Share

Chapitre 5

Author: Camille Laurent
Le matin du lendemain.

Dans le bureau du PDG de Clairtech Biotech, le département des ressources humaines a apporté les dossiers des candidats.

« Monsieur Xavier, voici les CV des personnes qui viennent pour les entretiens aujourd'hui. »

« Posez-les là, je vais à une réunion, je ne participerai pas à l'entretien. »

« D'accord. »

Alors qu'il se dirigeait vers la salle de réunion, Arthur Xavier a jeté un coup d'œil sans y prêter attention sur le CV posé en haut de la pile. Le nom l'a immédiatement frappé : Diane Serré.

Lorsqu'il a vu ce nom et la photo, il s'est arrêté un instant.

En prenant le CV, il a aperçu le visage familier sur la photo, et, soudainement, une vague d'émotions complexes est survenue en lui, un mélange de surprise et… d'une étrange joie qu'il ne saurait expliquer.

Arthur a été l'un des étudiants les plus brillants de son professeur, Monsieur Dupont.

Il était quelques années plus vieux que Diane, mais déjà, lors de ses études à l'étranger, il avait entendu son mentor lui parler d'une jeune collègue exceptionnellement brillante, une jeune collègue qu'il considérait comme un véritable prodige.

Chaque fois que son professeur évoquait des questions académiques, il ne tarissait pas d'éloges pour cette jeune chercheuse.

Au départ, Arthur ne s'intéressait à elle que par curiosité. Il voulait comprendre ce qui la rendait si remarquable aux yeux de son mentor, une curiosité intellectuelle qui l'animait.

Mais, peu à peu, cette fascination s'est transformée en une affection plus profonde. Ce n'était plus juste l'admiration d'un étudiant pour un génie ; il éprouvait quelque chose de plus intense, une connexion naissante avec cette jeune femme qu'il n'avait vue qu'en photo.

Lorsqu'il a terminé ses études, il n'a pas hésité un instant et a pris le premier vol retour pour la France.

Cependant, à peine ses pieds ont touché le sol français qu'il a appris la nouvelle : Diane allait se marier. Il a cru alors que ses chances de la croiser un jour étaient réduites à néant, pensant que leur histoire s'était terminée avant même d'avoir commencé.

Il n'aurait jamais imaginé que le destin lui réserverait une telle surprise : la voilà, son CV devant lui, comme un signe du hasard.

Sans perdre une seconde, Arthur a saisi son téléphone.

« Annulez la réunion de ce matin ! » Il a ordonné à son assistante.

Il s'est ensuite précipité vers la salle d'entretien.

Lorsque les responsables des ressources humaines l'ont vu arriver, ils se sont immédiatement arrêtés, surpris.

Ils ont vite dégagé un siège au centre de la salle pour lui.

« Bonjour, Monsieur Xavier. »

Arthur s'est assis, se forçant à cacher son agitation intérieure.

Il n'était pas vraiment à l'aise. Ses pensées tourbillonnaient.

« On peut commencer. » dit-il d'une voix calme, bien qu'intérieurement, il se sentait tout autre.

L'entretien a commencé.

Arthur était assis sur son fauteuil, silencieux, tandis que le responsable des ressources humaines posait des questions aux candidats.

« Monsieur le président, celui qui était là avant… »

Le responsable des ressources humaines a demandé son avis à Arthur.

« Faites comme vous l'entendez. »

« D'accord. »

« Prochain, Madame Serré. »

Ce n'est qu'à ce moment-là que Arthur a porté son attention sur Diane lorsqu'elle est entrée dans la salle d'entretien.

Elle ne semblait pas être dans son meilleur état.

Le responsable des ressources humaines a posé quelques questions techniques liées au métier.

Bien que Diane n'ait pas travaillé à l'extérieur pendant quatre ans, elle s'était cependant toujours consacrée à la lecture et à l'amélioration de soi, répondant ainsi avec une aisance et une précision qui ne laissaient aucune place à l'erreur.

Le responsable des ressources humaines a acquiescé, satisfait, et s'apprêtait à lui demander de repartir en attendant une réponse, quand Arthur a pris la parole à côté.

« Je vois que vous êtes mariée. »

Il voulait lui demander pourquoi elle avait soudainement décidé de reprendre le travail.

Le responsable des ressources humaines, mal interprétant ses intentions, a poursuivi.

