LOGINJe prends une douche. Je me change. Une robe simple, noire, qui tombe juste au-dessus du genou. Pas de bijoux, pas de maquillage excessif. Juste moi. Ils méritent la vérité, pas un masque.Je prends ma voiture. Je roule vers le penthouse de Matthias. La nuit tombe sur Paris, les lumières s'allument, la ville devient magique. Je n'y prête pas attention. Je pense à eux. À ce qui m'attend.Devant l'immeuble, je respire un grand coup. Je sonne. La porte s'ouvre.L'ascenseur monte. Les portes s'ouvrent sur le hall. Matthias est là, debout, immobile. Raphaël est derrière lui, dans le salon. Ils m'attendaient.--- Entre, dit Matthias.J'avance. Mes talons claquent sur le marbre. Je traverse le hall, j'entre dans le salon. Raphaël est près de la fenêtre. Il me regarde avec ses yeux clairs, si doux, si tristes.--- Assieds-toi, dit Matthias.Je m
Alors pourquoi on se bat ?Je le regarde. Vraiment. Pour la première fois, je le vois. Pas le rival. Pas l'ennemi. Pas le frère que j'ai toujours jalousé. L'homme. L'homme qui aime la même femme que moi. L'homme qui a souffert en silence aussi, peut-être autant que moi. Différemment, mais autant.--- Parce qu'on a peur, dis-je.--- Peur de quoi ?--- De la perdre. De l'autre. De nous. De ce qu'on ressent. De ce que ça veut dire.Il hoche la tête lentement. Un geste presque imperceptible.--- Ouais. Peut-être.Un silence s'installe. Long. Lourd. Chargé de tout ce qu'on ne dit pas. De toutes ces années de rivalité, de mépris, de distance. Et soudain, au milieu de ce silence, quelque chose change. Un pont se construit. Fragile. Incertain. Mais réel.Il va à un meuble, sort une bouteille de whisky, deux verres. Il sert
Sa main se lève. Lentement. Ses doigts effleurent mes cheveux, attrapent une mèche rebelle, la glissent doucement derrière mon oreille. Exactement comme il y a cinq ans. Exactement comme dans mes souvenirs, dans mes rêves, dans mes fantasmes.--- Ça ?--- Matthias...Sa main ne s'arrête pas. Ses doigts descendent le long de mon cou, effleurent ma nuque, ma clavicule. Je frissonne. Je retiens mon souffle. Je vais mourir.--- Ou ça ?Il défait le premier bouton de mon chemisier. Un seul. Ses doigts touchent ma peau, juste au-dessus de mon cœur. Brûlants. Électriques. Je sens mon téton se durcir sous le tissu.--- Ou ça ?Il défait le deuxième bouton. Sa main s'insinue, écarte le chemisier, effleure la dentelle de mon soutien-gorge. Son pouce caresse la naissance de mon sein, juste là où la peau est la p
ChloéLe lendemain matin, mon téléphone sonne à sept heures précises. Je suis déjà réveillée, les yeux ouverts, à regarder le plafond de ma chambre d'enfant. Je n'ai presque pas dormi. Les images de la nuit, les rêves éveillés, les découvertes de la veille tournent encore dans ma tête.L'écran affiche "Matthias".--- Réunion au siège à dix heures. Présence obligatoire.Sa voix est professionnelle, distante. Rien à voir avec les murmures de la nuit dernière, dans mes rêves. Ici, c'est le Matthias du monde réel. Le PDG. L'homme d'affaires.--- Pourquoi ?--- Nouveau poste à pourvoir à la fondation. Je veux ton avis.--- Mon avis ou ta décision ?Un silence. Long. Assez long pour que je l'imagine, dans son penthouse, télé
Je me déshabille lentement. Ma robe tombe à mes pieds. Mon soutien-gorge, ma culotte. Je reste nue un instant devant le miroir de l'armoire. Je me regarde. Vingt-neuf ans. Un corps que deux hommes désirent. Un cœur qui aime les deux.Je passe une chemise de nuit légère, en soie, celle que j'avais laissée ici il y a des années. Je me glisse dans les draps qui sentent la lavande. L'oreiller est doux, le matelas ferme, exactement comme dans mes souvenirs.Je n'arrive pas à dormir.Les photos dansent dans ma tête. Le regard de Matthias. Sa main trop basse sur ma taille. Ses yeux brûlants dans la pénombre de la piscine. Dix ans. Dix ans à me désirer sans rien dire.Et Raphaël. Lui aussi. Treize ans, il a dit. Treize ans à m'aimer de loin, à peindre mon visage sur toutes ses toiles, à m'attendre en silence, loin, à New York, à B
Sa collection de premières éditions, ses romans préférés, ses livres d'art. Papiers administratifs. Des factures, des contrats, des relevés. Rien d'intéressant. Je fouille, je trie, je mets de côté ce qui peut être gardé, ce qui doit être jeté, ce qui ira aux archives. Les heures passent. La lumière change à travers la petite lucarne.Et puis je tombe sur une malle en cuir marron, fermée par une courroie. Elle est vieille, abîmée, mais le cuir est encore souple. L'étiquette jaunie dit : "Photos - Enfants".J'ouvre la courroie avec des doigts qui tremblent un peu. Je soulève le couvercle. L'odeur du vieux papier, des tirages argentiques, de la poussière et du temps, monte vers moi. Je plonge mes mains dedans avec précaution, comme si je touchais quelque chose de sacré.Les premières photos datent d'il
REINEJe croise mes poignets dans le creux de mes reins. La position cambre ma poitrine, me rend encore plus offerte, plus dépendante de son contrôle. Il pose une main sur ma tête, guide le rythme. Je suis à sa merci. L’humiliation est totale, enivrante. Des sons étouffés sortent de ma gorge.— C’e
REINELe message arrive comme un coup de fouet, vibrant contre l’écran de mon téléphone posé sur la coiffeuse. — Tu as cinq minutes. Après, je monte. Et tu sais très bien ce qui se passera si je dois venir te chercher. Les mots de Gabriel s’affichent en noir sur blanc, sans émoticône, sans adoucis
GABRIELLa journée s’étire, interminable. Le béton du chantier est gris, poussiéreux, mort. Mais sous mes gants, je sens encore la douceur de sa peau. Le bruit du marteau-piqueur est assourdissant, mais dans ma tête, c’est le son étouffé de ses gémissements qui résonne. Chaque coup de pelle, chaque
REINELe goût de lui reste sur ma langue , métal, café, pouvoir. Je grimpe les marches, une à une, chaque pas une bataille contre la faiblesse qui tremble dans mes genoux. L’air frais de l’escalier ne parvient pas à effacer la chaleur de sa peau sur la mienne, l’empreinte de ses doigts sur mes hanc







