登入Prunelle Delacroix dirige un empire pesant des milliards. À la ville, elle est la CEO de glace qui verrouille les partenariats d’une poignée de main. Dans l’ombre de sa chambre, son époux Yassir ne lui offre qu’une sexualité polie, bornée, qui l’étouffe. Ce qu’elle cache sous ses tailleurs stricts, c’est un désir brûlant pour un homme brutal, dominant, un bad boy aux désirs impurs capable de la posséder sans permission. Quand Gérald entre dans son bureau pour un simple entretien, tout bascule. Trente ans, une mâchoire de prédateur, un regard orageux qui traverse ses défenses en une seconde. Il murmure « je suis sûr que nous allons très bien nous entendre, Madame la Présidente », et un courant électrique la consume. Elle l’engage le soir même. Très vite, il devient son amant possessif, comble ses fantasmes les plus inavouables et l’entraîne dans une spirale sensuelle qui fait exploser tous ses repères. Mais sous la passion torride se cache un piège. Fuites, trahisons, messages cryptés. Gérald n’est pas un simple secrétaire : il a un plan. Un matin, il lui tend une clé USB et articule, glacial : « Sois à minuit à l’adresse que je t’enverrai, sinon les médias recevront tout. Ne préviens personne. » Prunelle comprend que l’homme qu’elle a laissé entrer dans son lit détient désormais sa chute tout entière.
查看更多Le cristal des flûtes tintait sous les ors du George V, et Prunelle Delacroix avançait dans la salle comme une lame dans du velours. Chaque pas, chaque inclination de tête répondait à un code qu’elle avait passé quinze ans à perfectionner. Ce soir, elle n’était pas une femme : elle était la PDG de Delacroix Industries, le visage d’un empire coté en bourse, la glace souveraine qui faisait plier les conseils d’administration et saliver les chroniqueurs économiques.
— Encore un triomphe, ma chérie.
Son époux, Yassir, posa une main légère sur sa nuque. Un geste de propriétaire, élégant, calibré pour les photographes. Elle lui offrit un sourire qui s’arrêtait exactement là où il fallait, à la commissure des lèvres, sans jamais atteindre les yeux. Lui aussi savait jouer. Il était son allié, son partenaire stratégique, l’homme qui avait apporté à l’empire les connexions moyen-orientales qui lui manquaient. Leur mariage était une fusion d’intérêts avant d’être une union.
— Le ministre nous attend, reprit Yassir en l’entraînant vers un petit groupe où le pouvoir se tenait en grappe.
Prunelle hocha la tête, le verbe rare, le regard aiguisé. Elle connaissait ses dossiers mieux que quiconque, et quand elle parla chiffres, prévisions, parts de marché, les hommes qui l’entouraient oublièrent presque qu’elle était une femme. C’était ainsi qu’elle aimait les réduire : au silence de l’admiration ou de l’impuissance.
Le dîner s’étira dans une chorégraphie huilée. À minuit, elle avait engrangé deux promesses d’investissement et l’intérêt discret d’un fonds souverain. Yassir la complimenta dans la voiture, vitres fumées, mains sages sur le cuir. Il était satisfait. Elle aussi, en apparence.
Dans le penthouse qui dominait la Seine, la façade se lézarda. Yassir vint à elle avec la même politesse qu’en public. Il l’embrassa dans le cou, gestes mécaniques, et elle se laissa faire comme on se prête à une obligation. Leurs corps se connaissaient depuis trop longtemps pour se désirer encore. Il prit son plaisir, elle attendit. Quand il roula sur le côté, le souffle déjà lourd de sommeil, Prunelle fixa le plafond et sentit ce vide glacé, familier, qui s’élargissait dans sa poitrine.
Elle attendit que la respiration de Yassir devienne régulière, puis se glissa hors du lit. Pieds nus sur le marbre chauffant, elle traversa le dressing, le bureau, jusqu’à un petit boudoir dont elle seule possédait la clé. Là, dans une boîte en laque de Chine, dormait un carnet de cuir noir, vierge de toute mention comptable. Son journal. Le seul témoin de ses failles.
Elle s’assit, dévissa le capuchon d’un stylo plume, et commença à écrire. Elle parla du dîner, du ministre, du vide dans la chambre conjugale, et surtout de cette chose inavouable qui grandissait en elle : un désir de ne plus contrôler. De ne plus être celle qui tient les rênes. D’être poussée, soumise, brisée même, pourvu que ce soit par une main plus forte que la sienne. Elle écrivit ces mots avec la précision glacée qu’elle mettait dans ses contrats, comme si le simple fait de les formuler pouvait exorciser le besoin.
