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Chapitre 4

作者: Rolly Obembs
last update publish date: 2026-08-01 21:47:18

Cahira ne nous suivit pas jusqu'au port où le bateau des Lycans nous attendait. Elle et Nana nous saluèrent de la main aux portes du palais. Seules quelques personnes nous accompagnèrent jusqu'à la grande rivière qui s'étendait plus loin.

Je tenais fermement la main de Kael dans la mienne, tandis que le bras de Liv était accroché au mien de l'autre côté.

Quatre Lycans nous attendaient pour nous accueillir. Ils étaient en tout point semblables aux trois Lycans postés aux portes : grands, la peau cuivrée, les épaules larges et les bras lourdement musclés. Ils semblaient tout droit sortis d'un conte de fées. Seul leur visage rageur, figé dans une expression dure, trahissait la sauvagerie sous leur peau. Avec leur tenue de camouflage aux motifs de peau de léopard, c'étaient à coup sûr des guerriers. Heureusement, ils ne firent aucune remarque sur la présence de deux femmes parmi les hommes.

Dès que nous montâmes à bord, les guerriers commencèrent à attacher nos mains à une longue chaîne. Je levai les yeux au ciel lorsqu'ils me chaînèrent à Kael, puis à Liv. Ce n'était pas comme si nous pouvions leur fausser compagnie.

Nous atteignîmes Silverhowl en deux heures environ. Lorsque j'aperçus le grand mur du royaume, une première vague de nervosité me submergea.

Nous y étions. J'étais vraiment en train de faire cela. Pire encore : nous étions arrivés.

Kael et Liv dormaient à poings fermés, alors je m'accordai le luxe de prendre de profondes inspirations apaisantes.

Un peu plus tard, le bateau s'arrêta. Les chaînes cliquetèrent et fracassèrent alors que tout le monde s'agitait. J'offris au jeune garçon qui se tenait tendu à mes côtés un sourire que j'espérais rassurant.

« Kael, ça va ? »

Mon frère hocha la tête. Oui, moi non plus, je n'étais pas d'humeur à parler.

« Liv ? »

« On est arrivés, c'est ça ? » Sa voix était plate, empreinte d'une totale résignation.

J'adressai une courte prière à l'univers pour qu'il nous gardât tous en sécurité. On nous fit descendre le long d'un ponton solide, puis nos pieds touchèrent terre.

« Oh mon Dieu », murmura quelqu'un d'une voix pleine d'admiration. Des chuchotements s'échappèrent de la foule jusqu'alors silencieuse.

Je n'eus pas besoin de me demander ce qui les émerveillait tant. Juste devant nous se dressait ce qui ressemblait à une porte de pierre. Elle faisait trois fois la taille de la porte du palais de chez nous. Elle était si haute que je dus pencher la tête en arrière pour l'embrasser entièrement du regard.

Au centre figuraient trois symboles : une lune brisée, une couronne et ce qui ressemblait à un soleil percé d'une flèche en son milieu.

Avant que je ne pusse méditer sur leur signification, les portes s'ouvrirent à la volée, et nous fûmes tous les dix-sept conduits à l'intérieur.

À la vue des rangées de guerriers postés aux portes, mon cœur se mit à battre à tout rompre. Il n'y avait absolument aucun moyen pour moi de m'échapper. Comment au monde allais-je bien pouvoir tenir ma promesse de rendre visite à Nana ?

Les guerriers nous menèrent jusqu'à une large clairière et nous laissèrent seuls, les mains toujours liées les unes aux autres.

Il faisait un peu froid. Je voulais me frotter les mains. Comme je ne le pouvais pas, je me contentai de me blottir plus près de Liv et de Kael.

Pendant de longs moments, nous restâmes simplement assis ensemble, à attendre. Certains autour de nous avaient commencé à bavarder à cause du froid. Je ne savais pas si c'était le froid dû au long séjour sur l'eau ou si l'air était généralement plus glacial qu'à Greenvale.

