Masuk[Six mois après la chute du Maître et la libération des Alphas]
La ville de Néo-Phénix était un labyrinthe de néons et de gratte-ciel scintillants, mais pour Oxane, elle n'était qu'une toile de fond pour la chasse. Le petit groupe de survivants avait établi une base temporaire dans un entrepôt désaffecté, loin des regards curieux des humains. Six mois s’étaient écoulés depuis la chute de l'Institution, et la "liberté" était un mot dont la définition changeait chaque jour.Oxane n'étai[Six mois après la chute du Maître et la libération des Alphas]La ville de Néo-Phénix était un labyrinthe de néons et de gratte-ciel scintillants, mais pour Oxane, elle n'était qu'une toile de fond pour la chasse. Le petit groupe de survivants avait établi une base temporaire dans un entrepôt désaffecté, loin des regards curieux des humains. Six mois s’étaient écoulés depuis la chute de l'Institution, et la "liberté" était un mot dont la définition changeait chaque jour.Oxane n'était plus l’Alpha-07. Elle était la figure de proue d'une petite cellule, la seule ancre dans l'océan de confusion des Alphas libérés. Les autres l'appelaient, la cherchaient, car son énergie Électrik était devenue un phare subtil, une fréquence à laquelle les autres ne pouvaient s’empêcher de répondre.« Deux cent douze Alphas recensés ayant utilisé leurs pouvoirs en public le mois dernier, » annonça Kéros, projetant les données directement dans le champ de vision d'Oxane. Elle était assise su
L’air était lourd, saturé de l'odeur métallique de l'énergie Électrik dissipée et de la poussière froide des décombres. Oxane, ses muscles hurlant après l'effort, s'effondra sur ce qui avait été le sol immaculé de la Chambre du Cœur. Elle avait réussi. Le Maître n'était plus, réduit à un vague souvenir énergétique dans le grand tissu des Fréquences. Le silence qui s’installa n’était pas paisible, mais immense ; le bruit assourdissant d’un univers qui venait de perdre son axe.« Bravo, Alpha-07. Je me demande si je dois t’appeler l’Incontrôlable, la Libératrice, ou simplement la Gamine qui n'écoute jamais, » ironisa Kéros, sa voix résonnant avec une clarté inhabituelle dans son esprit.Oxane sourit faiblement, un mouvement qui lui tira les lèvres. « Je préfère Oxane, Kéros. Juste Oxane. »La victoire était amère. Elle avait atteint son objectif, mais à quel prix ? Elle avait déchaîné une vague de Fréquence qui avait brisé les chaînes de centaines d'Alphas prisonniers, mai
POINT DE VUE D'OXANELe sol de la chambre du Cœur tremblait comme une feuille, répondant à l'agonie du Maître et à la libération des milliers de fréquences Alpha. La Cathédrale, qui avait été une ancre, était devenue un cercueil.Oxane : Kéros, où est la sortie ?Kéros : « La structure interne s'effondre. Le puits vertical. Remonte le long de la fréquence de résonance. VITE ! »Je me précipite vers l'entrée par laquelle j'étais arrivée. La porte d'Ambre avait fondu, ne laissant qu'une ouverture béante sur la cage d'escalier monumentale qui menait au fond. Je n'ai plus la force de m'envoler. J'active l'Électrik dans mes pieds, non pas pour voler, mais pour me propulser verticalement par impulsions, sautant de débris en débris.Des poutres en basalte de la taille d'autobus s'écrasent autour de moi. La lumière s'éteint, remplacée par le crépitement de l'énergie résiduelle du Cœur.Finalement, j'atteins la trappe d'accès, celle du Palier de la Furtivité. Je la fo
POINT DE VUE D'OXANELa porte d'Ambre s'ouvre sans bruit, aspirant l'énergie Électrik que je porte. Je pénètre dans la chambre finale : le Cœur de la Cathédrale.Ce n'est pas une chambre, c'est une matrice. L'espace est gigantesque, une immense caverne dont le plafond semble s'élever jusqu'au ciel nocturne, mais qui est totalement artificielle. Des milliers de lignes d'énergie, comme des fils optiques luisants, convergent vers le centre de l'espace. Au centre exact, flotte un unique objet : une sphère lumineuse de la taille d'une voiture, pulsant d'une lumière blanche-bleutée régulière. C'est le réacteur, le nexus où toutes les fréquences sont gérées.Et il est là.Le Maître.Il se tient juste sous le Cœur, une silhouette mince et d'apparence fragile, vêtue d'une armure d'un blanc pur et lisse qui absorbe la lumière. Il ne me regarde pas avec hostilité, mais avec la calme déception d'un père face à un enfant désobéissant. Il ne porte pas d'arme. Il n'en a pas bes
POINT DE VUE D'OXANELe couloir vertical s'ouvre sur la troisième et dernière arène : le Palier de la Connaissance.Ce n'est pas une caverne, ni une crypte. C'est un vide. Un espace noir absolu où seule la lumière tremblotante émise par mes propres mains me donne une illusion de forme. Le sol est doux et silencieux, comme du velours.Oxane : (à Kéros) C'est... le néant ?Kéros : « Attention. Le néant n'est pas une absence de danger ici, Alpha. C'est l'absence de réalité. Morpheus manipule les signaux neurologiques. Regarde le vide. Ne lui donne aucune forme. »Mais c'est trop tard. Dès que Kéros prononce le mot « forme », le vide répond.Une lumière douce et dorée apparaît, balayant l'obscurité. Le sol velouté se transforme en parquet ciré. Les murs noirs reculent pour révéler des tapisseries douillettes et des étagères remplies de livres. L'air, qui était lourd et métallique, s'emplit d'une odeur de cannelle et de miel.Je me retrouve dans ma cuisine. Ma
POINT DE VUE D'OXANEJe suis à bout de souffle, mais l'adrénaline efface la douleur dans mon épaule. L'information de Kéros résonne : le Maître a déjà la première des trois portes. Ce n'est plus une course pour arriver première, c'est une course pour l'arrêter.Je glisse le cylindre gravé dans la fente lumineuse du terminal, arraché à la porte. L'Électrik résiduelle de ma confrontation avec Sydra est encore palpable, un faible bourdonnement entre mes doigts.Oxane : Kéros, j'ai besoin que tu transmettes la séquence volée.Kéros : « Transférant les données... Le protocole de sécurité est complexe. Il s'agit d'une clé de force brute couplée à une résonance vibratoire. Attention, Alpha. Une fois cette porte ouverte, elle se scellera définitivement derrière toi. Il n'y aura pas de retour. »Un rugissement mécanique déchire le silence de la crypte. Le sol tremble. La porte en fer martelé du Palier de la Foi se désolidarise de ses gonds avec un grincement d'agonie. Ell







