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last update Tanggal publikasi: 2026-08-08 23:33:04

# Chapitre 2

La voix du directeur de l’hôpital tomba dans le silence avec la douceur trompeuse d’une gifle.

— C’est elle… Tina. C’était elle qui était de garde hier soir.

Adam, l’assistant de Jacob, posa immédiatement les yeux sur le badge accroché à la poitrine de la jeune femme.

Son regard s’y attarda une seconde.

Puis il releva les yeux vers elle.

— Venez avec moi.

Tina cligna des yeux, déstabilisée.

— Pourquoi ?

Le directeur lui coupa la parole. Sa main se referma légèrement autour de son bras.

— Allez-y. Ne faites pas attendre monsieur Jacob.

Le ton ne laissait aucune place à la discussion.

Tina ravala sa question.

Elle suivit les deux hommes.

Le couloir menant au bureau du directeur semblait devenir plus froid à chaque pas. Le bruit de leurs chaussures résonnait contre les murs silencieux, tandis qu’une étrange tension s’installait dans l’air.

Lorsque la porte s’ouvrit, Tina entra.

Elle s’arrêta net.

Un homme était allongé sur un large canapé.

Même immobile, il imposait sa présence.

Grand.

Large d’épaules.

D’une élégance presque inquiétante.

Son teint pâle faisait ressortir le contraste de ses lèvres, tandis qu’une odeur d’antiseptique flottait dans la pièce, mêlée à une légère trace de sang.

Comme si les murs eux-mêmes tentaient de dissimuler une blessure.

Jacob portait un costume entièrement noir.

Le tissu sombre soulignait sa silhouette et donnait à son visage une dureté presque irréelle.

Il n’eut besoin que d’un regard pour faire parcourir un frisson à Tina.

Adam s’approcha du canapé d’un pas mesuré.

Il se pencha vers Jacob et murmura :

— Nous avons vérifié. Toutes les caméras étaient hors service. Ils ont voulu effacer toute trace de leur passage. Et voici Tina, la médecin qui était dans la clinique cette nuit-là. Les registres de l’hôpital le confirment.

Jacob releva lentement la tête.

Son regard traversa la pièce.

Puis s’arrêta sur Tina.

Ses yeux étaient froids, perçants, semblables à un éclair dans l’obscurité.

Tina sentit son souffle se couper.

*Le président du groupe Al-Nour…*

Elle connaissait cet homme.

Tout le monde connaissait son nom.

Jacob Jibril.

Un homme dont l’influence dépassait largement les frontières de son groupe.

Il la fixa encore quelques secondes avant de demander d’une voix profonde, légèrement rauque :

— C’est vous qui m’avez aidé hier soir ?

Tina baissa aussitôt les yeux.

— Oui…

Un seul mot.

À peine audible.

Mais derrière cette réponse hésitante, une pensée venait déjà de s’imposer à elle.

S’il avait réellement cru qu’elle l’avait aidé, cette rencontre pouvait changer sa vie.

Aujourd’hui même, l’hôpital devait sélectionner les médecins qui bénéficieraient d’une formation au centre hospitalier de la deuxième région militaire.

Officiellement, il ne s’agissait que d’une formation.

Mais tout le monde savait ce qu’elle représentait réellement.

Une porte vers un poste permanent.

Des contacts puissants.

Et des opportunités capables de transformer une carrière.

Tina releva légèrement les yeux.

Jacob, lui, s’enfonça contre le dossier du canapé.

Ses épaules se détendirent à peine.

Sa voix resta froide, mais quelque chose de plus subtil vibrait sous ses paroles.

— Je peux vous donner tout ce que vous désirez…

Il marqua une courte pause.

Puis son regard se fixa de nouveau sur elle.

— Même le mariage, si c’est ce que vous voulez.

Les mots tremblèrent sur ses lèvres, comme si la foudre venait de la frapper.

— Quoi… moi… ?

Elle n’arriva pas à aller plus loin.

Les événements se bousculaient dans son esprit, rapides et confus, comme un torrent impossible à arrêter.

Jacob se leva.

Sa haute silhouette projeta une longue ombre sur elle.

— Venez me voir lorsque vous aurez pris votre décision.

Il fit ensuite un léger signe à Adam.

— Donnez-lui un moyen de me contacter.

Adam sortit immédiatement son téléphone pour noter les coordonnées.

Le directeur de l’hôpital s’empressa de les rejoindre, visiblement désireux de les accompagner jusqu’à la sortie.

Mais Jacob leva simplement la main.

— Ce n’est pas nécessaire.

Il marqua une pause, puis ajouta d’un ton calme :

— Prenez simplement bien soin d’elle chaque fois qu’elle sera ici.

Le directeur afficha un sourire empressé.

— Ne vous inquiétez pas. Je m’en occuperai personnellement.

Jacob ne répondit pas.

Il quitta la pièce avec Adam.

Lorsqu’ils atteignirent le couloir et que la porte se referma derrière eux, Adam resta silencieux quelques secondes avant de murmurer avec prudence :

— Monsieur… vous êtes marié.

Jacob continua d’avancer.

Il ne ralentit pas.

Mais ses sourcils se froncèrent légèrement.

Une ombre passa sur son visage.

Lorsqu’il répondit, sa voix était basse, sombre, presque caverneuse.

— C’est elle qui l’a demandé.

La phrase resta suspendue dans l’esprit d’Adam.

*Elle ?*

Il n’osa pas poser la question.

Parlait-il de la femme à qui son mariage avait été imposé…

Ou de cette Tina qui, en une seule nuit, avait allumé un feu dont son maître ne semblait plus vouloir détourner le regard ?

