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# Chapitre 1
Liyane avait épousé un homme qui n’avait même pas daigné mettre les pieds dans la salle de mariage. Elle avait la sensation d’avoir scellé un pacte avec un fantôme, un homme qui refusait de se montrer à la lumière. Dans la suite nuptiale, le lit couvert de pétales de roses rouges disposés en forme de cœur ressemblait à une insulte silencieuse. Tout était luxueux : les draps immaculés, les lumières tamisées, les meubles élégants. Tout, sauf l’essentiel. Le marié. Une amertume lourde lui serra la poitrine. Pourtant, Liyane ne bougea pas. Elle connaissait déjà cette sensation. Celle d’être prisonnière sans chaînes, réduite au silence sans que personne n’ait besoin de lui ordonner de se taire. Même son mariage ne lui appartenait pas. Son père, avide d’argent, l’avait livrée à la famille Jibril pour sauver son entreprise de la faillite. Il s’était appuyé sur une vieille dette entre les deux familles, transformant sa propre fille en monnaie d’échange. Pour lui, c’était la dernière chance. Pour eux, une dette qui ne pouvait être refusée. Quant à Jacob, il avait refusé à sa manière. Il n’était pas venu au mariage. À la place, il avait envoyé un message qui ne laissait aucune place au doute : Elle ne devait jamais se présenter comme son épouse en dehors du cercle familial. Ainsi, Liyane se retrouvait seule le soir de son mariage. Une mariée sans mari. Une épouse sans reconnaissance. Personne ne lui avait demandé ce qu’elle en pensait. Comme si son avis n’avait jamais compté. Comme si sa présence n’était qu’un détail superflu dans une histoire dont la fin avait été décidée depuis longtemps. Un sourire amer effleura ses lèvres. Derrière cette expression calme, quelque chose résistait encore. Une révolte silencieuse. Elle se demandait comment elle allait supporter cette nuit lorsqu’une notification apparut sur son téléphone. L’hôpital. On lui demandait de couvrir une garde. Liyane fixa l’écran quelques secondes. Puis elle eut un petit rire sans joie. Au moins, l’hôpital avait besoin d’elle. Elle retira calmement sa robe de mariée. Quelques minutes plus tard, le blanc de la robe avait disparu sous celui de sa blouse. Elle était redevenue médecin. Et cette nuit-là, le laboratoire n’avait rien d’ordinaire. Le silence des couloirs fut brutalement déchiré par une explosion. BOUM ! Le bruit résonna contre les murs, violent, sec, comme si le bâtiment venait de se fendre sous leurs pieds. Liyane sursauta. À peine eut-elle le temps de relever la tête que la porte de la clinique s’ouvrit avec fracas. Puis les lumières s’éteignirent. D’un seul coup. Le laboratoire plongea dans une obscurité totale. Liyane sentit sa peau se couvrir de frissons. Un froid glacial lui remonta le long du dos. Elle retint son souffle. Son cœur battait si fort qu’elle avait l’impression qu’il allait trahir sa présence. Ses lèvres tremblèrent. — Qui… ? Elle n’eut pas le temps de terminer. Une ombre surgit de l’obscurité. Un corps lourd se jeta sur elle. Liyane fut plaquée contre son bureau avec une telle force que les instruments et les dossiers tombèrent au sol dans un fracas métallique. Elle voulut se débattre. Quelque chose de froid effleura alors sa gorge. Une lame. Tranchante. Immobile contre sa peau. Son souffle se bloqua. Dans la faible lumière qui filtrait par la fenêtre, elle aperçut enfin son visage. Un homme. Du sang couvrait une partie de ses traits. Ses yeux brillaient d’une lueur dangereuse, dure, presque sauvage. Il respirait avec difficulté. Une barbe légère soulignait sa mâchoire et accentuait encore la menace qui émanait de lui. La lame se pressa légèrement contre son cou. — Tais-toi… Sa voix était basse, rauque. Une menace à peine contenue. L’odeur du sang envahit