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Chapitre 35 — La scène 2

作者: Déesse
last update publish date: 2026-08-03 08:00:09
Le mot me frappe comme une gifle. Tu. Il m'a tutoyée. Pas vous. Pas Mademoiselle Vane. Pas la formule polie et distante qu'il a utilisée dans la salle de bal, quand il a dit mon nom comme une sentence. Tu. Comme avant. Comme toujours. Comme si les sept années qui nous ont séparés n'avaient jamais existé. Comme si je n'avais jamais tenu dans mes mains les cendres de son cadavre. Comme si je n'avais jamais pleuré toutes les nuits pendant trois ans, le visage enfoncé dans l'oreiller pour que mes co
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    Clara Le dîner chez les Ashford est un piège. Alexander nous a invités, William et moi, ainsi qu'Isabella et quelques autres convives triés sur le volet. Il veut montrer qu'Isabella fait désormais partie de la famille, qu'elle est la future épouse de son fils, que Clara Vane n'est qu'une employée qu'on tolère par charité. Il veut m'humilier, me rabaisser, me rappeler ma place. Et il a réussi. Isabella ne m'a pas adressé la parole de la soirée, mais elle n'en a pas eu besoin. Ses regards suffisaient. Ses sourires suffisaient. Sa main posée sur le bras de William, ses rires complices avec Alexander, ses allusions à peine voilées à la future union des deux familles. Tout était calculé, orchestré, parfaitement exécuté. Et William n'a rien dit. Pas un mot. Pas un geste. Il est resté assis à côté d'elle, les mâchoires serrées, le regard fixé sur son assiette, pendant que je me faisais déchiqueter en silence. Mais

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    Je me lève, brusquement. — Je n'ai pas besoin d'y penser. La réponse est non. Non au mariage, non à cette alliance, non à tout ce que vous essayez de m'imposer.— Assieds-toi, dit mon père, et sa voix est devenue ce grondement sourd qui annonce sa colère. Assieds-toi et écoute-moi attentivement.Je reste debout. — Non.— Très bien. Alors écoute-moi debout. Si tu n'épouses pas Isabella, si tu ne mets pas fin à cette relation avec Clara Vane, je détruirai tout ce que tu aimes. Je commencerai par la pâtisserie. Ensuite, je m'occuperai de la fille. Et crois-moi, cette fois, je ne la raterai pas.Le sang se glace dans mes veines. Il l'a dit. Il a menacé Clara, ouvertement, sans détour, sans honte. Il est prêt à la tuer. Il est prêt à finir ce qu'il a commencé il y a sept ans. Et il me le dit en face, avec un calme parfait, comme s'il parlait de la pluie et du beau temps.— Vous ne la toucherez pas, dis-je, et ma voix tremble de rage.— Alors épouse Isabella. C'est simple, non ?Je regarde

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    WilliamIsabella Harrington est belle, riche, et parfaitement détestable.Je l'ai rencontrée pour la première fois il y a six ans, lors d'un dîner de charité organisé par ma mère. Elle était assise à ma droite, vêtue d'une robe de soie ivoire qui devait coûter plus que le salaire annuel de la plupart des gens présents. Elle avait souri, penché la tête, posé sa main sur mon bras, et j'avais compris immédiatement qu'elle était là pour moi. Pas pour me séduire, non. Pour me posséder. Pour m'ajouter à sa collection de trophées, comme les sacs à main hors de prix et les chevaux de concours qui remplissaient sa vie.Depuis, elle gravite dans mon entourage, toujours présente, toujours souriante, toujours insupportable. Mon père l'adore. Il la voit comme la bru idéale, l'alliance parfaite, le chaînon manquant entre les Ashford et les Harrington. Sa fortune est colossale, son nom est prestigieux, et sa capacité à sourire pendant des heures sans rien dire est impressionnante. Pour Alexander Ash

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