CamilleTrois jours plus tard, Gabriel m'emmène chez un couturier pour choisir ma robe de mariée. Je n'ai pas mon mot à dire. Il a tout organisé. Il a choisi la maison, il a choisi le rendez-vous, il a choisi le style. Je ne suis qu'une poupée entre ses mains. Une poupée qu'il habille, qu'il pare, qu'il exhibe. Une poupée qu'il gâte, aussi, car je dois reconnaître qu'il ne lésine pas sur les moyens. La boutique est somptueuse, les lustres en cristal, les tapis en soie, les miroirs dorés. Une armée de vendeuses s'affaire autour de moi, prenant mes mesures, proposant des tissus, suggérant des coupes. Je me laisse faire, les bras ballants, le regard vide, comme une condamnée qui attend son exécution. Gabriel est assis dans un fauteuil de velours, les jambes croisées, les yeux fixés sur moi. Il ne dit rien. Il observe. Il jauge. Il attend. Et puis, soudain, il se lève, il s'approche de la vendeuse, et il lui murmure quelques mots à l'oreille. La vendeuse hoche la tête, disparaît dans l'ar
Última actualización : 2026-10-20 Leer más