Sa plume suspendit un instant au-dessus du papier. Puis, lentement, elle traça la phrase qui résumait tout :
« J’aimerais qu’on me brise. »
Elle referma le carnet, le cœur curieusement léger. Prunelle Delacroix ignorait que ce vœu, jeté dans le silence de la nuit, venait d’être entendu. Quelque part dans Paris, un homme au costume bon marché et au regard d’orage achevait de ficeler un dossier à son nom. Un homme qui n’attendait qu’une brèche pour s’y engouffrer. Et la brèche, elle venait de l’ouvrir.
Prunelle crispa les doigts sur son stylo, cherchant à reprendre pied. Cet homme venait de dire « pour autre chose » comme on dépose une pièce sur un échiquier, sans hâte, sans forfanterie. Elle aurait dû le congédier sur-le-champ pour impertinence. Au lieu de quoi elle resta assise, le cœur battant trop vite, la bouche sèche.— Expliquez-vous, monsieur Veyrac. Que voulez-vous dire par « autre chose » ?Il ne se départit pas de son immobilité. Ses mains n'avaient pas bougé de ses cuisses, son dos restait droit, ses yeux sombres ne la lâchaient pas. Il répondit d'une voix égale, qui semblait ne connaître ni la précipitation ni le doute.— Vous ne cherchez pas un secrétaire, Madame la Présidente. Vous cherchez une présence. Quelqu'un qui comprenne vos silences avant que vous ne les formuliez. Quelqu'un qui sache anticiper vos besoins sans que vous ayez à les exprimer. C'est ce que je fais. C'est ce que j'ai toujours fait.Prunelle accusa le coup en silence. Il venait de mettre des mots s
La salle de réunion était baignée d’une lumière crue, celle des plafonniers qui ne pardonnent aucune ombre. Prunelle avait fait installer une table étroite, face à la fenêtre, pour que les candidats entrent dans le soleil et se présentent à contre-jour. Un vieux truc de négociatrice, hérité de ses premières années. Cela lui donnait l’avantage du regard, le confort de scruter sans être scrutée.Les quatre premiers entretiens s’étaient enchaînés dans une monotonie polie. Le neuroscientifique reconverti avait parlé trop vite, trahissant une nervosité qu’elle jugea incompatible avec la fonction. L’entrepreneuse africaine avait du charisme, mais un rire qui sonnait faux. L’ancien militaire s’était montré raide comme un piquet, incapable d’improviser hors de ses notes. Quant au dernier, un diplômé de Sciences Po, il avait passé vingt minutes à vanter ses propres qualités sans jamais croiser son regard. Prunelle avait coché leurs noms avec une indifférence mécanique. Aucun d’eux ne provoquai
Trois jours plus tard, Sandrine Verhaeghen déposa sur le bureau de Prunelle une chemise cartonnée contenant douze curriculum vitae. La DRH avait le teint pâle de ceux qui s'apprêtent à annoncer une mauvaise nouvelle. Elle connaissait assez sa patronne pour anticiper sa réaction.— Voici la première sélection, Madame. J'ai appliqué vos critères à la lettre.Prunelle ouvrit la chemise sans un mot. Ses yeux parcoururent les premières pages à une vitesse qui trahissait des années de pratique. Moins de quarante ans, expérience internationale, audace. Elle avait été claire. Très claire.Le premier candidat était un énarque de trente-quatre ans, passé par deux cabinets ministériels. Son CV ressemblait à un exercice de calligraphie administrative : impeccable et parfaitement creux. Prunelle le reposa après trois secondes. Le deuxième avait dirigé une filiale à Shanghai, ce qui aurait pu être intéressant, mais sa lettre de motivation était si prudente qu'elle en devenait illisible. Le troisièm
Le lundi matin s’étirait sur La Défense dans une lumière grise et placide lorsque Bertrand Monceau poussa la porte du bureau présidentiel. Il tenait à la main une enveloppe blanche, qu’il déposa sur le sous-main de cuir avec une lenteur presque cérémonieuse. Prunelle releva la tête, le stylo en suspens. En vingt ans de collaboration, elle ne lui avait jamais vu cette expression à la fois paisible et résolue, le visage de ceux qui ont tranché un nœud intérieur et s’apprêtent à en exposer les fils.— Ma démission, Madame, dit-il simplement.Le silence s’installa, épais comme un brouillard. Prunelle baissa les yeux sur l’enveloppe sans l’ouvrir. Le nom de Bertrand y était calligraphié à la main, une élégance d’un autre temps. Elle connaissait assez ce vieil homme pour comprendre qu’aucun argument ne le ferait revenir en arrière. Il n’était pas de ceux qui posent un ultimatum ou négocient une augmentation. S’il partait, c’est qu’il avait déjà tout pesé.— Je peux connaître la raison ? dem












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