LOGINUne douleur aiguë a immédiatement traversé les épaules d’Aurore. Son visage est devenu livide et ses sourcils se sont crispés sous la souffrance.« Avant… quand ton père m’avait enfermée dans la cave des Muller, j’ai découvert par hasard une pièce dissimulée derrière un mur. Il y avait une femme à l’intérieur… et elle portait exactement cette clochette au poignet. »En voyant l’agitation d’Étienne, Aurore lui a raconté sans rien cacher tout ce qu’elle avait vu ce jour-là.Le visage d’Étienne a changé aussitôt. Son teint est devenu tour à tour rouge puis pâle, tandis que ses doigts se resserraient inconsciemment sur les épaules d’Aurore.La douleur a fini par déformer légèrement les traits d’Aurore. Inquiète, elle a levé les yeux vers lui avant de remarquer sa main gauche toujours immobilisée dans son plâtre.« Étienne… qu’est-ce qu’il y a ? Ta main… »Le son de sa voix l’a finalement ramené à la réalité. Lorsqu’il a aperçu le visage blême d’Aurore, il a immédiatement compris qu’il lu
Le contact glacé de sa main s’est diffusé le long de sa peau. Incapable de lever les yeux vers lui, elle a murmuré à voix basse : « Je ne voulais pas regarder… J’avais juste peur qu’il t’arrive quelque chose. »« Viens m’aider. »Sa voix grave et profonde vibrait avec cette assurance tranquille qui la troublait toujours autant.Aurore a finalement relevé les yeux vers lui. Étienne essayait maladroitement de maintenir sa serviette d’une seule main tout en tentant de la remettre correctement autour de sa taille.C’était seulement à ce moment-là qu’elle a remarqué le plâtre qui immobilisait son autre bras.« Tu ne dois surtout pas bouger ce bras ! » a-t-elle lancé aussitôt en haussant involontairement le ton.Elle s’est approchée rapidement pour récupérer la serviette. En tirant délicatement sur un coin du tissu, son regard s’est malgré elle posé sur son dos nu, puissant et parfaitement sculpté. Sa respiration s’est coupée net et ses doigts se sont figés quelques secondes.La voix impa
Aurore est restée figée sur place. Son corps s’est raidi d’un seul coup et, pendant quelques secondes, elle n’a plus trouvé le moindre mot à répondre.Comme si sa réaction ne l’atteignait pas, Étienne a commencé à déboutonner tranquillement sa chemise. Le tissu s’est entrouvert peu à peu, laissant apparaître par intermittence la ligne ferme de son torse.Aurore n’a jeté qu’un regard furtif dans sa direction, mais cela a suffi à lui faire monter la chaleur aux joues. Le bout de ses oreilles s’est embrasé et sa respiration s’est légèrement accélérée. Elle a aussitôt détourné les yeux.« Tu… tu peux te laver tout seul… »En voyant sa réaction, Étienne a laissé apparaître une discrète lueur amusée dans ses yeux sombres. Puis il lui a tendu son bras immobilisé dans le plâtre.Aurore a baissé les yeux dessus et son cœur s’est emballé encore davantage. Les sourcils légèrement froncés, elle n’osait même plus se retourner pour le regarder.« Sinon… je peux faire revenir l’aide à domicile… »À
« Étienne, depuis quand tu prends le parti d’une étrangère à cette famille ? »Son regard s’est posé sur Aurore avec froideur.« Elle sort à peine de son divorce et elle vit déjà ici. Tu imagines un peu ce que les gens vont raconter sur les Muller ? »Étienne s’est avancé sans se presser.« Les Muller n’ont pas à vivre en fonction des ragots des autres. »Puis il s’est placé devant Aurore, coupant naturellement Élise de son champ de vision et la protégeant de ses remarques blessantes.« C’est moi qui lui ai demandé de rester ici. Alors si quelqu’un a quelque chose à dire, qu’il vienne me le dire en face. »Le visage d’Élise s’est fermé sous la colère.« Tu as complètement perdu la tête à cause d’elle ! »Elle a laissé échapper un rire nerveux avant d’ajouter : « Elle n’a rien à faire dans ta vie. »Étienne a tourné les yeux vers Aurore.Toute la froideur habituelle de son regard semblait avoir disparu. À sa place demeurait une détermination calme et irrévocable.Il n’a même pas acco
La lumière du matin filtrait à travers l’ouverture des rideaux et dispersait sur le parquet une multitude de reflets mouvants.Quand Étienne a ouvert les yeux, la première chose qu’il a vue a été Aurore, endormie au bord du lit.Elle semblait dormir d’un sommeil agité. Ses sourcils restaient légèrement froncés, tandis que ses longs cils projetaient une ombre délicate sur ses joues. Sa respiration calme et régulière venait effleurer doucement le dos de sa main.La fatigue laissée par la fièvre de la veille pesait encore sur lui. Pourtant, en voyant Aurore si près de lui, quelque chose s’est imperceptiblement apaisé. Une chaleur discrète s’est lentement répandue en lui, silencieuse à la fois.Son bras gauche blessé ne lui permettait toujours pas de bouger librement. Alors il a lentement levé sa main droite, comme poussé par un élan qu’il ne contrôlait plus vraiment, jusqu’à approcher ses doigts de ses cheveux.Dans ses yeux se mêlaient des émotions qu’il avait longtemps refusé d’admett
Aurore a servi un peu de bouillon à Étienne avant de le déposer devant lui. Lorsqu’elle a levé les yeux vers lui, son regard brillait doucement, plein de cette attention sincère qu’elle ne cherchait même plus à dissimuler.En réalité, Étienne n’avait pas vraiment faim. Pourtant, il lui était impossible de refuser ce qu’elle faisait pour lui.Il a donc commencé à boire son bouillon lentement, par petites gorgées.En le voyant enfin manger correctement, Aurore s’est sentie un peu rassurée. Depuis le début de la soirée, elle craignait qu’il ne se laisse trop affecter par tout ce qui s’était passé et qu’il finisse par négliger sa santé.Après avoir terminé son propre repas, elle est restée assise à côté de lui dans un silence paisible, simplement occupée à le regarder boire son bouillon. Chez Étienne, même les gestes les plus ordinaires conservaient cette élégance naturelle et cette distinction discrète propres aux hommes ayant grandi dans les grandes familles.« Tu as assez mangé ? Tu e