« Madame Serré, nous recherchons des employés stables à long terme. Permettez-moi d'être un peu direct : avez-vous des projets de maternité à court terme ? »

Diane a secoué la tête.

« Je vais bientôt divorcer. Il n'y aura pas de projet de maternité. »

Arthur a été surpris par sa réponse. Il a remarqué une lueur de mélancolie dans ses yeux et, contre toute attente, a ressenti une pointe de compassion.

« Qu'a-t-elle traversé durant ces quatre années de mariage ? »

« Je vous remercie d'avoir participé à cet entretien. Nous avons bien pris note de votre situation. Vous pouvez maintenant rentrer et attendre notre réponse. »

« D'accord. »

Diane est sortie de la salle d'entretien.

Les entretiens suivants ne ont pas capté l'attention d'Arthur, qui a choisi de quitter les lieux plus tôt.

Le divorce de Diane représentait une opportunité pour lui.

Les émotions qu'il avait longtemps refoulées ont commencé à surgir, incontrôlables.

L'après-midi même.

Diane a reçu un appel du département des ressources humaines de Clairtech Biotech, lui annonçant qu'elle commencerait à travailler la semaine suivante.

Elle a informé son professeur de la nouvelle.

Monsieur Dupont savait qu'en dépit de son apparence douce et calme, Diane était en réalité une personne déterminée et forte, et qu'elle avait certainement trouvé ce poste par ses propres compétences et ses efforts.

Julie, en apprenant que son amie avait trouvé un travail, a été ravie et a insisté pour la convier à une petite fête afin de célébrer.

Le soir venu, Diane s'est rendue à un Bar au nom de « Voile Brumeux » comme convenu.

L'atmosphère de ce lieu, pleine de néons et de bruit, la mettait un peu mal à l'aise.

« Didi, viens ici ! »

Julie l'attendait à l'entrée d'une salle privée.

À peine assise, le directeur est entré accompagné des mannequins masculins, torses nus.

Diane a sursauté face à cette scène. « Juju, qu'est-ce qui se passe ? »

« Pour fêter ton divorce dans un proche avenir et ton nouveau travail, j'ai commandé des mannequins pour toi. Choisis celui que tu préfères et il pourra rester te tenir compagnie. »

Diane a eu l'air gênée.

« Non, je n'en ai pas besoin. »

Elle n'était pas du genre à aimer ce genre de distraction. Son unique expérience amoureuse avait été de tomber amoureuse de Norman à un âge naïf et de l'épouser.

« Celui-là, » a dit Julie, en désignant le plus beau du groupe, prenant la décision pour Diane.

Le mannequin s'est assis près d'elle, ses abdos dessinés passant devant ses yeux.

Diane ne savait pas où poser son regard et, pour éviter l'embarras, a pris une gorgée de son verre.

Le mannequin, très entreprenant, a saisi sa main et lui a adressé un regard suggestif.

« Mademoiselle beauté, asseyez-vous sur moi et buvez. Vous pouvez toucher mes abdos. »

Diane a sursauté.

« Excusez-moi. Je… je vais aux toilettes. »

Ne se sentant vraiment pas à l'aise, elle a cherché une excuse pour fuir.

Elle s'est lavée le visage dans les toilettes pour se calmer un peu.

En sortant, elle s'est rendue sans le vouloir dans la mauvaise direction et ne s'est pas rendue compte qu'elle était entrée dans la zone VIP.

Dans l'une de ces suites VIP, Norman était avec Violette, qu'il présentait à ses amis d'enfance.

Gabriel et Ethan, qui avaient grandi avec lui, provenaient de familles très riches et influentes à Paris.

Norman avait son bras posé sur le canapé, et Violette était assise près de lui, semblant être naturellement enroulée dans ses bras.

Gabriel a levé son verre.

« Violette, je te porte un toast. »

« Norman n'a jamais amené aucune femme à nos soirées. Tu es la première ! »

Violette a lancé un regard à Norman. « Ne vous moquez pas de moi. Est-ce que vous dites ça à chaque nouvelle femme que vous amenez ? »

« Je suis sérieux ! Si tu ne me crois pas, demande à Ethan ! » a dit Gabriel.

Ethan a hoché la tête. « Il a bien raison. Norman est célèbre pour ne jamais s'intéresser aux femmes. Si ce n'avait été pour Diane, qui l'a poussé à l'épouser, Norman ne lui aurait même pas jeté un regard. »

Violette a senti une joie secrète monter en elle.