les narines de Liyane. Forte. Métallique. Terriblement proche. Il était blessé. Gravement, peut-être. Mais malgré la peur qui lui paralysait les membres, Liyane resta immobile. Elle était médecin. Et un médecin savait une chose essentielle : la panique était souvent la première porte ouverte à la mort. Elle inspira lentement. Ses yeux restèrent fixés sur l’homme. Elle écouta sa respiration irrégulière. Le rythme de son souffle. La tension de son corps. Chaque détail pouvait lui sauver la vie. Alors elle étouffa sa peur au fond d’elle-même. Et attendit. Parce que, pour la première fois depuis le début de cette nuit absurde, Liyane comprit une chose. L’homme qui tenait une lame contre sa gorge n’était pas seulement dangereux. Il était lui aussi en train de fuir quelque chose. Liyane bougea lentement la jambe, dans une ultime tentative désespérée. Un appel silencieux lancé par son corps au sien. Peut-être qu’un coup bien placé suffirait à la libérer. Mais l’homme comprit immédiatement son intention. Ses cuisses se refermèrent autour de sa jambe comme un étau d’acier, la maintenant prisonnière. Dehors, des voix brouillées traversaient l’obscurité. — Je l’ai vu courir par ici ! Des pas résonnèrent dans le couloir. Rapides. Lourds. De plus en plus proches. Le rythme régulier de leurs foulées ressemblait à un roulement de tambours avant la bataille. L’homme se pencha soudain. Ses lèvres se posèrent sur celles de Liyane dans un baiser profond et brutal. Elle se raidit, surprise, comme frappée par une décharge. Instinctivement, elle posa les mains contre sa poitrine pour le repousser. Puis elle comprit. Il ne cherchait pas à l’embrasser. Il voulait la faire taire. S’il restait silencieux, ses poursuivants pourraient le découvrir. Le déclic de la poignée retentit. Un petit bruit sec qui déchira le silence. Le cœur de Liyane s’emballa. Elle inspira profondément. Puis, au lieu de lutter, elle passa ses bras autour du cou de l’homme. Elle releva le visage et l’embrassa à son tour. Cette fois, c’était son choix. Une comédie improvisée. Un dernier rempart entre eux et ceux qui se trouvaient derrière la porte. Elle murmura d’une voix tremblante, mais suffisamment assurée pour être entendue : — N’ayez pas peur… Je peux vous aider. L’homme déglutit. Son regard changea. Une lueur étrange traversa ses yeux, si rapide que Liyane ne parvint pas à la comprendre. Il se pencha davantage. Son souffle chaud effleura son oreille. Sa voix grave et séduisante vibra contre sa peau, chargée d’une promesse qu’elle ne sut pas interpréter. — Je prendrai soin de vous… je vous le promets. Liyane resta figée. Les mots résonnèrent dans son esprit comme une énigme. *Mon Dieu… Il a mal compris.* *Je faisais seulement semblant.* La poignée bougea de nouveau. La porte s’entrouvrit. Un mince filet de lumière froide s’infiltra dans la pièce. Liyane réagit aussitôt. Elle improvisa. Un faible gémissement lui échappa, volontairement étouffé, assez convaincant pour laisser croire que la pièce abritait deux amants plutôt qu’un homme traqué et une femme prise au piège. Le son se répandit dans le couloir. Un silence gêné suivit. Puis les murmures commencèrent. — Quelle audace… Ils s’amusent dans un hôpital ? Une autre voix répondit, incrédule : — Impossible que l’homme avec elle soit Jacob Jibril. Ses blessures ne lui permettent même pas de marcher. Un rire étouffé se mêla à une respiration nerveuse. — Peu importe qui c’est… À entendre ce qui se passe là-dedans, on peut difficilement se tromper. Mais une voix plus autoritaire coupa court aux murmures. — En mouvement ! Cherchez-le avant de perdre sa trace ! Les pas repartirent. Un après l’autre. Puis ils s’éloignèrent jusqu’à disparaître au fond du couloir. Dans la pièce, le silence retomba. Un