LOGINQuand Mira a enfin cessé de pleurer, on avait l'impression qu'elle s'était vidée de toute substance.Ses yeux étaient gonflés, rouges et brûlants. Ses cils étaient alourdis par les larmes séchées. Des mèches de cheveux collaient à ses joues, imprégnées de sueur et de chagrin. Son corps lui paraissait étrangement léger et lourd à la fois… léger car la tempête l’avait traversée et était passée, lourd car ce qu’elle avait laissé derrière elle ne pourrait jamais être effacé.Le soleil se couchait, teintant le ciel de nuances dorées et rouges, comme blessées.Lentement, Mira se tourna vers les chevaux. La tête de Kade reposait dans ses bras, bercée avec la même tendresse qu'elle lui avait autrefois prodiguée, comme s'il dormait paisiblement et qu'elle craignait de le réveiller. Chaque pas lui semblait à la fois sacré et cruel, une épreuve qu'aucune épouse ne devrait jamais avoir à traverser.Des pas se firent entendre derrière elle.Elle se retourna… Le jeune Alpha Riven se tenait devant,
Les sanglots de Mira étaient d'abord discrets… de petits souffles saccadés qui secouaient sa poitrine. Ce n'étaient pas des cris de colère ou de peur, mais quelque chose de bien plus profond… un chagrin qui la transperçait du plus profond de son être, à vif et implacable. Ses mains se portèrent instinctivement à sa bouche, comme si le simple fait de presser ses paumes contre l'air pouvait retenir la vérité qu'elle venait d'apprendre.Son corps tremblait violemment, ses épaules frémissaient, sa tête oscillait lentement de gauche à droite, presque dans le déni, presque comme si son esprit pouvait effacer de sa mémoire ce que ses yeux avaient lu.« Ce n’est pas possible… » murmura-t-elle d’une voix à peine audible. « Ce n’est pas possible… »Son esprit hurlait, mais aucun mot ne pouvait combler l'abîme infranchissable entre la pensée et la réalité. Elle devait le voir. Il lui fallait en être témoin de ses propres yeux. Alors seulement, peut-être, le monde retrouverait-il son sens.Les ye
Mira avait à peine atteint le milieu du long couloir lorsqu'elle l'aperçut.Le jeune Alpha Riven s'avançait vers elle, d'un pas assuré, le dos droit et discipliné, chaque mouvement maîtrisé comme toujours. Leurs regards se croisèrent, il ralentit, puis s'arrêta. Un léger sourire effleura ses lèvres… si discret qu'il en devenait presque incertain.« J’allais justement passer dans votre chambre », dit-il doucement. « Comment allez-vous ? Et votre fils ? »Le cœur de Mira fit un bond. Elle força ses lèvres à esquisser un sourire, même si celui-ci lui semblait fragile.« Je… ne vais pas très bien », dit-elle doucement. « Mais mon fils va bien. »Riven s'approcha. La lumière filtrant par les hautes fenêtres se refléta dans ses yeux gris, les baignant d'un éclat argenté. Pour une fois, la froideur habituelle de son regard s'adoucit, laissant place à une certaine prudence… presque de l'inquiétude.Il leva la main et lui toucha le bras, légèrement et timidement.« Mira, » murmura-t-il d'une v
La voix du premier guerrier était rauque et basse, étranglée par la peur. « On ne peut pas aller à Alpha Riven comme ça. Tu connais les règles. On doit d'abord en informer un guerrier plus gradé. »Le second déglutit difficilement, la gorge serrée, tandis que son regard se portait une dernière fois vers le monticule au loin. Ce qu'il avait vu lui brûlait encore les yeux. « Tu as raison », dit-il, même si les mots avaient un goût de cendre. « Tu as raison. »Ils se sont retournés en même temps.Leurs bottes frappaient la pierre des remparts dans un rythme sec et précipité. Leurs manteaux claquaient derrière eux tandis qu'ils couraient, le souffle court, non pas à cause de la distance, mais à cause de ce qui les poursuivait à l'intérieur… l'image qu'ils ne pouvaient oublier.La chance leur a souri à mi-chemin.Près des portes de la forteresse, un guerrier expérimenté conversait à voix basse avec un autre de son rang. Leurs voix étaient posées, leur posture détendue. Finalement, l'autre
Son visage avait déjà commencé à se transformer. L'ardeur qui embrasait autrefois son regard s'était éteinte, ne laissant place qu'à un regard vide et terne, insensible à la beauté du paysage qui s'étendait devant lui. Sa bouche restait légèrement entrouverte, comme si son dernier cri s'accrochait encore à ses lèvres, trop tenace pour s'éteindre. Le sang avait séché, formant de profondes rides sur ses joues et dans sa barbe, raide et noire dans l'air froid du matin.Les deux guerriers avançaient avec précaution, ajustant leur prise à chaque pas pour que la lance ne vacille pas. Arrivés au monticule, l'un d'eux s'avança le premier, escaladant son flanc escarpé, ses bottes raclant la pierre. L'autre le suivit, poussant le talon de la lance contre lui.Ensemble, ils l'ont insérée dans un logement creusé au sommet du tumulus.Et puis… des maillets de fer se levèrent.Une fois… la pierre résonna. Deux fois, la lance s’enfonça plus profondément. Une troisième fois… le sol sembla l’accepter.
Le bourreau leva la lame. La lumière du soleil glissa le long de son tranchant, fine et cruelle, transformant l'acier en une canine brûlante… assez brillante pour aveugler et assez acérée pour anéantir des mondes.Le temps d'un souffle, le temps se fractura.Le vent se calma. La foule retint son souffle. Même la peur sembla s'interrompre, comme si elle aussi ne pouvait supporter d'être témoin de ce qui allait arriver.Puis la lame s'abattit dans un calme terrible, celui de quelque chose qui avait déjà décidé qu'il n'y aurait aucune pitié.L'acier rencontra la chair…Le son était étrange… trop humide et définitif, déchirant le silence. Il s'accrochait aux pierres, à l'air, à l'esprit de ceux qui l'entendaient. Longtemps après s'être dissipé, son écho persistait.Un silence s'ensuivit… épais et plus lourd que la mort elle-même. Il pesait sur les poitrines. Et pire encore, il faisait même se sentir insignifiants les guerriers.Alors la vérité s'est révélée.La tête de Kade se dégagea et







