登入Chapitre 4 – L’entretien
Le lendemain matin, Valentina se réveilla plus tôt que d’habitude. Elle avait pourtant eu du mal à trouver le sommeil. L’offre d’emploi ne quittait pas ses pensées. Elle relut une dernière fois le contrat posé sur la petite table de son salon. Le salaire était toujours aussi impressionnant. Le logement était fourni. Les repas également. Tout semblait parfait… presque trop parfait.Elle replia soigneusement les documents avant de les glisser dans son sac.
Après une douche rapide, elle enfila une chemise blanche, un pantalon noir et une veste grise. Elle voulait faire bonne impression. Avant de quitter son appartement, elle observa une dernière fois la pièce. Depuis qu’elle avait perdu son emploi, cet endroit lui paraissait différent. Plus silencieux. Plus vide. Elle referma doucement la porte derrière elle. À huit heures précises, une voiture noire était garée devant son immeuble. Le chauffeur descendit aussitôt pour lui ouvrir la portière.
– Bonjour, mademoiselle Valentina.
– Bonjour.
– Je suis chargé de vous conduire à votre entretien.
– Merci.
Elle s’installa à l’arrière du véhicule.
L’intérieur était spacieux, impeccablement propre et sentait légèrement le cuir neuf.
Pendant plusieurs minutes, aucun des deux ne parla. Valentina observait les rues défiler derrière la vitre.
Contrairement à ce qu’elle imaginait, ils ne quittèrent pas la ville.
La voiture s’arrêta finalement devant un immeuble ancien dont la façade en pierre était parfaitement entretenue. Le bâtiment respirait l’élégance.
Le chauffeur descendit.
– Nous sommes arrivés.
– Merci.
Il l’accompagna jusqu’à une grande porte en bois sculpté avant de s’effacer.
– Bonne chance.
Valentina inspira profondément avant d’entrer.
Le hall était d’un calme surprenant.
Un homme en costume l’accueillit avec un sourire discret.
– Mademoiselle Valentina ?
– Oui.
– Madame Vivienne vous attend.
Il l’invita à le suivre.
Ils traversèrent un long couloir décoré de tableaux anciens avant de s’arrêter devant une porte en acajou.
L’homme frappa deux fois.
– Entrez.
Sa voix était calme et assurée.
Valentina pénétra dans un vaste bureau baigné par la lumière du matin.
Une femme d’une cinquantaine d’années se leva aussitôt. Ses cheveux argentés étaient relevés en un chignon impeccable. Son tailleur sombre et son maintien droit lui donnaient une allure distinguée.
Elle tendit la main.
– Bonjour, mademoiselle Valentina. Je suis Vivienne.
– Enchantée.
– Je vous en prie, asseyez-vous.
Valentina prit place en face d’elle.
Pendant quelques secondes, Vivienne parcourut un dossier posé sur son bureau.
Puis elle leva les yeux.
– Votre ancien employeur a parlé de vous en des termes très élogieux.
– C’est gentil de sa part.
– Trois années de service sans un seul retard.
– J’aime être ponctuelle.
– Aucun avertissement.
– Non.
– Aucun conflit avec vos collègues.
– Je préfère éviter les disputes.
Vivienne esquissa un léger sourire.
– C’est une qualité devenue rare.
Valentina resta silencieuse.
Elle attendait les questions habituelles.
Pourquoi souhaitez-vous ce poste ?
Quelles sont vos compétences ?
Quels sont vos défauts ?
Pourtant, aucune de ces questions ne vint.
Vivienne referma lentement le dossier.
– Dites-moi… avez-vous encore de la famille ?
Valentina fut légèrement surprise.
– Non.
– Personne ?
– Mes parents sont décédés il y a plusieurs années.
– Je suis désolée.
– Merci.
– Des frères ? Des sœurs ?
– Aucun.
– Des proches avec qui vous êtes en contact régulièrement ?
– Non.
Vivienne acquiesça sans montrer la moindre émotion. Elle nota quelque chose sur une feuille.
– Cela vous dérange-t-il de vivre seule ?
– Non.
– La solitude vous effraie-t-elle ?
Valentina réfléchit quelques secondes.
– Au début, oui.
– Et aujourd’hui ?
– Je m’y suis habituée.
Vivienne continua à écrire.
– Avez-vous déjà vécu dans un endroit isolé ?
– Non.
– Pensez-vous pouvoir vous adapter ?
– Je crois.
Un nouveau silence s’installa.