silence épais. Liyane entendait seulement les battements affolés de son propre cœur. L’homme, lui, comprit qu’ils étaient partis. Pourtant, il ne bougea pas immédiatement. Quelque chose avait changé dans son regard. Une lueur brûlante y était apparue. Une étincelle née du danger. Et de cette proximité inattendue qu’aucun des deux n’avait prévue. Quant à Liyane, un sentiment contradictoire l’envahit. La peur se mêlait à quelque chose de nouveau. Une révolte. Pour la première fois peut-être, elle avait eu l’impression de tenir les rênes de sa propre vie. Même au milieu du chaos, elle avait choisi. Elle avait agi selon sa volonté. Elle leva les yeux vers l’homme. Son regard fatigué portait encore la tension de sa fuite. Sur la joue de Liyane, une légère trace de ses lèvres demeurait, souvenir fugace d’un geste qu’elle n’arrivait pas encore à comprendre. Sa voix grave s’éleva dans le silence, rauque mais étrangement reconnaissante. — Je te retrouverai… un jour. Puis il recula avec agilité et disparut aussi rapidement qu’il était apparu. Il ne laissa derrière lui qu’un silence chargé de tension, une pièce encore imprégnée de ce qui venait de se produire et une multitude de questions auxquelles Liyane ne trouvait aucune réponse. Elle resta allongée contre le bureau. Son cœur frappait contre sa poitrine. Son corps gardait la trace de la lutte. Pourtant, quelque chose brillait dans ses yeux. Une lueur qu’elle n’avait jamais connue auparavant. Comme si, dans cette nuit insensée, une histoire nouvelle venait de commencer. Une histoire qui n’avait absolument rien à voir avec la vie qu’elle avait toujours connue. Soudain, le téléphone posé au bord du bureau se mit à vibrer. Il trembla dangereusement sur le bois avant de sonner avec insistance, comme une alarme cherchant à l’arracher à ses pensées. Liyane tendit une main encore tremblante et décrocha. Une voix essoufflée lui parvint immédiatement : — Docteure Tina ? Un terrible accident vient de se produire. Nous avons un blessé dans un état critique… Venez immédiatement, je vous en prie ! Liyane ferma les yeux quelques secondes et reprit lentement son souffle. Puis elle répondit d’une voix étonnamment calme : — Tina n’est pas là. Je la remplace cette nuit. J’arrive tout de suite. Elle raccrocha lentement. Le silence qui suivit retomba sur la pièce comme un lourd rideau de velours après la fin d’un spectacle. Liyane resta immobile quelques secondes. Puis son regard glissa vers ses vêtements en désordre. Une douleur sourde parcourait encore sa cuisse. Ce simple constat suffit. Tout cela avait réellement eu lieu. Ce n’était pas un cauchemar. La nuit de son mariage venait de s’achever d’une manière qu’elle n’aurait jamais pu imaginer… Avec un homme dont elle ignorait jusqu’au visage véritable, le destin et même le nom. Son cœur s’accéléra. La honte lui serra la poitrine. Mais une autre voix, plus forte, coupa court à ses pensées. *Ce n’est pas le moment de s’effondrer.* Liyane rassembla rapidement ses vêtements. Ses doigts tremblaient encore lorsqu’elle les remit en ordre. Quelques instants plus tard, elle quitta la pièce et se dirigea vers les urgences. Elle abandonna derrière elle le désordre, l’odeur persistante de la nuit et ces souvenirs auxquels elle ne savait encore donner aucun nom. Elle passa toute la nuit dans les couloirs de l’hôpital. Face aux patients, son visage resta impassible. Professionnel. Concentré. Mais derrière cette façade, son esprit ressemblait à une mer déchaînée. Chaque fois qu’elle cessait de bouger, les images de la nuit revenaient. L’homme. La lame. Son regard. Sa voix. *Je te retrouverai… un jour.