---

La nuit avait de nouveau étendu son voile sombre sur les murs du manoir Jibril.

Liyane franchit le portail avec des pas lourds.

Elle venait à peine de devenir une épouse.

Et pourtant, elle avait déjà l’impression de revenir d’un exil.

Une nuit avait suffi pour épuiser ses forces et bouleverser tout ce qu’elle croyait connaître.

À peine entra-t-elle dans le hall que madame Camélia vint à sa rencontre.

Un sourire chaleureux éclairait son visage, mais une pointe de curiosité brillait dans ses yeux.

Liyane était toujours une jeune mariée.

Et pourtant, elle avait passé la nuit ailleurs.

Camélia inclina légèrement la tête.

— Madame Jibril… Vous étiez absente du manoir hier soir ?

Liyane sentit la fatigue peser jusque dans ses épaules.

Elle répondit d’une voix faible :

— Je devais remplacer quelqu’un pendant sa garde.

Camélia la regarda attentivement.

Un seul coup d’œil lui suffit pour comprendre que ce n’était ni le moment ni l’endroit pour poser davantage de questions.

Elle se contenta donc d’un léger hochement de tête.

— Je comprends.

Liyane ne répondit pas.

Elle monta les escaliers.

Chaque marche semblait lui demander un effort supplémentaire.

Derrière elle, le silence du manoir se referma lentement.

Mais quelque part, dans cette immense demeure, un secret venait déjà de prendre racine.

Et Liyane ignorait encore à quel point il allait bouleverser sa nouvelle vie.

……

Dans la baignoire, derrière un voile de vapeur, Liyane laissa l’eau chaude couler sur ses épaules.

Comme si elle pouvait ainsi effacer la nuit.

Mais les souvenirs refusèrent de disparaître.

Ils revenaient, précis, brûlants, impossibles à repousser.

Liyane ferma les yeux et enfouit son visage entre ses mains.

La chaleur lui monta aux joues.

La honte brûlait encore sous sa peau.

Les images de la veille s’imposaient à son esprit avec une netteté cruelle, comme une histoire qu’elle aurait voulu arracher de sa mémoire.

Mais le pire n’était pas le souvenir.

C’était cette vérité qu’elle ne pouvait plus fuir.

Elle était mariée.

Et ce qui s’était passé cette nuit-là ressemblait à une trahison.

Elle portait le nom d’un autre.

Celui de son mari.

Jacob Jibril.

---

Liyane s’habilla rapidement, comme si chaque vêtement pouvait devenir une armure contre les remords.

Elle descendit l’escalier et s’apprêtait à quitter le manoir lorsqu’elle aperçut Camélia dans le hall.

La femme lui adressa aussitôt un regard inquiet, presque maternel.

— Tu repars encore ? Tu ne veux pas prendre ton petit-déjeuner avant ?

Liyane jeta un coup d’œil à l’horloge.

Son visage trahit son empressement.

— Je vais être en retard à l’hôpital.

Camélia savait que son travail de médecin l’obligeait souvent à partir à l’aube.

Elle ne discuta pas.

Elle se précipita simplement vers la cuisine.

Quelques instants plus tard, elle revint avec un verre de lait encore chaud.

Elle le tendit à Liyane.

— Bois au moins ça avant de partir.

Liyane s’arrêta.

Elle regarda le visage rond de Camélia, cette expression douce qui semblait ne rien exiger d’elle.

Un sourire pâle apparut sur ses lèvres.

— Merci.

Camélia lui répondit avec un large sourire.

— Avec plaisir.

Liyane avala rapidement le lait, puis lui rendit le verre.

— À ce soir.

Elle franchit la porte.

Derrière elle, Camélia resta immobile quelques secondes, les yeux posés sur la jeune femme qui s’éloignait.

Son regard ressemblait à une prière silencieuse.

---

Liyane ne se rendit pas directement à sa clinique.

Ses pas la conduisirent d’abord vers l’unité de soins intensifs.

Sa mère y séjournait.

Dès qu’elle entra, l’odeur des désinfectants lui prit la gorge.

Les bips réguliers des machines emplissaient la chambre.

Puis elle la vit.

Sa mère était allongée sur le lit, immobile, fragile, presque trop légère pour ce monde.

Son cœur malade épuisait peu à peu son corps amaigri.

Il n’existait plus qu’une seule solution.

Une transplantation cardiaque.

Et une opération de cette ampleur exigeait une fortune qu’une famille ordinaire ne pouvait pas réunir.

Les yeux de Liyane se remplirent de larmes.

Elle revit son père.

Sa voix froide.

Son ultimatum.

— Je ne paierai pas un seul centime pour son traitement.

C’était ainsi qu’elle avait été poussée vers ce mariage.

Elle n’avait pas choisi Jacob.

Elle avait choisi de garder sa mère en vie.

Et maintenant, même après avoir payé le prix qu’on lui avait imposé, il ne restait plus qu’à attendre.

Attendre un donneur.

Attendre un cœur.

Attendre une chance.

Liyane s’approcha du lit.

Elle prit doucement la main de sa mère entre les siennes.

Sa voix se brisa lorsqu’elle murmura :

— Je vais te sauver, maman… Je te le promets. Tu vas guérir.

La femme endormie devant elle n’était pas seulement sa mère.

Elle était son refuge.

Sa meilleure amie.

La seule personne à qui Liyane avait toujours pu confier ses secrets.

Un bip de téléphone retentit soudain dans la poche de sa blouse.

Liyane sursauta.

Elle essuya rapidement ses yeux avant de décrocher.

Une voix inquiète jaillit du téléphone, pressée par l’urgence :

— Liyane ? Est-ce que tu peux m’aider, s’il te plaît ?

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