เข้าสู่ระบบL'Oméga qui Volait les Pouvoirs des Alphas Résumé Méprisée parce qu'elle est née Oméga, Ivy cache un don interdit : chaque fois qu'un Alpha tente de la tuer, elle absorbe une partie de sa force. À mesure que son pouvoir grandit, les plus puissants Alphas du continent s'unissent pour l'éliminer. Mais une ancienne prophétie révèle qu'elle est la seule capable d'empêcher la destruction du monde des loups. Ceux qui la chassaient devront désormais implorer son aide.
ดูเพิ่มเติมChapitre 1
Ivy
L’aube déchire le ciel comme une plaie pâle au-dessus des montagnes. Je la regarde saigner sa lumière grise à travers les planches disjointes de la cabane, recroquevillée sur une paillasse qui sent la moisissure et la vieille paille. Le froid a mordu mes os toute la nuit, un froid qui ne vient pas seulement du vent coulis sous la porte, mais de quelque chose de plus ancien, une glace intérieure que rien ne parvient à réchauffer. Je me lève parce qu’il le faut, parce que si je ne me leva pas, ils viendraient me tirer par les cheveux et les coups pleuvraient plus tôt que d’habitude. Mes doigts sont gourds, mes articulations craquent dans le silence.
Le seau est lourd entre mes mains, le bois rêche creusé par des générations de serviteurs. Je le remplis à la source derrière les écuries, une eau glacée qui me brûle les doigts et me rappelle que je suis vivante. Le chemin jusqu’au terrain d’entraînement est une coulée de boue où mes pieds nus s’enfoncent. Le vent porte déjà les bruits familiers, le cliquetis des épées de bois, les grognements satisfaits des mâles qui s’échauffent, les éclats de rire gras. Mon ventre se serre, anticipation viscérale, une peur si ancienne qu’elle est devenue un organe supplémentaire, niché sous mes côtes.
Je les vois de loin, silhouettes découpées sur le gris du matin, torses nus, muscles saillants huilés de sueur et de suffisance. Leurs odeurs me parviennent par vagues, musc, cuir, agressivité animale. Je suis une ombre à la périphérie de leur monde, une tache dans le paysage. Je serre le seau contre ma poitrine, mes bras maigres tremblant sous l’effort, et j’avance, les yeux baissés, la nuque offerte, adoptant la posture de soumission que l’on m’a battue jusqu’à ce qu’elle devienne une seconde nature.
Un silence soudain s’abat sur le terrain d’entraînement, un vide sonore plus effrayant que le vacarme. Mon cœur se fige. Ce silence, je le connais. Il est l’antichambre d’une cruauté. Je relève la tête, un réflexe stupide, et je croise le regard ambré de Ronan, le fils du Bêta. Il est adossé à un poteau, un sourire flottant sur ses lèvres, un sourire qui est un couteau que l’on fait miroiter avant de l’enfoncer. Ses cheveux noirs sont plaqués sur son front par la transpiration, ses yeux me toisent avec la nonchalance d’un prédateur certain de sa proie.
Il se détache du poteau et marche dans ma direction, une démarche souple et calculée. Ses acolytes forment une haie silencieuse derrière lui, leurs regards allumés d’une excitation malsaine. L’air se raréfie. Mes jambes me hurlent de fuir, mais je reste clouée, paralysée. Un Oméga ne court pas. Un Oméga encaisse.
— Alors, petite Oméga, la voix de Ronan est un velours empoisonné. On apporte à boire aux vrais guerriers ?
Il s’arrête à moins d’un mètre de moi, assez près pour que son ombre m’avale tout entière. Je baisse les yeux, fixe mes doigts blanchis sur l’anse du seau.
— Regarde-moi quand je te parle, ordonne-t-il, la voix soudain dépouillée de velours.
