FAZER LOGINÉmy s'est arrêtée net.Qu'est-ce que Marius voulait dire par là ?Ils ne pouvaient plus se comporter comme avant. Leur histoire avait déjà été une erreur. Inutile de rendre les choses encore plus compliquées.« Merci, mais Jules est seul à la maison. Ça m'inquiète de le savoir tout seul. »À peine ces mots sortis, Marius lui-même en a été surpris. Il a soudain réalisé que, depuis qu'il savait qu'Émy n'était pas mariée, il se comportait de moins en moins comme à son habitude.Mais ce refus si net lui a laissé un goût amer, et il a aussitôt eu envie de lui compliquer un peu la vie.« Je peux envoyer quelqu'un chercher Juju. »Son regard froid s'est posé sur elle.Émy s'est mordu la lèvre. Elle a pesé ses mots, puis a répondu à voix basse :« Ce serait déplacé, dans notre situation. »Marius a esquissé un sourire en coin. Elle avait vraiment hâte de mettre de la distance entre eux.L'instant d'après, il s'est levé à son tour et s'est dirigé vers la porte.« Tu ne pars pas ? Tu
Le père de Jules, c'est toi, Marius.Mais Jules n'était pas né de l'amour de ses parents. Il était né d'un mensonge, soigneusement orchestré.Marius, tu ne voudrais pas connaître la vérité.« Laisse tomber. Je ne veux pas savoir. »Marius a brusquement renoncé à insister. En voyant les lèvres d'Émy pâlir et ses mains se crisper, il s'est souvenu des recommandations d'Adrien et n'a pas poursuivi.Surtout, il n'avait aucune envie de l'entendre lui raconter qu'elle en avait aimé un autre.Voyant qu'il n'insistait pas, Émy a poussé un soupir de soulagement.Si Marius avait insisté, elle n'était pas sûre d'avoir pu garder son secret. Elle aurait peut-être fini par tout avouer.Quelques instants plus tard, Marius s'est levé et s'est dirigé vers l'îlot de la cuisine. Il a retroussé les manches, s'est lavé les mains, puis les a essuyées avec des gestes précis et élégants.Alors seulement, il a demandé :« Tu veux manger quoi ? »Émy est restée immobile, incapable de comprendre où il
Froide, impeccable, distante… exactement comme Marius.Curieusement, Émy avait dormi d'une traite. Depuis le début de sa maladie, elle se réveillait souvent en pleine nuit, fiévreuse. Mais après cette longue nuit, elle avait enfin les idées claires.Puis, brusquement, elle a compris.Cette chambre… c'était celle de Marius ?Émy s'est levée d'un bond et s'est précipitée hors de la pièce.Dans le salon, elle a tout de suite reconnu cette silhouette qu'elle connaissait si bien.Marius portait un pull noir ample, qui le rendait moins distant, plus accessible que dans ses costumes impeccables. Assis sur le canapé, les jambes nonchalamment croisées, son ordinateur posé sur les genoux, il semblait absorbé par son travail.Émy est restée immobile. Peu à peu, elle s'est perdue dans cette image.Le temps semblait s'être arrêté, suspendu entre eux.Il n'y avait ni dispute, ni haine, ni rancœur. Aucun compte à régler, aucun intérêt à défendre.Marius avait cet étrange pouvoir de lui fair
« D'accord. »Émy avait la gorge en feu, mais elle a accepté sans hésiter.Du moment qu'elle décrochait cette collaboration, elle était prête à tout.Marius a eu un rire froid.« Tu n'as vraiment aucune limite. »Émy n'a pas répondu. Les yeux baissés, elle avait la tête qui tournait depuis le début de la soirée. L'alcool n'avait fait qu'aggraver ses nausées, et le déferlement d'émotions des dernières minutes l'avait achevée. Son corps ne suivait plus.Elle s'est appuyée de tout son poids contre le mur.« Tu préfères l'hôpital, ou parler affaires ? »La voix de Marius restait glaciale.« Parler affaires », a répondu Émy sans réfléchir.Tant que l'accord ne serait pas conclu, elle ne pourrait pas souffler. Elle devait régler ça au plus vite, avant que les choses ne se compliquent.Cette réponse ne l'a pas surpris. Sans un mot de plus, il s'est retourné et a ouvert la porte coupe-feu.« Tu viens ? »Comme Émy ne bougeait toujours pas, il est revenu sur ses pas, lui a repris l
La lourde porte coupe-feu s'est refermée avec fracas.Ils n'étaient séparés que par quelques centimètres. Lorsqu'Émy a relevé les yeux, elle s'est retrouvée face au regard froid et insondable de Marius. Ses yeux étaient légèrement rougis.« Qu'est-ce que tu veux, au juste ? De l'argent ? Pourquoi tu t'acharnes comme ça, au point de mettre ta santé en danger ? »Marius a serré les dents. Elle était encore malade, et pourtant elle continuait à boire et à sourire pour satisfaire les clients. Il l'avait vue de l'extérieur. S'il n'était pas intervenu, combien de verres aurait-elle encore dû avaler ?« Oui ! C'est pour l'argent ! Pour l'argent, je suis prête à tout ! »Les yeux rougis, Émy a enfin laissé éclater toute l'amertume accumulée depuis si longtemps. À la seconde où elle avait vu Marius, ses larmes s'étaient mises à couler malgré elle.« Alors, tu acceptes enfin de me parler de cette collaboration ? »Marius, tu sais à quel point tu es cruel ? Tu ne vaux pas mieux qu'Olivier
Marion l'a doucement tirée par la manche.« Ça va ? »Émy a secoué la tête et lui a adressé un regard reconnaissant. Sans Marion, qui avait bu plusieurs verres à sa place, elle n'aurait sans doute plus tenu debout.Mélissa est pourtant intervenue, tout sourire.« Émy, Monsieur Dumas vient de dire que tu étais celle qu'il appréciait le plus. Tu ne vas quand même pas boire si peu. »Puis elle s'est tournée vers Olivier en minaudant.« Vous ne trouvez pas, Monsieur Dumas ? »Marion lui a lancé un regard furieux.Quelle sainte-nitouche !Olivier a hoché la tête, satisfait.« Mélissa n'a pas tort. »Puis, toujours avec le même sourire, il a de nouveau rempli le verre d'Émy.Émy a pincé les lèvres. Le verre lui a paru soudain brûlant entre les doigts. Entre la fièvre et l'ivresse, elle n'avait même plus la force de refuser.Voyant qu'elle ne disait toujours rien, Jérôme lui a fait signe.« Émy ? »Marion a aussitôt pris le verre pour lui venir en aide.« Je ne sais pas si vou