Valentina sentit un léger malaise. Ces questions n’avaient rien à voir avec un simple emploi de gouvernante.
Vivienne croisa les mains.
– Imaginons que votre employeur soit quelqu’un de très discret.
– D’accord.
– Quelqu’un qui apprécie le calme.
– Cela ne me dérange pas.
– Quelqu’un qui demande une confidentialité absolue.
– Je comprends.
– Seriez-vous capable de respecter cette exigence ?
– Oui.
Vivienne la fixa quelques instants. Comme si elle cherchait à lire dans ses pensées.
Puis elle reprit.
– Avez-vous tendance à être curieuse ?
Valentina sourit timidement.
– Comme tout le monde, je suppose.
– Je préfère une réponse honnête.
Elle baissa légèrement les yeux.
– Je respecte généralement la vie privée des autres.
– Même si certaines choses vous paraissent étranges ?
Cette fois, Valentina hésita.
– Je… je pense que oui.
Vivienne sembla satisfaite.
Elle ouvrit un tiroir et en sortit une élégante chemise noire. Elle la fit glisser jusqu’à Valentina.
– Ceci est le contrat définitif.
Valentina l’ouvrit.
Toutes les conditions étaient identiques à celles qu’elle avait déjà lues.
À une exception près.
Le nom de l’employeur.
Monsieur Kai.
Aucun nom de famille.
Seulement Kai.
Elle releva les yeux.
– Excusez-moi…
– Oui ?
– Je ne vois que son prénom.
Vivienne referma doucement le dossier.
– C’est tout ce que vous avez besoin de savoir pour le moment.
Cette réponse ne fit qu’attiser sa curiosité.
– Puis-je savoir où se trouve exactement la résidence ?
– Vous le découvrirez demain.
– Demain ?
– Si vous acceptez le poste.
Valentina regarda de nouveau le contrat.
Tout cela était étrange.
Très étrange.
Pourtant…
Elle n’avait plus de travail.
Ses économies fondaient rapidement.
Et cette offre représentait une chance inespérée.
Vivienne remarqua son hésitation.
– Vous n’êtes pas obligée de répondre immédiatement.
– Je peux réfléchir ?
– Bien entendu.
Elle lui tendit un stylo.
– Mais sachez que nous avons également d’autres candidates.
Valentina baissa les yeux sur le contrat.
Pendant plusieurs secondes, le silence envahit le bureau.
Puis elle prit une profonde inspiration.
Elle signa.
Vivienne récupéra le document avec un sourire discret.
– Félicitations, mademoiselle Valentina.
– Merci.
– Préparez une seule valise.
Valentina fronça légèrement les sourcils.
– Une seule ?
– Vous n’aurez besoin de rien d’autre.
– Quand dois-je partir ?
– Demain matin. Huit heures précises.
– Une voiture viendra me chercher ?
– Exactement.
Vivienne se leva.
L’entretien était terminé.
Avant que Valentina ne quitte le bureau, la femme reprit la parole.
– Un dernier conseil.
Valentina se retourna.
– Oui ?
Vivienne soutint son regard.
– Lorsque vous arriverez au domaine… évitez de poser trop de questions le premier jour.
Un léger frisson parcourut l’échine de Valentina.
– Pourquoi ?
Vivienne esquissa un sourire difficile à interpréter.
– Parce que certaines réponses changent une vie.
Sans ajouter un mot de plus, elle lui ouvrit la porte.
Valentina quitta le bureau avec le contrat serré contre elle.
Dans l’ascenseur, elle relut une nouvelle fois le nom inscrit sur la première page.
Employeur : Kai.
Elle ignorait encore qui était cet homme.
Mais une chose était certaine.
Dès le lendemain, sa vie ne lui appartiendrait plus tout à fait.
A SUIVRE........
