MasukDimanche, vingt heures. L'appartement de la plaine Monceau baignait dans une atmosphère feutrée, bercée par la lueur tamisée des lampes d'architecte. Après la tension électrique du gala de vendredi, Julian et Camille avaient consacré leur week-end à verrouiller les dernières annexes juridiques du contrat Singapour. Mais le calme ne fut que de courte durée.Le téléphone professionnel de Julian, posé sur la table en acajou du bureau, émit une double vibration stridente.Julian fronça les sourcils en découvrant l'identifiant. C'était un appel crypté émanant de Marc, le responsable de la sécurité informatique et de l'audit interne de Sovereign, l'un des rares hommes de confiance qu'il avait placés à des postes clés.— Julian, murmura la voix tendue du responsable à l'autre bout du fil. Je t'appelle sur une ligne sécurisée. Il se passe quelque chose d'anormal à la tour Sovereign. Éléonore Vaneau est dans les locaux depuis deux heures avec les administrateurs Bresson et Duval.Julian se red
Lorsqu'ils déverrouillèrent la porte du salon de musique pour regagner la grande galerie de l'Hôtel de Pouthi, la réception touchait à sa fin. Le quintette à cordes égrenait ses dernières notes. L'atmosphère, autrefois feutrée et prévisible, demeurait imprégnée du parfum de scandale laissé par la joute verbale.En apparence, le couple affichait une maîtrise irréprochable. Camille s'avançait au bras de Julian avec cette élégance souveraine qui la caractérisait, le port de tête altier, son chignon réajusté avec soin. Aux yeux des invités du gala et de Saint-Aignan, elle incarnait toujours la conseillère stratégique brillante et inattaquable. Julian, à ses côtés, la tenait par la taille avec une assurance naturell mais témoignant clairement sa possessivité , ayant retrouvé sa posture d'acier.Pourtant, en traversant la salle, leur passage n'échappa pas à Adrien.Figé près du buffet avec un verre de scotch à la main, le banquier d'affaires fixa Camille. Il la connaissait trop bien, chaque
— Qu'est-ce qu'il cherchait exactement ? siffla-t-il en faisant un pas menaçant vers elle, la voix rauque. Te rappeler à quel point vous étiez proches ? Te prouver qu'il a encore un droit de regard sur ton esprit, sur ton passé ?Camille resta immobile au centre du tapis persan, dressée dans sa robe émeraude. Elle tenait son regard d'acier sans ciller, refusant de battre en retraite.— Tu as très bien vu ce qu'il cherchait, Julian, répliqua-t-elle, la voix posée mais vibrante. Il cherchait à te faire perdre ton calme devant Henri de Saint-Aignan. Il voulait donner le spectacle d'un PDG déstabilisé par le simple spectre d'un ex-mari. Et tu as failli lui offrir ce plaisir sur un plateau.— Il a parlé de vos nuits, Camille ! rugit Julian d'une voix basse, s'approchant jusqu'à réduire l'espace entre eux à un souffle. Il a osé étaler votre intimité passée devant le tout-Paris et te dire qu'il te regrettait à deux mètres de moi ! Tu crois vraiment que je vais rester impassible ? Tu crois qu
Dans le silence lourd qui tombait dans le salon, le calme de Camille tranchait brutalement avec la fureur contenue de Julian. Elle avait certes été déstabilisée un instant, mais elle se tourna vers Adrien avec une élégance glaciale, l'esquisse d'un sourire méprisant au coin des lèvres.— Ta mémoire te joue des tours, Adrien, déclara-t-elle d'une voix cristalline et parfaitement timbrée, qui porta sans peine auprès des invités les plus proches. Ou peut-être essayes-tu de réinventer l'histoire pour masquer tes faiblesses actuelles.Elle fit un pas de côté pour se placer exactement au niveau de Julian, marquant leur unité indissociable et l'aidant à prendre une bonne dose de courage.— La modélisation fiscale de ce dossier est une création originale de mon cabinet, déposée et enregistrée bien après notre rupture, poursuivit-elle en ancrant son regard dans celui d'Adrien. À l'époque où nous travaillions ensemble, la banque Voclain refusait catégoriquement d'investir dans la recherche juri
La conversation auprès d'Henri de Saint-Aignan battait son plein. Le patriarche du fonds souverain écoutait avec une attention captive les analyses de Camille sur le cadre réglementaire du volet singapourien, séduit par la clarté et la pertinence de ses propos. À ses côtés, Julian, une main posée avec une fermeté souveraine au bas du dos de sa compagne, ponctuait le discours de remarques précises. Éléonore, reléguée au rang de spectatrice passive, peinait à dissimuler son dépit.Soudain, un mouvement s'opéra à l'entrée du grand salon. Les bavardages feutrés s'interrompirent un instant, cédant la place à des murmures curieux.Adrien Voclain venait d'entrer.Vêtu d'un smoking sur mesure d'une coupe impeccable, l'allure patricienne et le sourire charmeur, le banquier d'affaires irradiait une aisance insolente. Il traversa la pièce sans un regard pour le reste de l'assistance, son regard bleu fixé de manière obsessionnelle sur une seule personne : Camille.Julian sentit la présence du riv
Vendredi, dix-neuf heures trente. Dans la clarté feutrée de leur grand dressing, Camille apportait la touche finale à sa tenue. La décision qu'elle avait prise la veille concernant la Fondation lui avait apporté une sérénité remarquable : libérée du moindre doute, elle abordait cette soirée de gala avec une assurance souveraine.Elle lissa d'un geste machinal la soie fluide de sa robe du soir d'un vert émeraude profond. La coupe, d'un chic sobre et sculptural, mettait en valeur le port altier de sa silhouette sans jamais céder à l'ostentation. Un chignon bas ajusté avec soin dégageait la finesse de son cou, où étincelait un collier de diamants offert par Julian . Elle n'incarnait pas seulement l'élégance de la place de Paris : elle projetait l'image inattaquable d'une conseillère de haut vol, confiante et maîtresse de son art.Julian apparut dans le miroir derrière elle, ajustant les boutons de manchette en onyx de sa chemise. Il portait un smoking sombre à col châle d'une facture irr