Elle a bu son verre avec satisfaction, heureuse de cette révélation.

Gabriel lui a resservi un autre verre. « Tu as vraiment un bon foie ! Allez, encore un toast ! »

Norman a tendu la main pour arrêter le geste. « Violette ne boit pas beaucoup, il faut s'arrêter là. »

Gabriel a crié avec un rire moqueur. « Ah, tu la protèges donc ? »

« Ce n'est que deux verres, » a dit Norman. « Tu es un peu radin, non ? »

Il a pris le verre de Violette.

« Je vais le boire à sa place. »

« Mais ça, ce n'est pas juste ! » a protesté Gabriel.

Il lui a passé son verre pour qu'ils trinquent ensemble.

« Quoi, on ne va pas partager une coupe de champagne ? »

Violette a rougi légèrement et a lancé un regard timide à Norman : « D'accord, mais après cette coupe, pas de forcing. »

« Comme tu es généreuse ! »

Violette et Norman ont levé leurs verres pour trinquer ensemble.

C'est à ce moment-là que la porte s'est ouverte. Ensuite, Diane est entrée.

Et à la seconde où elle a levé les yeux, elle a aperçu Norman et Violette, leurs verres à la main.

Quand Norman l'a vue, une lueur évidente de dégoût est apparue dans ses yeux.

« Qu'est-ce que tu fais ici ? »
Continue to read this book for free
Scan code to download App

Latest chapter

  • Elle en hémorragie, mais son mari dilapide pour sa maîtresse   Chapitre 450

    Tout était resté intact ici.Avant, il évitait délibérément cet endroit.Chaque fois qu’il y entrait, les souvenirs douloureux de la mort de son frère remontaient à la surface.Mais aujourd’hui, il devait venir chercher une réponse par lui-même.Son regard a parcouru la pièce et s’est finalement posé sur une boîte en bois discrète dans un coin du bureau.La boîte était couverte d’une fine couche de poussière. Personne n’y avait touché depuis longtemps.Il a délicatement sorti la boîte.En l’ouvrant, il a découvert un journal intime à couverture de cuir qui reposait tranquillement à l’intérieur.Norman a feuilleté le journal. Il relatait les derniers moments de son frère après qu’il soit tombé malade.Le 15 juillet, nuageux.Quelle journée épouvantable. Mon corps va de mal en pis. Ce matin, j’ai eu une terrible quinte de toux. Même la respiration me demande un effort.Lors de l’examen dernier à l’hôpital, j’ai entendu par hasard la conversation des médecins.Ma maladie est a

  • Elle en hémorragie, mais son mari dilapide pour sa maîtresse   Chapitre 449

    Puis elle s’est dirigée vers la tombe de Théo et y a déposé un bouquet de tournesols.Debout devant la tombe de cet homme qui lui avait apporté de la chaleur dans ses années les plus sombres mais était mort si jeune, elle est restée immobile un long moment.Cet émoi de ses premiers amours était éphémère comme un feu d’artifice.Aujourd’hui, elle ne pouvait que le commémorer de cette façon.Ne voulant pas faire attendre Clément trop longtemps, elle a rapidement quitté le cimetière.Au moment où la voiture s’éloignait, elle a croisé une voiture noire qui arrivait à toute vitesse.La seule idée que Norman pensait maintenant était de retrouver Diane au plus vite pour vérifier la vérité. Il n’a pas remarqué la voiture qui le croisait.Quand il est arrivé essoufflé au cimetière, il n’a vu que le bouquet frais de chrysanthèmes devant la tombe des parents de Diane, et un bouquet familier de tournesols devant celle de son frère.Il a ramassé les tournesols d’une main tremblante.Il s’e

