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CHAPITRE 56 – Le diplôme d’Élise

Autor: L'encre
last update Fecha de publicación: 2026-07-14 12:50:34

Gabriel sourit, passa un bras autour de ses épaules. Il n’avait pas changé. Ses mains étaient toujours calleuses, son blouson sentait toujours l’essence et la graisse, son sourire était toujours le même, ce sourire qui partait des yeux avant d’atteindre les lèvres.

— Tout ce temps, dit-il. Tout ce temps qu’on se connaît.

— C’est long ?

— C’est rien. Et c’est énorme. J’ai l’impression de t’avoir toujours connue. Comme si ma vie avait commencé le jour où je t’ai rencontrée.

— Moi aussi. Avant toi
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    Hélène se leva brusquement, fit quelques pas vers la fenêtre, le dos tourné à Rebecca. Ses mains tremblaient, et elle les serrait l’une contre l’autre pour les empêcher de s’agiter.— Étienne n’a jamais été le même après Vincent, dit-elle d’une voix sourde. Avant lui, c’était un homme joyeux, confiant, plein de rêves. Il riait, il chantait, il parlait de l’avenir comme d’un jardin qu’il allait cultiver. Et puis Vincent est arrivé, avec ses costumes et ses belles paroles. Et tout a changé.— Changé comment ?— Étienne est devenu méfiant, renfermé. Il ne riait plus. Il ne chantait plus. Il passait ses nuits à éplucher des comptes, à vérifier des factures, comme s’il sentait que quelque chose n’allait pas. Mais il ne pouvait rien prouver. Vincent était trop fort. Trop malin.— Vincent, répéta Rebecca. Vous l’avez connu ?Hélène se retourna lentement, le visage pâle, les yeux brillants de larmes contenues.— Oui, dit-elle. Je l’ai connu. C’était un homme charmant, séduisant, qui parlait c

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    Rebecca s’assit sur le canapé de velours marron, posa son sac à côté d’elle, et promena son regard sur le salon. Tout était propre, modeste, usé par les années mais entretenu avec amour. Les rideaux de dentelle, la table basse couverte de vieux magazines, le poste de télévision qui datait d’avant le millénaire. Et sur le buffet, la photo. La photo qui disait tout sans avoir besoin de mots.Hélène revint avec un plateau, deux tasses fumantes, une théière en faïence ébréchée. Elle s’assit en face de Rebecca, les mains croisées sur les genoux, le dos droit, le sourire aux lèvres. Mais ce sourire était tendu, un peu forcé, comme si elle savait que cette visite n’était pas tout à fait fortuite.— Comment va Gabriel ? demanda Rebecca.— Il travaille. Il travaille trop. Il ne dort plus, il ne mange presque rien, et il passe ses soirées dans cette vieille cabane, dans la forêt. Vous savez, celle où il allait quand il était enfant.— Je connais. J’y suis allée plusieurs fois.— Ah oui ?— Oui.

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    Armand baissa la tête, passa une main sur son visage. Il semblait soudain plus vieux, plus fragile, plus humain.— Vous me rappelez quelqu’un, dit-il. Une femme que j’ai connue, il y a longtemps. Elle posait les mêmes questions que vous. Elle voulait comprendre, elle aussi.— Qui était-ce ?— Catherine. Ma femme. Avant que je ne la brise.Le silence retomba dans le salon, plus lourd, plus profond. Rebecca se leva, s’approcha d’Armand, posa une main sur son bras.— Il n’est pas trop tard, dit-elle.— Pour quoi ?— Pour réparer. Pour comprendre. Pour pardonner.— Vous croyez ?— Je crois que votre fille vous aime encore. Malgré tout. Et qu’elle attend de vous un geste. Un seul geste. Le premier pas.Armand ne répondit pas. Il regardait la main de Rebecca sur son bras, et il ne la repoussait pas. Dehors, le soleil perçait les nuages, illuminant le parc d’une lumière pâle et dorée.— Merci, dit-il enfin. Je ne sais pas ce que vous cherchez, mademoiselle Delcourt. Mais merci.— Je ne cherc

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