LOGINMariée au Milliardaire sous Contrat Résumé : Afin d'éviter la faillite de son père, Elena Soren accepte un mariage de convenance avec Kaelor Veyne, un milliardaire aussi riche qu'insensible. Le contrat est simple : aucune histoire d'amour. Mais chaque nuit, Kaelor disparaît. En le suivant, Elena découvre qu'il mène une double vie. Quelques jours plus tard, un test ADN révèle que l'homme qu'elle a épousé n'est pas celui dont le nom figure sur leur acte de mariage. Qui est réellement son mari ?
View MoreChapitre 1
Elena
L’air de ce matin d’octobre sent la poussière et le papier ancien. Pas celui, noble, des bibliothèques poussiéreuses, mais celui, acide, des dossiers administratifs qu’on empile jusqu’à ce qu’ils engloutissent une vie. Je me tiens debout, immobile au milieu du salon qui fut celui de ma mère, et je regarde deux hommes en veste grise décrocher du mur le tableau représentant un champ de lavande sous un soleil de plomb. Le bruit de succion que fait le tableau en se détachant de la tapisserie après vingt ans est le son le plus déchirant que j’aie jamais entendu. Il résonne dans ma cage thoracique, un glas étouffé. Mon père se tient derrière moi, je le sais sans avoir besoin de me retourner. Je sens le poids de sa main posée sur son déambulateur, le tremblement presque imperceptible de son souffle, cette odeur d’après-rasage et de médicaments qui flotte désormais autour de lui comme une aura de défaite. Il ne dit rien. Que pourrait-il dire ? Les mots ne remboursent pas les dettes, ils ne gracient pas des comptes trafiqués, ils ne font pas revenir les huissiers une fois qu’ils ont franchi le seuil.
Ma robe, une simple robe droite en crêpe ivoire, est la seule chose neuve et intacte dans cette pièce qu’on dépouille. Je l’ai choisie ce matin avec un soin maniaque, comme une armure. Le tissu est froid contre ma peau, une caresse impersonnelle qui me rappelle à chaque seconde pourquoi je la porte. Je la défroisse du plat de la main d’un geste lent, répétitif, pour occuper mes doigts qui voudraient se crisper, griffer, arracher la paperasse des mains de ces étrangers. L’un d’eux saisit le vase en cristal de Bohême, hérité de ma grand-mère, et le tourne entre ses mains calleuses avec une indifférence de boucher pesant un morceau de viande. Je détourne le regard. Je ne veux pas que cette image devienne la dernière de cet objet. Je veux me souvenir de ma mère y déposant des pivoines blanches au printemps, quand la maison était pleine de sa voix chantante et non de ce silence mortuaire.
Le contrat, je l’ai signé dans un bureau qui sentait le cuir et le pouvoir. L’avocat, un homme au crâne dégarni et aux doigts secs comme des brindilles, a fait glisser les feuilles épaisses vers moi sur la table d’acajou. L’encre noire dessinait des lettres trop parfaites, des mots terribles et définitifs. Mariage. Obligations. Dissolution. Chaque clause était une petite mort. Ma main n’a pas tremblé. J’ai pris le stylo-plume, un Montblanc trop lourd, et j’ai tracé mon nom, Elena Soren, dans un geste que je voulais fluide. Mais au moment où la plume a griffé le vélin, j’ai senti une brûlure glacée partir de mon poignet et irradier tout mon bras, jusqu’à mon épaule, puis mon cœur. C’était la sensation physique de ma liberté qu’on sectionnait, proprement, chirurgicalement. L’homme en face de moi, celui que j’allais épouser, n’a pas cillé. Kaelor Veyne. Un nom qui sonne comme un titre impérial, un nom qui ouvre toutes les portes et verrouille tous les cœurs. Il se tenait près de la fenêtre, silhouette noire se découpant sur le ciel gris de Manhattan. Il n’a pas regardé ma main signer, il regardait mon visage. Je le sentais, son regard était une pression physique, deux lasers froids posés sur ma tempe, analysant, jaugeant. J’étais une transaction qu’il validait de sa seule présence minérale.
Quand tout a été fini, il s’est approché. Ses pas ne faisaient aucun bruit sur l’épaisse moquette. Il a tendu la main, pas pour me féliciter, pas pour me rassurer, mais pour prendre le stylo des miennes, ses doigts effleurant les miens sans les toucher vraiment. Un geste d’une précision absolue, qui évitait tout contact inutile. — Le reste est une formalité, a-t-il dit. Sa voix était grave, posée, sans inflexion. Le genre de voix qui ne se donne jamais la peine de convaincre, car elle sait que l’univers se pliera à sa volonté. Je n’ai pas répondu. J’avais les yeux fixés sur le bouton de manchette en onyx qui brillait à son poignet, un minuscule soleil noir. J’aurais voulu lui hurler que ma vie n’était pas une formalité, que mon corps, mon nom, mon avenir n’étaient pas de simples variables dans une équation financière. Mais je me suis tue. Mon silence faisait aussi partie du contrat.
