登入Chapitre 100ConfrontationL'intérieur de l'entrepôt était plongé dans une pénombre oppressante que trouaient seulement les rais de lumière filtrant à travers les vitres brisées et les trous dans la toiture, des faisceaux blafards qui découpaient l'obscurité en lames de clarté poussiéreuse. L'odeur de moisi, de graisse industrielle et de poussière prenait à la gorge, et chaque pas soulevait un nuage de particules qui dansaient dans la lumière comme des essaims d'insectes fantômes. Des machines rouillées se dressaient de part et d'autre, des squelettes de métal aux formes monstrueuses, des chaînes pendaient du plafond comme des serpents immobiles, et le sol de béton était jonché de débris de verre qui crissaient sous mes semelles, de ferraille tordue, de flaques d'eau croupie. Je progressais sans bruit, l'arme au poing, les yeux balayant l'obscurité, les oreilles aux aguets, chaque craquement, chaque goutte d'eau, chaque souffle de vent me faisant sursauter.— Delarive, lança une voix
Chapitre 99NoamLa traque avait duré des semaines, des semaines de recherches acharnées, de nuits blanches passées à éplucher des données cryptées, de communications codées avec mes anciens contacts des services secrets, d'allers-retours épuisants entre la Provence et les capitales européennes où le cartel avait encore des ramifications cachées dans les replis les plus sombres de la finance internationale. Chaque indice était un fil ténu qu'il fallait tirer avec une précaution infinie, de peur qu'il ne se rompe et ne nous replonge dans l'obscurité ; chaque témoignage était une pièce de puzzle qu'il fallait assembler avec patience, en vérifiant cent fois sa véracité avant de l'insérer dans le tableau ; chaque piste était une impasse potentielle qu'il fallait explorer jusqu'au bout, sans jamais se décourager, sans jamais renoncer. Et enfin, par un matin de juillet, alors que le soleil se levait à peine sur les toits de Barcelone, teintant les façades de la ville d'une lumière rose et d
Chapitre 98ÉlinaLe mas était devenu une forteresse assiégée, avec ses caméras de surveillance supplémentaires qui scrutaient le moindre recoin du parc, ses détecteurs de mouvement dissimulés dans les haies de lavande, ses rideaux occultants tirés sur toutes les fenêtres, ses gardes en uniforme noir qui patrouillaient nuit et jour dans les allées de gravier, leurs silhouettes se découpant dans la lumière crue des projecteurs. Et pourtant, en cette nuit de juin, alors que le vent chantait dans les oliviers et que les étoiles brillaient au-dessus des collines, je refusais de céder à la peur, je refusais de me laisser enfermer dans une prison dorée, je refusais de redevenir la femme que j'avais été, celle qui tremblait au bruit des pas dans le couloir, celle qui retenait son souffle quand une porte s'ouvrait, celle qui signait les papiers du divorce sans un mot.Noam m'avait proposé de partir, de nous réfugier dans un endroit secret qu'il possédait dans les Alpes suisses, un chalet isol
Chapitre 97MenaceLa menace arriva un soir de juin, alors que le soleil se couchait sur les collines de Provence dans une explosion de pourpre, d'orange et d'or, embrasant le ciel de nuances flamboyantes qui se reflétaient dans les vitres du mas, sous la forme d'un message crypté qui s'afficha sur l'écran de mon téléphone avec une vibration sourde. Le message était court, son origine impossible à tracer, mais sa signature ne laissait aucun doute, sa marque était reconnaissable entre toutes, une empreinte digitale de haine et de cruauté. Le chef du cartel, l'homme que je traquais depuis des mois, le dernier des dirigeants encore en fuite, l'esprit le plus cruel et le plus retors de toute l'organisation, s'adressait à moi directement, et ses mots étaient des lames, des poignards, des balles : « Delarive, tu as détruit mon empire, tu as mis mes hommes en prison, tu m'as volé tout ce que j'avais. Mais je sais où tu vis, je sais qui tu aimes, et je sais qu'elle attend un enfant. Tu as éch
Chapitre 96NoamLa nouvelle de la grossesse d'Élina avait changé quelque chose en moi, avait réveillé un instinct que je croyais endormi depuis la mort de Clara, une vigilance qui ne connaissait plus de repos, une détermination qui ne tolérait plus la moindre faille, la moindre brèche, la moindre ombre suspecte dans notre paradis provençal. Chaque matin, avant même qu'elle ne s'éveille, avant que les premiers rayons du soleil ne percent à travers les volets de bois et ne dessinent des raies de lumière sur le carrelage de la chambre, je vérifiais les caméras de surveillance qui quadrillaient le domaine, les détecteurs de mouvement dissimulés dans les oliviers centenaires dont les troncs noueux se découpaient sur le ciel pâle, les serrures biométriques qui protégeaient chaque accès au mas. Je passais en revue les rapports de mes agents, j'analysais chaque menace potentielle, je scrutais chaque visage inconnu qui s'aventurait dans la région, et je ne m'accordais aucun répit, aucune trêv
Chapitre 95ÉlinaLa nouvelle tomba par un matin d'avril, alors que le printemps éclatait sur la Provence dans une explosion de fleurs et de parfums, et je restai un long moment immobile dans la salle de bains, les doigts tremblants, le cœur battant à tout rompre, à fixer ce petit bâtonnet de plastique blanc qui venait de changer ma vie. Les glycines embaumaient l'air, les abeilles bourdonnaient paresseusement autour des lavandes, et le soleil entrait par la fenêtre ouverte, dessinant des reflets dorés sur le carrelage. J'étais rentrée du laboratoire plus tôt que d'habitude, prétextant une migraine, et j'avais attendu, assise sur le rebord de la baignoire, les mains posées à plat sur mes genoux, le souffle court, que les deux petites lignes roses apparaissent.Quand je les vis, quand je compris ce qu'elles signifiaient, je sentis les larmes me monter aux yeux, des larmes de joie, d'incrédulité, d'émotion pure. Je descendis lentement l'escalier, les jambes tremblantes, et je trouvai No
Chapitre 37AdrienMa manœuvre a échoué, et je le découvre de la pire des manières, un matin de mars, en recevant un appel glacial qui me frappe de plein fouet alors que je suis encore à moitié endormi, la b
Chapitre 35AdrienJe quitte la salle de bal comme un naufragé abandonne une épave, les jambes lourdes, le souffle court, les tempes battantes d'une douleur qui n'a rien de physique et qui pourtant me déchire la poitrine. Les portes dorées de l'hôtel Excelsior se referment derrière moi avec un claq
Chapitre 33AdrienLa soirée de gala de la Fondation Médéric est l'un de ces événements mondains que je fréquente depuis toujours sans jamais y prendre plaisir, une grand-messe de la philanthropie de façade
Chapitre 30ÉlinaLa conférence s'est achevée dans un tonnerre d'applaudissements, et depuis, le monde semble s'être abattu sur moi comme une vague déferlante qui ne cesse de grossir. Les sollicitations affluent par centaines, par milliers, une avalanche de papier et de voix qui menace de m'ensevel







