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Chapitre 5

作者: Jayka
last update publish date: 2026-07-11 05:45:13

Chapitre 5 – Le dernier départ

Le lendemain, Valentina ouvrit les yeux bien avant que son réveil ne sonne. Pendant quelques secondes, elle resta allongée, les mains croisées sur son ventre, le regard perdu vers le plafond.La veille, en signant ce contrat, elle avait pris une décision qui allait probablement changer le cours de sa vie.Pourtant, une question revenait sans cesse dans son esprit.Avait-elle fait le bon choix ?Elle finit par repousser sa couverture et se leva.

Le soleil traversait timidement les rideaux de son appartement. La pièce semblait plus petite que d’habitude. Peut-être parce qu’elle savait qu’elle allait bientôt la quitter.Elle prépara un café, mais n’en but que quelques gorgées.Son estomac était noué.Après avoir pris une douche, elle ouvrit son armoire.Madame Vivienne lui avait demandé de préparer une seule valise.Une seule. Valentina posa sa vieille valise sur le lit et resta quelques instants à la regarder.Que devait-elle emporter ?Quelques vêtements.Des chaussures.Ses produits de toilette. Un carnet où elle écrivait parfois ses pensées.Puis son regard s’arrêta sur le livre qu’elle lisait chaque soir.Elle sourit légèrement avant de le glisser dans la valise.

– Au moins… je ne serai pas seule.

Elle referma doucement la fermeture éclair. Il ne lui restait presque plus rien dans l’appartement.Elle fit lentement le tour de la pièce.La petite cuisine.La fenêtre près de laquelle elle prenait son café chaque matin. Le canapé usé qu’elle avait acheté d’occasion.La bibliothèque presque vide.Chaque objet lui rappelait un souvenir.Ce n’était pas un endroit luxueux. Mais c’était chez elle. Elle passa la main sur le rebord de la fenêtre avant de souffler doucement.

– Merci…

Elle ne savait pas vraiment à qui elle s’adressait.Peut-être à cet appartement qui l’avait abritée pendant toutes ces années.À sept heures cinquante-cinq, quelqu’un frappa à la porte.Trois coups.Calmes. Réguliers. Valentina prit sa valise et ouvrit. Le même chauffeur que la veille se tenait devant elle. Toujours vêtu de son costume noir. Toujours aussi impassible.

– Bonjour, mademoiselle Valentina.

– Bonjour.

Son regard descendit vers la valise.

– Êtes-vous prête ?

Elle inspira profondément.

– Oui.

Le chauffeur prit naturellement sa valise.

– Permettez-moi.

Ils descendirent les escaliers sans presque échanger un mot.Une fois devant l’immeuble, la voiture noire attendait déjà. Le chauffeur rangea la valise dans le coffre avant de lui ouvrir la portière arrière.

– Bon voyage.

– Merci.

La voiture démarra quelques secondes plus tard.Au début, le trajet lui semblait familier. Ils traversèrent les rues animées de la ville. Les commerces ouvraient leurs portes. Les cafés accueillaient leurs premiers clients. Les enfants marchaient vers l’école.Valentina observait chaque détail. Elle avait l’impression de dire au revoir à cette vie. Après près d’une heure de route, les immeubles laissèrent place aux maisons. Puis les maisons disparurent elles aussi. La circulation devint de plus en plus rare. Le silence s’installa dans l’habitacle. Valentina regarda son téléphone. Aucun nouveau message. Elle ouvrit la conversation avec Sophie. Ses doigts restèrent quelques secondes au-dessus de l’écran. Finalement, elle écrivit simplement :

– Je commence aujourd’hui. Prends soin de toi.

Quelques instants plus tard, une réponse arriva.

– Toi aussi. Et n’oublie pas de me raconter comment est ce fameux manoir.

Valentina sourit.

– Promis.

Elle verrouilla son téléphone.Une demi-heure plus tard, elle remarqua que le réseau avait disparu.Plus aucune barre.Elle fronça légèrement les sourcils.

– Excusez-moi…

Le chauffeur leva brièvement les yeux vers le rétroviseur.

– Oui, mademoiselle ?

– Il reste encore beaucoup de route ?

– Environ une heure.

– C’est assez loin.

– En effet.

– Vous travaillez depuis longtemps pour monsieur Kai ?

Un léger silence suivit.

– Depuis plusieurs années.

– Il est comment ?

Le chauffeur réfléchit quelques secondes.

– C’est un homme très respecté.

Cette réponse ne lui apprit absolument rien.

– Il vit seul ?

– Monsieur apprécie sa tranquillité.

Encore une réponse évasive.Valentina comprit rapidement qu’elle n’obtiendrait rien de plus.Elle reporta son attention vers la fenêtre. La route devenait de plus en plus étroite. Les arbres étaient désormais si nombreux qu’ils formaient presque un tunnel au-dessus de la voiture. Elle n’apercevait plus aucune maison. Plus aucun commerce. Seulement une immense forêt. Une étrange sensation grandissait en elle. Comme si le monde qu’elle connaissait disparaissait peu à peu derrière elle. Soudain, la voiture ralentit.

Une immense grille en fer forgé se dressait devant eux. Elle était si haute qu’il était impossible d’apercevoir ce qui se trouvait derrière. Le chauffeur appuya sur un bouton fixé près de sa fenêtre. Quelques secondes plus tard, les lourdes grilles s’ouvrirent lentement dans un grincement métallique. La voiture s’engagea sur une longue allée bordée d’arbres centenaires. Valentina regardait partout autour d’elle. Le domaine semblait immense.Après plusieurs minutes, le manoir apparut enfin. Elle retint inconsciemment son souffle. Le bâtiment était magnifique. Immense. Construit en pierre sombre. Ses hautes fenêtres reflétaient le ciel gris.

Des jardins parfaitement entretenus entouraient la demeure. Une fontaine ancienne trônait au centre de la cour. L’endroit ressemblait davantage à un château qu’à une simple résidence.

– C’est…

Elle ne termina pas sa phrase.Le chauffeur sourit discrètement.

– Impressionnant ?

– Oui.

La voiture s’immobilisa devant les marches principales.Un homme âgé, vêtu d’un élégant costume noir, descendit les marches avec une posture irréprochable. Le chauffeur sortit du véhicule et ouvrit la portière de Valentina. Elle posa un pied sur les pavés.L’air était étonnamment frais. Le vieil homme s’inclina légèrement.

– Bienvenue, mademoiselle Valentina.

– Bonjour.

– Je suis le majordome de cette maison.

– Enchantée.

Le majordome lui adressa un sourire courtois.

– Permettez-moi de vous souhaiter la bienvenue à la Maison Sans Numéro.

Valentina fronça les sourcils.

– La Maison Sans Numéro ?

Le vieil homme hocha lentement la tête.

– Vous comprendrez bientôt pourquoi on l’appelle ainsi.

Avant qu’elle ne puisse poser une nouvelle question, il reprit calmement :

– Monsieur Kai vous recevra… lorsque le moment sera venu.

Ces derniers mots laissèrent Valentina perplexe.Elle leva les yeux vers l’immense façade du manoir. Derrière l’une des fenêtres du dernier étage… Elle crut apercevoir une silhouette.Grande. Immobile.Comme si quelqu’un l’observait depuis son arrivée. Lorsqu’elle cligna des yeux…

La silhouette avait disparu.

A SUIVRE................

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