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CHAPITRE 52 — LE DOUTE

作者: Déesse
last update publish date: 2026-11-08 09:21:47

Il ferme les yeux, une seconde, deux, il expire longuement, et quand il les rouvre, quelque chose a changé dans son regard, quelque chose s'est apaisé, quelque chose s'est abandonné.

— Mange, il dit. Le pain va refroidir.

On mange en silence, et le silence n'est plus le même, il est plus doux, plus habitée, il y a comme une trêve dans l'air, une trêve fragile, une trêve qui ne durera pas, mais qui durera ce qu'elle durera, et je m'en contente, pour l'instant, je m'en contente.

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  • Jeux de séduction    CHAPITRE 52 — LE DOUTE

    Il ferme les yeux, une seconde, deux, il expire longuement, et quand il les rouvre, quelque chose a changé dans son regard, quelque chose s'est apaisé, quelque chose s'est abandonné.— Mange, il dit. Le pain va refroidir.On mange en silence, et le silence n'est plus le même, il est plus doux, plus habitée, il y a comme une trêve dans l'air, une trêve fragile, une trêve qui ne durera pas, mais qui durera ce qu'elle durera, et je m'en contente, pour l'instant, je m'en contente.Puis je remonte, je m'habille, je sors de la chambre, et dans le couloir je croise Hélène, sa robe de chambre en satin pivoine, son visage encore gonflé de sommeil, sa façon de me regarder comme si j'étais une tache sur son parquet.— Vous avez bien dormi, Camille ?Sa voix est sucrée, trop sucrée, cette voix qui miel et qui cache des choses.— Oui, merci.— Gabriel a le sommeil lourd. Il tient ça de son père.Elle sourit, un sourire qui ne monte pas jusqu'aux yeux, et elle ajou

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    — CamilleLa lumière entre par la fente du rideau et me coupe le visage en deux, une lame jaune qui traverse l'oreiller, et j'ai la bouche sèche comme si j'avais mâché du plâtre toute la nuit. Gabriel dort encore, le bras en travers du matelas, la main ouverte, paume vers le ciel, et je regarde cette main longtemps, les lignes qui la creusent, la callosité à la base de l'index, cette petite cicatrice blanche au bord du pouce, et je me demande ce qu'il a fait pour se la faire, et si un jour il me le dira. Je me lève sans bruit, mes pieds nus collent au parquet, le froid me remonte dans les chevilles, je ramasse mon chemisier en boule au pied du lit et je le passe sans le boutonner, juste pour ne pas être nue dans cette lumière.Il ouvre les yeux quand je suis à la porte.— Où tu vas ?Sa voix est rauque de sommeil, épaisse, et il n'a pas bougé, il me regarde juste, la joue encore écrasée contre l'oreiller.— Prendre l'air.— Tu prends l'air dans mon

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