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Chapitre 2

ผู้เขียน: Les écrits
last update วันที่เผยแพร่: 2026-09-16 20:33:10

.Chapitre 2

Célestane

Je n'ai pas dormi. Toute la nuit, j'ai tourné dans mon studio, le dossier ouvert sur la table, les papiers étalés sous la lampe. Les mêmes mots, les mêmes dates, les mêmes noms qui ne me disent rien et qui pourtant me hantent.

Au matin, je fouille dans les affaires de ma mère adoptive. Un vieux carton au fond de son placard, que je n'avais jamais ouvert. À l'intérieur, des papiers administratifs, des photos jaunies, et cette enveloppe. Une enveloppe brune, usée, sur laquelle un nom est écrit à la main. Un nom qui m'est étrangement familier. Montclair.

Mon cœur s'arrête. Je connais ce nom. Je l'ai lu dans le dossier, cette nuit. Mais le voir ici, chez ma mère adoptive, dans ce placard, cela rend tout réel.

J'ouvre l'enveloppe. Mes doigts tremblent. À l'intérieur, un acte de naissance. Un certificat. Des dates. Je lis. Je relis. Vingt-deux ans plus tôt. Une naissance survenue un jour précis, une heure précise, dans une ville précise. Les mêmes dates que les miennes. Exactement les mêmes. Mon cœur se serre. Ma gorge se noue. Je pose le papier. Je le reprends. Je vérifie encore. C'est impossible. C'est un hasard. C'est forcément un hasard.

Mais plus je lis, plus le doute s'installe. Une naissance à la même date, à la même heure, dans la même ville. Un nom qui revient. Montclair. Et cette enveloppe, cachée dans le placard de ma mère adoptive, comme si quelqu'un avait voulu l'oublier. Comme si quelqu'un avait voulu me cacher la vérité.

Je m'assois par terre. Les papiers s'éparpillent autour de moi. Je fixe le vide. Pour la première fois, une pensée monstrueuse s'insinue dans mon esprit. Et si toute ma vie était basée sur un mensonge ? Et si ma mère adoptive n'était pas ma mère ? Et si j'étais quelqu'un d'autre ?

Non. C'est trop. Je ne peux pas y croire. Pas encore. J'ai besoin de réponses. J'ai besoin de parler à la seule personne qui pourrait savoir. Ma grand-mère. La femme qui m'a élevée. La femme qui m'a toujours servi de famille. Elle saura. Elle doit savoir.

Je rassemble les papiers, je les fourre dans mon sac, et je sors. Le trajet jusqu'à chez elle est court, mais chaque minute me semble une éternité. Mon cœur bat trop vite. Je frappe à sa porte. Elle ouvre. Son visage s'éclaire quand elle me voit. Puis elle remarque mon expression. Son sourire s'efface.

— Célestane ? Qu'est-ce qui se passe ?

— Mamie, dis-moi la vérité. Qui suis-je ?

Le silence. Elle détourne les yeux. Ses mains se crispent sur le dossier d'une chaise. Elle ne répond pas.

— Mamie. Regarde-moi. Dis-moi la vérité.

— Je ne sais pas de quoi tu parles.

Sa voix est trop basse. Trop hésitante. Elle ment. Elle ment mal.

— Ne me mens pas. Pas toi. Tu as toujours été là pour moi. Tu m'as élevée. Tu m'as aimée. Alors dis-moi. Qui sont les Montclair ? Pourquoi ce nom est-il dans tes affaires ? Pourquoi y a-t-il un acte de naissance avec ma date de naissance, mon heure de naissance, dans ce placard ?

Elle s'assoit. Lentement. Ses jambes tremblent. Elle fixe la table, les papiers, l'enveloppe. Puis elle lève les yeux vers moi. Et dans ses yeux, je vois quelque chose que je n'ai jamais vu auparavant. De la peur. De la peur pure.

— Célestane... il y a des choses qu'il vaut mieux ne pas savoir.

— Non. Pas cette fois. Pas avec moi. Je veux savoir. J'ai le droit de savoir.

— Tu ne comprends pas.

— Alors explique-moi.

— Je ne peux pas.

— Tu ne peux pas ou tu ne veux pas ?

Elle détourne le regard. Mes mains tremblent. La colère monte, chaude, amère. Et sous la colère, une douleur sourde, profonde, qui me déchire la poitrine.

— Tu savais. Toi aussi, tu savais. Tu m'as menti. Pendant toutes ces années.

— Je t'ai protégée.

— Protégée de quoi ? De qui ?

— De la vérité.

— Quelle vérité ?

Elle se tait. Le silence est insupportable. Je m'approche d'elle. Je m'agenouille devant elle. Je prends ses mains dans les miennes.

— Mamie. Je t'en supplie. Dis-moi.

Elle me regarde. Ses yeux brillent. Une larme roule sur sa joue. Mais elle secoue la tête.

— Je ne peux pas. Tu dois me croire. Je ne peux pas.

— Pourquoi ?

— Parce que si je te le dis, tu ne seras plus jamais en sécurité.

Ces mots me glacent le sang. Je me relève lentement. Je recule d'un pas. Puis un autre.

— Qu'est-ce que ça veut dire ?

— Ça veut dire que tu dois arrêter. Oublie ce dossier. Oublie ces papiers. Vis ta vie.

— Comment veux-tu que j'oublie ? Comment veux-tu que je vive ma vie alors que je ne sais même pas qui je suis ?

— Tu es Célestane. Ma petite-fille. C'est tout ce qui compte.

— Non. Ce n'est pas tout. Ce n'est pas assez.

Je ramasse les papiers. Je les serre contre moi. Elle se lève, me tend la main.

— Célestane, attends.

Mais je ne l'écoute pas. Je sors. Je claque la porte. Dehors, l'air froid me frappe. Je marche vite, sans but. Les larmes montent. Je les refoule. Je ne pleurerai pas. Pas encore.

Mais dans ma poitrine, une inquiétude profonde s'installe. Une peur sourde, tenace, qui ne me quittera plus. Mamie a peur. Mamie sait. Et si elle a peur, alors ce que je découvre est bien réel.

Je rentre chez moi. Je m'enferme. Je pose les papiers sur la table. Je les fixe longtemps. Le silence de la pièce m'écrase. Et cette phrase résonne encore dans ma tête.

— Parce que si je te le dis, tu ne seras plus jamais en sécurité.

Je frissonne. Je regarde par la fenêtre. La nuit tombe. Je ferme les rideaux. Je verrouille la porte. Mais l'inquiétude reste là, tapie dans un coin de ma poitrine.

La vérité m'attend. Et elle me terrifie.

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