LOGINEt si l’amour de votre vie était aussi l’enfant de votre pire ennemi ? Par une nuit de septembre, sur une route de campagne déserte, la voiture d’Élise Fortier tombe en panne. Sous la pluie battante, un jeune mécanicien s’arrête, répare la durite défectueuse, et repart sans même lui donner son nom de famille. Elle s’appelle Élise. Il s’appelle Gabriel. Cela aurait pu être une rencontre comme les autres. Cela aurait pu être le début d’une histoire d’amour ordinaire. Cela aurait pu. Mais Élise est la fille d’Armand Fortier, puissant industriel qui a bâti sa fortune sur les ruines d’une amitié brisée. Gabriel est le fils d’Étienne Moreau, l’homme qu’Armand a accusé de trahison, ruiné, humilié, il y a trente ans. Deux familles que tout oppose. Deux pères qui ne se sont pas adressé la parole depuis trois décennies. Un secret enfoui qui ne demande qu’à ressurgir. Lorsque les jeunes amoureux découvrent la vérité, le passé explose avec une violence inouïe. Interdictions, menaces, prison dorée : tout est mis en œuvre pour les séparer. Mais Élise et Gabriel refusent de céder. Aidés par Rebecca, une amie aussi brillante qu’obstinée, ils vont remonter le fil d’une machination diabolique orchestrée par un mystérieux Vincent Delorme, l’homme qui a détruit leurs deux familles avant de disparaître sans laisser de traces. Des salons feutrés du manoir Fortier à la cabane en forêt qui abrite leurs rendez-vous clandestins, des archives poussiéreuses du palais de justice aux villas de la Côte d’Azur, cette saga bouleversante nous entraîne dans une quête de vérité haletante. Trente ans de haine, de mensonges et de silences s’apprêtent à voler en éclats. Aimer Sans Nom n’est pas seulement une histoire d’amour impossible.
View MoreLes grilles du manoir étaient ouvertes, comme toujours. Élise ne se souvenait pas qu’on les ait jamais fermées. Pas de son vivant en tout cas. Elle était née dans cette maison, vingt ans plus tôt, par une nuit de tempête qui avait arraché trois tuiles du toit ouest – sa mère aimait raconter ce détail, comme si la nature elle-même avait salué son arrivée par un coup de tonnerre. Élise avait fini par croire qu’elle était de cette race-là : celle des orages annoncés, des bourrasques qu’on n’attend pas.
Ce soir, il n’y avait pas de tempête. Juste une chaleur molle de septembre, un crépuscule qui traînait sur les pelouses, et l’odeur sucrée des tilleuls qui bordaient l’allée. Elle coupa le moteur de sa petite voiture et resta quelques secondes les mains sur le volant, à regarder la façade. Le manoir était beau. Elle ne le voyait plus, à force, mais parfois, en rentrant, elle prenait le temps de le regarder comme une étrangère. Trois étages de pierre blonde, des fenêtres hautes, un lierre centenaire qui grimpait sur la tour ouest. Son père disait que la maison était dans la famille depuis quatre générations. Son arrière-arrière-grand-père l’avait fait bâtir avec l’argent du textile. Chaque pierre, chaque moulure, chaque cheminée racontait une histoire de fortune et de silence. Elle attrapa son sac sur le siège passager – un fourre-tout en toile pleine de livres d’histoire de l’art, de cahiers à spirale et d’un paquet de biscuits entamé – et descendit de voiture. L’air du soir avait cette douceur presque collante qui précède l’automne sans jamais le laisser entrer tout à fait. Elle fit claquer la portière. Le bruit résonna contre la façade et s’éteignit dans les massifs de buis. C’est à ce moment-là qu’elle le vit. Pas un mouvement. Pas une forme distincte. Juste une silhouette. Immobile. Debout près du pilier gauche du portail, à une trentaine de mètres derrière elle. Le temps d’un battement de cils. Elle tourna la tête, franchement, le corps en alerte. Il n’y avait plus rien. Le portail, le pilier de pierre, les grilles noires, la rue vide au-delà. Rien d’autre que la lumière jaune des réverbères qui s’allumaient un à un le long du trottoir. Élise plissa les yeux. Elle ne bougea pas. Elle attendit. Le vent fit bruisser les branches des tilleuls. Une feuille morte tomba en spirale sur le gravier. Le silence retomba. Son cœur battait un peu trop vite. Elle se força à respirer calmement. C’était la troisième fois en deux semaines. La première, c’était en rentrant de la bibliothèque. Elle avait cru apercevoir une ombre qui s’écartait du mur au moment où elle passait la grille. La deuxième, c’était en promenant le chien de sa mère – un vieux labrador presque aveugle qui n’avait rien senti, rien grondé, rien fait. Elle s’était dit que si le chien ne réagissait pas, c’est qu’il n’y avait rien. Ce soir, il n’y avait pas de chien. Et l’ombre était là. Enfin, elle avait été là. Peut-être. Elle resta une bonne minute les pieds dans le gravier, à fixer le portail. La rue était déserte. De l’autre côté, le parc du manoir d’en face – une propriété presque aussi grande que la leur, mais inhabitée depuis des années – dessinait une masse noire et silencieuse. Une voiture passa au loin, phares éteints, ou peut-être les avait-elle imaginés éteints.Rebecca ne répondit pas tout de suite. Elle observait Catherine, cette femme qu’elle avait toujours vue effacée, silencieuse, et qui se tenait devant elle avec une force nouvelle, une détermination qu’elle n’avait jamais montrée auparavant.