Maintenant, devant ma maison qu’on vide, l’humiliation est un acide qui me ronge l’estomac. Un petit homme malingre, un appareil photo trop gros pendu autour du cou, a réussi à se faufiler dans la cour. Un vautour. Il mitraille la façade, les huissiers portant le canapé Chesterfield, mon père, tassé et blême, derrière la fenêtre. Et puis il me voit. Son objectif glouton pivote vers moi. Le déclic est un coup de feu. Un, deux, trois. La robe ivoire, les yeux probablement rougis que j’ai maquillés avec soin, le port de tête que je m’oblige à tenir. Il capture la future Madame Veyne assistant au dépouillement de sa famille. Le scandale avant le conte de fées. Le titre du lendemain est déjà tout écrit dans la lueur avide de son regard. Je devrais rentrer, me cacher, mais une force absurde, un reste d’orgueil idiot, me cloue sur place. Je ne leur donnerai pas la satisfaction de me voir fuir.
Je ravale la salive amère qui emplit ma bouche et j’esquisse un sourire. Pas pour eux. Pour moi. Pour me prouver que je contrôle encore ce muscle, ce geste. Mes lèvres s’étirent, mais c’est un rictus de porcelaine, froid et cassant. À l’intérieur, c’est un effondrement. Chaque flash de l’appareil photo illumine l’étendue de ma défaite. Je ne suis plus Elena, la pianiste prometteuse, la fille aux rires trop forts. Je suis un objet de luxe, une monnaie d’échange qu’on exhibe dans une robe ivoire. Mon cœur, lui, est une chambre noire où l’on vient de saisir le dernier bien. Il n’y a plus rien à prendre, plus rien que ce vide immense et glacé où résonne, implacable, le bruit des pas de mon futur mari s’éloignant de moi sans jamais se retourner. Ce bruit, cette indifférence, c’est le son de mon nouveau monde, et il est terrifiant.
Chapitre 53AdrianDepuis la chambre d'hôtel de luxe où j'ai établi mon quartier général temporaire, j'observe le chaos que j'ai créé avec la satisfaction paisible d'un artiste qui contemple son chef-d'œuvre. La télévision à écran géant retransmet en direct les images du siège de Veyne Industries, la façade éventrée, les colonnes de fumée, les civières qui transportent des corps ensanglantés, les enfants qui pleurent dans les bras des secouristes. Les journalistes s'agitent, les experts commentent, les politiques condamnent, et personne ne sait. Personne ne se doute que derrière cet attentat se cache une vérité bien plus délicieuse que le simple terrorisme.C'est un message. Un message à Kaelor Veyne, ou plutôt à Julian Cross, puisque c'e
Chapitre 52ElenaLa fumée pique mes yeux, le bruit des sirènes vrille mes tympans, et l'odeur de brûlé qui emplit l'air me soulève le cœur. Partout autour de moi, des corps allongés sur des civières, des visages couverts de suie et de sang, des mains qui se tendent vers les secouristes, des cris de douleur et de désespoir. Et au milieu de ce chaos, des enfants. Des enfants qui riaient encore il y a une heure, qui dessinaient des bonhommes sur des cahiers de coloriage, qui rêvaient de devenir pompiers ou astronomes. Des enfants qui ne comprennent pas pourquoi le monde leur a soudain explosé au visage.Je tiens la main d'une petite fille, elle s'appelle Lily, elle a six ans, elle a perdu sa poupée dans l'explosion et elle pleure, elle pleure sans pouvoir s'arrêter, le visage barbouillé de cendres et de larmes.
Chapitre 51KaelorLe bonheur est une chose fragile, une bulle de savon qui flotte dans l'air et qu'un rien peut faire éclater. Je l'avais oublié. Pendant quelques heures, pendant cette nuit passée avec Elena à parler de nos enfances, à rire, à nous embrasser, à nous aimer, j'avais oublié que le monde qui nous entoure est un champ de mines. J'avais oublié que mes ennemis ne dorment jamais, qu'ils attendent dans l'ombre, qu'ils guettent le moment précis où je baisserai ma garde pour frapper. Ce matin, je le paie au prix fort.Le téléphone sonne à sept heures précises, un hurlement strident qui déchire le silence de l'aube. Je suis dans mon bureau, je n'ai pas dormi, je flotte encore dans l'euphorie de cette nuit, et je décroche sans méfiance, persuadé qu'il s'agit de Marcus ou de Noé
Chapitre 50ElenaLe feu s'est éteint depuis longtemps dans le petit salon de l'aile est, et la pièce n'est plus éclairée que par la lueur argentée de la lune qui filtre à travers les fenêtres. Nous sommes redescendus après avoir fait l'amour dans notre chambre, incapables de nous séparer, incapables de mettre fin à cette nuit qui ressemblait à un rêve éveillé. Julian a rallumé le feu, il a préparé du thé, et nous nous sommes installés sur le canapé, enveloppés dans des couvertures, nos corps encore vibrants de ce que nous venions de partager.Sa main est dans la mienne, nos doigts entrelacés, et sa chaleur se diffuse dans tout mon corps comme un élixir. J'ai l'impression de flotter, de rêver éveillée, de vivre un moment qui n'appa












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