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last update تاريخ النشر: 2026-08-09 01:31:42

# Chapitre 3

La voix de Zachary résonna au téléphone, pressante.

— Liyane ? Tu peux m’aider, s’il te plaît ?

Elle n’hésita pas.

Zachary et elle avaient étudié dans le même hôpital universitaire. Il avait seulement deux promotions d’avance, mais depuis son retour d’une mission à l’étranger, son nom circulait dans les couloirs médicaux comme une étoile impossible à ignorer.

Il était devenu l’un des jeunes médecins les plus en vue.

Pourtant, lorsqu’il s’adressait à Liyane, quelque chose dans sa voix restait inchangé.

La chaleur d’une vieille amitié.

Une attention discrète, constante, qu’elle avait remarquée depuis leurs années d’études.

Elle porta le téléphone à son oreille.

— Bien sûr. Je suis là.

La réponse de Zachary vint aussitôt :

— J’ai un rendez-vous urgent à la consultation externe, mais un imprévu vient de tomber. Tu peux me remplacer ?

Liyane jeta un coup d’œil à sa montre.

Son après-midi était déjà réservé à deux interventions chirurgicales.

Mais sa matinée était libre.

Elle inspira profondément.

— D’accord.

Zachary lui donna immédiatement les instructions, d’une voix rapide et précise.

— Résidence 306, secteur A, quartier des Jardins des Roses. Dis aux gardes que tu viens voir monsieur Adam. Ils comprendront.

Il marqua une pause.

Son ton changea.

Plus sérieux.

— Et surtout, ne parle de ce cas à personne. Ne pose aucune question au patient. Tu le soignes, rien de plus. Ensuite, tu repars.

Liyane fronça légèrement les sourcils.

Une consigne aussi stricte pour un simple rendez-vous médical ?

Elle n’en demanda pas la raison.

— Compris.

Elle raccrocha.

Quelques minutes plus tard, elle était déjà en route.

Les Jardins des Roses n’étaient pas un quartier comme les autres.

Derrière ses immenses grilles de fer et ses jardins soigneusement entretenus, le lieu ressemblait davantage à une forteresse privée qu’à un simple quartier résidentiel.

Des haies impeccablement taillées bordaient les routes.

Le parfum des fleurs flottait dans l’air.

Mais derrière cette beauté, quelque chose de plus froid se cachait.

La sécurité était omniprésente.

Des hommes surveillaient chaque entrée.

Des caméras étaient dissimulées derrière les murs.

Lorsque Liyane arriva devant la grande grille, plusieurs regards se tournèrent immédiatement vers elle.

Elle baissa la vitre.

— Je viens voir monsieur Adam.

Les gardes échangèrent un regard bref.

L’un d’eux porta aussitôt une main à son oreillette.

Quelques secondes passèrent.

Puis une minute.

Liyane attendit derrière le volant, sans quitter les hommes des yeux.

Enfin, le garde reçut une réponse.

Il s’écarta.

Les immenses portes métalliques commencèrent lentement à s’ouvrir.

Liyane avança.

Derrière les grilles, un autre monde l’attendait.

Un monde fermé.

Silencieux.

Et manifestement décidé à garder ses secrets.

---

Liyane s’arrêta devant la porte de l’unité 306 et appuya sur la sonnette.

À peine une seconde plus tard, la porte s’ouvrit.

Un homme apparut sur le seuil.

Grand, imposant, le visage fermé. Ses yeux, brûlants comme des braises sous une couche de cendres, se posèrent sur elle avec une méfiance immédiate.

— Qui êtes-vous ?

Liyane portait encore son masque médical. Il dissimulait une partie de son visage et, surtout, lui permettait de respecter la consigne de Zachary : ne rien révéler.

Elle répondit simplement :

— Le docteur Zachary m’envoie.

Le regard d’Adam descendit vers le sac médical qu’elle tenait à la main.

L’évidence était là.

Elle était médecin.

Il releva les yeux vers elle.

— Vous savez ce que vous devez faire ?

Liyane hocha la tête avec calme.

— Oui. Le docteur Zachary m’a expliqué tout ce que j’avais besoin de savoir. Soyez tranquille, votre confidentialité sera respectée.