Je lève lentement les yeux. Son visage est un marbre ciselé, beau d’une beauté cruelle, dénué de toute pitié. Il soutient mon regard un instant, puis son sourire s’élargit. Il lève la main, paresseux, presque tendre. Il pose deux doigts sur le bord du seau. Et puis, il bascule sa main.
L’eau glacée m’explose au visage, une gifle liquide qui me coupe le souffle, s’infiltre dans ma bouche, ruisselle dans mon cou, plaque mes hardes contre ma peau. Le rire qui s’élève autour de moi est un aboiement collectif, une joie hideuse qui résonne dans mes os. L’eau dégouline de mes cils, brouille ma vision. Je reste immobile, statue de boue et de honte.
— Oups, fait Ronan. J’ai glissé.
Les rires redoublent. Mes vêtements collent à ma peau, lourds de défaite. Mais ce n’est pas le froid qui me gèle. C’est cette sensation de dépouillement, ce rappel que je ne suis rien. Une coquille vide que l’on peut remplir d’humiliation sans jamais craindre qu’elle ne déborde.
Quelque chose bouge au fond de mes entrailles. Un frémissement ténu, une corde qui se tend dans l’obscurité de mon être. Une pulsation secrète et chaude qui répond à la morsure du froid. Je la connais. Je l’ai sentie d’autres fois, dans les moments de terreur absolue. Une vibration paradoxale, un bourdonnement sourd niché au cœur de mes cellules.
Je baisse la tête, enfonçant mon menton dans ma poitrine. Mes yeux restent secs, brûlants d’une aridité rageuse. Je refuse de leur offrir mes larmes. Ils veulent mon âme brisée, la voir s’écouler de mes orbites. Cette satisfaction, je ne la leur donnerai pas.
— Regardez-la, murmure une voix féminine, Maera, une guerrière aux yeux de lynx. Elle ne pleure même pas. C’est à se demander si elle ressent quelque chose.
— Elle ne ressent rien, répond Ronan avec un mépris blasé. C’est une coquille vide. Une erreur de la nature.
Une erreur. Le mot claque contre mes tempes, plus violent qu’une gifle. C’est ainsi qu’ils me nomment depuis l’enfance. Je ramasse le seau, le serrant contre mon ventre comme un bouclier dérisoire. Le bourdonnement intérieur s’estompe, retourne se cacher dans les replis de ma moelle épinière. Je l’apaise. Je l’étouffe. Je ne sais pas ce que c’est, je ne veux pas le savoir.
Je tourne le dos au terrain d’entraînement, offrant ma silhouette amaigrie et trempée à leurs regards qui s’enfoncent dans ma chair comme des échardes. Mes pas font un bruit de succion dans la boue. Tandis que je marche, un souvenir fragmenté me traverse. Un visage de femme, flou, nimbé de lumière dorée. Un murmure. "Tu portes un feu que les autres ne doivent pas voir. Cache-le, mon amour. Cache-le, ou ils te le prendront." Je ne sais pas si c’est un vrai souvenir ou une fantaisie de mon esprit assoiffé de sens. Mais la chaleur qui l’accompagne contraste violemment avec le froid qui raidit mes muscles.
Arrivée à la source, je me laisse tomber à genoux. Je tremble de tout mon corps, un séisme intime. Je contemple mon reflet dans l’eau claire, troublé par la chute du ruisselet. Un visage trop pâle, des pommettes saillantes, des lèvres bleuies, des yeux immenses d’une couleur indéfinissable, un gris traversé de filaments d’or. Ils détestent mes yeux. Ils disent qu’ils portent malheur.
Je plonge le seau dans l’eau, brisant mon image en mille éclats liquides. La douleur silencieuse qui grandit en moi depuis des années se condense au creux de ma poitrine, un nœud serré, dense comme une pierre noire. Elle ne m’écrase pas. Elle se sédimente, humiliation après humiliation, consolidant un socle de survie. Je refuse de mourir. Ce refus est ma seule possession, la seule flamme que leurs seaux d’eau glacée ne pourront jamais éteindre. Je remplis le seau une seconde fois, mes doigts gourds serrant l’anse avec une détermination nouvelle.
