MasukLe samedi matin, Léna ouvrit les rideaux de son appartement en laissant entrer les premiers rayons du soleil.Pour la première fois depuis des semaines, aucun réveil ne l’avait tirée du sommeil.Aucun rapport à terminer.Aucune réunion.Aucun dossier Orion.Elle poussa un profond soupir de satisfaction.Aujourd’hui…Elle comptait simplement profiter de sa journée.Son téléphone vibra.SophiaNe sois pas en retard. Ethan est déjà arrivé et il prétend qu’il va goûter tous les stands du festival.Un sourire étira les lèvres de Léna.J’arrive.Le festival gastronomique attirait déjà une foule impressionnante.Des artistes jouaient dans les rues.Des enfants couraient entre les stands.L’air embaumait le pain chaud, les pâtisseries et les épices.— Enfin !s’exclama Ethan.— Tu sais qu’on t’attend depuis quinze minutes ?— Quinze ?demanda Léna.— Trois, corrigea Sophie.— Merci de rétablir la vérité.Ils éclatèrent de rire.Pendant près de deux heures, ils oublièrent complètement le tr
Le vendredi matin, Léna arriva devant le siège d’Anderson Corporation avec un café fumant entre les mains.Pour la première fois depuis son embauche, elle ne regarda pas l’immense façade de verre avec appréhension.Elle poussa les portes automatiques.— Tu as cinq minutes de retard.Léna leva les yeux.Sophie l’attendait, les bras croisés, un chocolat chaud à la main.— Cinq minutes ?— Quatre minutes et cinquante-huit secondes.— Tu les as comptées ?— Évidemment.Léna éclata de rire.— Tu es impossible.— Et pourtant tu m’adores.— Ça reste à prouver.Les deux jeunes femmes se dirigèrent vers les ascenseurs en plaisantant.À peine les portes s’ouvrirent qu’une voix les interrompit.— Vous comptez monter sans votre collègue préféré ?Ethan arriva en trottinant, une viennoiserie à moitié entamée dans une main.Sophie leva les yeux au ciel.— Tu as encore acheté tout le rayon de la boulangerie ?— Faux.Il en restait.Les trois éclatèrent de rire avant d’entrer dans l’ascenseur.Pendan
Le lendemain matin, Léna repensa malgré elle à la veille.Au regard d’Adrian.À son téléphone qui avait vibré.À cette expression qu’il n’avait pas réussi à cacher.Elle secoua doucement la tête.Tu te fais des films…En entrant dans le hall d’Anderson Corporation, elle l’aperçut justement.Il discutait avec deux responsables du département juridique.Costume impeccable.Sourire maîtrisé.Calme, comme si rien ne s’était passé.Lorsqu’il croisa son regard, il lui adressa un léger signe de tête.— Bonjour, Léna.— Bonjour.Puis il reprit sa conversation.Elle esquissa un petit sourire.Finalement… elle avait sans doute exagéré Quelques minutes plus tard, elle entra dans la salle Atlas.Donovan était déjà installé devant son ordinateur, une tasse de café fumante à la main.À l’autre bout de la table, Clara Morel relisait plusieurs documents avec une concentration impressionnante.Madame Lewis arriva presque aussitôt.Elle posa un dossier épais au centre de la table.— Bien.Nous entrons
Le rire de Sophie résonna dans le hall d’Anderson Corporation.— Tu vas finir par être en retard !Léna accéléra le pas, un café à la main.— C’est de ta faute ! Tu as voulu t’arrêter à cette boulangerie.— Et tu ne regrettes pas ce croissant.Léna leva les yeux au ciel avant d’éclater de rire.Depuis quelques jours…Les matins n’étaient plus aussi lourds.Le siège de l’entreprise ne lui donnait plus cette impression d’entrer dans un champ de bataille.Les regards avaient changé.Les chuchotements s’étaient faits plus rares.Et, sans qu’elle ose vraiment y croire…Elle commençait à avoir sa place.À peine installée, Ethan passa entre les bureaux.— Réunion de l’équipe Orion dans quinze minutes.Mais rassurez-vous…Personne ne va mourir aujourd’hui.Quelques rires s’élevèrent.Même Madame Lewis, qui venait d’entrer, esquissa un sourire presque imperceptible.— Monsieur Harris.Si vous avez terminé votre spectacle…Nous pouvons commencer.Le silence retomba aussitôt.Dans la salle Atlas
Le lundi suivant L’Anderson Corporation semblait plus agitée qu’à l’accoutumée. Des employés en costume traversaient les couloirs à toute vitesse. Des équipes techniques installaient des écrans supplémentaires dans le hall. Même la sécurité avait été renforcée. Léna fronça les sourcils. — Qu’est-ce qui se passe ? Ethan leva les yeux de son ordinateur. — Tu ne regardes jamais les mails de la direction ? — Je les lis… Enfin… presque tous. Il éclata de rire. — Aujourd’hui, le conseil d’administration reçoit des investisseurs étrangers. Le siège est en état d’alerte. — À ce point ? — Si un seul détail tourne mal, certains contrats peuvent tomber à l’eau. Léna observa l’effervescence autour d’elle. Pour la première fois, elle comprenait que derrière les chiffres qu’elle analysait se trouvaient de vraies décisions. À dix heures, Madame Lewis entra dans le département. — Mademoiselle Carter. Vous m’accompagnez. Léna se leva immédiatement. — Moi ? — Vous avez travail
Le vendredi matin.Léna n’avait presque pas dormi.La présentation du Projet Orion tournait encore dans sa tête.Chaque question d’Aleksander.Chaque silence.Chaque regard posé sur les graphiques.Et surtout…Ce simple :« Très bien. »Étrangement…C’était la phrase qui l’avait le plus marquée. À neuf heures.Madame Lewis sortit de son bureau.— Mademoiselle Carter.Mon bureau.Immédiatement.Plusieurs têtes se relevèrent.Léna sentit son estomac se nouer.Elle suivit sa supérieure.Une fois la porte refermée, Madame Lewis lui tendit une chemise cartonnée.— À partir de lundi, vous rejoindrez l’équipe Orion à temps partiel.Léna resta figée.— Pardon ?— Vous avez démontré que vous étiez capable de produire des analyses fiables sous pression.Elle ouvrit la chemise.Son nom figurait en première page.En dessous…Accès temporaire — Niveau confidentiel.— Vous serez amenée à travailler directement avec plusieurs directions du groupe.Votre travail sera soumis à des exigences supérieur