* Lorsque l’aube arriva enfin, une lumière pâle s’infiltra à travers les fenêtres de l’hôpital. Liyane retourna dans sa clinique. À peine la porte franchie, elle s’arrêta. La pièce semblait encore porter les cicatrices de la nuit. Des dossiers jonchaient le sol. Quelques instruments étaient tombés près du bureau. Les meubles eux-mêmes semblaient témoigner en silence de ce qui s’était passé. Liyane serra les poings. Ses doigts tremblèrent. Une image surgit brusquement dans son esprit. Elle inspira profondément et détourna les yeux. À cet instant, la porte s’ouvrit. Tina entra. Son visage exprimait une sincère reconnaissance. — Merci, docteure Liyane, d’avoir pris ma garde cette nuit. Liyane lui adressa un faible sourire. — Je vous en prie… De toute façon, mon service est terminé. J’ai besoin de me reposer maintenant. Tina allait répondre lorsqu’elle remarqua le désordre. Ses sourcils se froncèrent. — Qu’est-ce qui s’est passé ici ? Liyane se retourna aussitôt. Une brève lueur de panique traversa ses yeux avant qu’elle ne la dissimule. — Oh… J’ai fait tomber quelques affaires par accident. Rien de grave. Maintenant que vous êtes revenue, je vais partir. Tina la fixa quelques secondes. Son regard cherchait quelque chose derrière cette réponse trop rapide. Mais elle finit par hausser les épaules. — D’accord. Elle entra dans la pièce et commença à remettre les affaires en ordre. Liyane poussa discrètement un soupir de soulagement. Elle croyait pouvoir enfin partir. Mais le calme du matin ne dura pas. La porte s’ouvrit de nouveau. Cette fois, le directeur de l’hôpital apparut sur le seuil. Son visage était fermé. À ses côtés se tenait l’assistant de Jacob Jibril. Liyane se figea. Son cœur rata un battement.# Chapitre 25Lian explosa d’une voix tremblante, étouffée par la colère et hachée par son souffle court :— Pourquoi fais-tu semblant de ne pas comprendre ? Tu n’as donc pas assez de courage pour reconnaître ce que tu as fait ? Ou bien es-tu furieux parce que je viens de rejeter ton ami pour la deuxième fois ?!Jacob gronda comme une bête blessée et la repoussa si violemment qu’elle aurait chuté si Madame Camélia ne s’était pas précipitée pour la retenir avant qu’elle ne heurte le sol.La voix de Jacob éclata, chargée d’une colère incontrôlable :— Je n’ai rien fait ! Tant que tu es ma femme, je ne laisserai aucun autre homme te toucher… Qui était-ce ?!Lian le fixa longuement, les yeux encore voilés par le trouble.Un doute commença à s’insinuer en elle. Avec tout ce qu’elle savait du caractère de Jacob et de son orgueil, il était bien le dernier homme à avoir intérêt à nier s’il était réellement coupable. Ce qu’elle ignorait, c’était qu’une telle bassesse ne correspondait tout simp
# Chapitre 24Au début, Lian ne comprit pas ce que Jacob cherchait à insinuer. Ses paroles oscillaient entre l’ironie et l’accusation, et elle ne savait pas de quel côté les prendre.Puis leurs regards se croisèrent, deux secondes à peine. Elle comprit.Elle ravala sa réponse et se contenta de garder le silence, un silence lourd d’amertume. Encore une fois, il l’humiliait. Avec cette froideur qui, chez lui, n’avait rien de moins cruel que la franchise.Elle baissa les yeux, saisit sa fourchette et se mit à manger à toute vitesse, délibérément, comme si elle cherchait à devancer son propre souffle. Elle voulait finir son repas avant qu’il ne prononce d’autres paroles empoisonnées.Jacob l’observa, les sourcils légèrement froncés, incapable de dissimuler son agacement.