Je me relève. L’eau est lourde, mais je la porterai. Encore et encore. Et ce poids qui tire sur mes épaules, cette charge qui muscle ma haine en silence, je l’offrirai au temps. Un jour, peut-être, ce bourdonnement au fond de moi trouvera une brèche. Et alors, ils comprendront ce que signifie vraiment être une erreur.
Chapitre 41IvyLa calèche roule sur le sentier de pierre avec un balancement régulier, un grincement de bois et de fer qui scande chaque lieue parcourue comme une mélopée funèbre. Je suis assise sur la banquette de velours sombre, les mains croisées sur mes genoux, le dos raide, les yeux fixés sur le paysage qui défile derrière la vitre, mais je ne vois rien. Les arbres, les montagnes, les rivières que nous traversons ne sont que des taches de couleur, des ombres qui glissent sur la surface de mon regard sans pénétrer ma conscience, sans éveiller en moi la moindre émotion. Je quitte Shadowmere. Je quitte la meute qui m'a torturée, humiliée, brisée, et je devrais ressentir quelque chose, du soulagement, de la joie, de l'espoir, une étincelle de vie qui s'allume dans les ténèbres de mon passé. Mais
Chapitre 40KaelanLa salle du conseil de Shadowmere est pleine à craquer, une cohue de chefs de meute, d'anciens, de Bêtas et de guerriers de haut rang qui se pressent les uns contre les autres dans un concert de murmures et de regards chargés d'électricité. L'air y est lourd, saturé d'odeurs de cuir, de sueur et de tension, et les torches accrochées aux murs projettent sur les visages des ombres mouvantes qui accentuent les expressions d'inquiétude, de colère et d'impatience. Ils sont venus de partout, alertés par des rumeurs qui ont couru plus vite que le vent, des chefs de petites meutes voisines, des représentants des clans frontaliers, des émissaires envoyés par des puissances plus lointaines, tous réunis ici parce que la nouvelle de ma protection accordée à l'Oméga a enflammé les esprits et semé la discor
Chapitre 39IvyLa nuit est un océan de silence, un silence si profond que j'entends mon propre cœur battre dans ma poitrine, un tambour lent et régulier qui scande le passage du temps dans l'obscurité de ma chambre. Le feu s'est éteint depuis longtemps, ne laissant derrière lui que des braises mourantes qui rougeoient faiblement dans l'âtre, et les fourrures qui recouvrent mon corps me tiennent chaud, une chaleur étrangère, presque irréelle, une chaleur de sécurité que je n'avais plus ressentie depuis l'enfance. Mes paupières sont lourdes, mon corps épuisé réclame le repos, et je me laisse glisser dans le sommeil comme on se laisse glisser dans une eau tiède, sans résistance, sans peur, avec l'abandon de ceux qui n'ont plus la force de se battre.Le rêve commence comme une brume blanche qui s
Chapitre 38DariusLa honte est une gangrène qui ronge mes entrailles jour et nuit, une fièvre sourde qui ne me laisse aucun répit, qui transforme chacun de mes gestes en une épreuve et chacun de mes regards en une fuite. Depuis que Kaelan a arraché Ivy au bûcher, depuis qu'il l'a portée dans ses bras comme une relique sacrée à travers la foule pétrifiée, je ne peux plus sortir de ma hutte sans sentir les yeux des autres se poser sur moi, sans entendre leurs murmures étouffés, sans voir leurs sourires en coin qui se moquent de ma déchéance. Darius, l'Alpha déchu. Darius, le guerrier qui ne peut plus soulever une épée. Darius, le menteur dont les accusations n'ont même pas suffi à faire brûler une Oméga.Mon père ne m'adresse plus la parole. Il me regarde à pe












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