  • Elle en hémorragie, mais son mari dilapide pour sa maîtresse   Chapitre 448

    Il s’était rendu à cette adresse et avait vu Violette sortir de la villa. Il avait d’emblée conclu qu’elle était la jeune fille confiée par son frère défunt.Mais maintenant...En découvrant que Diane était la véritable propriétaire de cette villa, alors la personne que son frère lui avait solennellement demandé de protéger avant de mourir...C’était très probablement Diane !Cette révélation l’a glacé jusqu’aux os, comme plongé dans un gouffre glacé.Ses doigts se sont inconsciemment crispés, prêts à déchirer le document qu’il tenait.Il a immédiatement sorti son téléphone pour appeler Diane, désespérément impatient de vérifier tout cela.À ce moment-là, Diane venait d’arriver à l’entrée du cimetière.En voyant l’appel de Norman, elle a froncé les sourcils et a raccroché sans hésitation.« Clément, tu peux m’attendre dans la voiture. Je reviens vite. »Clément a hoché la tête.« Prends ton temps. S’il y a quoi que ce soit, téléphone-moi. »Diane est entrée seule dans le ci

  • Elle en hémorragie, mais son mari dilapide pour sa maîtresse   Chapitre 447

    « Je ne vais pas en rester là... jamais ! »Sur le chemin du retour, Diane regardait par la fenêtre, silencieuse tout au long du trajet.Elle n’avait plus beaucoup de force pour parler.Clément conduisait avec concentration, aussi silencieux, lui laissant l’espace pour digérer ses émotions.En passant devant un fleuriste, elle a murmuré doucement : « Clément, arrête un instant. »Clément ne comprenait pas vraiment, mais il s’est quand même garé sur le côté.« Qu’est-ce qu’il y a ? »« Je voudrais acheter des fleurs pour aller voir mes parents. »Elle a marqué une pause.« Tu peux partir t’occuper de tes affaires. Je peux me charger seule. »Clément a suivi son regard. Il y avait effectivement un fleuriste au bord de la route.Il a répondu d’un ton doux :« Je n’ai rien d’urgent. Je t’accompagne. »Diane est restée légèrement interdite et a hoché la tête.« D’accord. »Il l’a aidée à choisir soigneusement deux bouquets, puis ils ont pris la route vers le cimetière en péri

  • Elle en hémorragie, mais son mari dilapide pour sa maîtresse   Chapitre 446

    Diane, encore sous le choc, a repris son souffle et s’est avancée vers Violette.En voyant Violette dans cet état pitoyable, toutes les émotions accumulées pendant des années ont finalement explosé.« Moi, cruelle ? Ce que votre famille a fait est cent fois, mille fois plus cruel que moi ! »Sa voix tremblait, mais chaque mot était parfaitement clair.« Mes parents étaient le frère et la belle-sœur de ton père ! À l’époque, quelle vie aviez-vous à la campagne ? Ce sont mes parents qui vous ont fait venir en ville, qui vous ont trouvé un logement, qui vous ont trouvé du travail ! Et vous alors ? Pour vous emparer de l’entreprise et du patrimoine de ma famille, vous vous êtes alliés à des étrangers pour les tuer ! Comment avez-vous pu faire ça ! »De plus en plus agitée, Diane a violemment giflé Violette.« Et toi ! Quand mon père a dit que sa nièce de la campagne allait venir, j’ai sorti tous mes jouets et mes bonbons pour t’accueillir ! Et toi alors ? Lorsque j’étais absente, tu

  • Elle en hémorragie, mais son mari dilapide pour sa maîtresse   Chapitre 445

    « Officier, qu’est-ce que... ? »« Nous avons reçu un signalement. Vous êtes soupçonné d’une affaire d’agression volontaire. Veuillez nous suivre au commissariat pour interrogatoire. »Le visage de Luca est devenu livide comme la mort.Il a reculé en titubant et s’est défendu de manière incohérente.« Non ! Je n’ai rien fait ! Officier, vous faites erreur ! Quelqu’un veut me piéger ! »Deux policiers se sont avancés et l’ont maintenu par les bras.« Que ce soit un piège ou non, tout sera éclairci au commissariat. Maintenant, veuillez nous suivre. »Luca a voulu se débattre, mais ils l’ont fermement immobilisé.Les menottes glacées se sont refermées sur ses poignets avec un « clic ». Cette sensation froide l’a plongé dans le désespoir.Luca, escorté par les policiers, hurlait encore.« Lily... mon fils... »Diane a pris la parole au bon moment, son ton était presque attentionné.« Ne t’inquiète pas. Lily n’était même pas enceinte, le test de grossesse était faux. »« Quoi ?

More Chapters
Explore and read good novels for free
Free access to a vast number of good novels on GoodNovel app. Download the books you like and read anywhere & anytime.
Read books for free on the app
SCAN CODE TO READ ON APP
DMCA.com Protection Status