Je commençais à m'assoupir quand les guerriers situés directement dans mon champ de vision se redressèrent d'un coup. Un bref coup d'œil aux autres guerriers me montra qu'ils se tenaient tous plus droits encore.

Quiconque approchait devait être extrêmement important. En raison de notre proximité les uns avec les autres, je ne pouvais pas tendre le cou pour voir de qui il s'agissait, alors j'attendis patiemment.

Le guerrier devant moi fit une rapide révérence et quelqu'un entra dans mon champ de vision.

Le souffle me manqua d'un coup.

Ils étaient deux en réalité, mais mon regard se figea sur l'un d'eux.

Il était magnifique, bon Dieu. Il n'y avait pas d'autre mot.

Aussi grand que les autres Lycans, bien bâti et d'une beauté dévastatrice. Ses yeux balayèrent lentement notre groupe. Il croisa mon regard une seconde et les poils de ma nuque se hérissèrent. Je me serais juré que l'air s'était arrêté de circuler un instant.

Cet homme était dangereux, je le sentais. Magnifique, mais dangereux.

L'autre homme à ses côtés nous jeta un coup d'œil et s'entretint avec les guerriers Lycans qui nous avaient amenés. Le guerrier Lycan désigna Liv et moi, et le premier hocha la tête. Il se racla la gorge et commença :

« Je suis le commandant Torren Crag. L'un des commandants de l'armée du roi. Bienvenue à Silverhowl. Respectez les lois de cette terre et vous apprécierez votre séjour ici. Vous êtes tous autorisés à prendre le reste de la journée pour vous reposer et vous familiariser avec votre nouvelle demeure. »

L'un des garçons, qui devait avoir à peu près l'âge de Kael, éclata en sanglots.

Le commandant Torren recula d'un pas et l'homme magnifique leva la paume pour réclamer le silence. Il ouvrit la bouche pour parler et l'air devint instantanément chargé d'électricité.

« Un conseil amical : Sa Majesté, le roi de Silverhowl, ne tolère pas les traîtres », sa voix résonna, profonde et ferme. « Un murmure de désloyauté et vous regretterez le jour de votre naissance. »

Son visage ne portait aucune trace d'amusement. À vrai dire, il n'avait pas l'air de quelqu'un qui plaisanterait pour effrayer une bande d'adolescents.

Un frisson me traversa et je commençai à regretter d'avoir conclu ce pacte avec le vampire. Mais quel choix avais-je eu ? C'était choisir entre la mort et la mort.

Il fit un signe au guerrier le plus proche de nous et s'éloigna à grands pas, l'autre le suivant de près.

Même au milieu de ma panique, j'aurais aimé qu'il donnât son nom.

Le commandant Torren nous adressa un signe de tête.

« Les femmes travailleront au palais, tandis que le reste d'entre vous sera conduit dans les quartiers des chenils et des bâtiments agricoles respectifs. »

Ma poitrine se compressa sur elle-même. Kael croisa mon regard et, pour la première fois, je vis une pointe de panique sur son visage. Je dus faire tout mon possible pour m'empêcher de hurler.

J'avais soupçonné que nous serions séparés, mais j'avais gardé l'espoir du contraire.

« Kael. ju vas aller bien », chuchotai-je, étouffée par un sanglot.

Kael hocha la tête et, à cet instant précis, je voulais juste le serrer fort dans mes bras.

« Je viendrai te voir. Ne t'inquiète pas... »

Je fus coupée net par une tirade sur les chaînes qui nous retenaient ensemble.

Alors qu'on commençait à nous libérer de l'attache, séparant Liv et moi des autres, la poigne ferme de Liv sur moi fut l'ancre qui m'empêcha de commettre une stupidité.

« Il va aller bien », même Liv ne semblait pas croire à ses propres paroles.

Ainsi, je ne pus que regarder mon frère s'éloigner, m'étant arraché.

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