Se connecterChapitre 72 : L'Enquête DiscrèteElaraLa porte du petit salon s'est refermée sur Cassian depuis à peine cinq minutes, et je suis toujours debout devant la fenêtre, les yeux fixés sur l'allée du parc où sa voiture a disparu. Mon reflet dans la vitre me renvoie l'image d'une femme calme, posée, maîtresse d'elle-même. Une façade. À l'intérieur, c'est un ouragan. Isabella est enceinte. De Cassian. Deux mois. Les mots tournent dans ma tête comme des lames de rasoir, et chaque rotation m'entaille un peu plus profondément.Je pourrais m'effondrer. J'en ai le droit. Après tout ce que j'ai traversé, après la maladie, la trahison, le divorce, la guerre contre Marcus, je pourrais me permettre de pleurer, de hurler, de jeter des objets contre les murs. Mais je ne le ferai pas. Les larmes, je les ai déjà versées. La colère, je l'ai déjà consumée. Ce qui reste, c'est une détermination froide, clinique, chirurgicale. Isabella a déjà essayé de me détruire une fois. Elle a échoué. Elle essaie encore.
Chapitre 71 : Le DouteCassianJe fixe mon téléphone comme s'il allait me mordre. Les documents qu'Isabella vient de m'envoyer sont là, sur l'écran, preuves cliniques d'une vérité que je refuse d'accepter. Test sanguin positif. Échographie précoce. Rapport médical signé d'un docteur dont j'ai vérifié l'existence en ligne. Tout semble vrai. Tout semble réel. Et pourtant, chaque fibre de mon être hurle que c'est un mensonge. Isabella a passé deux ans à me manipuler, à me tromper, à comploter contre moi. Pourquoi cette fois serait-elle différente ?Je suis assis dans mon bureau de Blackwood Enterprises, les coudes posés sur la table en acajou, le front appuyé contre mes poings. Dehors, Londres bourdonne de son activité habituelle, indifférente au séisme qui vi
Chapitre 70 : La Dernière Carte d'IsabellaIsabellaL'appartement est vide. Pas seulement vide de meubles, que j'ai vendus un à un pour payer mes frais d'avocat, mais vide de sens, vide de vie, vide de tout ce qui faisait de moi Isabella DeWinter. Les rideaux sont tirés, les murs sont nus, et seul le parquet ciré témoigne encore du luxe passé de cet endroit. Je suis assise sur une chaise pliante, la seule qui me reste, devant une table basse où s'éparpillent les derniers vestiges de ma vie d'avant. Des lettres de créanciers, des assignations en justice, des coupures de presse qui racontent ma chute avec une délectation cruelle.Le procès de Marcus Sterling approche, et chaque jour qui passe rapproche le mien. Les avocats d'Elara Vance ont déposé une plainte pour diffamation, espionnage industriel, complicité de tentative de meurtre. Les charges s'accumulent comme des pierres tombales sur ma liberté. Bientôt, je serai derrière les barreaux, moi aussi. Comme Marcus. Comme tous ceux qui
Chapitre 69 : Le ProcèsTribunal de la Couronne, Londres — 9h00La salle d'audience était comble.Je n'avais jamais vu autant de monde dans un tribunal. Les journalistes s'étaient arraché les places comme des charognards se disputant une carcasse. Chaque recoin de la salle boisée était occupé par des avocats, des curieux, des témoins. Mon affaire — non, notre affaire — avait dépassé le simple cadre judiciaire pour devenir un spectacle médiatique mondial.J'entrai par la porte latérale, escortée par deux gardes de sécurité.Je portais un tailleur noir sobre, coupé avec précision, qui épousait ma silhouette sans artifice. Mes cheveux étaient tirés en un chignon bas, dégageant mon visage. Pas de maquillage ostentatoire. Pas de bijoux. Rien qui puisse détourner l'attention de l'essentiel.Je n'étais pas venue pour impressionner.J'étais venue pour témoigner.Marcus Sterling était déjà dans le box des accusés, encadré par deux officiers. Il portait un costume gris impeccable, comme s'il se
Chapitre 68 : L'ArrestationElaraLe Baur au Lac est un palace posé au bord du lac de Zurich comme un bijou sur un écrin de velours vert. Sur les écrans de mon quartier général improvisé, je vois tout. Les caméras de surveillance que Kernel a piratées une heure plus tôt diffusent des images granuleuses mais exploitables : le hall d'entrée marmoréen, les couloirs feutrés, le restaurant gastronomique désert à cette heure matinale. Dehors, le lac scintille sous les premiers rayons du soleil, indifférent au drame qui se prépare dans ses rives.— Il arrive, dit Ghost dans mon oreillette. La voiture de Marcus vient de franchir le portail de l'hôtel. Une Mercedes noire, vitres teintées. Il est accompagné de deux hommes. Probablement des gardes du corps.— Je le vois.Mon cœur s'accélère. Le moniteur cardiaque que je porte encore sous ma chemise d'hôpital émet un bip plus rapide, et je vois Cassian jeter un coup d'œil inquiet dans ma direction. Je lui fais signe que tout va bien. Tout ne va p
Chapitre 67 : La TraqueElaraLa salle informatique de la clinique Vance est devenue mon quartier général. Les murs blancs et stériles de l'hôpital ont disparu derrière les écrans que j'ai fait installer en urgence, et le bip régulier des moniteurs cardiaques a été remplacé par le bourdonnement des serveurs et le cliquetis frénétique des claviers. Je suis assise devant l'écran principal, une couverture sur les épaules, des électrodes encore collées sur ma poitrine sous ma chemise d'hôpital. Les médecins ont protesté, bien sûr. Ils ont parlé de repos, de surveillance, de risque d'arrêt cardiaque. Je leur ai répondu que le seul risque que je prenais, c'était de laisser Marcus Sterling s'échapper.Mon équipe est au complet. Sur les écrans secondaires, les visages de Ghost, Byte, Cipher, Echo et Kernel forment un conseil de guerre numérique. Ils ont les traits tirés par la fatigue, les yeux cernés par une nuit blanche, mais personne ne se plaint. Personne ne demande à faire une pause. Ils