Une légère tension resta dans le regard d’Adam.

Il semblait encore hésiter.

Puis il s’écarta.

— Entrez.

Liyane franchit le seuil.

À cet instant, elle eut la sensation de pénétrer dans un monde à part.

Un monde où chaque silence semblait cacher quelque chose.

Adam referma la porte derrière elle et prit la direction de l’escalier.

Ils avancèrent sans échanger un mot.

Seuls leurs pas étouffés résonnaient dans le couloir.

Au deuxième étage, Adam s’arrêta devant une porte fermée.

L’obscurité derrière semblait compacte, presque vivante.

Liyane resta sur le seuil.

Elle posa instinctivement une main contre le mur.

— Il fait complètement noir… Comment voulez-vous que je travaille comme ça ?

Une voix masculine s’éleva alors du fond de la pièce.

Grave.

Rauque.

Étrangement familière.

Et glaciale.

— Les lumières sont allumées.

Liyane se figea.

Cette voix…

Elle se retourna vers l’obscurité, cherchant à distinguer celui qui venait de parler.

Mais les ombres étaient trop épaisses.

Adam tendit la main vers l’interrupteur.

Il appuya.

Les lumières s’allumèrent d’un seul coup.

Une lumière blanche inonda la pièce.

Et Liyane vit enfin l’homme qui se tenait dans l’ombre.

---

Sous la lumière qui venait soudain d’inonder la pièce, Liyane aperçut un homme allongé sur le lit.

Sa chemise blanche était maculée de sang séché, comme une page ayant gardé les traces d’une bataille.

Sa voix lui avait paru étrangement familière.

Mais Liyane réprima sa curiosité.

Elle n’était pas là pour poser des questions.

L’homme avait soigneusement dissimulé son visage derrière une veste luxueuse, comme s’il voulait à tout prix empêcher qu’on découvre son identité.

Liyane posa son sac médical sur la table et l’ouvrit.

Elle en sortit une paire de ciseaux et découpa méthodiquement le tissu qui recouvrait les blessures.

Les bandages apparurent.

Mal posés.

Visiblement appliqués à la hâte.

Elle les retira avec précaution.

Des plaies profondes apparurent sous la lumière blanche de la lampe.

Liyane déposa les ciseaux et prépara ses instruments.

Puis elle releva les yeux vers l’homme au visage dissimulé.

Sa voix prit le ton ferme et précis du médecin.

— Êtes-vous allergique aux anesthésiques ?

Les blessures étaient sérieuses, mais aucun organe vital ne semblait touché.

Pourtant, elle devait les suturer.

Et sans anesthésie locale, la douleur serait difficilement supportable.

L’homme resta silencieux quelques secondes.

Puis répondit d’une voix froide :

— Non.

Liyane prit la seringue.

Elle approcha l’aiguille de la plaie et injecta lentement l’anesthésiant, avec des gestes précis et sûrs.

Le médicament se diffusa sous la peau.

Elle attendit.

Une minute.

Puis une autre.

Peu à peu, la tension qu’elle lisait dans son corps commença à s’apaiser.

La douleur allait bientôt disparaître.

---

Une heure entière s’écoula, lente et silencieuse.

Dans la pièce, l’odeur des désinfectants se mêlait au souffle régulier de la respiration.

Enfin, Liyane posa son dernier point et resserra soigneusement le bandage.

Ses gestes étaient précis, calmes, presque méthodiques.

Chaque mouvement semblait tracer sur son corps une carte vers la survie.

Elle regarda ses mains couvertes de sang frais, puis se tourna vers Adam.

— J’ai besoin d’aller aux toilettes.

Adam ne leva même pas les yeux.

— C’est au rez-de-chaussée. Vous pouvez y aller seule.

Liyane hocha la tête et quitta la pièce.

Ses pas résonnèrent dans l’escalier tandis qu’elle descendait.

Adam resta près de l’entrée, suivant sa silhouette du regard jusqu’à ce qu’elle disparaisse au niveau inférieur.

Il attendit quelques secondes.

Puis referma lentement la porte.

Lorsqu’il se retourna, son visage avait changé.

Jacob était assis dans la pénombre.

Immobile.

Silencieux.

Comme un loup tapi avant l’orage.