— Comment savez-vous tout cela ? demanda-t-elle.— Ma fille me parle. Enfin, elle me parle depuis peu. Depuis que j’ai décidé d’ouvrir les yeux, de ne plus me taire, de ne plus être complice du silence de mon mari. Elle m’a tout raconté. Votre enquête, vos découvertes, la cabane vandalisée, les menaces anonymes.— Et vous n’avez rien dit à votre mari ?— Non. Pas encore. J’attendais le bon moment.— Le bon moment est venu, Catherine.Catherine baissa les yeux, serra les mains l’une contre l’autre.— Je sais. C’est pour ça que je voulais vous voir. Pour que vous me montriez, à moi aussi. Je veux voir les preuves. Je veux savoir exactement ce qui s’est passé. Je veux pouvoir regarder mon mari dans les yeux et lui dire : « Voilà. Voilà ce que tu as re
— Ça, c’est une autre histoire. Élise s’en occupe. Elle a trouvé la confession dans le coffre de son père. Elle va le confronter, lui aussi. Lui demander des comptes.— Et s’il ne veut pas répondre ?— Alors on le confrontera tous ensemble. Mais chaque chose en son temps.Hélène se leva, fit quelques pas dans la cuisine, s’arrêta devant la fenêtre qui donnait sur le jardin. Étienne était debout près du vieux mur de pierre, immobile, le visage tourné vers le ciel. Il ne bougeait pas. Il regardait les nuages qui couraient dans le vent, les feuilles mortes qui tourbillonnaient, et il pensait. Il pensait à tout ce qu’il venait d’apprendre, à tout ce qu’il avait perdu, à tout ce qui pouvait encore être sauvé.— Il va avoir besoin de Gabriel, dit Hélène.— Oui. Gabriel est son fils. Il a le droit de savoir ce qui se passe.— Vous pouvez le prévenir ?— Bien sûr. Je vais aller le voir tout de suite.— Dites-lui de venir. Pas ce soir, ce soir c’est trop tôt. Mais demain. Demain, j’aurai parlé
Hélène s’était ressaisie, mais ses mains tremblaient encore. Elle avait rangé les documents dans le sac en cuir, avait essuyé ses yeux du revers de la main, et elle se tenait debout dans la cuisine, le dos appuyé contre l’évier, le regard fixé sur la porte du jardin par laquelle Étienne était sorti quelques minutes plus tôt. Il avait eu besoin d’air, de silence, de solitude. Elle le comprenait. Elle l’avait laissé partir sans rien dire, sachant qu’il reviendrait quand il serait prêt.Rebecca était restée. Elle n’avait pas voulu partir tout de suite, sentant que sa présence était encore nécessaire, que tout n’était pas fini. Elle était assise à la table de la cuisine, les mains croisées devant elle, et elle observait Hélène avec cette attention bienveillante qui la caractérisait.— Il faut tout lui dire, dit Hélène. Tout ce que vous m’avez montré. Le reste des lettres, la photo, les témoignages. Il faut qu’il sache.— Oui, répondit Rebecca. Mais pas tout de suite. Pas comme ça.— Pourq
Étienne ferma les yeux, et le souvenir remonta. Vincent, assis dans la cuisine, un verre de vin à la main. Vincent, qui lui tapait sur l’épaule, qui le rassurait, qui lui disait que tout allait s’arranger, que le procès n’était qu’une formalité, que la justice reconnaîtrait son innocence. Vincent, qui jouait avec Gabriel, qui lui offrait des bonbons, qui riait aux éclats.— Mon Dieu, murmura Étienne. Mon Dieu.— Il jouait avec nous, dit Hélène, et sa voix s’étrangla. Il nous regardait souffrir, et il souriait.— Il venait te voir, toi. Après le procès. Tu ne me l’as jamais dit.— J’avais peur. Peur de ce que tu ferais. Peur de ce qu’il ferait.— Qu’est-ce qu’il t’a dit ?Hélène baissa la tête, les yeux pleins de larmes.— Il m’a dit : « Tu vois ce qui arrive quand on ne choisit pas le bon cheval ? » Et il est parti en riant.Étienne se leva brusquement, fit quelques pas dans le jardin, les poings serrés. Il tremblait de tout son corps, secoué par une rage qui venait de loin, de très l












Bienvenue dans Goodnovel monde de fiction. Si vous aimez ce roman, ou si vous êtes un idéaliste espérant explorer un monde parfait, et que vous souhaitez également devenir un auteur de roman original en ligne pour augmenter vos revenus, vous pouvez rejoindre notre famille pour lire ou créer différents types de livres, tels que le roman d'amour, la lecture épique, le roman de loup-garou, le roman fantastique, le roman historique et ainsi de suite. Si vous êtes un lecteur, vous pouvez choisir des romans de haute qualité ici. Si vous êtes un auteur, vous pouvez obtenir plus d'inspiration des autres pour créer des œuvres plus brillantes. De plus, vos œuvres sur notre plateforme attireront plus d'attention et gagneront plus d'adimiration des lecteurs.