Thérèse Raquin est le personnage central du
roman éponyme de Zola, une femme dont la vie bascule dans une tragédie étouffante. Élevée par sa tante dans l'ombre d'un petit commerce parisien, elle épouse son cousin Camille, un homme fragile et maladif. Son existence monotone prend un tournant lorsqu'elle rencontre Laurent, un ami d'enfance de son mari. Leur passion clandestine les pousse à commettre l'irréparable : le meurtre de Camille. Ce crime, loin de les libérer, les entraîne dans une spirale de culpabilité et de folie. Zola peint Thérèse comme une victime de son environnement étouffant et de ses pulsions refoulées, un portrait cru de la
nature humaine sous le poids du déterminisme.
Ce qui m'a toujours frappé chez Thérèse, c'est sa dualité. D'un côté, elle semble résignée à son sort, presque insensible ; de l'autre, elle brûle d'une sensualité sauvage qui éclate au contact de Laurent. Zola utilise son corps comme un champ de bataille : pâle et languissant dans le quotidien, puis soudainement vibrant de désir. Sa chute est d'autant plus poignante qu'elle croit trouver dans l'adultère puis le crime une forme de liberté, pour finalement sombrer dans une terreur hallucinée. C'est un personnage qui reste longtemps avec vous, comme un spectre.