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Chapitre 139— Rechute

Autor: Déesse
last update Fecha de publicación: 2026-08-25 00:55:47

Evelyn

C'est une nuit d'octobre, et je hurle au téléphone.

Je ne l'ai pas vu venir. La journée avait été ordinaire, presque douce. Des cours, un déjeuner avec Sarah, un après-midi avec Lily. Et puis le soir, en rentrant, en rangeant mes affaires, j'ai trouvé une vieille photo. Une photo de Northwood. Une photo de nous, avant tout. Et tout est remonté. Tout. D'un coup. Sans prévenir. La honte, la colère, la trahison, les rires derrière la porte, les couloirs, les regards, les lettres. Tout es
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    Je me lève. Je traverse la chambre. Je m'assois à côté d'elle sur le lit, et je prends son visage entre mes mains, et je la regarde, vraiment, dans les yeux. — Je veux essayer, je dis encore, tout bas. Et c'est un choix. Mon choix. Elle pleure. Elle pleure en silence, et je sens ses larmes couler sous mes paumes, et je sens son souffle qui s'accélère, et je sens son corps qui tremble. Elle pose ses mains sur les miennes, doucement, et elle murmure : — Merci. Et puis je l'embrasse. Le baiser est doux. Plein de promesses. C'est un baiser qui ne demande rien, qui ne force rien, qui dit seulement : je suis là, je te choisis, on avance. C'est un baiser de recommencement. Quand on se détache, elle a le visage baigné de larmes, et je souris, et elle sourit à travers ses larmes, et on reste là, front contre front, à respirer ensemble, à exister ensemble, dans la lumière douce de la lampe, dans le silence de la maison, dans la douceur de ce choix. Evelyn Le premier jour d'école après

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    Evelyn C'est une nuit d'octobre, et je hurle au téléphone. Je ne l'ai pas vu venir. La journée avait été ordinaire, presque douce. Des cours, un déjeuner avec Sarah, un après-midi avec Lily. Et puis le soir, en rentrant, en rangeant mes affaires, j'ai trouvé une vieille photo. Une photo de Northwood. Une photo de nous, avant tout. Et tout est remonté. Tout. D'un coup. Sans prévenir. La honte, la colère, la trahison, les rires derrière la porte, les couloirs, les regards, les lettres. Tout est remonté, comme une vague immense, et j'ai composé le numéro de Scarlett, et je n'ai pas pu m'arrêter. Je hurle. Je hurle des mots que je ne reconnais pas, des reproches, des insultes, des souvenirs. Je hurle que je la déteste, que je ne lui pardonnerai jamais, que tout ce qu'elle a fait ne suffira jamais, que je ne veux plus la voir, plus jamais. Je hurle que je me suis trompée, que le baiser était une erreur, que la redécouverte était une erreur, que tout est une erreur. Je hurle que je sui

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    Evelyn C'est un soir de la mi-septembre. Je ne l'ai pas prémédité. Pas consciemment. Je suis allée au parc après les cours, comme j'y vais souvent maintenant, pour penser, pour marcher, pour être seule avec le bruit des feuilles et la lumière qui baisse. Et elle était là, assise sur le banc près de la fontaine, les jambes croisées, un livre ouvert sur les genoux, mais elle ne lisait pas. Elle regardait l'eau stagnante, la mousse, les reflets du ciel. Elle ne m'a pas vue arriver. J'ai marché sur le gravier, et le bruit de mes pas a fini par la faire tourner la tête. Elle a sursauté. Puis elle a souri, un sourire incertain, un sourire de surprise et de crainte mêlées. — Je peux m'asseoir ? j'ai demandé. — Oui. Bien sûr. Je me suis assise à côté d'elle, comme l'autre jour, avec un espace entre nous, un espace de la largeur d'une main. Elle a refermé son livre, l'a posé sur ses genoux, et on est restées silencieuses, à regarder la fontaine, les arbres, le ciel qui passait du bleu a

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