Adam s’approcha et parla à voix basse.

— Nous avons retrouvé ceux qui vous ont attaqué.

Jacob releva légèrement les yeux.

— Quincy les a envoyés.

Un silence.

Adam poursuivit :

— Elle a paniqué lorsque vous avez écarté ses espions de votre entourage. Elle avait peur que vous découvriez ce qu’elle préparait. Alors elle a décidé de vous éliminer avant qu’il ne soit trop tard.

Jacob bougea enfin.

Lentement, il quitta le lit.

Ses vêtements étaient en désordre et son visage encore marqué par la douleur.

Mais quelque chose dans son attitude avait changé.

Une menace froide se dégageait de chacun de ses gestes.

Il fixa Adam.

Ses yeux étaient sombres, insondables.

— C’est elle qui a organisé ce mariage et m’a forcé à l’accepter ?

Adam hésita à peine avant de répondre :

— Oui.

Il marqua une pause.

— J’ai découvert que Rachid était en contact avec elle. Tout était étrange depuis le début. Il est presque certain qu’elle a tout orchestré. C’est pour cette raison que Rachid a choisi Liyane pour devenir votre épouse… et pas Youssef.

Un bref rire échappa à Jacob.

Sans joie.

Un rire sec qui mourut aussitôt.

— Très bien…

Il passa lentement une main sur son visage.

— Puisqu’elle me couvre de cadeaux, ce serait impoli de ma part de ne pas lui rendre la pareille.

Adam resta silencieux.

Jacob venait tout juste de rentrer d’une mission à l’étranger.

La ville ignorait encore ce qui s’était réellement passé durant son absence.

Elle ignorait surtout ce que son retour allait déclencher.

Le froid dans son regard semblait se répandre dans toute la pièce.

— J’ai entendu dire que Youssef possède une boîte de nuit dans Central Street… Je me trompe ?

Adam comprit immédiatement.

— C’est leur seule source de revenus depuis qu’ils ont été écartés de l’entreprise. Si la boîte tombe, ils n’auront plus rien. Leur situation deviendra très difficile.

Jacob hocha lentement la tête.

Son expression resta parfaitement calme.

— Faites-le.

---

Adam descendit l’escalier dans le silence étouffé de la maison.

À mi-chemin, il aperçut Liyane qui remontait prudemment.

Son regard se durcit.

Lorsqu’elle arriva à sa hauteur, il s’arrêta.

— Souvenez-vous d’une chose… Si vous prononcez le moindre mot sur ce que vous avez vu ou entendu aujourd’hui, vous connaîtrez une mort lente.

La menace resta suspendue entre eux.

Liyane comprit parfaitement ce qu’il voulait dire, même si elle ignorait encore pourquoi cette nuit devait rester secrète.

Adam, lui, connaissait les conséquences.

Si Quincy ou Youssef apprenaient ce qui venait de se passer, le chaos serait immédiat.

Liyane baissa les yeux.

— Je ne dirai rien… Je vais simplement récupérer mon sac avant de partir.

Adam s’écarta.

Elle remonta jusqu’à la pièce du deuxième étage.

Lorsqu’elle franchit la porte, elle s’immobilisa.

Pendant une seconde, tout sembla se figer.

L’homme qu’elle venait de soigner avait retiré sa chemise tachée de sang.

Son dos était tourné vers elle.

Ses épaules larges et sa taille fine dessinaient une silhouette puissante sous la lumière. Malgré sa blessure, son corps restait tendu, solide, comme s’il refusait de céder à la douleur.

Liyane resta silencieuse.

L’homme tourna légèrement la tête par-dessus son épaule.

Son regard glissa vers elle.

Une pointe d’amusement tranquille traversa ses yeux.

Sa voix grave s’éleva, froide et étonnamment douce :

— Vous ne partez pas ?

Liyane détourna aussitôt les yeux.

Son cœur venait de manquer un battement.

Elle baissa le regard vers le sol, comme si elle pouvait y trouver un refuge.

Puis elle réalisa qu’elle venait de rester trop longtemps à le regarder.

Elle se sentit soudain prise sur le fait.

Et, pour la première fois depuis qu’elle était entrée dans cette maison, ce n’était pas la peur qui la troublait.

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