Victor arriva à quatorze heures sans prévenir. L'interphone sonna deux fois, bref et sec. Elara décrocha depuis le salon. Quatre mots dans l'interphone, la voix grave et posée de Victor Kovals : « C'est moi. Ouvrez. » Elle ouvrit. Il entra. Manteau sombre, écharpe de cachemire gris, les mains dans les poches avec cette aisance de quelqu'un qui n'a jamais eu à se justifier d'entrer quelque part. Il regarda le salon en deux secondes, ce regard d'inventaire rapide qui ne cherchait pas à se cacher, les dossiers d'Elara sur la table basse, les deux tasses du matin encore là, les affaires qui avaient colonisé l'espace, cette vie à deux installée dans l'appartement de son fils depuis des semaines. Il ne dit rien. Ce silence était suffisant. « Monsieur Kovals, » dit Elara. Il la regarda. Ce regard froid et précis qu'elle connaissait depuis le manoir des Kovals, cette façon d'évaluer les gens comme on évalue des situations, rapidement et sans sentiment. « Mademoiselle Vane. » Il détacha
Dernière mise à jour : 2026-10-13 Read More