FAZER LOGINDiane Il lève la tête, ses lèvres brillantes. Un sourire cruel et magnifique flotte sur son visage.— Qu’y a-t-il, Diane ? Tu veux quelque chose ?Je secoue la tête, incapable de former des mots, roulée par une vague de honte et de besoin si intense qu’elle en est douloureuse.Il ne cède pas. Sa main, qui avait maintenu ma hanche, se déplace, remonte le long de ma cuisse, écarte le satin froissé. Ses doigts effleurent le centre de ma chaleur, à travers la fine barrière de ma lingerie.Je crie, pour de vrai cette fois. Un son perçant et brisé.— Chut, murmure-t-il, tout en continuant ce caresser léger, insoutenable. Dis-le. Dis ce que tu veux.Les larmes coulent à nouveau sur mes tempes, de frustration, de désir inassouvi, de la terreur de ce qui est en train de m’arriver.— Je… Je ne peux pas…— Tu peux. Et tu vas le faire.Sa pression s’intensifie, change d’angle. Un doigt glisse sous l’élastique, trouve une peau plus sensible, plus humide. Ma vision se brouille. Je suis au bord du
Diane Le silence qui nous enveloppe n’est pas paisible. Il est chargé de l’écho de nos baisers, du souffle court de nos respirations qui peinent à retrouver un rythme normal. Allongée contre lui, je sens chaque parcelle de mon être vibrer d’une alerte nouvelle. La trêve est un leurre. C’est l’œil du cyclone.Ses doigts, qui dessinaient des cercles sur mon dos, s’immobilisent. Puis ils se font plus insistants, traçant maintenant le chemin de ma colonne vertébrale à travers le satin fin. Un frisson, incontrôlable, me parcourt.— Tu trembles, murmure-t-il, sa voix un ronronnement contre ma tempe. Est-ce de peur ? Ou d’autre chose ?Il ne me laisse pas le temps de répondre. Sa main se déplace, lente, délibérée, pour remonter la bretelle de ma robe qu’il avait fait glisser. Mais au lieu de la remettre en place, ses doigts s’attardent sur la courbe de mon épaule, puis descendent, effleurant le haut de mon sein.Je retiens mon souffle.— Je veux savoir, reprend-il, et sa voix a perdu sa dou
DianeL’hésitation me paralyse. C’est le saut dans le vide. L’acceptation de tout ce que cela signifie : la trahison de moi-même, l’entrée dans son jeu, la reconnaissance de cet attrait tordu.Mais le souvenir de sa caresse sur ma peau, de la fièvre qu’il allume, est plus fort.Je ferme les yeux une dernière fois, un adieu silencieux à la Diane d’avant.Puis je me hausse sur la pointe des pieds, et je presse mes lèvres contre les siennes.---Le monde explose en silence.Son baiser n’est pas doux. Il n’est pas consolant. Il est une conquête et une capitulation mutuelles. Ses lèvres sont fermes, exigeantes. Elles bougent contre les miennes avec une assurance qui me dépossède de tout reste de volonté. Un son étranglé s’échappe de ma gorge.Ses bras m’enveloppent, rompant le dernier rempart de distance. Il me serre contre lui, et je sens la force contenue dans son corps, la tension de ses muscles sous le tissu. Une main dans mon dos, l’autre qui s’enfonce dans mes cheveux, décoiffant l’é
DianeLa porte-fenêtre se referme derrière nous avec un clic sourd, scellant le monde extérieur. L’air conditionné de la maison, mort et parfumé, me frappe à nouveau. Après la franchise brutale de la nuit, il semble mensonger.Il traverse le salon sans un regard pour moi, se dirige vers la table où trône un carafon de cristal et deux verres. Il en remplit un, le liquide ambré luisant dans la pénombre. Il ne m’en offre pas.— Assieds-toi.Ce n’est pas une invitation. C’est un ordre léger, enrobé dans l’usure de la nuit. Je reste debout, près du canapé, mes bras toujours croisés sur ma poitrine, comme si je pouvais contenir le tumulte qu’il a déchaîné.Il s’assied dans un fauteuil profond, les jambes étendues, et lève son verre vers la faible lumière. Il observe le liquide, pensif.— Tu sais ce que Laroche m’a dit, pendant que tu dansais ? me demande-t-il sans me regarder.Je ne réponds pas. Mon silence est lourd, palpable.— Il m’a dit que tu étais un chef-d’œuvre. Une toile vivante. E
Diane— Je n’ai fait que ce que tu attendais de moi.— Non. Tu as fait plus. Tu as compris les règles. Tu as joué avec elles.Il avance d’un pas vers la maison. Je le suis, mes talons s’enfonçant dans le gravier avec un bruit de craquement qui semble démesurément fort. La grande porte s’ouvre devant nous, avalant l’obscurité du hall.Une fois à l’intérieur, l’atmosphère change encore. La maison n’est plus la prison silencieuse du matin. Elle est devenue le théâtre privé où la dernière scène de la nuit va se jouer. L’air est immobile, chargé des souvenirs de la journée et des promesses menaçantes du retour.Il laisse tomber ses clés sur un plateau d’argent. Le bruit métallique résonne.— Viens, dit-il simplement, sans se retourner.Il ne monte pas l’escalier. Il se dirige vers les grandes portes-fenêtres du salon qui donnent sur le parc. Il les ouvre. Un souffle d’air nocturne, chargé de l’odeur de la terre humide et des feuilles, envahit la pièce.— On ne monte pas ? La question m’éch
DianeElle ne touche presque pas à son assiette. Elle boit une gorgée du bourgogne sombre que j’ai choisi pour elle. Ses doigts tremblent imperceptiblement sur la tige du verre. Elle fixe la salle, et je sais qu’elle évalue chaque issue, chaque visage qui pourrait être un allié, chaque fenêtre, chaque porte. Et qu’elle constate, une à une, leur fermeture hermétique, scellée par l’image que nous projetons.C’est alors que Laroche se lève. Il a un peu trop bu, son visage est empourpré, ses yeux brillent d’une insistance malsaine. Il se dirige vers notre table, ignorant le regard d’avertissement de son voisin.— Dimitri ! Mon cher, quelle surprise ! On ne vous voit plus.Sa voix est trop forte, elle tranche le murmure de la salle. Toutes les têtes se tournent à nouveau.— Et cette… vision à vos côtés. Vous allez finir par nous la présenter, ou la garder jalousement pour vous seul ?Il rit, gras, et son regard déshabille Diane avec une impudence de parvenu. À une table voisine, la femme a







