. »…Dans la chambre de Théo.Après le dîner, une fois l’enfant convaincu de prendre son médicament, Claire s’est installée près du bureau pour l’aider à faire ses devoirs.En fait, « aider » était un bien grand mot.Théo n’avait jamais posé le moindre problème à l’école.Elle se contentait donc de travailler sur son ordinateur à côté de lui, simplement pour lui tenir compagnie pendant qu’il faisait ses exercices.À cause de la bagarre, bien que les blessures de Théo soient légères, Claire lui avait quand même accordé une semaine de congé pour qu’il se repose à la maison.En principe, il aurait pu suspendre ses devoirs quelques jours.Mais contre toute attente, l’enfant avait refusé.Même dispensé d’école, Théo tenait absolument à faire son travail.Claire elle-même n’aurait jamais imaginé qu’il devienne aussi diligent, au point de faire ses devoirs avec autant d’entr
C’était là la plus grande différence entre Théo et son père.Théo savait montrer sa faiblesse.Thomas se demandait parfois : si Gabriel avait su pleurer, s’il avait su se montrer vulnérable devant Claire, les choses auraient-elles tourné autrement ?Mais Gabriel n’avait jamais appris à céder.Il ne s’autorisait aucune faiblesse.Même face à Claire, même devant la femme qu’il aimait, ses rares concessions étaient toujours mêlées de domination et de contrainte, ne laissant aucune place au refus.Une telle « faiblesse » ne faisait qu’inspirer la crainte et le rejet.Or, les larmes et la vulnérabilité étaient précisément les armes les plus efficaces face à Claire.C’était là l’intelligence de Théo.Il savait quand, et devant qui, dévoiler sa fragilité, afin de se ménager un refuge où se reposer.C’était la seule, et la plus grande différence entre lui et son père.Ou peut-être simplement parce qu’il était encore enfant. Une fois adulte, rien n’était certain.Thomas a soupiré intérieu
La porte du bureau s’est ouverte.Théo en est sorti en bondissant, tenant négligemment son uniforme bleu nuit froissé par la bagarre.Thomas est sorti à sa suite et a refermé la porte. Ils ont avancé l’un derrière l’autre dans le long couloir.Après quelques pas, Théo s’est soudain arrêté et s’est retourné :« Thomas, est-ce que j’ai encore fait quelque chose de mal ? Maman n’était pourtant pas en colère… »Son objectif avait été atteint, sans l’aide de personne. Pourquoi son arrière-grand-père était-il fâché ?Thomas s’est arrêté à son tour.Il a baissé les yeux vers Théo, le visage encore couvert de bleus, imprégné de pommade.Il a dit :« Théo, ton arrière-grand-père et ta mère ont raison. La violence peut parfois être efficace, mais elle ne résout pas la plupart des problèmes et entraîne d’innombrables conséquences. Et dans cette affaire, tu as agi de manière… maladroite. »Si Théo n’avait pas été blessé, si Claire n’avait pas été troublée par l’inquiétude et le chaos du mo
Claire a soupiré, s’est accroupie et a serré l’enfant dans ses bras. Elle lui a tapoté doucement le dos, parlant d’une voix lente et apaisante :« Théo, souviens-toi bien : la violence est toujours le tout dernier recours. Elle ne résout rien, elle ne fait que compliquer les choses. Tu peux être blessé, et les autres aussi. Cette fois, ce ne sont que des blessures légères, mais si jamais il arrivait quelque chose de grave… qu’est-ce que je ferais, moi ? La prochaine fois qu’il se passe quelque chose, viens d’abord chercher maman, ou un autre adulte. Tu t’en souviens ? »Théo a voulu dire que ça n’arriverait pas.Son arrière-grand-père et son oncle aîné lui avaient appris comment frapper pour faire très mal sans blesser gravement, parfois même sans laisser de traces.Simplement, lui ne maîtrisait pas encore tout à fait.Et puis, ses camarades étaient faibles. Aucun ne faisait le poids face à lui.Mais enfin, il n’a rien dit. Il s’est contenté de se blottir contre sa mère, avec une
« Impossible ! »Il a tranché net :« Claire, ne va pas trop loin. Tu crois vraiment que ton enfant est irréprochable ? Quoi qu’il en soit, c’est lui qui a frappé en premier ! Et mon fils ne ment jamais. S’il dit que ton enfant l’a insulté, c’est forcément vrai ! »Puis il a ajouté :« En résumé, soit on enterre l’affaire, soit on va à l’hôpital faire des examens et on verra qui est le plus gravement blessé. Et ensuite, tribunal ! Tu penses vraiment qu’avoir du pouvoir d’écraser les autres ? »« Très bien. »La réponse de Claire l’a pris de court.Elle a aussitôt saisi la main de Théo et s’est dirigée vers la sortie, lui lançant un regard en coin :« Allons-y. À l’hôpital. »Le visage de Paul s’est assombri.Elle verrait, alors !Et si Julien était plus gravement blessé ?…À l’hôpital.Après les examens, Claire a demandé aussitôt au médecin si les blessures étaient graves et si la dent repousserait.En apprenant qu’il ne s’agissait que de blessures légères, elle a poussé un vérit