Chapitre 5 – Le dernier départLe lendemain, Valentina ouvrit les yeux bien avant que son réveil ne sonne. Pendant quelques secondes, elle resta allongée, les mains croisées sur son ventre, le regard perdu vers le plafond.La veille, en signant ce contrat, elle avait pris une décision qui allait probablement changer le cours de sa vie.Pourtant, une question revenait sans cesse dans son esprit.Avait-elle fait le bon choix ?Elle finit par repousser sa couverture et se leva.Le soleil traversait timidement les rideaux de son appartement. La pièce semblait plus petite que d’habitude. Peut-être parce qu’elle savait qu’elle allait bientôt la quitter.Elle prépara un café, mais n’en but que quelques gorgées.Son estomac était noué.Après avoir pris une douche, elle ouvrit son armoire.Madame Vivienne lui avait demandé de préparer une seule valise.Une seule. Valentina posa sa vieille valise sur le lit et resta quelques instants à la regarder.Que devait-elle emporter ?Quelques vêtements.Des chaussu
Chapitre 4 – L’entretienLe lendemain matin, Valentina se réveilla plus tôt que d’habitude. Elle avait pourtant eu du mal à trouver le sommeil. L’offre d’emploi ne quittait pas ses pensées. Elle relut une dernière fois le contrat posé sur la petite table de son salon. Le salaire était toujours aussi impressionnant. Le logement était fourni. Les repas également. Tout semblait parfait… presque trop parfait.Elle replia soigneusement les documents avant de les glisser dans son sac.Après une douche rapide, elle enfila une chemise blanche, un pantalon noir et une veste grise. Elle voulait faire bonne impression. Avant de quitter son appartement, elle observa une dernière fois la pièce. Depuis qu’elle avait perdu son emploi, cet endroit lui paraissait différent. Plus silencieux. Plus vide. Elle referma doucement la porte derrière elle. À huit heures précises, une voiture noire était garée devant son immeuble. Le chauffeur descendit aussitôt pour lui ouvrir la portière.– Bonjour, mademoisel
Chapitre 3 – Une étrange propositionLe lendemain, Valentina se réveilla quelques secondes avant que son réveil ne sonne. Par réflexe, elle tendit la main pour l’éteindre. Puis elle resta immobile. Elle n’avait nulle part où aller. Cette pensée lui serra le cœur. Depuis trois ans, elle suivait exactement la même routine. Se lever à cinq heures trente, préparer son café, prendre le bus et rejoindre le Grand Hôtel Beaumont. Aujourd’hui, cette routine appartenait au passé.Elle repoussa sa couverture avec lenteur. Le silence de son appartement lui sembla plus pesant que d’habitude. Après avoir préparé son petit-déjeuner, elle s’installa devant son ordinateur portable. Il était ancien et mettait plusieurs minutes à démarrer. Pendant que l’écran chargeait, elle ouvrit son carnet de dépenses. Elle relut les chiffres qu’elle avait notés la veille.Deux mois.C’était le temps dont elle disposait avant que ses économies ne disparaissent complètement.Elle inspira profondément.– Tu vas trouver
Chapitre 2 – Le dernier jourLe lendemain matin, le réveil sonna exactement à cinq heures trente. Valentina l’éteignit avant qu’il ne retentisse une seconde fois. Son rituel était toujours le même. Elle ouvrit la fenêtre, prépara un café, prit une douche rapide et enfila son uniforme soigneusement repassé. En quittant son appartement, elle remarqua que le ciel était couvert de nuages gris. Une fine pluie commençait déjà à tomber. Elle ouvrit son parapluie et marcha jusqu’à l’arrêt de bus. Comme chaque matin, les mêmes visages étaient présents. Une vieille dame lisait son journal. Un étudiant dormait contre la vitre. Un jeune père tenait son fils par la main. Valentina s’installa à sa place habituelle.Elle observait les gouttes de pluie glisser sur la vitre lorsque son téléphone vibra. C’était un message de Sophie.– Tu es déjà en route ?Valentina répondit aussitôt.– Oui. J’arrive dans une dizaine de minutes.Quelques secondes plus tard, un nouveau message apparut.– Tu trouves pas
Chapitre 1 – Une journée comme les autresLe réveil de Valentina sonna à cinq heures trente, comme tous les matins. Elle tendit la main vers la petite table de chevet et coupa l’alarme avant qu’elle ne réveille les voisins. Pendant quelques instants, elle resta allongée, les yeux fixés sur le plafond légèrement fissuré de son appartement. Le silence l’entourait. Un silence auquel elle était habituée depuis longtemps. Elle vivait seule.Pas de famille à appeler avant de partir travailler. Pas de colocataire qui monopolisait la salle de bain. Pas de compagnon qui lui souhaitait une bonne journée Seulement elle. Elle repoussa sa couverture, enfila ses chaussons et ouvrit la fenêtre. L’air frais du matin envahit immédiatement la pièce. Dans la rue, quelques voitures circulaient déjà et le boulanger du coin installait ses présentoirs devant sa boutique. Valentina inspira profondément.Elle aimait ce moment de la journée. Tout semblait encore calme, comme si le monde hésitait à se réveiller