— Pourquoi cette précipitation ? Personne ne va te voler ton assiette.Il la regarda un instant, intrigué malgré lui.Cette façon qu’elle avait de manger sans grâce, presque avec une spontanéité désordonnée, lui paraissai
## Chapitre 23Au fil des années, Lian n’avait jamais réussi à mettre de l’argent de côté. La plus grande partie de ses revenus disparaissait dans les traitements de sa mère.Et même lorsque le destin l’avait éloignée de la médecine, elle n’avait jamais laissé le désespoir gagner du terrain. Elle avait accepté d’autres emplois, travaillé sans relâche, simplement pour survivre.Pourtant, au fond d’elle, son ancien rêve n’était jamais mort.Devenir médecin militaire.Il dormait quelque part en elle, en attente d’un jour où elle pourrait enfin le réveiller.Elle croyait encore qu’un jour, elle retrouverait cet univers blanc qui lui manquait tant, cette blouse qu’elle avait aimée comme un oiseau aime ses ailes.Lorsqu’elle quitta l’hôpital, ses pensées pesaient lourd sur ses épaules. Elle prit un taxi jusqu’au manoir.À peine eut-elle franchi la porte que Camélia accourut vers elle.— Madame Gabriel, vous ne vous sentez pas bien ? Vous êtes si pâle…Lian lui adressa un faible sourire.— J
## Chapitre 22Jacob desserra brusquement sa cravate. Le geste, sec et nerveux, arracha un soupir froid à sa poitrine. Son visage s’était fermé tandis que cette nuit-là revenait, encore et encore, dans son esprit.La femme qui avait partagé ce moment avec lui semblait alors découvrir l’inconnu avec une maladresse presque enfantine. Elle ne savait pas quoi faire, avançait à tâtons, sans assurance, comme si chaque geste était nouveau.Tina, elle, avait déjà eu un homme dans sa vie.Il les avait vus de ses propres yeux. Leur façon de se toucher, leur aisance l’un avec l’autre… Rien, dans cette scène, ne ressemblait à une première fois.Adam baissa les yeux vers son carnet.— Les caméras étaient hors service cette nuit-là. Nous n’avons donc aucune preuve formelle. Il est possible que nous nous soyons trompés sur son identité. Vous auriez dû lui donner un objet, un signe distinctif… quelque chose qui aurait permis de la retrouver.Il referma son carnet.— Je vais retourner à l’hôpital et v
### Chapitre 21Adam croisa Jacob alors qu’il s’apprêtait à quitter le bureau. Il s’arrêta brièvement.— Bonsoir, monsieur Gabriel.Jacob releva les yeux. Son regard, tranchant comme une lame, suffit à faire disparaître le sourire d’Adam.— As-tu découvert quelque chose de nouveau ?Adam soupira intérieurement.*Je ne suis pas Superman, moi…*Depuis le matin, Jacob lui avait confié assez de tâches pour remplir trois journées de travail. Pourtant, il se contenta de répondre avec prudence :— Non, monsieur. J’allais justement rentrer chez moi.Il se demandait encore pourquoi son patron semblait aussi tendu lorsqu’une secrétaire entra d’un pas rapide.— Monsieur Gabriel… Mademoiselle Tina vous attend à l’accueil. Elle demande à vous voir.Adam ouvrit la bouche.— Mademoiselle Tina ? Est-ce que ce serait…Il s’interrompit.Le visage de Jacob venait de se fermer.Un silence lourd tomba sur le bureau.— Fais-la monter, Adam.— Bien, monsieur.Quelques minutes plus tard, Adam revint accompag
## Chapitre 20Dans le vaste salon, le parfum coûteux se mêlait à cette odeur de luxe soigneusement mise en scène. Tout brillait, tout semblait calculé.Samantha était installée au milieu d’un canapé moelleux, comme une reine qui se serait elle-même couronnée. Son pyjama satiné soulignait une féminité soigneusement étudiée, tandis que son sourire en disait long sur la malice qui se cachait derrière ses traits délicats.Lorsqu’elle aperçut la femme qui venait d’entrer, elle haussa les sourcils.— Mon Dieu… Lian ? Je ne m’attendais pas à te voir ici !Lian s’arrêta.Ses doigts se refermèrent lentement sur ses paumes.*Depuis quand Samantha vivait-elle dans la maison de son père alors que sa mère était encore hospitalisée ?*Son regard glissa malgré elle vers le poignet de Samantha.Un bracelet somptueux y brillait sous la lumière.Lian comprit aussitôt.Depuis que la famille avait reçu sa dot des Gabriel, beaucoup de choses avaient changé.Elle ravala l’amertume qui lui brûlait la gorge







