Mag-log inJe la prends dans mes bras, je la serre contre moi, je la serre comme on serre quelqu'un qu'on aime, quelqu'un qu'on veut protéger, quelqu'un qu'on veut sauver, quelqu'un qu'on veut tenir, retenir, garder, aimer, pour toujours, pour l'éternité, pour la fin des temps, pour tout ce qu'on a, tout ce qu'on n'a pas, tout ce qu'on aura, si on veut, si on ose, si on croit, si on espère, si on aime, et je pleure, je pleure toutes les larmes que je n'ai pas pleurées, toutes les larmes que j'ai retenues, toutes les larmes que j'ai gardées pour moi, pour mes peurs, mes doutes, mes colères, mes vengeances, mes mensonges, mes secrets, mes crimes, et je me dis que c'est ça, la vie, c'est ça l'amour, c'est ça le bonheur, être là, être avec elle, être avec nos enfants, être avec notre famille, être avec ceux qu'on aime, ceux qui nous aiment, ceux qui sont là, toujours là, quoi qu'il arrive, quoi qu'on fasse, quoi qu'on dise, quoi qu'on choisisse, être là, tout simplement, être là, pour toujours, pour
MarcusJe ne sais pas quoi dire, je ne sais pas quoi faire, je ne sais pas quoi penser, quoi ressentir, tout est trop, trop fort, trop grand, trop beau, trop vrai, trop aimé, pour que je puisse le comprendre, l'accepter, le vivre, sans m'effondrer, sans pleurer, sans crier, sans rire, sans aimer, pour toujours, pour l'éternité, pour la fin des temps, pour tout ce qu'on a, tout ce qu'on n'a pas, tout ce qu'on aura, si on veut, si on ose, si on croit, si on espère, si on aime. Elle a dit que j'étais le père de ses enfants, elle a dit que j'étais le père de nos enfants, elle a dit que j'étais le père de Léon, le père de Lola, le père de notre famille, de notre vie, de notre cœur, de notre âme, tout ce qu'on a, tout ce qu'on est, tout ce qu'on sera, pour toujours, pour l'éternité, pour la fin des temps, pour tout ce qu'on a, tout ce qu'on n'a pas, tout ce qu'on aura, si on veut, si on ose, si on croit, si on espère, si on aime, et je suis là, debout, immobile, comme frappé par la foudre,
ÉlianorLes mots sont sortis, ils sont là, suspendus dans l'air du salon, comme des bulles de savon qu'on regarde s'élever, danser, briller, avant de s'éclater ou de s'envoler vers le ciel, je ne sais pas, je ne sais plus, je ne sais rien, sinon que je les ai dits, que je les ai prononcés, que je les ai jetés dans le silence comme on jette une pierre dans l'eau, pour voir les cercles s'élargir, pour voir les vagues s'étendre, pour voir tout ce qui va arriver, tout ce qui va se passer, tout ce qui va se dire, tout ce qui va se faire, après ces mots, après cette vérité, après cet amour que j'ai caché, que j'ai fui, que j'ai oublié, pendant six ans, pendant toute cette vie, pendant toute cette existence, et que j'ai enfin, enfin, laissé sortir, laissé vivre, laissé aimer, pour toujours, pour l'éternité, pour la fin des temps, pour tout ce qu'on a, tout ce qu'on n'a pas, tout ce qu'on aura, si on veut, si on ose, si on croit, si on espère, si on aime.— C'est le père de mes enfants, ai-je
Élianor Le silence tombe, un silence différent, un silence qui n'est plus lourd, plus épais, plus pesant, mais léger, doux, apaisant, un silence qui dit que les mots ont été dits, que les vérités ont été révélées, que les cœurs se sont ouverts, que les âmes se sont rencontrées, que les vies se sont reconnues, que tout peut commencer, que tout peut se construire, que tout peut s'aimer, que tout peut se pardonner, que tout peut se sauver, pour toujours, pour l'éternité, pour la fin des temps, pour tout ce qu'on a, tout ce qu'on n'a pas, tout ce qu'on aura, si on veut, si on ose, si on croit, si on espère, si on aime. Mathis et Maxime me regardent, ils me regardent avec leurs yeux qui sont ceux de leur mère, qui sont ceux de cette famille qu'on construit, pierre par pierre, jour après jour, espoir après espoir, pardon après pardon, amour après amour, et je vois, je vois dans leurs yeux quelque chose qui ressemble à de la compréhension, à de l'acceptation, à de l'émerveillement, comme s'
Les adolescents me regardent, ils me regardent avec leurs yeux qui sont ceux de leur mère, qui sont ceux de cette famille qu'on construit, pierre par pierre, jour après jour, espoir après espoir, pardon après pardon, amour après amour, et je vois, je vois dans leurs yeux quelque chose qui ressemble à de la surprise, à de l'étonnement, à de l'interrogation, comme s'ils ne s'attendaient pas à ça, à ce que je sois juste "le voisin", à ce que je me définisse comme "le voisin", à ce que je me limite à "le voisin", alors que tout en moi crie que je suis plus, tellement plus, que ça, que ce que je dis, que ce que je montre, que ce que je crois, que tout ce que je suis, tout ce que je donne, tout ce que j'offre, depuis six ans, depuis cette nuit où j'ai rencontré Élianor, où je l'ai aimée, où elle est partie, où j'ai cherché, où j'ai trouvé, où j'attends, où j'attendrai toujours.— Le voisin, répète Maxime, comme s'il essayait de comprendre, de saisir, d'assimiler, ce que ça signifie, ce que
MarcusJe suis dans l'encadrement de la porte, je regarde la scène, je regarde ces enfants, ces adolescents, ces adultes, toute cette famille qui se rencontre, qui se découvre, qui s'apprivoise, qui s'aime, qui se hait, qui se déchire, qui se reconstruit, pierre par pierre, jour après jour, espoir après espoir, pardon après pardon, amour après amour, et je vois, je vois que la tension est là, qu'elle n'a pas disparu, qu'elle est juste en veille, en attente, prête à resurgir, à tout moment, à tout instant, à tout jamais, si personne ne fait rien, ne dit rien, ne tente rien, pour apaiser, calmer, rassurer, protéger, défendre, garder, sauver, aimer, tout ce qu'on a, tout ce qu'on est, tout ce qu'on sera, pour toujours, pour l'éternité, pour la fin des temps, pour tout ce qu'on a, tout ce qu'on n'a pas, tout ce qu'on aura, si on veut, si on ose, si on croit, si on espère, si on aime. Je m'avance, je m'avance vers le milieu du salon, vers Mathis et Maxime, vers ces garçons que je ne connai







