ANMELDENChapitre 42
Alessia
Je marche vite dans les rues de Paris. Le vent me gifle, mais je ne le sens pas. Je ne sens rien. Rien d'autre que cette guerre qui fait rage en moi.
Je l'ai fui. Encore. Je suis partie de son bureau sans un mot, sans une réponse, sans même un regard. J'ai couru comme une lâche. Mais où que j'aille, il me suit. Sa voix. Son regard. Ses mots.
Je suis tombé amoureux de vous.
Je m'arrête au milieu du tr
Chapitre 47AlessiaLe réveil est brutal. Mon téléphone vibre sans relâche sur la table de nuit. Je tends la main, les yeux encore lourds de sommeil. L'écran s'allume. Des notifications. Des dizaines. Des dizaines de messages, de mentions, de liens.Je fronce les sourcils. Je déverrouille l'écran. Et là, je vois.Les articles. Les photos. Les gros titres.« Milan Valetti : qui est la mystérieuse Elena Rossi ? »« Une inconnue s'empare du cœur du milliardaire le plus convoité de France. »« Elena Rossi : ancienne bibliothécaire, sans fortune, sans relations. Comment a-t-elle réussi ? »Mon cœur s'arrête. Je fais défiler. Les commentaires sont pires. « Elle l'a séduit pour son argent. » « C'est une arriviste. » « Elle a probablement couché pour
Chapitre 46MilanLe gala se tient dans un hôtel particulier du VIIIe arrondissement. Les invités sont nombreux, les photographes plus encore. Je n'aime pas ces événements. Trop de bruit, trop de faux sourires, trop de gens qui cherchent à s'accrocher à mon nom. Mais ce soir, c'est différent. Ce soir, je ne viens pas seul.Elena est à mes côtés. Elle porte une robe noire, sobre, élégante. Ses cheveux sont relevés, dégageant sa nuque fine. Elle est pâle, mais déterminée. Je sens sa nervosité. Je la sens à la façon dont elle serre mon bras, à son souffle court, à ses yeux qui balaient la foule.— Tout va bien, dis-je en me penchant vers elle.— Il y a trop de monde.— Je suis là.Elle hoche la tête. Elle ne sourit pas. Mais elle ne fuit pas.Nous avan
Chapitre 45AlessiaLes jours suivants ressemblent à un rêve éveillé. Milan m'ouvre les portes de son monde, un univers de luxe et de privilèges que je n'avais jamais imaginé. Des restaurants étoilés où les serveurs connaissent son nom. Des boutiques où l'on ferme les portes pour nous. Des soirées privées dans des appartements somptueux, avec vue sur les toits de Paris.Il me couvre de cadeaux. Une robe. Un parfum. Un bracelet. Je refuse d'abord, mal à l'aise, mais il insiste avec cette douceur têtue qui le caractérise.— Laissez-moi vous offrir ce qui vous plaît, dit-il. Vous avez passé votre vie à vous priver.Je ne réponds pas. Parce qu'il a raison. Et parce que chaque cadeau me rappelle ce que j'ai perdu.Mais malgré tout, je suis heureuse. Pour la première fois depuis la mort de ma m&egrav
Chapitre 44AlessiaLe café est presque vide. Les tasses refroidissent sur la table. Nos mains sont toujours entrelacées. Je fixe nos doigts, ces doigts qui se sont trouvés, qui se serrent, qui refusent de se lâcher. Je devrais me lever. Partir. Mettre fin à cette folie avant qu'il ne soit trop tard.Mais je ne bouge pas.Milan me regarde. Ses yeux sombres, profonds, ne me quittent plus. Il attend. Il attend que je décide. Que je franchisse la limite. Ou que je recule.— Elena, dit-il doucement.Je relève la tête. Mon cœur bat à tout rompre. Ma gorge est serrée. Les mots se bousculent, mais aucun ne sort.— Je ne veux pas vous presser, dit-il. Je ne veux pas vous faire peur. Mais je ne peux plus faire semblant.— Moi non plus.Ces mots sortent malgré moi. Ils sont vrais. Terriblement vrais.Il se penche lég&eg
Chapitre 43MilanJe l'attends dans un petit café près de la Seine. Un endroit discret, loin des regards, loin de notre monde. Elle m'a envoyé un message ce matin. Court. Simple. « Je suis prête à parler. »Je suis arrivé en avance. Je fais les cent pas devant la terrasse, les mains dans les poches. Le ciel est gris, mais la pluie ne tombe pas. Les passants pressent le pas. Moi, je ne bouge plus. Je fixe la rue, guettant sa silhouette.Et puis je la vois.Elle marche vers moi, vêtue d'un manteau sombre, les cheveux relevés. Elle est pâle, les traits tirés. Elle n'a pas dormi. Mais elle est là. C'est tout ce qui compte.Elle s'arrête devant moi. Nos regards se croisent. Un silence. Puis elle esquisse un sourire fragile.— Vous êtes venu.— Je vous avais dit que je serais là.Elle hoche la tête. Elle s'assoit à une table, près de la vitre. Je m'installe en face d'elle. Un serveur s'approche, nous commandons deux cafés. Pui
Chapitre 42AlessiaJe marche vite dans les rues de Paris. Le vent me gifle, mais je ne le sens pas. Je ne sens rien. Rien d'autre que cette guerre qui fait rage en moi.Je l'ai fui. Encore. Je suis partie de son bureau sans un mot, sans une réponse, sans même un regard. J'ai couru comme une lâche. Mais où que j'aille, il me suit. Sa voix. Son regard. Ses mots.Je suis tombé amoureux de vous.Je m'arrête au milieu du trottoir. Les passants me contournent, indifférents. Je pose une main sur ma poitrine. Mon cœur bat trop vite. Trop fort.— Tu ne peux pas, dis-je tout bas. Tu ne peux pas l'aimer.Mais mon corps ne m'écoute pas. Mes jambes tremblent. Ma gorge se serre. Et cette douleur, là, juste sous les côtes, ne me quitte plus.Je reprends ma marche. Je rentre chez moi. Je m'enferme. Je tire les rideaux. Je me laisse tomber sur le canapé.







